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Yasmina Khadra

De son vrai nom Mohammet Moulessehoul, Yasmina Khadra est l’une des plus importantes voix du monde arabe. Ses romans sont traduits dans trente-deux pays. Le dingue au bistouri est son premier roman policier où apparaît le commissaire Llob, héros visionnaire et désenchanté.

Présentation de Yasmina Khadra (Wikipedia)

Œuvres principalesYasmina Khadra (en arabe : ياسمينة خضراء) est le nom de plume de l'écrivain algérien Mohammed Moulessehoul (en arabe : محمّد مولسهول), né le 10 janvier 1955 à Kenadsa, dans l'actuelle wilaya de Bechar dans le Sahara algérien.

Livres de Yasmina Khadra

Citations de Yasmina Khadra (193)

Su tu veux t'acheminer Vers la paix définitive,Souris au destin qui te frappeEt ne frappe personne.

– Ce que le mirage doit à l'oasis

Ainsi est mon histoire avec le livre, le Désert des Hommes:c'est l'histoire d'un partage, l'histoire d'un amour vieux comme le monde, l'amour du rêve. Aucune vie ne saurait être précieuse si on ne sait pas rêver, aucun mirage ne saurait accoucher de l'oasis si on ne sait pas déceler dans la nudité du Désert de quoi habiller notre âme et épurer notre esprit.

– Ce que le mirage doit à l'oasis

Si tu étais un mirageJe boirais de tes sourcesSi tu étais une énigmeJe percerais ton secretSi tu étais la merJe serais ton selSi tu étais une autreJe t'aimerais quand mêmeAu diable, les anathèmesAu diable les apôtresAux prophéties révéléesJ'opposerais la mienneEt je t'aimerais d'amourQuoi qu'il advienne.

– Ce que le mirage doit à l'oasis

Si tu étais un mirage, je boirais de tes sourcesSi tu étais une énigme, je percerais ton secretSi tu étais la mer, je serais ton selSi tu étais un autre, je t'aimerais quand mêmeAu diable, les anathèmes, au diable les apôtresAux prophéties révélées, j'opposerais la mienneEt je t'aimerais d'amour quoi qu'il advienne.

– Ce que le mirage doit à l'oasis

Me conquérir, moi ? Je ne suis pas une citadelle, je suis l'olympe des Justes. Je ne fais pas la guerre, ce sont vos vanités qui tuent. Je suis un havre de paix et de recueillement, une aubaine inestimable pour celui qui veut renaître à la beauté des choses, à l'amour et à la fraternité.

– Ce que le mirage doit à l'oasis

Regardez ce que le Temps a fait de moi : un désert ! Il m 'a confisqué mes fleuves , jadis torrentiels , mes lacs aux allures de mers intérieures ,mes jungles inextricables et mes incendies féconds , ne me laissant qu 'averses pour pleurer les âges farouches où j 'inventais le miracle du bout de mes doigts .

– Ce que le mirage doit à l'oasis

Toi qui as renoncé au soleil de tes joursEt qui cries sur les toits que les dieux sont mort d'ennuiDis-toi que si la nuit a déployé sa valléeDans le creux de ton âme c'est parce que tu as tuéL'ange qui veillait sur tes rêves d'enfant.

– Ce que le mirage doit à l'oasis

Le Désert ... Ah ! Le Désert ... Toute chose en ce monde a une fin , semble-t-il décréter .Les joies comme les peines , les triomphes comme les sièges , les expéditions punitives comme les chemins de croix , la soumission comme la souveraineté claironnante de ces apprentis sorciers qu 'on appelle les Hommes , persuadés , du haut de leur vanité , de finir par conquérir l 'univers et par mettre les dieux à genoux .

– Ce que le mirage doit à l'oasis

Le Désert... Quel affront pour moi ,ce mot ! avoue-t-il , tandis que le soleil s 'embrase au loin , suspendu entre l 'immolation et la prophétie . Il y a des millions d'années , j 'étais gorgé d 'eau et de chants .Mes forêts se ramifiaient à perte de vue , frémissantes de fraîcheur , peuplées de fauves gigantesques et de rapaces grands comme des vaisseaux spatiaux .

– Ce que le mirage doit à l'oasis

Le monde est imparfait et nous devons vivre avec ses imperfections. La bravoure n'est pas dans le courage, mais dans la dignité, puisque le courage, le vrai, est de rester soi-même face à l'adversité.Tu as connu des hauts et des bas en demeurant équanime, tu connaîtras d'autres joies et d'autres peines sans rien changer en toi; la vie, c'est aussi savoir renaître de ses cendres

– Ce que le mirage doit à l'oasis

Ne venais-je pas de purger une peine de huit jours d'arrêt justement parce que j'avais essayé de faire tourner en bourrique un sergent bouché à l'émeri?

– La rose de Blida

Parfois, à la fin d'une séance de signature ou bien après un entretien avec mon public, à Toulouse , à Lamballe ou ailleurs, en entendant une lectrice retardataire se dépêcher pour me rattraper, son bouquin à dédicacer contre sa poitrine, je m'arrête et me retourne. L'espace d'une fraction de seconde, aussi absurde que cela puisse paraître, mon cœur frémit plus fort que d'habitude, et je m'entends me demander… et si c'était elle ?

– La rose de Blida

- S'il te plaît, chef.Il secoua énergiquement son double menton qu'il avait blanchâtre comme le ventre d'un batracien:- Te fatigue pas. J'ai pas plus de coeur qu'une tronçonneuse.

– La rose de Blida

J'ignore si c'était déjà la nuit, mais jamais Blida ne m'avait paru aussi abyssal et les lendemains aussi ténébreux. Des années durant, je m'en étais voulu de m'être laissé aller de la sorte, d'avoir fait tout un plat d'un amour platonique qui n'aurait pas dû avoir lieu. Comment une femme à peine entrevue était-elle devenue, dans mon esprit, plus intense qu'une obsession, aussi vaste que l'horizon.Il est des histoires qui dépassent l'entendement; celle que j'ai contractée violemment en sortant de la prison scolaire, il y a près de quarante ans, m'échappera toujours.Souvent tandis que je parcours la France à la rencontre de mon lectorat, alors que je découvre de nouveaux visages, je me surprends à chercher celui d'Hawa.

– La rose de Blida

elle était belle comme un rêve impossible presque irréelle dans son tailleur blanc

– La rose de Blida

- Tu disais?- Est-ce que tu es un orphelin de la guerre?- Qu'est-ce qui te fait supposer ça?- On dit que l'école des Cadets a été conçue pour recueillir les orphelins de la guerre.Il baissa la tête.- Non... il est vivant. Il vit en France avec une autre femme.

– La rose de Blida

Qu'est-elle devenue? Où est-elle? Est-elle encore de ce monde, dans ce pays, ou bien a-t-elle mis le cap sur d'autres contrées? Je l'ignore. Pour rien au monde je ne souhaiterais tourner une page que je n'avais pas eu le temps d'écrire et dont la blancheur symbolise la virginité de mes plus intimes pensées, l'innocence de mes plus violents désirs.

– La rose de Blida

Brusquement, j'eus honte de ma boule à zéro qui conférait à ma tronche un relief cabossé, de mes bottes sans lacets qui trahissaient mon statut de garçon peu recommandable et de mon treillis fripé qui sentait la sueur froide et le trou à rat. Je n'allais tout de même pas passer devant la dame dans une tenue aussi débraillée et avec une figure violacée, bouffie de sommeil tourmenté.− Fous le camp, aboya le caporal en se trémoussant sur son tabouret.− Je peux sortir par derrière ? − Non.− S'il te plaît.− Ça ne me plaît pas. Tu va sortir par la porte principale, comme tout le monde. T'as peur que l'on te voit ? T'avais qu'à bien te tenir.− S'il te plaît, chef.Il secoua énergiquement son double menton qu'il avait blanchâtre comme le ventre d'un batracien.− Te fatigue pas. J'ai pas plus de cœur qu'une tronçonneuse.

– La rose de Blida

L'enfance est toujours là, prégnante, prête à vous attraper par le bras, et à ne plus vous relâcher.

– La rose de Blida

Je cherche toujours le bon côté des choses car elles en ont forcément un. Je vois le verre à moitié plein, une forme de sourire par-dessus la grimace, et la colère comme un enthousiasme dénaturé.

– Dieu n'habite pas la Havane

L'aventure humaine est faite de hauts et de bas pour conférer du relief à ce qui n'aura été que platitude.Si l'existence n'était qu'un chant d'été, personne ne saurait combien la neige est belle en hiver ...

– Dieu n'habite pas la Havane

Lorsque mon père l'entendit chanter pour la première fois, il fut conquis corps et âme. Il l'épousa dans la foulée. Leurs noces se réinventaient chaque soir, leurs étreintes les scellaient ; il leur suffisait de se regarder pour que les aurores boréales se substituent à leurs prunelles.

– Dieu n'habite pas la Havane

La loi du marché n 'est que la forme moderne de la loi de la jungle .

– Dieu n'habite pas la Havane

Le malheur vient de la grossière erreur de voir le monde tel qu'on voudrait qu'il soit et non pas tel qu'il est....Le bonheur, on ne le croise pas forcément par hasard sur son chemin, on peut aussi le fabriquer de ses mains.Il y a toujours quelqu'un qui vous aime quelque part. Si vous ne le voyez pas, lui vous voit. Ne cherchez pas ailleurs ce qui est à la portée de vos mains...

– Dieu n'habite pas la Havane

Le monde n'est pas obligé d'être parfait, mais il nous appartient de lui trouver un sens qui nous aidera à accéder à une part de bonheur.

– Dieu n'habite pas la Havane

[...] un jour ou l'autre il leur sera demandé des comptes, puisque à Cuba l'embourgeoisement demeure, pour les grands comme pour les petits, une hérésie idéologique aussi nauséabonde qu'un relent impérialiste.p224

– Dieu n'habite pas la Havane

J'ai du chagrin pour lui et pour cette jeunesse qui ne connaît du monde que ce qu'en montrent les films "piratés", et quelques dignitaires autoproclamés portant des tenues de combat en temps de paix et délestant le ciel de ses étoiles pour en garnir leurs galons...p140

– Dieu n'habite pas la Havane

- Ce que je tente de vous dire est que quelle que soit votre notoriété, elle ne vous appartient pas. Toute célébrité n'est que le fruit d'une conjoncture. Le public est versatile. Aujourd'hui, il vous acclame. Demain, il en acclamera un autre et ne se donnera même pas la peine de vous ranger dans un tiroir. Sans crier gare, vous voilà livré à vous-même sans savoir ce que vous êtes en train de devenir.p45

– Dieu n'habite pas la Havane

Être pauvre ce n'est pas manquer d'argent; être pauvre, c'est manquer de générosité...

– Dieu n'habite pas la Havane

On n'apprend pas à son papa à faire des enfants.

– Qu'attendent les singes

La vie est une compétition. Il y a ceux qui rabaissent le monde à leur pied et ceux qui se font marcher dessus.

– Qu'attendent les singes

Le pouvoir est une effroyable sorcellerie, une possession démoniaque, une folie à l'état pur. Une fois contaminé, vous ne pouvez plus vous en défaire. C'est tellement enivrant.

– Qu'attendent les singes

- Je peux savoir ce que tu fais dans mon bureau, lieutenant ?- Tu appelles ça, un bureau ? Avant, c'était un débarras. On y emmagasinait des balais, des frottoirs, des serpillières, des seaux en plastique et des détergents. Comme on n'avait pas où te caser, on a réaménagé le débarras pour toi. On a mis une table de cantine, trois chaises en formica, un téléphone vieux comme le monde, une armoire de récupération, et on t'a installé entre deux portes dans l'espoir de voir le courant d'air t'emporter.- Tu n'as pas répondu à ma question, lieutenant.- A vrai dire, ironise Guerd en montrant du menton un thermos posé sur une rame de dossiers, je suis venu partager ton café. Il paraît qu'il n'y a pas mieux pour broyer du noir.- Tu arrives trop tard. J'ai tout bu. Qu'est-ce que tu me veux ?- Te faire chier. N'est-ce pas le privilège des plus gradés ?- J'avoue que comme purgatif, il n'y a pas plus efficace sur le marché.

– Qu'attendent les singes

En Algérie, les génies ne brillent pas, ils brûlent. Lorsqu'ils échappent à l'autodafé, ils finissent sur le bûcher. Si par mégarde, on les met sous les feux de la rampe, c'est pour mieux éclairer les snippers.

– Qu'attendent les singes

On peut toujours dire non aux coups de la vie, la fatalité n'en fera qu'à sa tête.

– Qu'attendent les singes

- J'ai la mer en face de moi, elle n'arrive pas à éteindre le feu dans mon crâne. J'ai besoin qu'on m'explique: qu'attendent les singes pour devenir des hommes?- Ils le voudraient qu'il ne le pourraient pas, Sid. C'est dans la nature des choses, voyons. On n'exige pas d'un dépotoir de sentir bon

– Qu'attendent les singes

Tomber n'est pas un tort lorsqu'on a la force de se relever...

– Qu'attendent les singes

Pour aimer, il faut avoir une âme...

– Qu'attendent les singes

Ils sont combien d'Al-Qaïda ? Cinq cents, mille, deux mille ? Qui sont donc les milliers de sauvages qui ravagent nos villes, décapitent nos vieillards, éventrent nos femmes enceintes et écrabouillent le crâne de nos enfants à coups de crosse ? Ce sont des Libyens, Raïs. Des Libyens comme vous et moi qui hier seulement vous acclamaient et qui réclament votre tête aujourd'hui.

– La Dernière Nuit du Raïs

J 'ai fait d 'une minable populace une nation heureuse et prospère , et voilà comment on me remercie .

– La Dernière Nuit du Raïs

[Kadhafi a essuyé un refus de la part du père de Faten à sa demande de mariage.]Je n'ai pas pardonné l'affront.En 1972, trois ans après mon intronisation à la tête du pays, j'ai cherché Faten. Elle était mariée à un homme d'affaires et mère de deux enfants. Mes gardes me l'ont ramenée un matin. En larmes. Je l'ai séquestrée durant trois semaines, abusant d'elle à ma convenance. Son mari fut arrêté pour une prétendue histoire de transfert illicite de capitaux. Quant à son père, il sortit un soir se promener et ne rentra jamais chez lui.Depuis, toutes les femmes sont à moi.

– La Dernière Nuit du Raïs

Mes compliments l'enhardissent. Il revient vers moi, soudain fébrile :- Je vous prouverai que je suis le même homme, que cette guerre n'est qu'un écran de fumée et que bientôt l'éclaircie étendra sa lumière sur toute la Libye. J'exterminerai jusqu'au dernier les barbares qui vous chahutent et je ferai de leur chair le tapis rouge sur lequel vous marcherez droit sur votre trône.

– La Dernière Nuit du Raïs

Je suis fou de rage. Cette larve de Mansour a osé porter la main sur moi. J'ai fait exécuter des proches pour moins que ça. Mes geôles pullulent d'indélicats, de suspects, de mécontents, d'imprudents, de gens qui ont eu le tord d'être au mauvais endroit au mauvais moment. Je ne tolère pas que l'on discute mes ordres, que l'on remette en question mes jugements, que l'on fasse la moue devant moi. Ce que je dis est parole d'évangile, ce que je pense est présage. qui ne m'écoute pas est sourd, qui doute de moi est damné. Ma colère est une thérapie pour celui qui la subit, mon silence est une ascèse pour celui qui le médite.

– La Dernière Nuit du Raïs

Vous ne me prendrez pas vivant. Je ne suis pas une gousse d'ail faite pour finir au bout d'une corde. Je me battrai jusqu'à la dernière goutte de mon sang... Venez me chercher, bande de chiens ! Je suis le soldat d'Allah, la mort est mon sacre. Ma place est au paradis, aux côtés des prophètes, entouré d'anges et de houris, et sur ma tombe d'ici-bas, il y aura autant de couronnes que de fleurs dans une prairie... Qu'est-ce que vous croyez ? Que j'allais me cacher dans un puits comme Saddam jusqu'à ce que l'on vienne me débusquer ? Vous ne passerez pas votre coton-tige sur la muqueuse de ma bouche. Vous ne m'exposerez pas sur les chaînes télé avec une barbe de clochard. Et toi, Sarkozy, tu n'auras pas l'honneur d'exhiber mon scalp du haut de ton perchoir.

– La Dernière Nuit du Raïs

Il y a à peine quelques mois, toute honte bue, l'Occident tapissait mon chemin de velours, m'accueillait avec les honneurs, brodait des lauriers sur mes épaulettes de colonel. On m'a autorisé à dresser ma tente sur la pelouse de Paris en pardonnant ma muflerie et en fermant les yeux sur mes "monstruosités".N.D.L. : Référence au séjour de Kadhafi à Paris en décembre 2007 et à la tente installée pour lui dans le parc de l'Hôtel Marigny.

– La Dernière Nuit du Raïs

Que l'on soit couvert de guenille ou de soie, on n'est jamais que soi...et je suis Kadhafi, aussi bien sur un trône qu'assis sur une borne kilométrique.

– La Dernière Nuit du Raïs

Et puis,n'est-ce pas le but final de l'existence,la mort?On a beau posséder le monde ou tirer le diable par la queue,un jour,on est appelé à tout laisser su place,nos trésors comme notre lot de misère ,et à disparaître (p129)

– La Dernière Nuit du Raïs

Étrange comme les hommes espèrent accéder dans la mort à ce qu'ils n'ont pas acquis pendant leur vie. J'essaye de cerner leur complexité et, là où je pose le doigt, mon empreinte est absorbée par la surface gélatineuse des mentalités. Longtemps après avoir cru caresser leur vérité, je m'aperçois que je lisais le braille à l'envers et que les mystères que j'étais persuadé d'avoir percés m'ont avalé en entier.

– La Dernière Nuit du Raïs

Personne ne fuit son pays. On ne fuit que soi-même - sa vérité ou son infortune -, comme si l'âme, trop à l'étroit dans sa peau, tentait de s'en extirper.

– L'imposture des mots

L'Histoire nous prouve régulièrement que nos drames sont en nous, que nos prières se trompent d'adresse dès lors que nous cherchons à imputer aux démons le tort que nous sommes les seuls à pouvoir rendre possible. Voilà pourquoi nos voeux les lus pieux ne dépassent guère la blessure de nos lèvres. Et puis, qui sommes-nous pour prétendre à des faveurs dont nous demeurons indignes? Des dieux? Trop pièces pour assumer une telle charge. Des surcréatures? Souvent, les fauves font montre de plus de retenue que nous.

– L'imposture des mots

Il est des gens qui rejoignent certain fromages dont l'authenticité relève soit de la teneur de leur moisissure, soit de la densité de leur puanteur, Abdelkader et Mme hélas sont de ceux-là.Ils incarnent leur purulence. les désinfecter serai les dénaturer.

– L'imposture des mots

Saloperie de guerre!

– L'imposture des mots

Si l'authenticité repose sur du concret, la fausseté saura exactement quand lui emprunter cette touche de vraisemblance qui, conjuguée au bénéfice du doute, la rendra plus crédible.

– L'imposture des mots

Notre chahut réinstalle Bab el-Oued en plein cœur de Paris. Je languissais après cette chaleur et cette spontanéité toute algérienne, qui vous retapent un homme même perdu au large de la Sibérie.

– L'imposture des mots

Ce n'est plus le génie, c'est la notoriété qui fait vendre.

– L'imposture des mots

L'horreur étant humaine au même titre que le ridicule, les hommes singeront l'autruche jusqu'à ce que mort s'ensuive. Ainsi avance l'humanité, aveuglée par ses vanités. Les illuminés n'y verront que du feu, les astrologues que des étoiles filantes. Là où s'aventureront les bonnes intentions, l'enfer leur collera au train ; là où elles élèveront des stèles, on criera au sacrilège ; là où elles dresseront des mâts de cocagne, on y taillera des gibets. Les sages n'auront cesse de prêcher dans le désert ; les crétins puiseront leur bonheur en chaque foutaise, les génies seront évincés par d'illustres nigauds et le bras d'honneur galvanisera les foules mieux qu'un fait d'armes....

– L'imposture des mots

Je veux comprendre si c'était la souffrance qui me faisait rêver, ou le rêve qui me faisait souffrir.

– L'imposture des mots

Si la rose savait que sa grâce et sa beauté la conduisent droit dans un vase, elle serait la première à trancher la gorge avec sa propre épine. Mais elle l'ignore, et c'est dans cette poche d'ombre qu'elle puise la sève da sa propre survivance. Mon excuse, à moi, vient de là aussi.

– L'imposture des mots

La voix de mon oncle couvre le vrombrissement des moteurs : " Si tu veux faire de ta vie un maillon d'éternité et rester lucide jusque dans le coeur du délire, aime..Aime de toutes tes forces, aime comme si tu ne savais rien faire d'autre, aime à rendre jaloux les princes et les dieux. car c'est en l'amour que toute laideur se découvre une beauté." Ce furent les dernières paroles de mon oncle. Il m'avait dit ça sur son lit de mort, à Rio Salado. Aujourd'hui encore plus d'un demi -siècle après, sa voix de moribond résonne en moi telle une prophétie : "Celui qui passe à côté de la plus belle histoire de sa vie n'aura que l'âge de ses regrets et tous les soupirs du monde ne sauraient bercer son âme...

– Ce que le jour doit à la nuit

Il n'y a pas de mal à écouter. La vie est un apprentissage permanent ; plus on croit savoir, moins on sait, tant les choses changent, et avec elles les mentalités.

– Ce que le jour doit à la nuit

En amour, toutes les chances se valent et on n'a pas le droit de ne pas tenter la sienne.

– Ce que le jour doit à la nuit

Ressaisis-toi, bonhomme. Il n'y a qu'un seul Dieu sur terre et c'est toi. Si le monde ne te convient pas, réinventes-en toi un autre, et ne laisse aucun chagrin te faire descendre de ton nuage. La vie sourit toujours à celui qui sait lui rendre sa monnaie de sa pièce. p.304

– Ce que le jour doit à la nuit

La vie est un train qui ne s'arrête à aucune gare. Ou on le prend en marche ou on le regarde passer sur le quai, et il n'est pire tragédie qu'une gare fantôme.

– Ce que le jour doit à la nuit

Tes yeux me manquentEt je deviens aveugleDès que tu regardes ailleursTous les jours je meursQuand parmi les vivantsJe te ne vois nulle partQu'est ce que vivre mon amourQuand toute chose en ce mondeMe raconte ton absence.

– Ce que le jour doit à la nuit

Qui sommes-nous au juste ? Ce que nous avons été ou bien ce que nous aurions aimé être ? Le tort que nous avons causé ou bien celui que nous avons subi ? Les rendez-vous que nous avons ratés ou les rencontres fortuites qui ont dévié le cours de notre destin ? Les coulisses qui nous ont préservés de la vanité ou bien les feux de la rampe qui nous ont servi de bûchers ? Nous sommes tout cela en même temps, toute la vie qui a été la nôtre, avec ses hauts et ses bas, ses prouesses et ses vicissitudes ; nous sommes aussi l'ensemble des fantômes qui nous hantent... nous sommes plusieurs personnages en un, si convaincants dans les différents rôles que nous avons assumés qu'il nous est impossible de savoir lequel nous avons été vraiment, lequel nous sommes devenus, lequel nous survivra.

– Ce que le jour doit à la nuit

Nous ne sommes pas paresseux. Nous prenons seulement le temps de vivre. Ce qui n'est pas le cas des Occidentaux. Pour eux, le temps, c'est de l'argent. Pour nous, le temps, ça n'a pas de prix. Un verre de thé suffit à notre bonheur, alors qu'aucun bonheur ne leur suffit. Toute la différence est là, mon garçon.

– Ce que le jour doit à la nuit

Si une femme t'aimait Younes, si une femme t'aimait profondément, et si tu avais la présence d'esprit de mesurer l'étendue de ce privilège, aucune divinité ne t'arriverait à la cheville..cours la rejoindre..Un jour , sans doute, on pourrait rattraper une comète, mais qui vient à laisser filer la "vraie" chance de sa vie, toutes les gloires de la terre ne sauraient l'en consoler

– Ce que le jour doit à la nuit

Celui qui passe à côté de la plus belle histoire de sa vie n'aura que l'âge de ses regrets et tous les soupirs du monde ne sauraient bercer son âme...

– Ce que le jour doit à la nuit

Les gens ont du mal à cohabiter avec leur propre ombre. La peur est devenue la plus efficace des vigilances. Les susceptibilités plus attisées que jamais, une confidence est vite mal interprétée, et les Talibans ne savent pas pardonner aux langues imprudentes. N'ayant que le malheur à partager, chacun préfère grignoter ses déconvenues dans son coin, pour ne pas avoir à s'encombrer de celles d'autrui. A Kaboul, les joies ayant été rangées parmi les péchés capitaux, il devient inutile de chercher auprès d'une tierce personne un quelconque réconfort. Quel réconfort pourrait-on encore entretenir dans un monde chaotique, fait de brutalité et d'invraisemblance, saigné à blanc par un enchaînement de guerres d'une rare violence; un monde déserté par ses saints patrons, livré aux bourreaux et aux corbeaux, et que les prières les plus ferventes semblent incapables de ramener à la raison?

– Les Hirondelles De Kaboul - Cd

J'avais de la haine pour Zane. Avait-il été enfant ? Si oui, lui ressemblerais-je quand je serai grand ? Ou bien ressemblerais-je à ces spectres déphasés qui traînaient leur damnation en guise de boulets, la crasse si épaisse sur la peau qu'on aurait pu y planter un couteau sans les blesser ? Non, me disais-je, Zane n'a jamais été enfant. Il est né tel quel, en bloc, avec sa moustache torsadée et une bouche d'égout au milieu de la figure. Il était la pourriture faite homme, puait comme charogne au soleil sauf que, comble de l'horreur, il était bel et bien vivant.

– Les anges meurent de nos blessures

Et ce fut ce soir-là, profitant d'un instant d'inattention, que je portai la main sur les seins de Nora. Je venais de toucher, pour la première fois de ma vie, le pouls d'une fraction d'éternité. Jamais mes doigts ne connaîtraient sensation plus forte.

– Les anges meurent de nos blessures

A Médine Jdida, la pauvreté était toujours là, sauf qu'elle avait de la pudeur.

– Les anges meurent de nos blessures

Il y a deux genres d'espoir. L'espoir qui relève de l'ambition, et l'espoir qui se réclame du miracle Le premier peut toujours courir, le second peut toujours attendre ni l'un ni l'autre ne sont une fin en soi puisque seule la mort en est une.

– Les anges meurent de nos blessures

Le chance, c'est comme la jeunesse. Chacun y a sa part. Certains la saisissent au vol, d'autres la laissent filer entre leurs doigts, et d'autres l'attendent encore alors qu'elle est loin derriere eux. Qu'ai-je fit de la mienne?

– Les anges meurent de nos blessures

Regarde un peu la statue du général, là-bas. Que raconte-t-elle ? Elle dit simplement qu'on a beau ruer dans les brancards et brûler des villes et des campagnes, massacrer des gens en criant victoire et faire des larmes des veuves de l'eau pour son moulin, les héros finissent sur des socles en marbre pour que les pigeons viennent leur chier dessus...(Citation choisie parce qu'en plus, elle me semble résumer tout le livre)

– Les anges meurent de nos blessures

Il y a toujours une vie après l'échec, la mort seule est définitive.

– Les anges meurent de nos blessures

Ma mère me disait que les dieux ne sont grands que parce que nous les regardons d'en bas.

– Les anges meurent de nos blessures

Je lui demandais comment elle faisait pour supporter ces déboires qui s'accrochaient à elle comme des revenants. Elle me répondait d'une voix limpide : "On fait avec. Le temps s'arrange pour rendre les choses vivables. Alors, on oublie et on se persuade que le pire est derrière soi. Bien sûr, le gouffre nous rattrape au détour d'une solitude et on tombe dedans. Curieusement, dans la chute, on éprouve une sorte de paix intérieure. On se dit c'est ainsi, et c'est tout. On pense aux gens qui souffrent et on compare nos douleurs. On supporte mieux la nôtre après. Il faut bien se mentir. On se promet de se ressaisir, de ne pas retomber dans le gouffre. Et si, pour une fois, on parvient à se retenir au bord du précipice, on trouve la force de s'en détourner. On regarde ailleurs, autre chose que soi. Et la vie reprend ses droits, avec ses hauts et ses bas. On a beau acheter ou se vendre, on est que des locataires sur terre. On ne détient pas grand-chose finalement. Et puisque rien ne dure, pourquoi s'en faire ? Quand on atteint cette logique, aussi bête soit-elle, tout devient tolérable. Et alors, on se laisse aller, et ça marche."

– Les anges meurent de nos blessures

L'amour est fait de hasard et de chance. À une bretelle de la vie, il est là, offrande sur le chemin. S'il est sincère, il se bonifie avec le temps. Et s'il ne dure pas, c'est que l'on s'est trompé de mode d'emploi.

– Les anges meurent de nos blessures

Parce que tu es d'Alger, tu crois m'impressionner ?

– La part du mort

que peut faire un érudit dans un pays révolutionnaire où le charisme s'applique à être l'ennemi juré du talent, où le génie est traité en hors-la-loi ?

– La part du mort

On se couche tard, on se lève rarement. L' Etat-providence se délecte du farniente avec le même détachement que ses décideurs. Du matin au soir, le petit peuple remue paresseusement çà et là, un doigt dans le nez et l'oeil dans le vague. On voit bien que quelque chose de terrible est en train de sourdre, mais on s'en fout. Nous autres, Algériens, nous ne réagissons qu'en fonction de ce qui nous arrive, jamais en prévision de ce qui risquerait de nous arriver.

– La part du mort

L'amour est une délicieuse invraisemblance, un formidable chamboulement ; c'est un désastre merveilleux.

– La part du mort

[...] - Je ne vous cache pas que le sujet me gêne. Personnellement, je n'ai pas grand-chose sur la conscience. J'ai fait la guerre d'un bout à l'autre, sans excès et sans tricher. J'ai assisté à des choses horribles, aussi. Mais je ne tiens pas à retourner le couteau dans la plaie, monsieur Llob. Les gens d'ici en portent des séquelles irréversibles. De nos jours, il arrive que les échos de ces événements dramatiques réveillent certaines rancunes et , parfois, le sang coule de nouveau.

– La part du mort

Tout ce qui brille n'est pas or, c'est la loi. J'aime mon pays et les gens qui vont avec. Je suis malheureux quand les choses tournent mal, et il m'arrive souvent de prier pour que l'on sorte des mauvaises passes sans trop de casse. Comme vous, je rêve d'une patrie belle et saine ; je suis prêt à me défoncer comme un dingue pour un soupçon d'embellie dans la grisaille de nos jours, mais quelle que soit la ferveur de ma foi, je m'interdis de faire allégeance aux prophètes qui légitiment le meurtre.

– La part du mort

Et que pour une fois on nous pardonne un excès de langage sur ce site au discours habituellement châtié. Je ne peux résister à l'envie de citer crûment Yasmina Khadra (qui se donne parfois des airs de San Antonio) lorsqu'il met en scène Mohand, un libraire passionné de bouquinerie ...[...] Avec lui aucune chance de s'amuser. Pour rien au monde je ne voudrais échouer sur une île déserte avec lui. Incapable de se mettre au lit sans un texte contre la figure, les mauvaises langues racontent que lorsque Mohand porte la main sur la foufoune à Monique, c'est juste pour y tremper le doigt afin de tourner les pages de son bouquin.

– La part du mort

Nadia éclate de rire.Lorsque ma fille s'esclaffe, j'ai envie de tout pardonner. Mais sa gaieté est si brève que je n'ai même pas le temps de m'en inspirer.

– La part du mort

Elle était belle, Alger, au temps des saisons bleues. Un rien nous gonflait à bloc ; le moindre chant nous glorifiait. Nous étions jeunes comme nos vocations et nous prenions pour argent comptant les promesses farfelues. Nous avions la main verte, le coeur à l'ouvrage et la naïveté franche ; nos ambitions étaient humbles et nos espoirs confiants ; nous voulions seulement vivre et aimer être là, parmi la prière des mosquées et les coups de gueule des ivrognes, chercher notre image dans la sympathie des autres, toucher du bout des doigts nos songes d'enfants, cueillr d'une main la fleur à offrir et tenir, de l'autre, l'ensemble de nos paroles.

– La part du mort

Les deux énergumènes, qui me tournent le dos, pivotent sur leurs sièges et se raidissent, estomaqués par mon intrusion. Le plus gros rabat immédiatement le couvercle d'une mallette remplie de liasses de billets de banque ; l'autre se contente de s'embusquer derrière d'épaisses lunettes de soleil. Je n'ai pas besoin de consulter une cartomancienne pour deviner ce qui se passe dans le bureau du maire. Les deux lurons puent la magouille à des lieues à la ronde. Le costume identique, noir avec des rayures fines, la cravate clownesque d'un jaune affreux et les souliers vernis trahissent les nouveaux riches du socialisme scientifique à l'algérienne, c'est-à-dire cette confrérie de canailles visionnaires qui a réussi à convaincre les apparatchiks de la nécessité d'abuser de leurs prérogatives pour élever des empires financiers afin d'entrer dans le nouvel ordre mondial mieux armés et plus avertis.

– La part du mort

-Je portais ma haine comme une seconde nature ; elle était mon armure et ma tunique de Nessus ,mon socle et mon boucher ; elle était tout ce qui me restait en cette vie fallacieuse et injuste , ingrate et cruelle .

– Les sirènes de Bagdad

Une brute reste une brute, même avec le sourire; c'est dans le regard que l'âme décline sa vraie nature.

– Les sirènes de Bagdad

-Une fois les funérailles accomplies , chacun retourna dans ses quartiers méditer le sortilège qui a ravi à Kafr Karam sonêtre le plus pur , qui fut sa mascotte et son pentacle .

– Les sirènes de Bagdad

Enlever des journalistes, exécuter des membres d 'ONG qui ne sont parmi nous que pour nous aider, ce n'est pas dans nos coutumes. Tu veux venger une offense, n'offense personne. Si tu penses que ton honneur doit être sauf, ne déshonore pas ton peuple. Ne cède pas à la folie.

– Les sirènes de Bagdad

-A Bagdad ,j 'en ai entendu des discours et des prêches . Ça me foutait en rogne comme un chameau qui chope la rage .J 'avais une seule envie : fiche en l'air la planète entière ,du pôle Nord au pôle Sud ...Et quand c 'est toi qui dis ma haine pour l 'Occident , toi l 'érudit ,ma colère devient ma fierté .Je cesse de me poser des questions .Tu m 'apportes toutes les réponses .

– Les sirènes de Bagdad

J 'étais quel qu 'un d 'émotif ; le chagrin des autres m 'accablait .Il m 'était impossible de passer devant un malheur sans l 'emporter avec moi .Enfant ,je pleurais souvent dans ma chambre , en m 'enfermant à double tour ,de peur que ma sœur jumelle-une fille-me surprenne baignant dans mes larmes . On la disait plus vigoureuse que moi , non moins pleurnicharde .

– Les sirènes de Bagdad

La vie n 'est qu 'un pari insensé ; c 'est la façon de mourir qui lui sauve la mise. Ainsi naissent les légendes .

– Les sirènes de Bagdad

Nos matins se reconnaissaient à leurs bruits vétilleux, nos soirs à leurs sommeils sans attraits, et d'aucun n'auraient su dire à quoi servent les rêves lorsque les horizons sont nus.

– Les sirènes de Bagdad

Quand on a rien, on fait avec - question de mentalité

– Les sirènes de Bagdad

"Il faut t'endurcir. Il faut savoir renoncer aux peines des autres ; elles ne sont bonnes ni pour eux ni pour toi. Tu es trop mal loti pour t'attendrir sur le sort d'autrui..." En vain. On ne naît pas brute, on le devient ; on ne naît pas sage, on apprend à l'être. Moi, je suis né dans la misère et la misère m'a élevé dans le partage.

– Les sirènes de Bagdad

(…) les hommes sont ce que la nature a engendré de pire et de meilleur ; les uns meurent pour un idéal, d'autres pour des prunes ; certains périssent de leur générosité, d'autres de leur ingratitude ; ils s'entredéchirent pour les mêmes raisons, chacun dans son camp, et dans cette ignoble mise en scène, l'ironie du sort joue aux bons auspices jusqu'à réconcilier, dans une même fosse putride, l'éclairé et l'enténébré, le vertueux et le pervers, le martyr et le tortionnaire rendus à la mort éternelle comme des siamois au ventre de leur mère.

– L'équation africaine

Mais depuis les premiers dollars versés aux kidnappeurs, les cordonniers ont rangé leurs clous et leur glu, les portefaix ont renoncé aux couffins des ménagères et n'importe quel crève-la-dalle s'imagine à la tête d'un pactole dès lors qu'il croise un étranger sur son chemin... Les gouvernements n'auraient pas dû céder aux chantages des ravisseurs.

– L'équation africaine

Depuis les temps reculés, se méfiant de ce qui ne le fait pas souffrir, l'Homme court après son ombre et cherche ailleurs ce qui est à portée de sa main, persuadé qu'aucune rédemption n'est possible sans martyre, que le revers est un déni de soi, alors que sa vocation première réside dans sa faculté de rebondir... Ah ! L'Homme, ce prodige réfractaire à ses chances et fasciné par l'échafaud de ses vanités, sans cesse écartelé entre ce qu'il croit être et ce qu'il voudrait être, oubliant que la plus saine façon d'exister est de demeurer soi-même, tout simplement.

– L'équation africaine

Là où l'amour sème, on récolte sans compter car tout redevient possible lorsque le coeur et la raison fusionnent.

– L'équation africaine

"Vis chaque jour comme s'il était le premierEt laisse au passé ses remords et méfaitsVis chaque soir comme s'il était le dernierCar nul ne sait de quoi demain sera fait."

– L'équation africaine

- Aucune race n'est supérieure à une autre. Depuis la préhistoire, c'est toujours le rapport de force qui décide de qui est la maître et de qui est le sujet. Aujourd'hui, la force est de mon côté. Et même si je ne suis à tes yeux qu'un taré de nègre, c'est moi qui mène la danse. Aucun savoir, aucun rang social, aucune couleur de peau ne pèse devant une vulgaire pétoire. Tu te croyais sorti de la cuisse de Jupiter ? Je vais te prouver que tu n'es qu'un avorton comme nous tous, sorti d'un trou du cul. Tes titres universitaires comme ton arrogance de Blanc n'ont pas cours là où une simple balle suffit à confisquer l'ensemble des privilèges. Tu es né en Occident ? T'as de la chance. Maintenant, tu vas renaître en Afrique et tu vas comprendre ce que ça signifie.

– L'équation africaine

- Je n'ai pas choisi la violence. C'est la violence qui m'a recruté. De mon plein gré ou à mon insu, peu importe. Chacun fait avec ce qu'il a. Je n'en veux à personne en particulier et, par conséquent, je ne vois pas comment ne pas loger tout le monde à la même enseigne. Pour moi, Blanc ou Noir, innocent ou coupable, victime ou bourreau, c'est du pareil au même. Je suis trop daltonien pour distinguer le bon grain de l'ivraie. Et puis, c'est quoi le bon grain, et c'est quoi l'ivraie ? Ce qui est bon pour les uns est mauvais pour les autres. Tout dépend de quel côté on se trouve. Nul besoin d'éprouver du regret ou du remords. Qu'est-ce que ça change lorsque le mal est fait ? Petit, j'avais peut-être un coeur, aujourd'hui il est calcifié. Quand je porte ma main à ma poitrine, je ne perçois que la colère en train de sourdre en moi. Je ne sais pas m'émouvoir puisque personne n'a eut pitié de moi. Je ne suis que le support de mon fusil, et j'ignore qui, de moi ou de mon fusil, commande l'autre.

– L'équation africaine

Celui qui ne voit l'Afrique qu'une seule fois dans sa vie mourra borgne.

– L'équation africaine

La solitude est pire que le malentendu

– L'équation africaine

Vis chaque matin comme s'il était le premierEt laisse au passé ses remords et méfaitsVis chaque soir comme s'il était le dernierCar nul ne sait de quoi demain sera fait.

– L'équation africaine

Un écrivain n'intimide pas ; il impressionne. Il ne s'impose pas ; il séduit ou convainc. Sa grandeur, c'est sa générosité et son humilité, pas sa complexité. Or tu fais tout pour paraître difficile. Tes mots sont ampoulés, excessifs ; tu crois ton français châtié alors qu'il est pindarique et creux. Tu deviens farfelu en voulant être savant ; c'est une grosse maladresse. Regarde Brassens. Tu l'aimes bien, Brassens. C'est un grand poète. Pourtant ces paroles sont claires comme une eau de roche. Et Giono tu as énormément aimé son Regain. Pourquoi ? Parce qu'il écrit avec du cœur et pas avec des mots vaniteux. La grandiloquence, c'est le faste des caravaniers

– L'écrivain

C'était cela le don du ciel : le verbe. J'étais né pour écrire ! En ouvrant le beau livre, en parcourant ses pages aux illustrations splendides, éblouissantes d'affection, j'étais irrémédiablement fixé: faire des livres. (Pocket, avril 2013, p.102)

– L'écrivain

Je me retrouvai seul. Le soleil se couchait déjà, en catimini, comme s'il cherchait, à son tour, à me fausser compagnie. Je pris place sur une dalle et tournai le dos à l'esplanade, aux tintements des fourchettes qui s'élevèrent bientôt au réfectoire. Mes épaules ployèrent, pesèrent sur mon être. j'avais l'impression que mon âme s'engourdissait. Lentement, pour apaiser la faim et le vertige qui me gagnaient, j'enfonçai mes poings dans le creux de mon ventre et fis face à la nuit...

– L'écrivain

Ici tu n'es pas à la Sorbonne bonhomme. Nous n'avons pas assez de buvards pour éponger tes rédactions dysentériques. Tu es un soldat.Tu as une tête pour porter le casque pas pour faire de l'esprit. L'armée n'a pas besoin de prosateurs ; elle compte sur nous pour lui fournir des officiers intègres, consciencieux, intelligents et compétents.

– L'écrivain

"[...]je pris pleinement conscience de la dimension véritable des écrivains. Ils n'appartenaient pas au commun des mortels. Pour moi, c'étaient des prophètes, des visionnaires, les sauveurs de l'espèce humaine. Il m'était très difficile de concevoir l'existence sans eux. Force originelle des hommes ; ils n'interprétaient pas le monde, ils l'humanisaient."

– L'écrivain

"Le propre de l'enfer est d'être pavé de bonnes intentions."

– L'écrivain

Le péché originel de l'Art est d'avoir voulu convaincre et plaire, pareil à des fleurs qui pousseraient avec l'espoir de finir dans un vase. -Jean Cocteau

– L'écrivain

Une inspiration, c'est comme le fer, il faut la battre tant qu'elle est encore chaude.

– L'écrivain

"Une vie, c'est une histoire. Et une histoire n'est pas forcément un conte de fées."

– L'écrivain

"[...] croire en quelque chose, c'est d'abord et surtout ne jamais y renoncer."

– L'écrivain

En vérité, mes frères, la richesse d'un homme n'est pas ce qu'il possède, mais ce qu'il laisse derrière lui.

– L'attentat

"Tout Juif de Palestine est un peu arabe et aucun Arabe d'Israël ne peut prétendre ne pas être un peu juif." (p. 253)

– L'attentat

Il faut toujours regarder la mer. C'est un miroir qui ne sait pas nous mentir. (p. 81)

– L'attentat

Il est des matins qui se lèvent sur d'autres nuits.

– L'attentat

On a beau s'attendre au pire, il nous surprendra toujours. Et si, par malheur, il nous arrive d'atteindre le fond, il dépendra de nous, et de nous seuls, d'y rester ou de remonter à la surface. Entre le chaud et le froid, il n'y a qu'un pas. Il s'agit de savoir où mettre les pieds. C'est très facile de déraper. Une précipitation, et on pique du nez dans le fossé. Mais est-ce la fin du monde? Je ne le pense pas. Pour reprendre le dessus, il suffit juste de se faire une raison.

– L'attentat

«Celui qui t'a dit qu'un homme ne doit pas pleurer ignore ce qu'un homme veut dire »

– L'attentat

"Qui rêve trop oublie de vivre"

– L'attentat

Garde tes peines pour toi, elles sont tout ce qu'il te reste lorsque tu as tout perdu.

– L'attentat

Tout le malheur des hommes vient de ce malentendu: ce que Dieu te prête tu dois savoir le rendre. Aucune chose sur terre ne t'appartient vraiment. Ni ta patrie dont tu parles ni la tombe qui te fera poussière parmi la poussière.

– L'attentat

On peut tout te prendre; tes biens, tes plus belles années, l'ensemble de tes joies, et l'ensemble de tes mérites, jusqu'à ta dernière chemise il te restera toujours tes rêves pour réinventer le monde que l'on t'a confisqué.

– L'attentat

-Te détester? dit Kada en ricanant.Je n'ai pas que ça à faire,figure toi. Pour moi, c'est à peine si tu existes.-Je ne suis pas ton ennemi...-Les géants n'ont pas d'ennemis parmi les lutins.

– Oeuvres / Yasmina KhadraTome 1, Romans - Oeuvres, tome 1

-Les ariscrottes! grogna-t-il...Tu les connais?-Non-Ce sont les Faraïnea,les barons du textile.Il parait qu'ils n'ont pas de WC chez eux.J'ai rencontré des constipés mais de cette catégorie y en a même pas dans la cour britannique.Le type qui s'est taillé à quatre pattes c'est leur chauffeur.Depuis une éternité,ils ne savent toujours pas comment il s'appelle.Ils se prennent pour des divinités.-Hé!C'est la vie.-Ca se voit que tu ne les connais pas.Pas une once d'humanité,je te dis,juste une pompe à la place du coeur.Ils n'ont pas plus d'égards pour les autres que pour une machine à sous.Y compris pour leur propre famille.Leur fils s'est tué à quinze ans.Il s'est pendu dans le garage.....Si leur propre enfant ne les a pas supportés,je te demande qui pourrait.-Leur chauffeur.

– Oeuvres / Yasmina KhadraTome 1, Romans - Oeuvres, tome 1

-Tu ne peux pas savoir ce que nous réservent les lendemains Atiq.Dieu seul est omniscient.

– Oeuvres / Yasmina KhadraTome 1, Romans - Oeuvres, tome 1

Extrait de la préface : " il n'y aura de salut sur notre terre que le jour où nous aurons compris l'impératif pour les peuples de se parler, de se connaître et de s'enrichir les uns les autres. Nous n'accéderont à la maturité qu'à ce prix. Car la barbarie n'est pas toujours là où l'on croit. Elle est parfois dans notre inaptitude à dépoussiérer les passerelles censées rapprocher les nations; elle est souvent dans notre refus ou notre incapacité à admettre que nos différences de sont pas des différends, mais une chance inouïe d'élargir notre espace vital et de nous réconforter mutuellement. Pour moi,l'homme heureux serait celui qui sait aimer de chaque religion un saint, et de chaque folklore un chant. Celui-là aura saisi l'étendue de son monde et l'aura investi en entier. Aborigènes, Pygmées, Noirs ou Blancs , Rouges ou Jaunes, Asiatiques ou Américains, Scandinaves ou Africains, nous appartenons tous à un même sort, un sort que nous sommes les seuls capables de rendre possible car nous le construisons de nos propres mains. "

– Oeuvres / Yasmina KhadraTome 1, Romans - Oeuvres, tome 1

Comment continuer de croire après avoir misé l'ensemble de nos certitudes sur un serment traditionnellement sacré et qui s'avère aussi peu fiable qu'une promesse d'arracheur de dents?

– Oeuvres / Yasmina KhadraTome 1, Romans - Oeuvres, tome 1

Aucun homme n'a le droit de tourner le dos au monde. Son devoir est de faire face à l'adversité, de lui survivre, car le sacrifice suprême n'est pas d'offrir sa vie, mais de l'aimer malgré tout.

– L'olympe des infortunes

C'est bien d'être à cheval sur les principes, mais il faut savoir mettre pied à terre de temps en temps.

– L'olympe des infortunes

- Pourquoi un Horr crache-t-il sur un billet de banque, Junior ?- Parce que l'argent est source de tous les malheurs, Ach.- Tout à fait, Junior. L'argent est la plus vilaine des vacheries. Quand tu le sers, il te dérobe les yeux ; et quand il te sert, il te confisque le coeur. Ce que tu gagnes d'une main, tu le gâches de l'autre. Ça t'appauvrit à ton insu, t'ampute de tes vrais potes et te greffe des profiteurs en guise de prothèse. Comme un sablier, il te vide pendant qu'il te remplit...

– L'olympe des infortunes

On a plus de chance de sortir indemne d'un nid de vipères que d'une ville de rupins, sans âme et sans fraternité, où les voisins de palier ne se disent pas bonjour et où l'on ne s'attarde guère sur la détresse d'autrui. (p172)

– L'olympe des infortunes

Le soleil s' enlise inexorablement dans la mer. Il a beau s' agripper aux nuages il ne parvient pas à empêcher la dégringolade . On voit bien qu' il déteste se prêter à cet exercice de mise en abîme , mais il n'y peut rien . Toute chose en ce monde a une fin et aucun règne n' échappe à son déclin . P 23

– L'olympe des infortunes

Junior est un homme sensé. Il a divorcé d'avec la vie, d'avec ses appétits et ses conneries. Il n'a ni femme ni enfants. Il est tranquille pour longtemps.Junior est libre comme le vent. La mer est sa confidente. Le terrain vague est sa patrie. Quand bien même il a peur dans le noir, il n'a que faire des réverbères ; la lumière des étoiles lui suffit.

– L'olympe des infortunes

La vraie liberté est de ne rien devoir à personne, et la vraie richese, ne rien attendre des autres.

– L'olympe des infortunes

Le soleil s'enlise inexorablement dans la mer. Il a beau s'agripper aux nuages, il ne parvient pas à empêcher la dégringolade. On voit bien qu'il déteste se prêter à cet exercice de mise en abîme, mais il n'y peut rien. Toute chose en ce monde a une fin et aucun règne n'échappe à son déclin.

– L'olympe des infortunes

- Tu nous pompes l'air.- Il y en a pour tout le monde...- De moins en moins quand tu ouvres ta gueule.

– L'olympe des infortunes

La vraie richesse est de ne rien attendre des autres.Si j'étais le Bon Dieu, je finirais par me manifester pour mettre un terme à la pagaille qui sévit sur terre. Si on refilait un sou à chaque con sur Terre, on finirait par ruiner tous les empires ; Aucun homme n'a le droit de tourner le dos au Monde. Son devoir est de faire face à l'adversité, de lui survivre, car le sacrifice suprême n‘est pas d'offrir sa vie, mais de l'aimer malgré tout. Que l'on soit couvert de hardes ou de soie, l'on n'est jamais que soi. Méfie toi de ce qui brille ; lorsque ça ne t'aveugle pas, ça te brûle. L'amour est l'essence de la vie, son sens et son salut.S'il vient vers toi, garde-le et ne le lâche plus. S'il te fuit, cours-lui après. Si tu ne sais pas où le trouver, invente-le. Sans lui, l'existence n'est qu'un gâchis, un passage à vide, une interminable chute libre. La ville, ce n'est pas un endroit où on se reconstruit quand on tombe très bas.

– L'olympe des infortunes

À Kaboul, les joies ayant été rangées parmi les péchés capitaux, il devient inutile de chercher auprès d'une tierce personne un quelconque réconfort. Quel réconfort pourrait-on encore entretenir dans un monde chaotique, fait de brutalité et d'invraisemblance, saigné à blanc par un enchaînement de guerres d'une rare violence;

– Les Hirondelles de Kaboul

Comment a-t-il pu croire que les ballades d'amoureux étaient encore possibles dans une ville aux allures de mouroir, infestée d'énergumènes rébarbatifs portant dans le regard la noirceur de la nuit des temps? Comment a-t-il pu perdre de vue les horreurs qui jalonnent le quotidien d'une nation bafouée au point que la cravache est devenue une langue officielle? Il n'aurait pas dû se bercer d'illusions.

– Les Hirondelles de Kaboul

Ne me demande pas de renoncer à mon prénom, à mes traits, à la couleur de mes yeux et à la forme de mes lèvres pour une promenade à travers la misère et la désolation ; ne me demande pas d'être moins qu'une ombre, un froufrou anonyme lâché dans une galerie hostile.

– Les Hirondelles de Kaboul

Les hommes sont devenus fous ; ils ont tournés le dos au jour pour faire face à la nuit.

– Les Hirondelles de Kaboul

Une prostituée a été lapidée sur la place. J'ignore comment je me suis joint à la foule de dégénérés qui réclamait du sang. j'étais comme absorbé par un tourbillon. Moi aussi, je voulais être aux premières loges, regarder de près périr la bête immonde. Et lorsque le déluge de pierres a commencé à submerger le succube, je me suis surpris à ramasser des cailloux et à le mitrailler, moi aussi. j'étais devenu fou.

– Les Hirondelles de Kaboul

La musique est le véritable souffle de la vie. on mange pour ne pas mourir de faim. On chante pour s'entendre vivre.

– Les Hirondelles de Kaboul

Comment a-t-il pu croire que les promenades d'amoureux étaient encore possibles dans une ville aux allures de mouroir, infestée d'énergumènes rébarbatifs portant dans le regard la noirceur de la nuit des temps ? Comment a-t-il pu perdre de vue les horreurs qui jalonnent le quotidien d'une nation bafouée au point que la cravache est devenue une langue officielle ?

– Les Hirondelles de Kaboul

Quand on passe ses nuits à veiller des condamnés à mort et ses jours à les livrer au bourreau, on n'attend plus grand chose du temps vacant.

– Les Hirondelles de Kaboul

Comment a-t-elle pu accepter d'enfiler ce monstrueux accoutrement qui la néantise, cette tente ambulante qui constitue sa destitution et sa geôle, avec son masque grillagé taillé dans son visage comme des moucharabiehs kaléidoscopiques, ses gants qui lui interdisent de reconnaître les choses au toucher, et le poids des abus ?

– Les Hirondelles de Kaboul

"Vivre, c'est d'abord se tenir prêt à recevoir le ciel sur la tête. Si tu pars du principe que l'existence n'est qu'une épreuve, tu es équipé pour gérer ses peines et ses surprises. Si tu persistes à attendre d'elle ce qu'elle ne peut te donner, c'est la preuve que tu n'as rien compris. Prends les choses comme elles viennent, n'en fais pas un drame ni un plat ; ce n'est pas toi qui mènes ta barque, mais le cours de ton destin."

– Les Hirondelles de Kaboul

"Depuis que le monde est monde, la société obéit à trois crans. Ceux qui gouvernent. Ceux qui écrasent et ceux qui supervisent."

– Morituri

"_La folie est ce qui échappe au commun des mortels, fait-il d'un ton détimbré. Un savant est fou dès lors qu'il manifeste son érudition parmi les incultes. [...]En réalité, Llob, il n'y a pas de vérité absolue, ni de mensonge fondamentalement faux : il y a seulement des choses auxquelles on croit, et d'autres auxquelles on ne croit pas..."

– Morituri

" [...] il arrive que l'on pardonne la faute, jamais la différence."

– Morituri

"Il a fait pas mal de guerres, de la Normandie à Dien Bien Phu, de Guernica aux Djudjuras, et il ne comprend toujours pas pourquoi les hommes préfèrent se faire péter la gueule , quand de simples cuites suffisent à les rapprocher."

– Morituri

"Il n'y a pas de doute : le paradis est de Dieu.Quant à l'enfer, il vient des hommes."

– Morituri

"Lino sait que, dans une société, où l'on ne dit jamais merci et jamais pardon, l'ingratitude est nature."

– Morituri

"Il n'est pire résignation qu'une porte qui se referme sur un être qui, au moment où il nous quitte, nous manque déjà."

– Morituri

Quand je songe aux cités dortoirs qui pervertissent nos paysages, aux "fourre-gens" insipides, à peine inaugurés que déjà délabrés, où l'on cultive les inimités ; quand je pense aux bidonvilles qui continuent de s'étendre jusque dans les mentalités, les soupiraux béants sur des émanations sulfureuses, je ne me fais pas trop d'illusions sur les lendemains.Ce n'est pas sur des châteaux de cartes que l'on édifie des civilisations. Ce n'est pas, non plus, avec des connivences mesquines que l'on s'élève au rang des nations.

– Morituri

"_La vraie carrière d'un homme, Lino, c'est sa famille. Celui qui a réussi dans la vie est celui-là qui a réussi chez lui. La seule ambition juste et positive est d'être fier à la maison. Le reste, tout le reste - promotion, consécration, gloriole - n'est que tape-à-l'oeil, fuite en avant diversion..."

– Morituri

"Un malheur n'arrive jamais seul. Il n'a pas assez de cran pour ça. Il lui faut impérativement une épreuve supplémentaire pour l'assister dans son travail de sape."

– Morituri

(De son côté), Abou Mariem profita de l'affliction générale pour en finir avec Sid Ali le poète que les imams n'avaient de cesse de diaboliser et dont l'émir en personne exigeait la tête. On l'attaqua chez lui, très tôt le matin. Le poète attendait ses bourreaux. Mis au courant de leurs desseins, il avait refusé de s'enfuir. Il avait juste envoyé sa compagne quelque part pour affronter seul son destin.Avant de mourir, Sid Ali avait demandé à être immolé par le feu.- Pourquoi? s'était enquis Abou Mariem.- Pour mettre un peu de lumière dans votre nuit.

– A quoi rêvent les loups

Si tu veux t'élever dans la hiérarchie des hommes, saute sur la première marche qui se présente.

– A quoi rêvent les loups

Sid Ali, le chantre de la Casbah, me disait que l'Algérie était le plus grand archipel du monde constitué de vingt-huit millions d'îles et de quelques poussières. Il avait omis d'ajouter que les océans de malentendus qui nous séparaient les uns des autres étaient, eux aussi, les plus obscurs et les plus vastes de la planète.

– A quoi rêvent les loups

Tu dois rendre grâce au Seigneur pour cette expérience inestimable. Tu as été aux portes de l'enfer, et tu n'y es pas tombé. Au contraire, tu as pris connaissance de la Vérité, celle qui te permet de te regarder dans une glace sans te retourner, ni te détourner, qui t'aide à t'assumer dans l'adversité. Tu as été ressuscité, Nafa mon frère.

– A quoi rêvent les loups

Pourquoi l'archange Gabriel n'a-t-il pas retenu mon bras lorsque je m'apprêtais à trancher la gorge de ce bébé brûlant de fièvre? Pourtant de toutes mes forces, j'ai cru que jamais ma lame n'oserait effleurer ce cou frêle, à peine plus gros qu'un poignet de mioche. La pluie menaçait d'engloutir le terre entière, ce soir-là. Le ciel fulminait. Longtemps, j'ai attendu que le tonnerre détourne ma main, qu'un éclair me délivre des ténèbres qui me retenaient captif de leurs perditions, moi qui étais persuadé être venu au monde pour plaire et séduire, qui rêvais de conquérir les coeurs par la seule grâce de mon talent.

– A quoi rêvent les loups

Nafa roula jusqu'au bout de la rue. Entre deux voitures en stationnement, un homme gisait sur le trottoir, face contre le sol, la tête éclatée.- Ne regarde pas, cria l'épouse d'Omar à son enfant.- Laisse-le regarder, dit le père. Il faut qu'il apprenne comment ça marche, dans son bled. Tu vois, Moussa? Voilà ce qui arrive aux ennemis de Dieu.L'enfant contempla le corps étalé.- Le monsieur saigne, papa...- Même les grandes personnes se font mal en glissant, tenta désespérément la mère. Quand je te dis qu'il faut faire attention en courant dans la rue, c'est pour que...- Qu'est-ce que tu es en train de lui raconter femme? Ce fumier n'a pas glissé. Regarde bien, fiston. On lui a tiré dessus. C'est un mécréant, un renégat, et les moudjahidin l'ont châtié. Ils l'ont crevé, tu comprends? Ils l'ont tué...Nafa accéléra pour épargner le garçon, et pour échapper aux cris d'Omar qui jubila et s'agita sur son siège tout au long du trajet.

– A quoi rêvent les loups

Quelquefois, pour assujettir davantage les alliés et faire rentrer dans les rangs les "insoumis", on massacrait une famille par-ci, on brûlait des fermes par-là, au hasard des tournées. Lorsqu'un douar n'avait rien à se reprocher, on lui sortait immanquablement un notable indésirable ou une attitude répréhensible pour le châtier. Les téléviseurs et la radio étaient interdits, leurs propriétaires fouettés. On traquait les conjurateurs, les imams indociles, les figures emblématiques de naguère, les femmes indélicates et les parents de taghout. Ceux-là étaient égorgés, décapités, brûlés vifs ou écartelés, et leurs corps exposés sur la place.

– A quoi rêvent les loups

Aucune misère ne peut arrêter le cours de la vie

– A quoi rêvent les loups

Quand le rêve met les voilesQuand l'espoir fout le campQuand le ciel perd ses étoilesQuand tout devient insignifiantCommence pour toi et moiMon frèreLa descente aux enfers

– A quoi rêvent les loups

- Méfie-toi de ceux qui viennent te parler de choses plus importantes que ta vie. Ces gens-là te mentent. Ils veulent se servir de toi. Ils te parlent de grands idéaux, de sacrifices suprêmes, et ils te promettent la gloire éternelle pour quelques gouttes de ton sang. Ne les écoute pas. Rappelle-toi toujours ceci : il n'y a rien, absolument rien au-dessus de ta vie. Elle est la seule chose qui doit compter pour toi car elle est le seul bien qui t'appartient vraiment.

– A quoi rêvent les loups

Le pays est aussi fragile qu'un hymen .C'est juste un slogan tapageur sur les façades, un mensonge zélé. (…) Regarde un peu ton douar, tends l'oreille et essaye d'écouter ce que taisent les murs, ce qu'occulte sa fausse léthargie. La haine est en train d'éclore, la rancœur gagne du terrain.

– Les agneaux du seigneur

Les Anciens tentent de revenir à la charge,mais leurs fréquentes tergiversations permettent aux ouailles du cheikh de gagner du terrain,boulimiques, dangereusement expansionnistes.

– Les agneaux du seigneur

La haine est en train d' éclore . La rancœur gagne du terrain

– Les agneaux du seigneur

Dans le ciel, où pas un nuage ne daigne s'ébrouer, d'infinitésimales étoiles tournent en rond, pareilles à des prières en quête de bon Dieu. p192

– Les agneaux du seigneur

Dactylo eut le coup de foudre pour le lieu-dit . Comme il ne dérangeait personne , on l' adopta . Rarement sa voix dépasse les contours des ses lèvres.C' est un homme débonnaire , constamment disponible , prévenant et discret , et, lors qu' il ne martyrise pas sa machine , il passe son temps à s' user les yeux dans de volumineux " grimoires" et à contempler le faîte des arbres .

– Les agneaux du seigneur

Le moment qu'il redoutait est là. L'ogre se réveille en l'enfant qui ne comprend plus pourquoi, soudain, le besoin de châtier supplante celui de pardonner. Le poète avait raison : il y a immanquablement une part pour le Diable en chaque religion que Dieu propose aux hommes ; une part infime, mais qui suffit largement à falsifier le Message et à drainer les inconscients sur les chemins de l'égarement et de la barbarie. Cette part du Diable, c'est l'ignorance.

– Les agneaux du seigneur

Nous avions le plus beau pays du monde, ils en ont fait une porcherie.

– Les agneaux du seigneur

Les poètes ne font pas la guerre . Un peu comme le Christ , on les sacrifie pour les bonnes causes . ...A gauche , c' est Nikolai Ostrovski . Là, c' est Thomas Mann , et l' autre Mohammed Dib .

– Les agneaux du seigneur

Pour le commun des mortels , Attou est un vieillard négligeable et inoffensif,un pauvre bougre aussi décontenancé que l' ombre qu' il trimbale derrière luià longueur de journée . Non qu' il suscite le mépris , mais à peine se se rend-on compte de son existence . En réalité , depuis l' avènement de l' intégrisme , Attou s' est découvert une vocation . C' est lui qui est chargé de remettre auxgroupes armés de la région les fonds collectés des sympathisants et l' argent soutiré par la force aux citoyens .

– Les agneaux du seigneur

Sidi Saim disait : il y a trois choses qu' il serait contre nature de confier à l' ignorant . La fortune , il en pâtira . Le pouvoir , il tyrannisera . La religion , il nuira autant à lui-même qu' aux autres .

– Les agneaux du seigneur

En Algérie, les génies ne brillent pas, ils brûlent. Lorsqu'ils échappent à l'autodafé, ils finissent sur le bûcher.

Ces terroristes veulent embraser le monde, ils auront gagné s’ils nous poussent à bout et réussissent à créer la discorde civile.

Il faut, bien sûr, lutter contre les terroristes avec une grande fermeté, mais il faut absolument viser la main qui les a nourris.

Les terroristes croient qu’ils se battent alors qu’ils agissent avec la pire des lâchetés en abattant des innocents couchés par terre.

Les kamikazes visent le cœur avant l’esprit. Il y a une stratégie derrière tout cela : semer la terreur et le chaos, créer un maximum de désordre.

Il te restera toujours tes rêves pour réinventer le monde que l’on t’a confisqué.

Nous avons besoin de limites pour essayer de résister aux tentations.

Si on n’a pas confiance en soi, si on n’a pas de respect, de considération, d’estime pour soi-même, on ne peut pas être un homme, même ordinaire.

La jeunesse africaine, américaine, asiatique, européenne, danse au rythme d’une même musique.

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