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Witold Gombrowicz

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Witold Gombrowicz, né le 4 août 1904 à Małoszyce (en), près de Opatów, en Pologne alors russe, mort le 24 juillet 1969 en France à Vence, près de Nice (Alpes-Maritimes), est un écrivain polonais. Il est aujourd'hui reconnu comme l'un des plus grands ... Plus >

Ferdydurke (1998)

De Witold Gombrowicz chez Gallimard
(15 votes, note moyenne : 4.0)

«Je suis l'auteur de la "gueule" et du "cucul" - c'est sous le signe de ces deux puissants mythes que j'ai fait mon entrée dans la littérature polonaise. Mais que signifie "faire une gueule" à quelqu'un ou "encuculer" quelqu'un ? "Faire une gueule" à un homme, c'est l'affubler d'un autre visage que le sien, le déformer... Et "l'encuculement" est un procédé similaire, à cette différence près qu'il consiste à traiter un adulte comme un enfant, à l'infantiliser. Comme vous le voyez, ces deux métaphores sont relatives à l'acte de déformation que commet un homme sur un autre. Et si j'occupe dans la littérature une place à part, c'est sans doute essentiellement parce que j'ai mis en évidence l'extraordinaire importance de la forme dans la vie tant sociale que personnelle de l'être humain. "L'homme crée l'homme" - tel était mon point de départ en psychologie.»(W. Gombrowicz, Souvenirs de Pologne.)

Paru le 16-10-1998 - Format : Broché - 416 pages - 18 x 11 x 1 cm - 208 g - ISBN 10 : 2070405710 - ISBN 13 : 9782070405718

Collection : Folio

Tags : entre-deux-guerres, 20ème siècle, littérature polonaise, pologne, polonais, allemand, éducation, critique sociale, amour, psychologie, existentialisme, humour, absurde, littérature de l'est, campagne, grotesque, classique, roman, roman étranger, littérature.

Citations de Ferdydurke (10)

"Imbibés de cette sottise, ils se montraient faux dans leurs émotions, affreux dans leur lyrisme, insupportable dans leur sentimentalisme, malhabiles dans leur ironie et leurs plaisanteries, prétentieux dans leurs élans, repoussants dans leurs faiblesses. Ainsi allait le monde.''

Il faudrait aussi établir, définir et décréter si [cet ouvrage] est un roman un journal, une parodie, un pamphlet, une variation sur des thèmes imaginaires, une étude - et ce qui prévaut en lui : la plaisanterie, l'ironie ou un sens plus profond, le sarcasme, le persiflage, l'invective, la sottise le pur non-sens, la pure blague - à moins qu'il ne s'agisse d'une pose, d'un artifice,d'une feinte, d'un jeu, d'un manque d'esprit, d'une anémie du sentiment, d'une atrophie de l'imagination, d'une attaque contre l'ordre ou d'une destruction de la raison. Page 281

Douce, passive, timide, elle était une grande spécialiste de l'attente et c'est pourquoi elle avait souvent mal aux dents car les salons d'attente des dentistes lui convenaient à merveille et ses dents le savaient.

Je restai un certain temps au milieu de la pièce, flairant l'atmosphère, analysant les éléments et cherchant : où débusquer le mauvais goût, comment corrompre ?Page 220

Ah, me créer une forme propre ! Me projeter à l'extérieur ! M'exprimer ! Que ma forme naisse de moi, qu'elle ne me soit pas donnée de l'extérieur !

À l'état de veille, j'étais aussi indéfini, aussi déchiré qu'en rêve. Je venais de franchir le Rubicon de la trentaine, j'avais passé un certain seuil, les papiers d'identité et les apparences extérieures faisaient de moi un homme mur - que je n'étais pas - mais qu'étais-je donc? Un homme de trente ans qui jouait au bridge? Un homme qui travaillait à l'occasion et par intermittence, qui s'acquittait des petites activités courantes et avait des échéances?Quelle était ma situation? J'allais dans les cafés et dans les bars, je rencontrais des gens et échangeais avec eux des paroles, parfois même des pensées, mais mon état restait peu clair et je ne savais pas moi-même où était l'adulte et où était le blanc-bec. Ainsi à ce tournant des années, je n'étais ni ceci ni cela, je n'étais rien et les gens de mon âge, qui étaient mariés et occupaient une position déjà bien définie (sinon devant la vie, du moins dans l'administration), me traitaient avec une méfiance justifiée.

Mais ce qui se passe dans le milieu artistique bat tous les records de sottise et d'indignité, au point qu'un homme à peu près convenable et équilibré ne peut pas ne pas rougir de honte écrasé par ce festival puéril et prétentieux. Oh ces chants inspirés que personne n'écoute ! Oh ces beaux discours des connaisseurs, cet enthousiasme aux concerts et aux soirées poétiques, ces initiations, révélations et discussions, et le visage de ces gens qui déclament ou écoutent en célébrant de concert "le mystère de la beauté" !

Notre obligation fondamentale est en effet de plaire au goût, nous devons plaire, femme et enfants peuvent mourir, notre coeur se déchirer, pourvu que ce soit avec goût, avec bon goût!

Ainsi quand un pianiste tape du Chopin sur une estrade, vous dites que la magie de cette musique, dans l'interprétation géniale d'un génial artiste, a transporté les auditeurs. Mais en fait, peut-être aucun des auditeurs n'a-t-il été réellement transporté. S'ils n'avaient pas su que Chopin était un génie et le pianiste aussi, peut-être auraient-ils écouté avec moins d'ardeur. Il est également possible que si chacun, pâle d'enthousiasme, applaudit, bisse et se démène, c'est parce que les autres aussi se démènent et poussent des cris... Tous manifestent leur enchantement parce que chacun se modèle sur ses voisins.

Notre élément, c'est l'éternelle immaturité. Ce que nous pensons ou sentons aujourd'hui sera fatalement une sottise pour nos arrière-petits-enfants. Mieux vaudrait donc accepter dans tout cela dès maintenant la part de sottise que révélera l'avenir. Et cette force qui vous contraint à vous définir trop tôt n'est pas, comme vous le pensez, d'origine entièrement humaine. Nous nous rendrons compte bientôt que le plus important n'est plus de mourir pour des idées, des styles, des thèses, des slogans, des croyances, ni de s'enfermer en eux et de se bloquer, mais bien de reculer un peu et de prendre ses distances avec tout ce qui nous arrive.

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Critiques de Ferdydurke : avis de lecteurs (18)


  • Critique de Ferdydurke par lolo71 (Babelio)

    Voilà bien une oeuvre unique, un livre déroutant et inclassable, considéré par certains comme un chef-d'oeuvre de la littérature du 20ème siècle. Jojo Kowalski, le narrateur, a trente ans mais se voit ...

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    Par lolo71 - publiée le 04/03/2009

  • Critique de Ferdydurke par ignatus-reilly (Babelio)

    Ce livre est un réel ovni. Il est difficile d'y entrer mais ensuite quelle jubilation. A travers les mésaventures de Jojo que tous cherchent à infantiliser, c'est une véritable critique de l'éducation...

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    Par ignatus-reilly - publiée le 13/06/2010

  • Critique de Ferdydurke par Yantchik (Babelio)

    Il n'est pas facile de parler du style de Gombrowicz car justement il ne veut pas qu'on le range dans un style, et il fait tout pour que ce ne soit pas possible ! Il considère qu'il en est de même ave...

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    Par Yantchik - publiée le 19/03/2011

  • Critique de Ferdydurke par dandoune (Babelio)

    Un livre surprenant à bien des égards! L'histoire est bizarre. La forme du roman est inhabituelle. Le titre (a priori) n'a rien à voir avec le roman. La lecture de ce livre a été très diffici...

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    Par dandoune - publiée le 10/10/2011

  • Critique de Ferdydurke par darcourt (Babelio)

    Excellent auteur. A découvrir.

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    Par darcourt - publiée le 28/04/2012

  • Critique de Ferdydurke par Livretoi (Babelio)

    Le héros du livre, âgé de 30 ans retourne au lycée avec sa maturité d'adulte. Il se confronte au système éducatif et à la société qui transforment l'être humain, foncièrement libre et riche de potenti...

    Lire la critique complète >
    Par Livretoi - publiée le 23/04/2015

  • Critique de Ferdydurke par noos (Babelio)

    Je sors mitigée de cette lecture…Les premières pages m'avaient emballée mais au fil de la lecture mon enthousiasme a décru. L'histoire est originale, imaginez un monde où une certaine catégorie d'adul...

    Lire la critique complète >
    Par noos - publiée le 15/06/2015

  • Critique de Ferdydurke par Dyssocial (Babelio)

    D'une forme sans convention, au-delà des normes, où l'on se sent pris dans un étau comme dans ce monde incompris. Ce roman est empli de paradoxes aussi puissants que la légèreté et la pesanteur, la m...

    Lire la critique complète >
    Par Dyssocial - publiée le 22/04/2016

  • Critique de Ferdydurke par TarteTatin (Babelio)

    Je vous présente mes excuse d'avance pour cette non-critique, car je n'ai qu'un mot à dire à propos de ce livre qui a changé beaucoup de choses chez moi, à commencer par mes choix de lecture : "WHAAAA...

    Lire la critique complète >
    Par TarteTatin - publiée le 04/05/2016

  • Critique de Ferdydurke par memma (Babelio)

    Un jour récent, où je gémissais de douter de mes opinions dès que je les avais formulées et de n'avoir de toute façon que des opinions qui m'avaient été imposées ou enseignées, un ami m'a mis Ferdydur...

    Lire la critique complète >
    Par memma - publiée le 15/12/2016

  • Critique de Ferdydurke par gielair (Babelio)

    Publié en 1937 en polonais ce roman ou ce conte romanesque est le chantre de la jeunesse et de l'immaturité. Le narrateur cuculisé est ramené à l'enfance et aux bancs de l'école. Il y vivra l'aventure...

    Lire la critique complète >
    Par gielair - publiée le 02/12/2018

  • Critique de Ferdydurke par croquemiette (Babelio)

    Un roman loufoque sur l'infantilisation au sens large : les maîtres assistés dans tous leurs gestes par les valets ou la masse abrutie par la bien-pensance... Quelques longueurs, beaucoup d'absurdité ...

    Lire la critique complète >
    Par croquemiette - publiée le 28/01/2019

  • Critique de Ferdydurke par (Babelio)

    C'est un roman visionnaire, traduit en français 50 ans après sa rédaction: sur le plan philosophique, certains considèrent que Gombrowicz avait en fait inventé un existentialisme très cynique, avant S...

    Lire la critique complète >
    Par Babelio - publiée le 26/04/2019

  • Critique de Ferdydurke par ladymuse (Babelio)

    Je l'ai lu, j'ai aimé, mais je ne m'en souviens pas! Ainsi va la vie :)

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    Par ladymuse - publiée le 17/11/2019

  • Critique de Ferdydurke par (Babelio)

    Livre culte de l'écrivain polonais, écrit avant la guerre, roman existentialiste avant l'existentialisme. C'est l'histoire grotesque d'un monsieur qui devient un enfant parce que les autres le traiten...

    Lire la critique complète >
    Par Babelio - publiée le 04/12/2019

  • Critique de Ferdydurke par Optione (Babelio)

    Attention, livre extraordinaire. On a un livre chez soi qu'on doit lire, ça traîne, il est là, on en lit d'autres, on vaque... et puis un jour on ouvre ce livre, et... mon Dieu !! On ne s'y attend...

    Lire la critique complète >
    Par Optione - publiée le 16/01/2020

  • Critique de Ferdydurke par (Babelio)

    Vouloir comprendre quelqu'un, cela oblige toujours à se l'imaginer de façon déformée : subjectivité oblige. Je dois donc, selon ses propres termes, me résoudre à « faire une gueule » à Gombrowicz. Je ...

    Lire la critique complète >
    Par Babelio - publiée le 26/03/2020

  • Critique de Ferdydurke par ThibaultMarconnet (Babelio)

    Renégat de la modernité Quelle vigoureuse ironie est celle qui s'échappe de “Ferdydurke” de Witold Gombrowicz ! Il saisit le “moderne” au col et ne le lâche plus jusqu'à ce que celui-ci se soit r...

    Lire la critique complète >
    Par ThibaultMarconnet - publiée le 29/04/2020
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