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Will Self

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Mon idée du plaisir (1997)

De Will Self chez Ed. De L'olivier
(2 votes, note moyenne : 5.0)

La mémoire de lan Wharton, un homme dans la trentaine, consultant en marketing, est photographique. Ce don très spécial caractérise l'eidétique, c'est-à-dire la capacité des grands psychopathes à prendre leurs hallucinations pour la réalité. Ce qui amuse lan dans la vie n'est donc pas vraiment ce qui amuse le commun des mortels. Mais d'où vient la perversion ? Le lecteur, à vouloir le comprendre, entreprend une périlleuse descente dans les abîmes d'une extraordinaire imagination...Mon idée du plaisir, c'est Alice au pays des merveilles filmé par David Cronenberg sur un scénario de William Burroughs, des personnages de livres pour enfants pris en otage par un romancier sadique, un hommage au Livre I du Capital, une satire de la Publicité. C'est une initiation au Mal, par un des auteurs les plus marquants de la nouvelle fiction anglaise.Traduit de l'anglais par Francis Kerline.

Paru le 07-11-1997 - Format : Broché - 381 pages - 22 x 14 x 2 cm - 460 g - ISBN 10 : 2879290694 - ISBN 13 : 9782879290690

Collection : Littérature étrangère

Tags : satire, roman, initiation, déjanté, sexe, postmoderne, sombre, ironie, royaume-uni, littérature anglaise, littérature contemporaine.

Citations de Mon idée du plaisir (9)

Il y a quelque chose qui te turlupine, garçon. Accouche, crache, éructe, vomis ce que tu as sur le coeur. Bref, dis-le-moi.- Eh, bien... Je ne sais pas... je ne sais pas comment présenter la chose, mais vous avez changé...- Et tu te demandes ce qui a causé ce changement, c'est ça ? Bien sûr, c'est ça, inutile de tourner autour du pot. Eh bien oui, monsieur, j'ai changé. Je me suis dévoré de l'intérieur et par un acte de gastromancie sans précédent, j'ai prouté ma nouvelle incarnation. VoilàCommenter J'apprécie p96

et faudrait voir à pas l'oublier - je me suis caché sous des divans pendant que des miauleuses argentées flattaient leurs névroses chatonnes, se croyant seules dans leur boudoir.

"Je suis le Mage du Quotidien!" beugla M. Broadhurst. Nous déambulions devant le Métropole Hotel, sur le front de mer de Brighton. Je m'étonnais que personne ne nous toisât, voir même ne nous invectivât. "Ma puissance vient précisément de ce que je comprends comment l'habitude entrave l'énergie spirituelle, tu piges ? Tous ces gens, dit-il avec un ample geste circulaire du bras, tous ces gens s'imaginent qu'ils perçoivent le réel, mais il n'en est rien. Au contraire, leurs esprits sont contraints par mille millions de petites idées reçues qui les ligotent comme des liserons... et qu'ils tiennent pour assurées!p83

Un mot d'abord sur un concept un peu trapu qu'il vous faudra maîtriser si vous voulez m'accompagner dans les pages qui suivent sans flancher et sans vous perdre. Malheur à vous si vous le faites, car nous nous aventurons ici sur un territoire vierge. C'est un lieu sauvage et primal, un fief du ça, où le mille feuille de votre identité pourra facilement être éventré, écartelé, en sorte que tous les petits actes réflexes que vous appelez votre "moi" se déliteront comme autant de pellicules polymérisées de personnalité débordant d'une besace crevée. je ne serai pas en mesure de vous aider et, l'eussé-je été que, permettez-moi de vous le dire, je n'y tiens pas.

Je veux rendre ici un hommage à ma mère : Je lui dois ce compliment. Le voici : jamais ou presque,lorsque nous escaladions ensemble le mât de cocagne savonneux de la mobilité sociale anglaise, elle ne m'a mis mal à l'aise. Car, si elle avait le grand défaut de m'emmitoufler dans une intimité quasi sexuelle en privé, elle me témoigna toujours en public un respect presque contre nature. Jamais elle ne m'a materné ni contraint à sauter à travers les cerceaux de la bienséance comme d'autre parents le faisaient avec leurs enfants. Au contraire, elle me traitait avec un égalitarisme bonhomme, qui se révéla bien plus efficace dans la réussite de mon acculturation.

Prologue "Et vous , Ian, qu'est-ce qui vous plaît dans la vie ?" C'était la femme assise en face de moi, en diagonale, celle qui avait ce hâle agadiresque. Pendant une demi-seconde, ou peut-être plus, je crus avoir mal entendu la question, mais ellle répéta : " Et vous, Ian, qu'est-ce qui vous plaît dans la vie ?" Ce sont souvent les événements de ce genre qui retiennent mon attention, ceux qui se produisent deux fois. La première fois, j'avais entendu : "Evouyanski...plaid'la... vie ?" Seulle l'inflexion finale indiquait la forme interrogative. La seconde fois, en revanche, je captai le tout, absorbai le son et le sens comme un Kleenex intentionnel. Et cette idée - ce qui me plaisait dans la vie - me réduisit en pulpe, épongea mes strates, toutes les démultiplications de mon moi, comme une mélasse poisseuse. Je m'aggripais au bord de la table et sentis la nappe riper sur le bois ciré. Tout se mélangea, tout s'interpénetra en moi. Alors Jane, de l'autre côté de la table, me lança un regard - ce regard qui n'appartenait qu'à elle et n'était que pour moi, cette petite moue qui annonçait l'intimité totale du rien-que-nous-au-monde -et dit " Oh, je ne crois pas que Ian pense beaucoup au plaisir en ce moment, le pauvre est englué dans son travail"

Mais lorsque je pus capter ses paroles, alors-là... là, ce fut la révélation. Je suis immédiatement qu'il m'était donné d'entendre l'un des plus grands rhétoriqueurs de l'histoire - la crème, la quintessence des bonisseurs. Car le discours de M. Broadhurst était aussi éloigné de la conversation ordinaire qu'une bombe atomique l'est d'une arme conventionnelle. C'était une explosion, une déflagration lexicale qui faisait pleuvoir tout autour de lui une radiation toxique. J'en reçus une dosé létale, dont le pourrissement corrosif allait m'accompagner tout au long de ma demi-vie.

Derrière lui venait, tel un petit chien fidèle, une valise Samsonite marron, que l'Obèse contrôleur trainait par saccades et qui semblait trainer dans son sillage comme une arrière-pensée

[…] il y a dans cette affaire quelques points chatouilleux et, tout en me doutant bien que tu n'es pas en mesure de suivre les multiples méandres et la stratégie subtile de mon raisonnement labyrinthique –après tout, le génie est une demeure solitaire-, j'entends que tu fasses preuve d'application.

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Critiques de Mon idée du plaisir : avis de lecteurs (2)


  • Critique de Mon idée du plaisir par moertzombreur (Babelio)

    Mon idée du plaisir Un livre déjanté, un texte hybride, du Jérôme Bosch appliqué à l'écriture. Il faut être soi-même un peu barré pour se lancer dans la lecture d'un tel texte. Il faut avoir un goût ...

    Lire la critique complète >
    Par moertzombreur - publiée le 15/09/2014

  • Critique de Mon idée du plaisir par margoldfinger (Amazon)

    Dans un dîner, une femme demande à chacun quelle est son idée du plaisir. Dans la tête d'un des convives éclate alors la vision d'une scène atroce dont il se délecte. Cette vision, il va tenter de la justifier ...

    Lire la critique complète >
    Par margoldfinger - publiée le 04/04/2002

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