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Wilkie Collins

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Wilkie Collins (1824-1899), écrivain anglais, ami de Charles Dickens, est un des précurseurs du roman policier. Il est notamment l’auteur de La Femme en blanc (1859) et de La Pierre de lune (1868). Plus >

Sans nom (1999)

De Wilkie Collins chez Phébus
(12 votes, note moyenne : 4.6)

Roman. Trad. de l'anglais par E.D. Forgues.

Paru le 28-05-1999 - Format : Poche - 829 pages - 18 x 13 x 4 cm - 650 g - ISBN 10 : 2859406255 - ISBN 13 : 9782859406257

Collection : Littérature étrangère

Tags : roman, théâtre, classique, romans policiers et polars, thriller, suspense, vengeance, soeurs, bourgeoisie, héritage, complots, victorien, littérature anglaise 19 ème, secrets de famille, couple, littérature anglaise, angleterre, littérature victorienne, époque victorienne, 19ème siècle.

Citations de Sans nom (10)

Mais elle commit cette grave erreur à laquelle échappent rarement les gens d'esprit quand ils traitent avec leurs inférieurs intellectuels : elle s'en remit à l'imbécillité d'un imbécile. Elle oubliait qu'une des plus infimes qualités humaines, c'est-à-dire la ruse, est précisément celle qu'on trouve le plus largement développée dans les plus médiocres intelligences.

En apparence, mon système peut sembler compliqué ? poursuivit le capitaine. A tout prendre, pourtant, c'est la simplicité même. Je me borne à éviter les erreurs dans lesquelles tombent les praticiens vulgaires. Cela revient à dire que je ne plaide jamais pour moi-même et que je ne m'adresse jamais aux gens riches, deux fatales méprises, que commettent en permanence les praticiens de second ordre. Les gens modestes peuvent avoir parfois de généreuses impulsions en matière d'argent ; les gens riches jamais.

Il n'était nullement affecté par la physionomie sévère et le langage acéré de Miss Garth. La proposition qu'elle lui adressait le soulageait, tout simplement ; il le laissait voir avec la plus engageante franchise. Cette fois, l'oeil vert prit l'initiative et incita l'oeil brun à exprimer, lui aussi, un retour de sérénité. Le coin des lèvres se retroussa de plus belle ; par un mouvement rapide, l'homme glissa son parapluie sous son bras et tira de son habit un gros portefeuille noir démodé. Il en sortit un crayon et une carte de visite, hésita, réfléchit un instant, puis traça rapidement quelques mots sur la carte qu'il remit aussitôt à Miss Garth, avec l'empressement le plus civil.

C'était une soirée monotone et sans air. La mer se taisait à l'est, majestueuse et grisâtre, dans un repos absolu. La ligne de l'horizon se noyait, invisible, dans les profondeurs brumeuses du ciel ; immobiles sur l'onde paresseuse, les nefs oisives prenaient je ne sais quels airs de fantômes ; au sud la haute muraille bordant la tranchée maritime, et la massive tour ronde perchée sur le monticule herbu, opposaient aux regards une barrière sombre et lui fermaient toute perspective. A l'ouest, une traînée rouge du soleil couchant faisait resplendir l'extrême limite des cieux, norcissait la silhouette des arbres qui frangeaient les marges lointaines du grand marécage intérieur et changeait ses petites flaques d'eau brillante en flaques de sang.

Accablée par ses efforts d'intelligence, Mrs Wragge ne poursuivait plus que dans ses rêves la confection de sa fameuse omelette. Sa tête penchait d'un côté, son corps de l'autre. Un doux ronflement lui échappait. De temps en temps une de ses mains, soulevée en l'air, agitait une poêle chimérique et retombait, avec un faible choc, sur le livre de cuisine étalé en son giron. Au bruit de la voix conjugale, elle se dressa debout en sursaut et, l'intelligence encore endormie mais les yeux tout grands ouverts, elle fit face au capitaine.

Ma chère enfant, d'après votre exposé même, ce n'est pas d'un homme estimable que vous aurez besoin dans la situation où vous vous êtes mise, c'est d'une crapule comme moi.

...la seule personne dont la physionomie demeurait impassible était Magdalen elle-même.Debout à sa place, devant l'autel, résignée et les yeux secs,, il semblait que toutes les sources de l'émotion humaine eussent été soudainement taries en elle.Ce qu'elle souffrit, ce matin là, elle le souffrit à des profondeurs où ne pénétra jamais un regard mortel.

Les souvenirs du passé, quand elle essaya de se les rappeler, ne servaient qu'à la faire souffrir.L'avenir, quand elle essaya de le sonder, ne lui offrait qu'un vide peuplé de ténèbres.Elle se releva et, debout près de la croisée sans rideaux, se tint, regardanr au-dehors, comme si dans la nuit désolée elle trouvait quelque sympathie pour sa propre désolation.

J'ai à vous faire entendre une vérité pénible...(...)La nuit s'écoula, et la pauvre mère vivait encore. Le lendemain arriva, et jusqu'à ce que l'horloge marquât cinq heures, il y eut encore un souffle de vie dans ce corps abandonné. A cette heure là, la nouvelle de la mort de son époux lui avait porté le coup fatal: à la même heure, après quelques tours de cadran, la main de Dieu l'autorisait à le rejoindre dans un monde meilleur. Ses filles, quand elle rendit l'âme, étaient agenouillées à son chevet; elle les quitta sans avoir conscience qu'elles assistaient à son agonie, heureusement insensible aux angoisses du dernier adieu.L'enfant qu'elle venait de mettre au monde lui survécut jusqu'à l'heure où la nuit allait commencer, où le soleil s'effaçait dans les calmes profondeurs de l'occident. Quand l'obscurité se fit, cette frêle petite vie, à peine manifestée par quelques lueurs, vacilla et s'éteignit comme un flambeau mal allumé. Les débris terrestres de la mère et de l'enfant reposèrent, cette nuit là, sur le même lit. L'ange de la mort avait rempli son affreuse mission; les deux soeurs restaient seules au monde.

J'ignore le nom de celui qui le premier a choisi une mule pour type de l'obstination. Combien peu ce gaillard-là devait connaître les femmes.

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Critiques de Sans nom : avis de lecteurs (11)


  • Critique de Sans nom par LizzieB (Babelio)

    C'est de loin un des meilleurs livres que j'ai lu. Je le préfère à La Dame en Blanc. Ce livre raconte l'histoire de deux jeunes filles de bonne famille, ayant tout perdu après la mort de leurs parents...

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    Par LizzieB - publiée le 17/01/2020

  • Critique de Sans nom par saradombret1981 (Babelio)

    Sans nom, publié en 1862 est un gros roman, 829 pages aux éditions Phébus libretto. Wilkie Collins est un écrivain britannique de l'époque victorienne, contemporain et ami de Dickens (ils ont même ...

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    Par saradombret1981 - publiée le 06/03/2019

  • Critique de Sans nom par Missbouquin (Babelio)

    J'ai déjà eu l'occasion de lire un roman de W. Wilkie Collins il y a quelques années, La Dame en blanc, qui est son plus connu. J'avais bien aimé mais sans avoir réellement envie d'en lire d'autres … ...

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    Par Missbouquin - publiée le 28/11/2018

  • Critique de Sans nom par Derfuchs (Babelio)

    Mon avis : Il est des livres qui ennuient, on compte les moutons, certains vous endorment et tombent de vos mains, d'autres, a contrario, emballent et impatientent. Celui-ci est essoufflant, comme ...

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    Par Derfuchs - publiée le 07/04/2017

  • Critique de Sans nom par ThierryA (Babelio)

    Chef d'oeuvre !

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    Par ThierryA - publiée le 05/09/2016

  • Critique de Sans nom par Mondaye (Babelio)

    Ce qui fait de ce livre un livre extraordinaire, fascinant, haletant, c'est cette héroïne, si forte et si humaine en même temps, que l'on suit pas à pas et que l'on ne peut que plaindre et prendre en ...

    Lire la critique complète >
    Par Mondaye - publiée le 25/02/2016

  • Critique de Sans nom par mjaubrycoin (Babelio)

    Dans ce roman, l'intrépide héroine, Magdalen Vanstone,vit en paix dans le foyer uni de ses parents aimants avec sa soeur Norah et leur gouvernante. Elle consacre ses loisirs au théatre et tombe amoure...

    Lire la critique complète >
    Par mjaubrycoin - publiée le 03/11/2015

  • Critique de Sans nom par jostein (Babelio)

    Sans nom et sans héritage, c'est ainsi que demeurent deux jeunes soeurs anglaises, Norah et Magdalen. La loi et la réalité de la vie les laissent ainsi dépossédées de leurs biens. De caractères diffé...

    Lire la critique complète >
    Par jostein - publiée le 08/09/2011

  • Critique de Sans nom par itzamna (Babelio)

    Lorsque je me suis engagée dans cette lecture commune proposée par Bibliofolie, je ne pensais pas en venir à bout. En tout cas pas si facilement. Les 829 pages d'une écriture dense et d'une prose des ...

    Lire la critique complète >
    Par itzamna - publiée le 23/07/2011

  • Critique de Sans nom par Kittiwake (Babelio)

    Tout semble idéal lorsque nous faisons connaissance avec Madeleine et Norah Vanstone, jeunes filles issues d'une famille aisée et cultivée, et promises à un avenir sans nuage. Un secret dans le placar...

    Lire la critique complète >
    Par Kittiwake - publiée le 28/06/2011

  • Critique de Sans nom par Alienor (Babelio)

    L'action de ce roman débute en 1846, dans la campagne anglaise. La famille Vanstone mène une existence paisible et heureuse dans son domaine de Combe-Raven, se sachant à l'abri du besoin. Norah et sa ...

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    Par Alienor - publiée le 30/08/2010
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