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Virginie Despentes

Présentation de Virginie Despentes (Wikipedia)

Virginie Despentes, née Virginie Daget le 13 juin 1969 à Nancy (France)[1], est une écrivaine et réalisatrice française, à l'occasion traductrice et parolière. Elle a été révélée par son roman Baise-moi (1994), dont elle a ensuite réalisé l'adaptation cinématographique (2000). Son plus grand succès à ce jour est la trilogie Vernon Subutex publiée entre 2015 et 2017 et qui a été adaptée en série télévisée. Elle est membre de l'académie Goncourt depuis le 5 janvier 2016[2].

Livres de Virginie Despentes

Citations de Virginie Despentes (55)

Mais des femmes sentent la nécessité de l'affirmer encore : la violence n'est pas une solution. Pourtant, le jour où les hommes auront peur de se faire lacérer la bite à coups de cutter quand ils serrent une fille de force, ils sauront brusquement mieux contrôler leurs pulsions 'masculines', et comprendre ce que 'non' veut dire.(p. 46)

– King Kong théorie

Post-viol, la seule attitude tolérée consiste à retourner la violence contre soi. Prendre vingt kilos, par exemple. Sortir du marché sexuel puisqu'on a été abîmée, se soustraire de soi-même au désir. En France, on ne tue pas les femmes à qui s'est arrivé, mais on attend d'elles qu'elles aient la décence de se signaler en tant que marchandise endommagée, pollué.

– King Kong théorie

" Faites des enfants c'est fantastique vous vous sentirez plus femmes et accomplies que jamais", mais faites-les dans une société en dégringolade, où le travail salarié est une condition de survie sociale, mais n'est garanti pour personne, et surtout pas pour les femmes. Enfantez dans des villes où le logement est précaire, où l'école démissionne, où les enfants sont soumis aux agressions mentales, les plus vicieuses, via la pub, la télé, internet, les marchands de sodas et confrères. Sans enfant, pas de bonheur féminin, mais élever des gamins dans des conditions décentes sera quasi impossible. Il faut, de toutes façons, que les femmes se sentent en échec.

– King Kong théorie

Jamais aucune société n'a exigé autant de preuves de soumissions aux diktats esthétiques, autant de modifications corporelles pour féminiser un corps. En même temps que jamais aucune société n'a autant permis la libre circulation corporelle et intellectuelle des femmes. Le sur-marquage en féminité ressemble à une excuse suite à la perte des prérogatives masculines, une façon de se rassurer, en les rassurant.

– King Kong théorie

Il y a une forme de force, qui n'est ni masculine, ni féminine, qui impressionne, affole, rassure. Une faculté de dire non, d'imposer ses vues, de ne pas se dérober.Je m'en tape que le héros porte une jupe et des gros nibards ou qu'il bande comme un cerf et fume le cigare. p.144

– King Kong théorie

Entre la féminité telle que vendue dans les magazines et celle de la pute, la nuance m'échappe toujours. Et, bien qu'elles ne donnent pas clairement leurs tarifs, j'ai l'impression d'avoir connu beaucoup de putes, depuis.Beaucoup de femmes que le sexe n'intéresse pas mais qui savent en tirer profit.Qui couchent avec des hommes vieux, laids, chiants, déprimants de connerie, mais puissants socialement. Qui les épousent et se battent pour avoir le maximum au moment du divorce.Qui trouvent normal d'être entretenues, emmenées en voyage, gâtées. Qui voient même ça comme une réussite.C'est triste d'entendre des femmes parler d'amour comme d'un contrat économique implicite. p.76

– King Kong théorie

J'écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf. Et je commence par là pour que les choses soient claires : je ne m'excuse de rien, je ne viens pas me plaindre. Je n'échangerais ma place contre aucune autre, parce qu'être Virginie Despentes me semble être une affaire plus intéressante à mener que n'importe quelle autre affaire.

– King Kong théorie

Je suis furieuse contre une société qui m'a éduquée sans jamais m'apprendre à blesser un homme s'il m'écarte les cuisses de force, alors que cette même société m'a inculqué l'idée que c'était un crime dont je ne devais jamais me remettre

– King Kong théorie

Plaire aux hommes est un art compliqué, qui demande qu'on gomme tout ce qui relève de la puissance. Pendant ce temps, les hommes, en tout cas ceux de mon âge et plus, n'ont pas de corps. Pas d'âge, pas de corpulence. N'importe quel connard rougi à l'alcool, chauve à gros bide et look pourri, pourra se permettre des réflexions sur le physique des filles, des réflexions désagréables s'il ne les trouve pas assez pimpantes, ou des remarques dégueulasses s'il est mécontent de ne pas pouvoir les sauter. Ce sont les avantages de son sexe. La chaudasserie la plus pathétique, les hommes veulent nous la refiler comme sympathique et pulsionnelle. Mais c'est rare d'être Bukowski, la plupart du temps, c'est juste des tocards lambda. Comme si moi, parce que j'ai un vagin, je me croyais bonne comme Greta Garbo. Etre complexée, voilà qui est féminin. Effacée. Bien écouter. Ne pas trop briller intellectuellement. Juste assez cultivée pour comprendre ce qu'un bellâtre a à raconter.

– King Kong théorie

Parce que l'idéal de la femme blanche, séduisante mais pas pute, bien mariée mais pas effacée, travaillant mais sans trop réussir, pour ne pas écraser son homme, mince mais pas névrosée par la nourriture, restant indéfiniment jeune sans se faire défigurer par les chirurgiens de l'esthétique, maman épanouie mais pas accaparée par les couches et les devoirs d'école, bonne maîtresse de maison mais pas bonniche traditionnelle, cultivée mais moins qu'un homme, cette femme blanche heureuse qu'on nous brandit tout le temps sous le nez, celle à laquelle on devrait faire l'effort de ressembler, à part qu'elle a l'air de beaucoup s'emmerder pour pas grand-chose, de toutes façons je ne l'ai jamais croisée, nulle part. Je crois bien qu'elle n'existe pas.

– King Kong théorie

Elle croyait s'en tirer, elle pensait comme une conne que l'amour la sauverait de tout, mais ses démons sont de retour en pleine forme. Cette fois bien décidés à la laminer complètement.

– Bye bye Blondie

Un des grands problèmes de Gloria, c'est de ne pas être sortie de son bar, ces derniers temps. Elle ignore tout des grands changements qui s'opèrent chez ses contemporains. Par exemple, cette manie récente qu'ils ont tous d'assumer de regarder des émissions de merde. Comme si c'était marrant, comme si c'était innocent, comme si c'était autre chose que de la démission pure et rédhibitoire. Elle prendrait bien la tête à tout le monde avec ça, mais elle capte chez les autres cette fatigue et ce découragement. Tout le monde n'est pas bâti comme elle : toujours prêt à être ivre de rage et à tout casser à coups de boule. La plupart des gens, il leur faut du repos et de la rigolade, sinon ils arrêtent de se lever.

– Bye bye Blondie

Un des grands problèmes de Gloria, c'est de ne pas être assez sortie de son bar, ces derniers temps. Elle ignore tout des grands changements qui s'opèrent chez ses contemporains. Par exemple, cette manie récente qu'ils ont tous d'assumer de regarder des émissions de merde. Comme si c'était marrant, comme si c'était innocent, comme si c'était autre chose que de la démission pure et rédhibitoire.

– Bye bye Blondie

… des magasins qui la mettent mal à l'aise jusqu'à l'attaque de panique. Même les videurs et les vendeuses se la surpètent, comme s'ils avaient racheté la boutique. Y a guère plus con que les larbins de riches.

– Bye bye Blondie

… il a des pieds immenses. Gloria ne s'habitue pas à la taille des pieds des jeunes, elle se demande quels sont les projets du cosmos à l'endroit des humains. Doit-on se préparer à retourner vivre sous l'eau et se laisser pousser de longues palmes ?

– Bye bye Blondie

Comme avec toutes les défonces, on continue en se persuadant que ça reviendra, peut-être, comme au début. Exactement comme des junkies, qui recherchent en vain le plaisir des premières prises et ne subissent plus que les exigences exorbitantes de l'accoutumance.

– Bye bye Blondie

Combien on aura regretté quand il est trop tard,quand ça défile une dernière fois avant de perdre quelques grammes d'âme ?Combien pèse ce qui a été étouffé pour faire plaisir aux autres ?Pour faire envie aux autres, pour montrer aux autres.Tout ce temps qu'on y a mis. En vain.Animaux de races savamment enlacés.Elle n'avait jamais renoncé à la sauvagerie de l'enfanceDes liens de cruauté, une insouciance anachronique.Elles n'avaient de savoir sincère que l'une envers l'autre.Les cadres avaient changés, les objets s'étaient modifiés,les figurants s'étaient succédés, mais rien jamais ne s'était immiscé entre elles.Au moment du dernier soupir qu'est-ce qui compte ?L'évidence d'un désir, une euphorie d'être ensemble,la lumière sur une peau, un extrait de dialogue ?Pour une fois elle était d'une seule pièce.Corps rassemblés par la magie du souffle de l'autre,elles n'avaient plus envie de lutter contre cela.Elle partaitIl perdit tout et il était d'accord.

– Bye bye Blondie

Elle l'ignorait encore, mais il faut aux événement cruciaux un peu de temps pour s'épanouir, comme une plante dans l'âme, porter leurs fruits et se déclarer dans la réalité. Produire du symptôme, comme ils auraient dit à l'hosto. Gloria, quant à elle appellerait ça "le temps que ça prend pour ramasser". Plus jamais rien comme avant. Et, en bruit de font, toujours se demander : "qui aurais-je été si ça ne m'était pas arrivé".>modifier

– Bye bye Blondie

....Mais moi j'ai plus personne .Je suis comme un cerf volant sans le fil...ca fait super peur

– Bye bye Blondie

ouais,t'as raison...je suis bien nulle part.Je ferais mieux de me faire sauter le caisson,mais j'ai pas envie de mourir,moi.J'ai envie de tuer tout le monde,c'est différent...

– Bye bye Blondie

les choses ont l'importance qu'on leur donne.

– Baise-moi

l'alcool porte conseil.

– Baise-moi

Les gauchistes prennent les Arabes pour des cons réactionnaires et facilement religieux. Les Rebeux prennent les gauchistes pour des clochards imbibés d'alcool et massivement homosexuels.

– Baise-moi

Ça te fait pas chier que je mette du sang partout ? J'saigne comme une chienne le premier jour. Mais ça me dure qu'un jour. Quand j'étais gamine, je faisais exprès de tout tacher pour faire chier ma mère. Elle fait partie de l'ancienne école, ça la fascine pas trop ces trucs - là. Si elle pouvait, elle voterait contre. Ça la rendait carrément malade. Après, j'ai gardé le goût. C'est spectacle, merde, ça fait plaisir à voir. — Ça doit faire plaisir à tes petits amis.

– Baise-moi

Attention peu choquer certaines personnes On sonne à la porte. Elle lui demande d'ouvrir en agitant les mains pour que ça sèche plus vite. Radouan entre. Il connaît l'enfant de vue car ils habitent le même quartier, mais sa présence chez Manu le déconcerte un peu car ils ne s'adressent jamais la parole. Les gauchistes prennent les Arabes pour des cons réactionnaires et facilement religieux. Les Rebeux prennent les gauchistes pour des clochards imbibés d'alcool et massivement homosexuels.

– Baise-moi

Manu : Plus tu baises, moins tu cogites et mieux tu dors.

– Baise-moi

" Elle l'aime à bout portant et s'en prend plein la gueule."

– Baise-moi

Elle n'a pas honte de ça. Il y'a de l'orgueil à se mettre aussi bas, un héroïsme dans la déchéance. Elle a du mépris pour les autres, ceux qui ne savent rien et la prennent de haut quand elle passe, parce qu'ils s'imaginent qu'ils ont plus de dignité.

– Baise-moi

(après la scène du viol) Manu : Après ça, moi je trouve ça chouette de respirer. On est encore vivantes, j'adore ça. C'est rien à côté de ce qu'ils peuvent faire, c'est jamais qu'un coup de queue...Karla : Comment tu peux dire ça ?Manu : Je peux dire ça parce que j'en ai rien à foutre de leurs pauvres bites de branleurs et que j'en ai pris d'autres dans le ventre et que je les emmerde. C'est comme une voiture que tu gares dans une cité, tu laisses pas des trucs de valeur à l'intérieur parce que tu peux pas empêcher qu'elle soit forcée. Ma chatte, je peux pas empêcher les connards d'y rentrer et j'y ai rien laissé de précieux.

– Baise-moi

Tu sais ce qu'on est ? Des tapins, des putains, du trou à paillettes, de la viande à foutre... Et tu vois comment on va finir par crever ? Tu les sens pas rôder ? On les a toute la journée, derrière ces foutues vitres, qui rôdent, avec leurs sales yeux, à nous mater comme des porcs...[...]T'as vécu comme une chienne, tu vas mourir comme une chienne, on va t'ôter la peau au couteau, pour qu'ils reluquent ce qu'il y a en dessous

– Les chiennes savantes

Décalage. Parce que tout le monde m'était familier, et me traitait comme telle. Mais je n'étais contente de voir personne. Je m'en foutais de tous ces gens. Je trouvais leur connivence fatiguée, presque simulée. Pas bien grave, juste désagréable. Et pas moyen de savoir si c'était mon regard qui déformait, ou bien le temps en passant qui bousillait tout ce qu'il touchait.

– Les chiennes savantes

Et chaque fois que tu crois en sortir, tu retrouves l'étau et son étreinte, de plus en plus serrée, où que tu ailles, quoi que tu fasses, et chaque fois tu crois que tu vas en sortir, prendre le temps de respirer ; mais ça t'attend, où que tu ailles.A ce stade de l'accablement, j'ai dû me résigner :- Faut croire que j'arriverai jamais à rentrer chez moi et dormir, il vaut mieux que je m'habitue à cette idée...

– Les chiennes savantes

Ce qu'il y a de pratique quand les gens ont vraiment une vie de con, c'est qu'un rien suffit à les distraire.

– Les chiennes savantes

« Ce dont il n'osait même pas parler parce que ça lui faisait honte tellement il trouvait ça dégradant c'était que j'aimais ça, et que ça crevait les yeux. Me renverser contre le mur, me faire voir et regarder faire le type à travers mes paupières mi-closes, l'écouter me parler sale et le sentir si près que je pouvais l'entendre respirer et son envie à lui se mêler à la mienne et me faire quelque chose, démarrer le truc en grand, palpitations d'abord diffuses encore lointaines qui se précisaient me venaient sous les doigts, gonflaient et me martelaient, me foutaient toute en l'air. »

– Les chiennes savantes

Je me suis enfoncée dans le canapé, j'ai laissé le café refroidir et le temps passer doucement, tout seul.

– Les chiennes savantes

- Je te cherchais.- Tu cherchais la merde.- Je te cherchais, oui.

– Les chiennes savantes

“Ce qu'il y a de pratique quand les gens ont vraiment des vies de con, c'est qu'un rien suffit à les distraire.”

– Les chiennes savantes

Ce n'est jamais évident de savoir à quel point on est touché par quelque chose au moment même où ça se produit, c'est aux séquelles qu'on apprécie l'ampleur d'un traumatisme.

– Les chiennes savantes

« Ce qu'il y a de pratique quand les gens ont vraiment des vies de con, c'est qu'un rien suffit à les distraire. »

– Les chiennes savantes

Vouloir être un homme ? Je suis mieux que ça.

Ne pas aimer les femmes, chez un homme, c’est une attitude. Ne pas aimer les hommes, chez une femme, c’est une pathologie.

Les guerres il faut les gagner. Survivre. Avoir les bons outils. Le logarithme juste. Le reste, poésie. Fausses promesses.

Il ne s’agit pas d’opposer les petits avantages des femmes aux petits acquis des hommes, mais bien de tout foutre en l’air.

Face à l’état du monde du travail aujourd’hui, ce n’est pas de la mélancolie que je ressens, mais un désespoir absolu, une sensation de débâcle.

Ce que chacun fait, il le décide.

Pourquoi avoir peur du bonheur ?

L'âge se lit dans les yeux des autres, même quand soi-même on n'y pense plus.

Quand l'amour se présente, il faut savoir s'y risquer.

Au début, on croit mourir à chaque blessure. On met un point d'honneur à souffrir tout son soûl. Et puis on s'habitue à endurer n'importe quoi et à survivre à tout prix.

C'est drôle comme les hommes ne pensent pas à être complexés. Ca doit être bien, d'être comme ça. Ne penser qu'à son regard qui se pose et pas penser à la réciproque.

Il y a une sexualité qu'on ne peut vivre que sous alcool. Boire, c'est ça aussi : c'est accueillir ce qui devait rester caché. De notre propre désir.

On va pas au sommet en groupe. On y va seule, et ceux qui restent derrière restent derrière, c'est comme ça.

L'avantage de l'innocence, c'est que ça permet aux autres de commettre des erreurs sans faire souffrir.

Boire, c'est se faire un devoir d'avouer, c'est faire la lumière sur l'obscur.

C'est peut-être ça qui fait beaucoup de bien. Pouvoir se plaindre des petites choses pas graves qui font partie d'une vie, être un peu contrarié sans que ça soye désespoir.

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