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Virginia Woolf

Présentation de Virginia Woolf (Wikipedia)

Œuvres principalesVirginia Woolf, née Adeline Virginia Alexandra Stephen le 25 janvier 1882 à Londres et morte le 28 mars 1941 à Rodmell (Royaume-Uni), est une femme de lettres anglaise. Elle est l'une des principales écrivaines modernistes du XXe siècle. Dans l'entre-deux-guerres, elle est une figure marquante de la société littéraire londonienne et un membre central du Bloomsbury Group, qui réunit des écrivains, artistes et philosophes anglais. Les romans Mrs Dalloway (1925), La Promenade au phare (1927), Orlando (1928) et Les Vagues (1937), ainsi que l'essai féministe Une chambre à soi (1929), demeurent parmi ses écrits les plus célèbres. En 1941, à l'âge de 59 ans, elle se suicide par noyade dans l'Ouse[1], près de Monk's House, dans le village de Rodmell, où elle vivait avec son mari Leonard Woolf.

Livres de Virginia Woolf

Citations de Virginia Woolf (49)

Il souhaitait que dure à jamais l'âge de la chevalerie car un homme épris d'une femme aime à briller à ses yeux.

– Trois Guinees

Mais d'abord, cette constatation très élémentaire : une société, c'est un groupe de gens vivant certains buts, tandis que vous, qui écrivez en votre propre nom, de votre propre main, vous êtes unique. En tant qu'individu, vous êtes un homme que nous avons toutes les raisons de respecter ; un homme qui fait partie de cette confrérie à laquelle (de nombreuses biographies l'attestent) beaucoup de nos frères ont appartenu. Ainsi, Anne Clough, décrivant son frère, écrit : « Arthur est mon meilleur ami, mon meilleur conseiller. […] Arthur est le réconfort, la joie de mon existence ; c'est pour lui, c'est de lui que me vient ce désir de rechercher ce qui est beau, enrichissant. » À quoi William Wordsworth répond, à propos de sa sœur, mais faisant écho à l'autre voix comme un rossignol en appellerait un autre dans les forêts du temps passé : La bénédiction de mes dernières annéesAccompagne mes souvenirs d'elle lorsque j'étais enfant.Elle me donnait des yeux, elle m'offrait des oreilles ;Et d'humbles soins, et des craintes délicates ;Un cœur, fontaine de douces larmes ;Et de l'amour, et des pensées, des joies.Telle était, telle est peut-être encore, la relation entre bien des frères et des sœurs dans la vie privée. Ils se respectent mutuellement et s'aident mutuellement et poursuivent les mêmes buts. Alors, si, comme le prouvent les biographies et la poésie, une telle relation leur est possible dans la vie privée, pourquoi leurs relations publiques sont-elles si différentes, comme le prouvent les lois et l'Histoire ? Et sur ce point, il n'est guère nécessaire, puisque vous êtes un homme de loi avec une mémoire d'homme de loi, de vous rappeler certains décrets de la législature anglaise qui, dès les premiers documents jusqu'en 1919, démontrent que les relations publiques entre frères et sœurs ont toujours été très différentes de leurs relations privées. Ce terme même de « société » déclenche dans la mémoire cette sinistre musique de cloches discordantes : vous ne ferez pas, vous ne ferez pas, vous ne ferez pas. Vous n'apprendrez pas ; vous ne gagnerez pas d'argent ; vous ne posséderez pas ; vous ne – telle était la relation sociale de frère à sœur durant bien des siècles. Et s'il est possible (et probable pour les optimistes) qu'avec le temps une société nouvelle fasse entendre le carillon d'une harmonie suprême, et votre lettre semble en être un signe avant-coureur, ce jour est encore très lointain. Comment éviter alors de vous demander s'il n'existe pas chez les gens groupés en société quelque chose qui déclenche ce qu'il y a de plus égoïste et de plus violent, de moins rationnel et de moins humain chez les individus eux-mêmes ? Il est inévitable que nous considérions cette société si bonne à votre égard, si dure envers nous, comme une société mal conçue, qui déforme la vérité, déforme l'esprit, altère la volonté. Inévitablement nous considérons la société comme un lieu de conspiration qui engloutit le frère que beaucoup d'entre nous ont des raisons de respecter dans la vie privée, et qui impose à sa place un mâle monstrueux, à la voix tonitruante, au poing dur, qui, d'une façon puérile, inscrit sur le sol des signes à la craie, ces lignes de démarcation mystiques entre lesquelles sont fixés, rigides, séparés, artificiels, les êtres humains. Ces lieux où, paré d'or et de pourpre, décoré de plumes comme un sauvage, il poursuit ses rites mystiques et jouit des plaisirs suspects du pouvoir et de la domination, tandis que nous, « ses » femmes, nous sommes enfermées dans la maison de famille sans qu'il nous soit permis de participer à aucune des nombreuses sociétés dont est composée sa société.

– Trois Guinees

C'est long de laisser trois ans une lettre sans réponse, or la vôtre est en souffrance depuis bien plus longtemps. J'avais espéré qu'elle se répondît à elle-même, ou que quelqu'un d'autre s'en chargeât. Mais elle est toujours là, avec sa question — Que faire, selon vous, pour prévenir la guerre ? — demeurée sans réponse.

– Trois Guinees

Non loin de nous se trouve un pont sur la Tamise, un terrain parfaitement situé pour notre observation. La rivière coule par-dessous ; des péniches passent, chargées de bois, débordant de blé ; d'un côté, s'élancent les dômes et les clochers de la ville, de l'autre Westminster et le Parlement. C'est un endroit où passer des heures à rêver. Mais pas maintenant. Le temps nous presse. Et nous sommes ici pour regarder les faits en face. Nous devons à présent nous concentrer sur la procession sans la quitter des yeux : la procession des fils d'hommes cultivés.Les voilà qui marchent, ces frères qui ont reçu l'éducation des grandes écoles et des universités, qui ont monté ces marches, qui ont pu entrer et sortir par ces portes, s'installer à ces chaires, enseigner, administrer la justice, pratiquer la médecine, faire des transactions, du négoce, gagner de l'argent. C'est toujours une vision solennelle – une procession. On dirait un caravansérail traversant le désert. Des arrière-grands-pères, des grands-pères, des pères, des oncles. Tous ils ont ainsi défilé, revêtus de leur robe, coiffés de leur perruque, quelques-uns la poitrine barrée d'un grand ruban, d'autres pas. L'un est un évêque. L'autre un juge. L'un est un amiral. L'autre un général. L'un est professeur, l'autre docteur, et quelques-uns ont quitté la procession et l'on a entendu dire d'eux, en dernier lieu, qu'ils ne faisaient rien, en Tasmanie. On en a retrouvé, habillés plutôt misérablement, vendant des journaux à Charing Cross. Mais la plupart d'entre eux marchent en cadence, défilent selon les règles et se débrouillent par tous les moyens pour faire vivre leur famille, entretenir leur maison située plus ou moins du côté de West End, assurer du bœuf et du mouton pour tout le monde et une éducation pour Arthur. Une vision des plus solennelles et qui nous a souvent conduites, peut-être vous en souvenez-vous, à la regarder de loin, du haut d'une fenêtre, en nous posant quelques questions. Mais, à présent, depuis une vingtaine d'années, ce n'est plus une simple vision, une photographie ou une fresque barbouillée sur les murs du temps et que nous pouvons regarder avec, pour tout souci, quelque appréciation esthétique. Car piétinant à la queue de la procession, nous voici qui défilons nous-mêmes.

– Trois Guinees

Il nous faut toutefois expliquer le fait curieux que dans le nombre relatif de filles qui se présentent à ce concours et le réussissent celles dont le nom est précédé de « mademoiselle » ne semblent pas appartenir à la catégorie des salaires à quatre chiffres. La différence de sexe semble, selon Whitaker, posséder une étrange inertie, susceptible de circonscrire l'évolution du nom qu'elle définit dans les sphères inférieures

– Trois Guinees

Ne nous arrêtons jamais de penser

– Trois Guinees

Derrière-nous, s'étend le système patriarcal avec sa nullité, son immoralité, son hypocrisie, sa servilité. Devant nous, s'étendent la vie publique, le système professionnel, avec leur passivité, leur jalousie, leur agressivité, leur cupidité. L'un se referme sur nous comme sur les esclaves d'un harem, l'autre nous oblige à tourner en rond, telles des chenilles dont la tête rejoint la queue, nous oblige à tourner tout autour de l'arbre sacré de la propriété. Nous n'avons de choix qu'entre deux maux. Ne ferions-nous pas mieux de plonger du haut du pont dans la rivière ? de renoncer au jeu, de déclarer que la vie humaine est une erreur et d'en finir avec elle ?

– Trois Guinees

En quoi, jusqu'ici, avons-nous influencé la profession la plus directement liée à la guerre : la politique ? Là encore, bien que ce ne soit pas les inestimables biographies qui manquent, un alchimiste s'échinerait à extraire de ce mâle amalgame politicien le moindre filon trahissant l'influence exercée par les femmes sur ces messieurs. Notre analyse ne peut être que restreinte et superficielle ; toutefois, si nous n'outrepassons pas les limites raisonnables de notre enquête, et parcourons les mémoires des cent cinquante dernières années, nous pouvons difficilement nier que certaines femmes ont exercé une influence politique.

– Trois Guinees

Il est rare, au cours de l'histoire, qu'un être humain soit tombé sous des balles tirées par une femme.

– Trois Guinees

p.163/And though we look upon that picture from different angles our conclusion is the same as yours - it is evil. We are both determined to do what we can to destroy the evil which that picture represents, you by your methods, we by ours. And since we are different, our help must be different.[...] But as a result the answer to your question must be that we can best help you to prevent war not by repeating your words and following your methods but by finding new words and creating new methods. We can best help you to prevent war not by joining your society but by remaining outside your society but in cooperation with its aim. That aim is the same for us both. It is to assert 'the rights of all - all men and women - to the respect in their persons of the great principles of Justice and Equality and Liberty.'

– Trois Guinees

Les livres sur les rayons étaient aussi ordonnés que des régiments de soldats et leurs dos ressemblaient à autant d'ailes satinées de scarabées ; en fait ils masquaient d'autres livres moins bien reliés, au hasard du manque de place. Un miroir de Venise était accroché au-dessus de la cheminée ; son ovale terni reflétait le jaune et le pourpre délicats d'un pot de tulipes disposé sur le manteau de cheminée au milieu des lettres, des pipes et des cigarettes. Un petit piano occupait un coin de la pièce et la partition de Don Giovanni était ouverte sur le pupitre.

– Nuit et jour

'But for me I suppose you would recommend marriage ?' said Katharine, with her eyes fixed on the moon.'Certainly I should. Not for you only, but for all women. Why, you're nothing at all without it; you're only half alive; using only half your faculties; you must feel that for yourself.'"Mais à moi, je suppose que vous préconiseriez le mariage ?" dit Katharine, sans quitter la lune du regard."Oui, certainement. Pas seulement à vous, mais à toutes les femmes. Voyons, vous n'êtes rien sans cela ; vous n'êtes qu'à moitié vivantes ; vous n'exercez que la moitié de vos facultés ; vous devez bien le sentir."

– Nuit et jour

Mrs Hilbery prit le livre qu'il venait de laisser.« Certains livres ont vraiment une vie », dit-elle d'un ton songeur. « Ils sont jeunes avec nous, et nous vieillissons ensemble. » (Folio, p. 53)

– Nuit et jour

She had come out into the winter's night, which was mild enough, not so much to look with scientific eyes upon the stars, as to shake herself free from certain purely terrestrial discontents. Much as a literary person in like circumstances would begin, absent-mindedly, pulling out volume after volume, so she stepped into the garden in order to have the stars at hand, even though she did not look at them.(Elle était sortie dans cette nuit d'hiver plutôt douce, moins pour se livrer à l'observation scientifique des étoiles que pour s'affranchir de certains motifs d'insatisfaction bien de ce monde. De même que l'amateur de littérature commencerait en pareilles circonstances à prendre distraitement sur les rayons un volume après l'autre, de même, elle était venue dans le jardin pour avoir les étoiles sous la main, quitte à ne pas les regarder.)

– Nuit et jour

Jamais les voix ne sont aussi belles qu'en hiver, à la tombée du jour, quand les lignes du corps s'estompent et qu'elles semblent s'élever du néant avec une intonation intime si rare en plein jour.

– Nuit et jour

- A quoi sert d'amasser de l'argent et de travailler dix heures par jour dans un bureau ? Vous comprenez, quand on est jeune, on a tant de rêves en tête que l'on attache peu d'importance à ce que l'on fait. Et si l'on a de l'ambition, tout va bien ; on a, du moins, un motif de continuer. Mes raisons ont cessé de me satisfaire : peut-être n'en ai-je jamais eu. C'est seulement maintenant que j'en prends conscience. D'ailleurs, quelle raison avons-nous vraiment de faire une chose plutôt qu'une autre ? Après un certain âge, il devient impossible d'être dupe.

– Nuit et jour

Elle pensa que la voûte céleste était partout la même, et que tout cet azur avec ses fidèles lumières lui appartiendrait désormais; où était la réalité, dans les chiffres, l'amour ou la vérité ?

– Nuit et jour

Il lui arrivait parfois de ne plus savoir qu'elle était un être à part doté d'un avenir qui lui appartenait en propre.

– Nuit et jour

Je crois que je suis amoureux. En tout cas, j'ai perdu la tête. Je ne peux plus réfléchir. Je ne peux plus travailler. Tout m'est indifférent. Mon dieu, Mary ! Je suis au supplice ! Je suis heureux et malheureux tour à tour. Je la hais une demi-heure et ensuite je donnerais ma vie entière pour être avec elle dix minutes ; je ne sais plus ce que je sens ni pourquoi; c'est de la folie pure et pourtant c'est parfaitement raisonnable. Pouvez-vous y comprendre quelque chose ?comprenez-vous ce qui m'arrive? Oui je délire; ne m'écoutez pas, Marie.

– Nuit et jour

William, dit-elle d'une voix faible, comme quelqu'un qui s'éveille, William, reprit-elle d'un ton plus ferme, si vous voulez toujours m'épouser, j'accepte.Quelle expérience plus déconcertante pour un homme que d'entendre la grande question de sa vie tranchée par une voix si placide, dénuée de joie et d'entrain ?

– Nuit et jour

Rien ne devrait recevoir un nom, de peur que ce nom même ne le transforme.

Une lumière ici requiert une ombre là-bas.

La seule vie qui soit passionnante est la vie imaginaire.

L'humour est le premier des dons à périr dans une langue étrangère.

Inflexible, le squelette de l'habitude seul maintient le cadre humain.

Impossible de bien réfléchir, de bien aimer, de bien dormir si on n’a pas mangé.

En ce lieu, mes yeux sont les yeux sans paupières d'une figure de pierre dans un désert près du Nil.

Une femme doit avoir de l'argent et une chambre à soi si elle souhaite pouvoir écrire des histoires.

La beauté du monde, qui est si fragile, a deux arêtes, l’une de rire, l’autre d’angoisse, coupant le coeur en deux.

Tout pourra arriver quand être une femme ne voudra plus dire : exercer une fonction protégée.

Puisqu'on ne peut qu'entrevoir notre repentance, notre labeur ne peut connaître que de courts répits.

La beauté du monde qui disparaîtra bientôt a deux extrémités : celle du rire et celle de l'angoisse, coupant le cœur en deux.

Cadenassez vos bibliothèques si vous le souhaitez, mais vous ne pourrez apposer sur la liberté de conscience ni porte, ni cadenas, ni verrou.

La littérature est éparpillée en débris faits des hommes qui se sont bien trop occupés des opinions des autres.

Aucun de nous n'est complet en lui seul.

La vie est un rêve, c’est le réveil qui nous tue.

Nulle passion n’est plus forte dans le coeur de l’homme que le désir de faire partager sa foi.

Tous ces siècles, les femmes ont servi de miroirs, dotés du pouvoir magique et délicieux de refléter la figure de l'homme en doublant ses dimensions naturelles.

Le roman est la seule forme d'art qui cherche à nous faire croire qu'elle donne un rapport complet et véridique de la vie d'une personne réelle.

Chacun de nous a son passé renfermé en lui comme les pages d'un vieux livre qu'il connaît par coeur, mais dont ses amis pourront seulement lire le titre.

Pour pénétrer dans le coeur d'un homme, il faut passer sur le ventre de sa femme.

Ne gâtons-nous pas les choses en les exprimant ?

Il y a des gens qui ont vraiment des dons. Le problème, c'est de les découvrir.

Il y a une solitude, même entre mari et femme, un gouffre ; et cela, on doit le respecter.

Ce qui compte c'est se libérer soi-même, découvrir ses propres dimensions, refuser les entraves.

Chacun recèle en lui une forêt vierge, une étendue de neige où nul oiseau n'a laissé son empreinte.

C’est écrire qui est le véritable plaisir ; être lu n’est qu’un plaisir superficiel.

Le prix modeste du papier est la raison pour laquelle les femmes commencèrent par réussir en littérature avant de le faire dans d'autres professions.

Tous les secrets de l’âme d’un auteur, toutes ses expériences, toutes les qualités de son esprit sont gravés dans son oeuvre.

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