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Virgil Gheorghiu

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Constantin Virgil Gheorghiu, né le 15 septembre 1916 à Valea Albă, en Moldavie, dans le nord de la Roumanie, et mort le 22 juin 1992 à Paris, est un écrivain et prêtre orthodoxe roumain. Écrivant tant en roumain qu'en français, il est notamment connu... Plus >

Les Immortels d'Agapia (1998)

De Virgil Gheorghiu chez Gallimard
(3 votes, note moyenne : 4.7)

Le nouveau juge d'Agapia entre en fonction aujourd'hui. Agapia, petit bourg dans les neiges du versant oriental des Carpates où, gigantesque et somptueux, s'impose le palais de justice. Jeune et inexpérimenté, le juge se sent perdu dans cette immense bâtisse. Le commissaire de police le rassure : depuis des lustres, il ne s'est rien passé à Agapia, ni vol ni meurtre, rien. Aussi dort-il sur ses deux oreilles quand le commissaire, hagard, le secoue : on vient d'assassiner Anton Tuniade, le fils du châtelain d'Agapia.Le juge va mener son enquête et découvrir que les Tuniade sont des satrapes qui pressurent impitoyablement les paysans. Pourtant ceux-ci ne se révoltent pas, car Agapia est plus proche du ciel que de la terre. Ce peuple innocent, habité par la foi chrétienne, aurait engendré un meurtrier ?

Paru le 12-02-1998 - Format : Broché - 288 pages - 18 x 11 x 1 cm - 163 g - ISBN 10 : 2070402878 - ISBN 13 : 9782070402878

Collection : Folio

Tags : aventure, roman, romans policiers et polars, sectes, empire, pauvreté, portraits, bagne, police, enquêtes, paysans, assassinats, foi, montagnes, meurtre, crime, meurtrier, littérature française, littérature roumaine, 21ème siècle.

Citations de Les Immortels d'Agapia (6)

Ici, sur le versant oriental des Carpates, vivait autrefois un peuple qui s'appelait lui-même le « Peuple des Immortels ». […] Je ne peux pas vous parler de Sava Mold et de nous tous si je ne vous parle pas des Immortels. Ils sont nos pères. Qui ne sait rien sur les pères ne saura jamais toute la vérité sur les fils. Ces Immortels, qui vivaient ici et qui sont nos pères, étaient appelés, par les autres peuples, Gètes ou D'accès. Mais ils se donnaient eux-mêmes le nom d'Immortels, parce qu'ils croyaient qu'ils ne mourraient jamais. La mort n'est qu'un changement de résidence.

Ce sont les Tuniade. Des satrapes phanariotes. Divisés, comme les loups, en bandes qu'on appelle partis politiques, ils dévorent le pauvre pays depuis des siècles et des siècles. Ces Tuniade, comme tous les satrapes phanariotes, passent leurs hivers à Paris et dans d'autres endroits confortables de l'occident. Ils viennent chez nous en été. Pour assister aux récoltes. Aux paysans qui, sur leurs terres, font la cueillette des fruits et qui vendangent, ils mettent des muselières métalliques, comme à des chiens. Afin que les paysans ne mangent pas les raisins. Puis ils vendent la récolte et retournent là d'où ils sont venus.

Ce qu'un juge pense, ce qu'un juge croit et ce qu'il sent est sans importance aucune. Un juge est une personne qui applique un barème : à telle faute correspond telle peine. Il n'a pas à avoir d'opinion. Il n'a rien d'autre à faire que d'exiger le prix exact pour l'acte commis. Il mesure avec une balance. Comme l'apothicaire. Il ne mesure pas avec sa conscience. Ni avec ses sentiments. Ni avec ses convictions, comme les poètes ou comme les prêtres. Non. Il fait un travail mécanique.

La société a toléré des hérésies et des sectes grossières, mais elle a toujours noyé dans le sang et exterminé les hérésies des purs, des parfaits, comme par exemple celle des bogomiles ou des cathares et autres puritains.

- Lisez-vous des romans policiers? demande le juge.- Non. -Moi non plus. J'ai essayé. Mais je n'ai jamais réussi à entrer dans le jeu. Je ne comprenais pas comment les policiers pouvaient s'acharner à poursuivre quelques malheureux traqués. Car tout criminel est, au fond, un désespéré. Eh bien, maintenant, je n'ai qu'un but: trouver l'assassin ! Comme dans les romans. Non pas pour voir l'assassin enchaîné. Je veux trouver le tueur pour savoir qui il est et pourquoi il a tué le jeune Anton Tuniade. Je suis certain qu'en élucidant le mystère de ce meurtre je découvrirai des choses nouvelles parmi celles qui gisent cachées en chaque homme, et en moi-même. Car c'est uniquement dans les cas limites, de meurtre, de crime, de suicide, qu'on a des révélations sur les mystères de la vie et de l'homme - mystères qui, en temps normal, demeurent bien cachés en nous...

« Si nous avions eu de la pluie, au lieu de la neige ! dit le commissaire… La pluie ne blanchit pas le lieu où elle tombe ; elle transforme la terre en boue. Et elle garde dans la boue les empreintes, pour les montrer aux policiers. La pluie est bavarde. Elle est bouillonnante, nerveuse, rancunière, monotone ou violente. La neige est silencieuse et muette, sans mémoire et solennellement égale à elle-même. La pluie est laïque, la neige est religieuse. La neige qui tombe, c'est comme une liturgie. La pluie apporte la boue, les inondations mais aussi la fertilité. La neige ne produit rien. Son rôle est d'être blanche, sans mémoire terrestre, et de faire grâce à tout et à tous. Comme Dieu. La neige et la pluie sont soeurs. La pluie est dans le siècle, laïque ; et la neige est au-dessus de la terre, religieuse. Les gens d'ici, et toute la vie d'ici, sont exactement comme la neige, dit le commissaire. Il ne faut pas attendre de leur part une collaboration avec la police. Comme on ne peut l'attendre de la neige. En bas, dans la ville, dans la plaine, les gens et la vie sont comme la pluie : ils sont riches et ne demandent qu'à collaborer avec la police, à travers toutes les empreintes et à les lui montrer. Ici, notre enquête sera dure. ici, c'est le royaume de la neige. Nous sommes dans une région plus proche du ciel que de la terre. Et la police n'y a pas accès. Elle n'a jamais eu accès au ciel. »


Critiques de Les Immortels d'Agapia : avis de lecteurs (3)


  • Critique de Les Immortels d'Agapia par jeanbaptisteb (Babelio)

    Le froid, la neige, l'amour, la solitude.

    Lire la critique complète >
    Par jeanbaptisteb - publiée le 19/03/2020

  • Critique de Les Immortels d'Agapia par cmpf (Babelio)

    A Agapia le peuple est dominé, exploité par les satrapes phanariotes, hérités de l'empire Ottoman nous dit Virgil Gheorghiu. Ils portent pour ramasser les fruits, des muselières pour ne pas manger c...

    Lire la critique complète >
    Par cmpf - publiée le 15/11/2015

  • Critique de Les Immortels d'Agapia par Taraxacum (Babelio)

    Après avoir dévoré avec beaucoup de plaisir La condottiera, j'ai voulu continuer à explorer l'oeuvre de Constantin Virgil Gheorghiu. Ce roman ci se déroule lui aussi dans un patelin perdu, l'auteur n'...

    Lire la critique complète >
    Par Taraxacum - publiée le 18/08/2015

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