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Viktor Pelevine

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Victor Olegovitch Pelevine (en russe : Виктор Олегович Пелевин), né le 22 novembre 1962 à Moscou, est un écrivain russe. Après une formation d'ingénieur en électromécanique à l'Institut de génie énergétique de Moscou, il suit un séminaire de création... Plus >

La vie des insectes (1995)

De Viktor Pelevine chez Seuil
(11 votes, note moyenne : 4.0)

Paru le 10-05-1995 - Format : Broché - 21 x 14 x 1 cm - 255 g - ISBN 10 : 2020207990 - ISBN 13 : 9782020207997

Collection : Cadre Vert

Tags : contemporain, russe, littérature russe, philosophie, capitalisme, absurde, insectes, modernisme, paysages, comique, fantastique, science-fiction, roman, satire, récits, contemporain, russe, littérature russe, philosophie, capitalisme, absurde, insectes, modernisme, paysages, comique, fantastique, science-fiction, roman, satire, récits.

Citations de La vie des insectes (10)

Demain, je voleraiDans l'été ensoleilléet ferai ce que bouddhrai.

Toute cette vie énorme au cours de laquelle tu voudrais, à un moment donné, te tourner vers la lumière est, en réalité, ce moment unique où tu choisis les ténèbres

À droite de la vedette, une énorme montagne rocheuse apparut. Elle ressemblait à un oiseau de pierre, les ailes déployées et la tête baissée. À son sommet, deux feux rouges clignotaient.- Tu vois, montra Dima, combien il y a de lumière et d'obscurité autour de nous. Choisis ce que tu veux.- Admettons que j'opte pour la lumière comment saurai-je s'il s'agit ou non d'une vraie lumière ? Ne m'as-tu pas parlé récemment de la lune, des ampoules d'Ilitch, etc. ?- La véritable lumière est celle à laquelle tu parviendras. Et si tu n'y aboutis pas, même un tout petit peu, c'est que le feu vers lequel tu volais, quelque brillant qu'il te parût, n'était qu'une tromperie. Car l'important n'est pas vers quoi tu voles, mais qui vole, bien qu'au fond ce soit la même chose.

"Ils étaient absolument immobiles et regardaient au loin d'un air pensif en se balançant légèrement, au gré des courants d'air, sur la tige où ils étaient installés.- Je pense, dit l'un des coléoptères, qu'il n'y a rien de plus élevé que notre solitude.- Mis à part les eucalyptus, dit le second.- Et les platanes, ajouta le premier, après un moment de réflexion.- Et encore l'arbre à chicle qui pousse dans la partie sud-est du Yucatán.- Sans aucun doute, acquiesça le premier, mais cette souche pourrie dans la clairière voisin n'est certainement pas plus élevée que notre solitude. - C'est exact, confirma le second.Les coléoptères rouges fixèrent de nouveau l'horizon, l'air pensif."

Tu sais, si j'écrivais un roman sur la vie des insectes, je décrirais les choses ainsi : un village près de la mer, l'obscurité, quelques ampoules électriques qui brillent et, sous elles, des danses répugnantes. Et ils vont tous vers cette lumière, car il n'y a rien d'autre. Mais, voler vers ces ampoules, c'est...

Soudain la musique se fit plus forte et les lampes s'éteignirent. Elles se rallumèrent presque aussitôt, mais sur un rythme stroboscopique, arrachant à l'obscurité, à chaque flash, une foule monolithique immobile, tantôt verte, tantôt bleue, tantôt rouge qui, dans la fraction de seconde de son existence, ressemblait à un débarras de statues en plâtre rassemblées là en provenance de tous les jardins publics et camps de pionniers soviétiques. Au bout de quelques instants, il devint clair aux yeux de Mitia qu'en réalité il n'y avait ni danse, ni dancing, ni danseurs, mais uniquement une succession de jardins publics morts dont chacun n'existait que pendant la demi-seconde où s'allumaient les ampoules d'une couleur déterminée, avant de disparaître pour l'éternité, laissant sa place à un autre qui ne différait du précédent que par la teinte de son ciel et la pose de ses statues.

"Au sol, comme n'importe quel autre soir, seuls luisaient de rares réverbères et des fenêtres. Il y avait peu de sources de lumières assez fortes pour être même vaguement attirantes : quelques enseignes de restaurants, un néon rose composant le mot "lues" à l'angle d'une tour sombre du centre de vacances et la lueur scintillante du bal en plain air situé à proximité. Vu d'en haut, on aurait dit une fleur ouverte, aux couleurs sans cesse changeantes, qui, en guise de parfum, aurait exhalé de la musique. L'instinct poussait vers cette fleur tous les insectes des environs chaque fois qu'une patte quelconque y branchait l'électricité. Mitia décida d'y faire une descente pour mesurer l'ambiance. "

" - Qu'est-ce que c'est ? demanda Sam.- Ça, c'est le DDT. Et sur ma jambe, j'ai une autre cicatrice, à cause du formol.- Quelqu'un a-t-il voulu t'assassiner?- Mais c'est nous tous qu'on veut assassiner. Nous tous qui vivons ici.- Qui le veut?En guise de réponse, Natacha sanglota.- Mais voyons ... Il y a les droits des insectes, objecta Sam.- Quels droits? demanda Natacha en faisant, de la patte, un geste désespéré."

"Sam hocha distraitement la tête et regarda son assiette. Le menu disait : "boulettes paysannes à l'oignon". En réalité, c'étaient de petits morceaux de viande rectangulaires disposés selon un ordre architectural strict. Une mer de sauce coulait à droite de la viande et une montagne de purée de pommes de terre, en pente douce, décorée de quelques points colorés de carottes et de fenouil s'élevait de l'autre côté. La purée glissait comme de la lave sur la viande, et le contenu de l'assiette ressemblait à Pompéï vu du haut. Étrangement, il rappelait en même temps le panorama du village de vacances tel qu'on pouvait le contempler depuis la table.

Les coléoptères rouges fixèrent de nouveau l'horizon, l'air pensif.

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Critiques de La vie des insectes : avis de lecteurs (8)


  • Critique de La vie des insectes par perpac (Amazon)

    L'auteur nous soumet un roman très original. Les personnages sont des humains qui ont la forme d'insectes et vivent leur vie d'humains en s'accommodant de cette particularité.Je pensais ne plus jamais regarder ...

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    Par perpac - publiée le 02/07/2009

  • Critique de La vie des insectes par brigetoun (Babelio)

    jubilation de la surprise des passages de l'humain à l'insecte, d'une description acerbe de la Russie post-soviétique, et de notre société ou à peu près, de l'amour, de la peur, des rivalités, un zest...

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    Par brigetoun - publiée le 11/11/2009

  • Critique de La vie des insectes par (Babelio)

    la vie des hommes et la vie des insectes dans un mixage étonnément fou...

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    Par Babelio - publiée le 26/05/2013

  • Critique de La vie des insectes par volubilae (Babelio)

    Critique d'une société russe contemporaine au travers de prises de vue poétiques et métaphoriques d'une station balnéaire de Crimée, on suit les pérégrinations de divers hommes /femmes insectes en mét...

    Lire la critique complète >
    Par volubilae - publiée le 15/01/2017

  • Critique de La vie des insectes par secondo (Babelio)

    Dans tous les mondes de Pelevine je demande la vie des insectes. Comme à chaque fois nous sommes projetés dans une certaine vie qui n'est pas tout à fait la nôtre mais qui lui ressemble furieusement,...

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    Par secondo - publiée le 01/07/2017

  • Critique de La vie des insectes par Tagrawla (Babelio)

    Un moustique américain, guidé par deux comparses russes, vient prélever des échantillons de sang afin d'évaluer le potentiel de développement touristique de la Crimée pour ses compatriotes. Une mouche...

    Lire la critique complète >
    Par Tagrawla - publiée le 23/11/2017

  • Critique de La vie des insectes par LPV (Babelio)

    Quel petit livre tout bizarre. Bien étrange. Je l'ai pris parce qu'il était petit, justement, et que je n'avais plus de place dans ma valise. Je ne pensais pas que, comme du sac de Mary Poppins, il en...

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    Par LPV - publiée le 20/11/2018

  • Critique de La vie des insectes par (Babelio)

    Je ne m'étais jamais demandé à quoi pouvaient ressembler les côtes de Crimée en 1993. Et puis j'ai ouvert ce livre, déployé son étonnant paysage de station balnéaire décrépite. Une beauté maladive exp...

    Lire la critique complète >
    Par Babelio - publiée le 14/05/2019
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