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Thomas Bernhard

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Né le 10 février 1931 à Heerlen aux Pays-Bas, Thomas Bernhard est fils d'un cultivateur autrichien. Il fait ses études secondaires à Salzbourg et suit des cours de violon et de chant, puis de musicologie. Son premier recueil de poèmes paraît en 1957,... Plus >

Maîtres anciens (1988)

De Thomas Bernhard chez Gallimard
(14 votes, note moyenne : 3.8)

«Les peintres n'ont pas peint ce qu'ils auraient dû peindre, mais uniquement ce qu'on leur a commandé, ou bien ce qui leur procurait ou leur rapportait l'argent ou la gloire, a-t-il dit. Les peintres, tous ces maîtres anciens qui, la plupart du temps, me dégoûtent plus que tout et qui m'ont depuis toujours donné le frisson, a-t-il dit, n'ont jamais servi qu'un maître, jamais eux-mêmes et ainsi l'humanité elle-même. Ils ont tout de même toujours peint un monde factice qu'ils tiraient d'eux-mêmes, dont ils espéraient obtenir l'argent et la gloire ; tous ils n'ont peint que dans cette optique, par envie d'argent et par envie de gloire, pas parce qu'ils avaient voulu être peintres mais uniquement parce qu'ils voulaient avoir la gloire ou l'argent ou la gloire en même temps que l'argent.»

Paru le 22-09-1988 - Format : Broché - 228 pages - 20 x 14 x 1 cm - 273 g - ISBN 10 : 2070713423 - ISBN 13 : 9782070713424

Collection : Du Monde Entier

Tags : 20ème siècle, littérature contemporaine, littérature allemande, vienne, autriche, littérature autrichienne, littérature germanique, peinture, chambre, répétition, regard, prix médicis étranger, ouvrage primé, pamphlets, germanique, musée, art, roman, littérature, satire, 20ème siècle, littérature contemporaine, littérature allemande, vienne, autriche, littérature autrichienne, littérature germanique, peinture, chambre, répétition, regard, prix médicis étranger, ouvrage primé, pamphlets, germanique, musée, art, roman, littérature, satire.

Citations de Maîtres anciens (10)

Seul l'imbécile admire, l'intelligent n'admire pas, il respecte, estime, comprend, voilà.

Bruckner est un compositeur négligent, tout comme Stifter est un écrivain négligent, cette négligence haute-autrichienne, ces deux-là l'ont en commun. Tous deux ont pratiqué un art soi-disant soumis à la volonté divine et qui est un danger public. Le torrent sonore brucknérien a conquis le monde, peut-on dire, la sentimentalité et la solennité hypocrite triomphent chez Bruckner.

C'est en vérité l'Etat qui engendre les enfants, il ne naît que des enfants de l'Etat, voilà la vérité. Il n'y a pas d'enfant libre, il n'y a que l'enfant de l'Etat, dont l'Etat peut faire ce qu'il veut, l'Etat met les enfants au monde, on fait seulement croire aux mères qu'elles mettent les enfants au monde, c'est du ventre de l'Etat que sortent les enfants, voilà la vérité. (p42)

Ne regardez pas longtemps un tableau, ne lisez pas un livre avec trop d'attention, n'écoutez pas un morceau de musique avec la plus grande intensité, vous vous abîmerez tout et, dès lors, ce qu'il y a de plus beau et de plus utile au monde. (p51)

Il serait d'ailleurs impensable que de ce trou de province petit-bourgeois qu'est Linz, qui depuis l'époque de Kepler, est en vérité resté un révoltant trou de province, qui a un opéra où les gens ne savent pas chanter, un théâtre où les gens ne savent pas jouer, des peintres qui ne savent pas peindre et des écrivains qui ne savent pas écrire, soit tout d'un coup sorti un génie, comme Stifter est cependant réputé unanimement. (P55)

Dès mon enfance je l'ai évitée, la masse, j'ai détesté la foule, le rassemblement de gens, cette concentration de grossièreté et d'étourderie et de mensonge. Autant nous devrions aimer chacun en particulier, me dis-je, autant nous détestons la masse.

L'enfance est le trou noir où l'on a été précipité par ses parents et d'où l'on doit sortir sans aucune aide. Mais la plupart des gens n'arrivent pas à sortir de ce trou qu'est l'enfance, toute leur vie ils y sont, n'en sortent pas et sont amers.

Si l'enfer existe, et naturellement l'enfer existe, a-t-il dit, alors mon enfance a été l'enfer.

Nous haïssons les gens et nous voulons tout de même vivre avec eux, parce que c'est seulement avec les gens et parmi eux que nous avons une chance de continuer à vivre et de ne pas devenir fous.

Mieux vaut lire douze lignes d'un livre avec la plus grande intensité, donc de les pénétrer entièrement, comme on peut le dire, que de lire tout le livre, comme le lecteur ordinaire qui, à la fin, connaît aussi peu le livre qu'il a lu que le passager d'avion le paysage qu'il survole. (P31)

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Critiques de Maîtres anciens : avis de lecteurs (10)


  • Critique de Maîtres anciens par schabrieres (Babelio)

    Je viens de terminer la lecture de “Maîtres anciens” de Thomas Bernhard et j'ai été fasciné sinon envoûté par ce roman et par la figure de son héros, Reger. Voilà un étrange personnage, un critique d'...

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    Par schabrieres - publiée le 26/05/2009

  • Critique de Maîtres anciens par cathgalloy (Babelio)

    génial; une écriture de la détestation qui se retourne contre(sur)lui même

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    Par cathgalloy - publiée le 14/10/2011

  • Critique de Maîtres anciens par ileana (Babelio)

    Une diatribe, un pamphlet. Le style répétitif et le propos qui tourne en rond - je n'ai pas accroché. « Un comique né de l'exagération, une exagération qui fait surgir les vérités qui ne sont pas bon...

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    Par ileana - publiée le 23/05/2014

  • Critique de Maîtres anciens par Maphil (Babelio)

    Ce roman, sous-titré comédie, se passe dans le musée d'art ancien de Vienne. Le narrateur arrivé avant son ami, vieux critique musical avec qui il a rendez-vous, l'observe à son insu. Avec des sarcas...

    Lire la critique complète >
    Par Maphil - publiée le 22/03/2018

  • Critique de Maîtres anciens par Denis Urval (Amazon)

    Venu méditer suivant son habitude devant un tableau du Tintoret, le critique d'art Reger, âgé, veuf et amer, rumine, vitupère et monologue interminablement. De tous les livres de Thomas Bernhard, celui-ci n'est...

    Lire la critique complète >
    Par Denis Urval - publiée le 05/06/2008

  • Critique de Maîtres anciens par Le lecteur (Amazon)

    Maîtres Anciens, le texte par lequel je recommande volontiers d'aborder Thomas Bernhard. Le narrateur repense à tout ce que son ami Reger lui a raconté avant d'aller le retrouver, comme plusieurs fois par semai...

    Lire la critique complète >
    Par Le lecteur - publiée le 03/12/2011

  • Critique de Maîtres anciens par Arrakis (Amazon)

    Pour apprécier cette "comédie" il faut en accepter toutes les outrances. Reger, musicologue, vient s'assoir tous les deux jours sur une banquette d'un Musée de Vienne pour réfléchir et s'entretenir avec Atzbach...

    Lire la critique complète >
    Par Arrakis - publiée le 12/07/2015

  • Critique de Maîtres anciens par Oscar (Amazon)

    trsè drôle et pessimiste à la fois, à lire en parallèle avec la bande dessinée de Mahler (pour l'instant uniquement en allemand)

    Lire la critique complète >
    Par Oscar - publiée le 15/07/2012

  • Critique de Maîtres anciens par Romur (Amazon)

    Au Musée des Arts Anciens de Vienne Atzbacher observe son « ami » Reger qui lui a donné rendez-vous. Nous suivons le monologue intérieur d’Atzbacher sur Reger, ses opinions et ses manies. Les phrases se succède...

    Lire la critique complète >
    Par Romur - publiée le 03/06/2018

  • Critique de Maîtres anciens par Mario Rossi (Amazon)

    Quand on n'est pas un critique ou un membre de l'intelligentsia autorisée, on n'hésite toujours à dire qu'on n'a pas aimé la production d'un monstre sacré comme Thomas Bernhard.J'ai fini la lecture de “Maitres ...

    Lire la critique complète >
    Par Mario Rossi - publiée le 24/09/2016
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