livres actu Livres Actu

Accueil > Thomas Bernhard > Le neveu de Wittgenstein

Acheter ce livre - 16.0 €



Thomas Bernhard

0 abonné

Né le 10 février 1931 à Heerlen aux Pays-Bas, Thomas Bernhard est fils d'un cultivateur autrichien. Il fait ses études secondaires à Salzbourg et suit des cours de violon et de chant, puis de musicologie. Son premier recueil de poèmes paraît en 1957,... Plus >

Le neveu de Wittgenstein (1985)

De Thomas Bernhard chez Gallimard
(8 votes, note moyenne : 3.8)

Comme celui de Rameau, le neveau de Wittgenstein, que nous présente ici son ami, est un original, pittoresque et pathétique, un vrai personnage de roman.Ce texte, de 1982, n'est pas formellement rattaché aux récits dits «autobiographiques» (de L'origine à Un enfant), mais, sans continuité chronologique, il lui arrive plus d'une fois de narrer et de commenter des événements attestés de la vie de l'auteur, et le «je» fictif qui parle ici ressemble à s'y méprendre à un certain Thomas Bernhard. On ne s'étonnera donc pas que, confronté avec cet étrange ami, «c'est-à-dire avec lui-même», il nous confie, une fois de plus, et toujours mieux, des choses banales et profondes, et drôles à en pleurer, sur la vie, l'art, les prix littéraires, les cafés viennois, la vie à la campagne, la compétition automobile, la maladie et la mort, dans un de ces soliloques hallucinés, répétitifs, impitoyables, dont il a le secret.Pour la première fois, Thomas Bernhard nous parle de l'amitié. Il le fait admirablement et, pour reprendre une de ses expressions, sans le moindre ménagement, et cela fait très mal.

Paru le 01-02-1985 - Format : Broché - 136 pages - 20 x 14 x 1 cm - 208 g - ISBN 10 : 2070702006 - ISBN 13 : 9782070702008

Collection : Du Monde Entier

Tags : années 60, 20ème siècle, 1980's, littérature allemande, vienne, autriche, littérature autrichienne, allemand, psychiatrie, musique, paul wittgenstein, amitié, maladie, folie, hôpital, cimetière, mystique, campagne, roman, récits, 20ème siècle, littérature allemande, vienne, autriche, littérature autrichienne, nazisme, psychiatrie, musique, philosophe, incompréhension, mort, amitié, maladie, folie, hôpital, cancer, autobiographie, recueil de poèmes, roman, littérature.

Citations de Le neveu de Wittgenstein (10)

Comme tous les autres médecins, ceux qui soignaient Paul se retranchaient derrière le latin médical, qu'ils dressaient peu à peu comme une muraille infranchissable et inexpugnable entre eux et leur patient, tout comme leurs prédécesseurs depuis des siècles, à seule fin de masquer leur incompétence et de jeter le voile sur leur charlatanisme.

Sa famille possède encore aujourd'hui différentes propriétés dispersées au milieu des forêts, au fond de merveilleuses criques du lac, et de vallons perdus, sur des coteaux et des cimes : des villas et des fermes, des pavillons de chasse et de simples abris, où les Wittgenstein, aujourd'hui encore, passent les répits qu'ils ménagent à grand-peine dans les activités plutôt déplaisantes qui permettent d'être riche.

Comme quatre-vingt-dix pour cent de l'humanité, je voudrais au fond toujours être là où je ne suis pas.

Je ne me supporte pas moi-même, et, moins encore, une meute de gens comme moi.

Il était tout sauf un discoureur ou même un phraseur, dans un monde qui semble n'être fait que de discoureurs et de phraseurs.

Tout comme d'autres essaient constamment, toute leur vie, de gagner et de garder une fortune plus ou moins grande, ou un art plus ou moins grand, voire le grand art, et n'hésitent pas, tant qu'ils vivent, à exploiter par tous les moyens et en toutes circonstances cette fortune et cet art, et à en faire le centre unique de leur vie, Paul a, toute sa vie, défendu jalousement, gardé pour lui et mis au centre de sa vie sa folie, par tous les moyens et en toutes circonstances, tout comme moi ma maladie des poumons, tout comme moi ma folie, tout comme moi en fin de compte, à partir de cette maladie des poumons et de cette folie, pour ainsi dire, mon art.

Le malade qui a été loin de chez lui pendant des mois y revient comme quelqu'un à qui tout est devenu étranger, et qui doit peu à peu et à grand-peine se familiariser à nouveau avec tout, tout se réapproprier.

Car, avouons-le, les têtes qui nous sont la plupart du temps accessibles sont inintéressantes, nous n'en tirons guère plus que si nous nous trouvions en compagnie de pommes de terre hypertrophiées, qui, plantées sur des corps souffreteux affublés de vêtements d'un goût discutable, traîneraient une existence piteuse, mais hélas pas du tout pitoyable.

Le monde des bien-portants n'accueille le malade rentré chez lui qu'avec un semblant d'amabilité, qu'avec un semblant de serviabilité, qu'avec un semblant de dévouement ; mais si, par hasard, le malade met vraiment à l'épreuve cette amitié et cette serviabilité et ce dévouement, tout cela se révèle aussitôt n'être que complaisance apparente et simulée.

Les gens qui quittent une grande ville et qui veulent maintenir leur niveau intellectuel à la campagne, comme disait Paul, doivent être dotés d'un énorme potentiel, et donc d'une incroyable réserve de substance cérébrale, mais eux aussi, à plus ou moins long délai, finissent par stagner et s'étioler, et la plupart du temps, quand ils prennent conscience de ce processus d'étiolement, il est déjà trop tard pour ce qu'ils veulent entreprendre, ils se ratatinent inéluctablement.

< Voir moins de citations
Voir plus de citations >

Critiques de Le neveu de Wittgenstein : avis de lecteurs (5)


  • Critique de Le neveu de Wittgenstein par chartel (Babelio)

    Fréquentant de temps en temps les salles de théâtre, j'avais rencontré les oeuvres de Thomas Bernhard, notamment une lecture d'"Extinction" par Serge Merlin, et je fus saisi par son ton très acerbe et...

    Lire la critique complète >
    Par chartel - publiée le 15/01/2012

  • Critique de Le neveu de Wittgenstein par Dirlandaise (Babelio)

    Il existe à l'ouest de Vienne une colline nommée « la colline du Wilhelminenberg » et sur cette colline s'élève un établissement dont un pavillon est consacré aux maladies pulmonaires et un autre aux ...

    Lire la critique complète >
    Par Dirlandaise - publiée le 09/12/2012

  • Critique de Le neveu de Wittgenstein par Nastasia-B (Babelio)

    Thomas Bernhard nous livre ici un vibrant hommage à son ami défunt, Paul Wittgenstein, le neveu de Wittgenstein, (entendez le philosophe Ludwig Wittgenstein). C'est l'occasion pour lui d'aborder, à b...

    Lire la critique complète >
    Par Nastasia-B - publiée le 17/01/2014

  • Critique de Le neveu de Wittgenstein par Drych (Babelio)

    Un peu déçu par ce texte dont les quelques critiques Babélio étaient pourtant très bonnes. Ni le style un peu répétitif, ni le fond critique de la société autrichienne ne m'ont vraiment touché. Les co...

    Lire la critique complète >
    Par Drych - publiée le 29/01/2014

  • Critique de Le neveu de Wittgenstein par (Babelio)

    Se reporter au Tonton Ludwig qui a des choses à dire, lui !

    Lire la critique complète >
    Par Babelio - publiée le 13/05/2020

Ils parlent de Le neveu de Wittgenstein

Du même auteur

Commentaires

Connexion




S'inscrire

Inscription à Livres Actu




Se connecter