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Takeshi Kitano

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Takeshi Kitano (北野 武, Kitano Takeshi?), également connu sous le nom de scène de Beat Takeshi (ビートたけし, Bīto Takeshi?), est un cinéaste, acteur, animateur de télévision, humoriste, artiste-peintre, plasticien, écrivain, poète, chanteur et designer de j... Plus >

La vie en gris et rose (2018)

De Takeshi Kitano chez P. Picquier
(12 votes, note moyenne : 3.9)

Paru le 04-01-2018 - Format : Poche - 127 pages - 17 x 11 x 0 cm - 119 g - ISBN 10 : 2809713332 - ISBN 13 : 9782809713336

Collection : Picquier Poche

Tags : chroniques, souvenirs d'enfance, récits, roman, biographie, autobiographie, jeunesse, témoignage, drame, légendes, realisateur, enfance, cinéastes, peinture, cinema, adolescence, asie, littérature japonaise, japon, contemporain.

Citations de La vie en gris et rose (10)

Les jours où le paternel rentrait bourré, je peux te dire qu'on les entendait de loin, ses kaaa. En pleine nuit. Parce qu'en chantant, il rajoutait toujours un ka au cul des mots dans ses chansons : les larmes kaaa...Et les voisins de s'exclamer : "Encore ce Kikujirô qui a bu ! Décidément , c'est un bon à rien."Quand elle le voyait débarquer dans cet état, ma mère râlait :- Qu'est-ce qui t'arrive ? T'en fais un boucan, espèce de vieux détraqué ! Tu t'es encore saoulé, hein ?- Détraquée toi-même ! Qu'est-ce que t'as à hurler comme ça ? répliquait-il en la tabassant.Alors, elle se mettait à pleurer et immanquablement, elle nous appelait : - Takeshi ! Masaru ! Venez près de moi. Venez par ici, mes petits.Moi, je n'en avais aucune envie, mais ma mère me tenait par le cou et j'étais bien obligé de la suivre. Je n'étais ni son allié ni rien d'autre dans ce genre. Dans la pièce voisine, elle continuait de pleurer. Mais moi, je restais froid et distant. Eh oui !

J'aime bien les libellules, les grandes surtout. En vol, elles ont l'air distant et arrogant. A mes yeux, elles symbolisent tous les genres d'insectes aux ailes transparentes qui vivent à proximité de l'eau.A l'époque, elles me semblaient immenses. De la taille d'un avion. Je les trouvais impressionnantes, effrayantes même, tiens ! comme les B29 qui larguaient des bombes sur le pays pendant la guerre. Les copains qui osaient les tenir dans la main, pour moi, c'étaient des héros. Et ces libellules, de très précieux trésors.

C'est ce jour-là, j'en suis à peu près certain, que j'ai vu mon premier étranger. A l'époque, après la fin de la guerre, dès qu'on en croisait un, pour nous, ça ne pouvait être qu'un occupant américain. Il allait aussi à Tôkyô.Nous, on était debout, le paternel et moi, quand cet homme, eh bien, il m'a offert sa place assise. Aussitôt, je ne sais pourquoi, mon père s'est prosterné devant lui pour s'excuser. Je restais les yeux fixé sur cet inconnu qui m'apparaissait comme un dieu, uniquement parce qu'il était étranger. Donc, j'ai trouvé normal que mon paternel se confonde en excuses vis-à-vis d'un personnage de cette importance. Mais je me suis senti quand même tout bizarre.Puis l'homme m'a donné des biscuits. Une boite entière. Et super bons en plus. Alors, je me suis dit : "Pas de doute, c'est un dieu." Et pourtant, c'était encore l'époque où les enfants demandaient 'give me gum' aux soldats américains.

Quand on est arrivé à la maison, le paternel était en train de frapper notre mère. Une banale habitude dans leurs disputes conjugales. Pitoyable. Vraiment affligeant, ce genre de scène.Comme c'était dimanche et qu'il pleuvait, mon père n'avait pas pu aller travailler, et ma mère l'avait sans doute engueulé parce qu'il ne fichait rien. Pour toute réponse, il l'avait bourrée de coups de pied tout en buvant près de deux litres de saké. Et mon frère qui chialait, déçu de ne pas avoir pu acheter le gant. Je me suis senti obligé de pleurer, moi aussi. Quelle misère, je te dis pas !

Je voudrais préserver indéfiniment ma sensibilité d'enfant. Aussi mature, aussi riche que je devienne, je veux rester intègre, fidèle à moi-même, à ma vérité. (p.127)

Quand on est arrivés à la maison, le paternel était en train de frapper notre mère. Une banale habitude dans leurs disputes conjugales. Pitoyable, vraiment affligeant ce genre de scène. (p.73)

La piscine : On mettait la tête sous l'eau, on nageait, on faisait la brasse papillon. Un jour, au milieu de toute cette agitation, il y en a un qui a fait caca.-C'est dégoûtant ! a crié un habitué. Hé ! Quelqu'un a fait caca !Le surveillant est arrivé avec une sorte de seau, mais il n'a récupéré que ce qui flottait à la surface. "Voilà c'st propre. Ca va maintenant", et il a remué l'eau. Tout le monde a fait comme si de rien n'était. Les clients sont retournés dans le bain, l'air fataliste: "Bah c'est pas si grave." Un vieux bonhomme a rincé son dentier. Beurk, les bains publics vraiment dégueulasses.

Au début je n'avais aucune idée de ce qu'ils allaient faire. Donc, une fois, je les ai suivis. J'ai vu mon frère, accroupi sous un lampadaire, qui lisait un livre. Et elle, derrière lui, qui dirigeait sur les pages le faisceau de sa fameuse lampe. De temps à autre, il avalait une bouchée de riz. En découvrant la scène, je suis resté sur le cul ! Imagine ma mère à l'éclairer comme ça. Quand j'y repense, je trouve que c'était une famille vraiment démente. Donc, sans bien savoir pourquoi, je me suis dit que moi aussi, je devais me mettre aux études. Je suis rentrée à la maison et j'ai pris un manga au hasard. Et j'ai commencé à lire, comme mon frère.

Dans ce temps-là, il neigeait souvent à Tôkyô. Avec mon attirail, je passais des heures dehors la nuit à m'amuser. Si j'arrivais à glisser sur deux mètres, c'était un exploit. Un gosse, tu sais ce que c'est hein? À la moindre descente sur une petite pente, je m'écriais : « Whaou, j'ai réussi! » (p.65)

Quand quelqu'un se moque de toi ou te traite d'imbécile, même si c'est pour rigoler, tu n'as qu'une envie, c'est de hurler : - Kono yarô ! Espèce de salopard !Car on est hypersensible à cet âge-là. En plus, moi, eh bien, je suis suis un enfant de la honte. Mon vieux avait la cinquantaine passée lorsque j'ai débarqué sur terre. Quelle misère !

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Critiques de La vie en gris et rose : avis de lecteurs (16)


  • Critique de La vie en gris et rose par (Babelio)

    VIVRE TOUT SIMPLEMENT Takeshi Kitano... Une découverte cinématographique... Des films de yakusa ou policiers (Outrages 1 et 2, Sonatine, Violent cop), autobiographiques romancés (Achille et l...

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    Par PascalOlivier - publiée le 04/06/2020

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    Par Realita18 - publiée le 13/12/2019

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    Gris et rose… Pourquoi en gris et en rose me diras-tu ? J'écarte rapidement toute spéculation si tu penses à un vol de flamands roses sous un ciel gris. Avec une âme d'enfant, Takeshi Kitano complèter...

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    Par le_Bison - publiée le 11/02/2019

  • Critique de La vie en gris et rose par Sabrinaaydora (Babelio)

    J'ai découvert Takeshi Kitano avec des films comme "Zatoichi", "Sonatine" ou encore "Battle Royal". Ces films sont de superbes expériences cinématographiques que je ne peux que...

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    Par Sabrinaaydora - publiée le 18/03/2018

  • Critique de La vie en gris et rose par (Babelio)

    Quoi ? Un livre de Takeshi Kitano aux éditions Picquier ! J'étais comme une gosse en voyant ça ! Bah oui, c'est un réalisateur et acteur que j'apprécie beaucoup et Zatoïchi est un film que j'affection...

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    Par Babelio - publiée le 02/02/2018

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    Par Bookycooky - publiée le 07/04/2016

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    Takeshi KITANO est un réalisateur qui nous livre ici une courte biographie de 127 pages tout à fait succulente. Un petit bonheur. Il nous raconte son enfance dans le Japon de l'après-guerre auprès ...

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    Par soleil - publiée le 01/03/2016

  • Critique de La vie en gris et rose par Angelye (Babelio)

    Le Japon d'après guerre. Le jeune Takeshi Kitano nous raconte son enfance dans une famille pauvre, auprès d'un père ivrogne et violent et d'une mère qui se bat pour faire quelque chose de son fils. Dé...

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    Par Angelye - publiée le 08/04/2015

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    Par Momiji - publiée le 24/07/2014

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    Takeshi Kitano est connu comme étant un grand réalisateur de films. Mais il écrit aussi. Asakusa Kid détaille ses premiers boulots alors que La vie en gris et en rose raconte son enfance. A travers qu...

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    Par Shan_Ze - publiée le 01/04/2014

  • Critique de La vie en gris et rose par bilodoh (Babelio)

    Une enfance japonaise : des anecdotes autobiographiques illustrées de dessins de l'auteur. Le gris et le rose sont les couleurs utilisées par son père pour peindre les maisons, mais ce sont aussi ...

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    Par bilodoh - publiée le 17/12/2013

  • Critique de La vie en gris et rose par Sharon (Babelio)

    Je connaissais Takeshi Kitano l'acteur, le cinéaste, je découvre maintenant l'auteur. Ceci n'est pas un roman (quoi que j'ai lu ici ou là) mais un recueil de souvenirs d'enfance, dans lequel Takeshi ...

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    Par Sharon - publiée le 26/03/2013

  • Critique de La vie en gris et rose par bouquinovore (Babelio)

    Takeshi Kitano, nous offre avec ce livre un peu de son enfance, de son intimité, qui pourrait croire le chemin accomplie par cet acteur, réalisateur. Cependant je n'ai pas beaucoup apprécié le style, ...

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    Par bouquinovore - publiée le 30/01/2011

  • Critique de La vie en gris et rose par (Babelio)

    Avant toute chose, sachez que je suis une inculte de base au sujet de Kitano. J'ai vu Zatoichi, mais je ne me suis jamais intéressée à l'homme. Qui aurait cru que ce réalisateur, ce monstre du cinéma ...

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    Par Babelio - publiée le 25/09/2010

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    Kitano Takeshi, né au Japon en 1947, est certainement davantage connu pour ses films, aussi bien devant que derrière la caméra. Dans ce court livre, publié en Avril de cette année, l'auteur se remé...

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    Par Babelio - publiée le 27/03/2010
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