livres actu Livres Actu

Accueil > Stephen Jay Gould > L'éventail du vivant / le mythe du progrès

Acheter ce livre - 21.7 €


32041ème dans les ventes


Stephen Jay Gould

0 abonné

L'éventail du vivant / le mythe du progrès (1997)

De Stephen Jay Gould chez Seuil
(11 votes, note moyenne : 4.5)

Un livre dérangeant ! Ne respectant décidément aucune idée reçue, Gould s'en prend ici à notre image d'une nature dont l'histoire serait régie par une logique de progrès. L'évolution, montre-t-il, n'est pas cette inéluctable marche vers une complexité et une subtilité croissantes qui, partant des formes les plus simples, culminerait triomphalement par l'apparition de ce chef d'œuvre, l'Homme. C'est en vérité la notion de progrès dans toute sa généralité qui est mise à l'épreuve par cet essai original, certainement l'une des œuvres majeures de l'auteur et une importante contribution à la culture contemporaine. A l'aide d'exemples tirés des sciences naturelles (grandeur et décadence des chevaux), de son expérience personnelle (sa lutte victorieuse contre une maladie grave) et de l'histoire sportive (la prétendue baisse de niveau du base-ball), Gould nous montre l'impossibilité d'interpréter correctement l'évolution de tout phénomène si l'on ne prend en compte tout l'éventail de ses variations. Ainsi, réduire l'histoire de la vie à celle des organismes les plus complexes est gravement méconnaître la nature même de la théorie de l'évolution, et la portée radicale de la vision darwinienne. La forme de vie dominante sur Terre (et peut-être ailleurs ?) est, a toujours été et restera, celle des bactéries. L'apparition d'une vie intelligente et consciente n'était ni nécessaire, ni prévisible. Loin de nous décevoir, cette contingence de l'existence humaine, ainsi révélée par la science, ne fait qu'en rehausser la grandeur.

Paru le 10-09-1997 - Format : Broché - 320 pages - 21 x 14 x 2 cm - 400 g - ISBN 10 : 2020285037 - ISBN 13 : 9782020285032

Collection : Science Ouverte

Tags : vulgarisation, histoire naturelle, non-fiction, essai, nature, chevaux, logique, darwin, méthodologie, paléontologie, société, évolution, Vie (philosophie), géologie, histoire des sciences, science, biologie, base-ball, américain, littérature américaine.

Citations de L'éventail du vivant / le mythe du progrès (4)

LA " MARCHE DE L'IVROGNE " : Un homme sort d'un bar complètement saoul et titube sur le trottoir, entre le mur du bar et le caniveau. S'il atteint le caniveau, il s'écroule ivre mort et le jeu s'arrête. Supposons que le trottoir ait trois mètres de large et que notre ivrogne marche au hasard, avec un pas moyen de cinquante centimètres, en avant ou en arrière. [...]Où va-t-il aboutir si on le laisse tituber suffisamment longtemps ? Dans le caniveau, inéluctablement, et pour la raison suivante : chaque pas, en avant ou en arrière, a une probabilité égale de 1/2. Le mur du bar constitue un " barrière infranchissable ". [...] Autrement dit, son mouvement ne peut se développer que dans une seule direction : vers le caniveau. [...]J'ai exhumé ce vieil exemple pour illustrer un point capital : [...] L'ivrogne tombe à chaque fois dans le caniveau, mais son mouvement ne témoigne d'aucune tendance à cette forme de perdition. D'une manière similaire, une mesure moyenne ou extrême de la vie peut progresser dans une direction donnée même si aucun avantage évolutif ou aucune tendance intrinsèque ne favorise ce mouvement.

Gould explique le mécanisme de la sélection naturelle : « Darwin consacre les premiers chapitres de De l'origine des espèces à établir les trois faits suivants : 1. Tous les organismes tendent à produire plus de descendants qu'il n'en peut survivre2. Ces descendants présentent entre eux des variations et ne sont pas des copies conformes d'u type immuable3. Une part au moins de ces variations se transmet génétiquement aux générations futures.Le principe de sélection naturelle devient alors une conséquence de ces trois faits :4. Si nombre de descendants sont condamnés à mourir (car l'écosystème naturel ne peut tous les accueillir) et si, dans chaque espèce, les individus présentent entre eux des variations, alors, en moyenne (autrement dit, statistiquement, et non pas systématiquement), les survivants sont les individus dont les variations sont par chance mieux adaptées aux changements de l'environnement local. Puisque l'hérédité existe, les descendants des survivants tendent à ressembler à leurs parents. Au fil du temps, l'accumulation de ces variations avantageuses produit un changement évolutif. »

Nous pensions vivre sur le corps central d'un univers limité lorsque Copernic, Galilée et Newton révélèrent que la Terre n'est qu'un minuscule satellite d'une étoile secondaire. Nous nous étions alors rassurés en imaginant que Dieu avait néanmoins choisi ce lieu excentré pour créer un organisme unique à Son image quand Darwin vint "nous reléguer au rang de descendants du monde animal". Nous avions alors trouvé consolation dans la rationalité de notre esprit lorsque, ainsi que le note Freud dans l'une des moins modestes affirmations de l'histoire de l'intelligence, la psychologie découvrit l'inconscient.

« J'insiste sur ce point car je montrerai que le progrès dans l'histoire de la vie – mon second exemple clé – est une illusion pour exactement les mêmes raisons. Quelques créatures ont acquis une plus grande complexité dans la seule direction qui s'est trouvée ouverte à leur variation. Le mode est resté solidement ancré sur les bactéries durant toute l'histoire de la vie : quel que soit le critère auquel on se réfère, les bactéries furent dès le début, sont aujourd'hui, et resteront toujours les organismes les plus réussis de la Terre. »


Critiques de L'éventail du vivant / le mythe du progrès : avis de lecteurs (11)


  • Critique de L'éventail du vivant / le mythe du progrès par jmlaurens (Babelio)

    Si on fait abstraction des règles du Base-Ball, un sport qui visiblement passionnait Jay Gould, la thèse développée dans ce livre est la plus importante depuis Darwin. Jay Gould l'appelle la cinquième...

    Lire la critique complète >
    Par jmlaurens - publiée le 16/02/2020

  • Critique de L'éventail du vivant / le mythe du progrès par JCLDLGR (Babelio)

    Ce livre est à la fois un point de vue sur Darwin, une thèse sur la façon dont l'évolution s'exprime (non l'évolution n'est pas déterministe), et une réflexion sur lui-même, alors même que l'auteur ét...

    Lire la critique complète >
    Par JCLDLGR - publiée le 13/12/2018

  • Critique de L'éventail du vivant / le mythe du progrès par Belem (Babelio)

    La notion de progrès concernant l'évolution du vivant est une idée fausse. Il ne faut pas voir cette évolution uniquement à travers le prisme des cas extrêmes, mais apprécier l'ensemble des variations...

    Lire la critique complète >
    Par Belem - publiée le 16/02/2013

  • Critique de L'éventail du vivant / le mythe du progrès par moi (Amazon)

    Il faut un peu s'accrocher aux branches (de l'évolution) pour lire un texte aussi dense et riche, mais même si l'on ne capte qu'une partie de la pensée de l'auteur, on se sent diablement plus intelligent après ...

    Lire la critique complète >
    Par moi - publiée le 27/10/2017

  • Critique de L'éventail du vivant / le mythe du progrès par Barthelemy (Amazon)

    L'idée que la vie aille du plus simple au plus complexe peut sembler logique : comment expliquer autrement l'évolution menant des premières cellules à l'Homme ? L'explication est d'autant plus plaisante qu'elle...

    Lire la critique complète >
    Par Barthelemy - publiée le 19/01/2012

  • Critique de L'éventail du vivant / le mythe du progrès par bonig (Amazon)

    un guide plus qu un livre, vous serez emmene dans le passe etape par etape pour comprendre les enigmes qui font de notre monde celui que nous connaissons. Attention !!! bien qu il y ait eu un important travail ...

    Lire la critique complète >
    Par bonig - publiée le 29/10/2016

  • Critique de L'éventail du vivant / le mythe du progrès par Philippe Cuénoud (Amazon)

    Soit la traduction en grec ancien d'"éventail du vivant".La vie, contrairement aux minéraux, ne produit pas la même chose dans des conditions et avec des composants identiques, et voilà que le rêve d'Augustin-P...

    Lire la critique complète >
    Par Philippe Cuénoud - publiée le 02/11/2018

  • Critique de L'éventail du vivant / le mythe du progrès par Christophe FAURIE (Amazon)

    La nature a une tendance à la complexité « à la marge », mais pas « en moyenne ». Le monde pris dans sa globalité ne devient pas plus complexe : à chaque étape de sa progression, la nature tente en même temps d...

    Lire la critique complète >
    Par Christophe FAURIE - publiée le 26/02/2010

  • Critique de L'éventail du vivant / le mythe du progrès par Armagnac (Amazon)

    L'auteur nous montre comment certaines de nos conceptions sont erronés dans leur fondement même, lorsque nous raisonnons en terme de distribution normale, plutot qu'en terme de distribution biaisée .Le changeme...

    Lire la critique complète >
    Par Armagnac - publiée le 31/08/2004

  • Critique de L'éventail du vivant / le mythe du progrès par Claudine REILLE (Amazon)

    Un livre que tout biologiste devrait avoir lu (c'est la suite de La vie est belle). Theillard et sa noosphère peut aller se rhabiller

    Lire la critique complète >
    Par Claudine REILLE - publiée le 08/11/2014

  • Critique de L'éventail du vivant / le mythe du progrès par JCL (Amazon)

    Parfois un peu complexe, parfois un peu long, mais au final des exemples si pertinents voir amusants.Au fil des lignes l'homme est invitée à la modestie et quelques notes d'espoirs sont à retenir...L'auteur arg...

    Lire la critique complète >
    Par JCL - publiée le 10/09/2008
< Voir moins de critiques
Voir plus de critiques >

Du même auteur

Commentaires

Connexion




S'inscrire

Inscription à Livres Actu




Se connecter