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Stefan Zweig

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Œuvres principalesStefan Zweig (/ˈʃtɛ.fan t͡svaɪ̯k/[2]), né le 28 novembre 1881 à Vienne, en Autriche-Hongrie, et mort par suicide le 22 février 1942, à Petrópolis au Brésil, est un écrivain, dramaturge, journaliste et biographe autrichien. Ami de Si... Plus >

Hommes et destins (2000)

De Stefan Zweig chez Le Livre De Poche
(3 votes, note moyenne : 3.7)

S aisir les traits essentiels d’une personnalité, concentrer en quelques pages le sens d’une destinée : c’est en quoi excelle Stefan Zweig, autant qu’à travers ses essais ou ses grandes biographies, dans les brefs portraits rassemblés ici, articles de journaux, préfaces, textes écrits à l’occasion d’un décès ou d’un anniversaire. Lui-même a connu un grand nombre des personnages évoqués : ainsi Romain Rolland, Joseph Roth, Rainer Maria Rilke, Rabindranath Tagore, qu’il côtoya ou qui furent des amis. Sur d’autres, rencontrés ponctuellement – Albert Schweitzer, Theodor Herzl –, il livre un témoignage précieux. Mais qu’il s’agisse d’écrivains – Proust, Ramuz… –, du musicien Mahler, de l’homme politique Jaurès, ou de Sigmund Freud, Zweig portraitiste cherche avant tout la compréhension intime et chaleureuse, la proximité humaine, l’empathie. Et c’est finalement, à travers vingt-deux visages, un autoportrait qui nous est donné du grand écrivain autrichien, avec ses questions, ses doutes, ses hantises.

Paru le 01-09-2000 - Format : Poche - 218 pages - 17 x 11 x 0 cm - 143 g - ISBN 10 : 2253149187 - ISBN 13 : 9782253149187

Collection : Biblio

Tags : 20ème siècle, littérature allemande, autriche, littérature autrichienne, littérature germanique, europe, politique, théorie, avousdelire2011, célébrité, portraits, autrichiens, articles, textes, histoire, témoignage, biographie, essai, littérature, récits.

Citations de Hommes et destins (5)

C'est à son contact que j'ai, pour la première fois, commencé à entrevoir ceci: tout véritable intérêt reste toujours dissimulé, le secret du public allemand (le meilleur du monde quant aux choses de l'esprit) est que les habitués des premières, des salons, importent peu face à ceux pour qui l'ombre est sacrée – gens ordinaires, solidement établis dans le quotidien, chez qui l'exaltation de la jeunesse est simplement recouverte par une écorce, une croûte apparente – leur gagne-pain – et qui ont su préserver intacte en eux leur soif d'idéal envers la nouveauté, la créativité. (En souvenir d'un Allemand)

Et on se reprend à désespérer, incapable de comprendre pourquoi cette même humanité qui produit les chefs d'œuvres les plus étonnants, les plus inconcevables dans le domaine spirituel, n'a pas appris depuis tant de milliers d'années à maîtriser le secret le plus simple : maintenir vivant l'esprit d'entente entre les hommes de tous les horizons qui ont en commun d'aussi impérissables richesses.

Jaurès les dominait tous, il ne voulait pas la révolution, car elle aussi ne pouvait être gagnée qu'en versant le sang, ce dont il avait horreur. En bon disciple de Hegel il croyait à la raison, à un progrès sensé, fruit de la persévérance et du travail. Pour lui le sang était sacré et la paix des nations était son credo. Le travailleur vigoureux et infatigable qu'il était avait pris sur lui la charge la plus lourde: rester pondéré dans un pays saisi par la passion, et à peine la paix fut-elle menacée qu'il se dressa comme d'habitude, sentinelle sonnant l'alarme dans le danger.

Une question maintenant pour le psychologue: qu'est-ce qui l'emporte chez Marcel Proust? Si cet homme malade, inapte à la vie, mène pendant quinze ans cette existence de snob stupide et futile, est-ce simplement en raison du plaisir intime qu'elle lui procure et ces notes ne sont-elles qu'accessoires? Ou bien va-t-il dans les salons uniquement comme un chimiste dans un laboratoire, un botaniste dans une prairie, afin d'accumuler discrètement la matière d'une oeuvre exceptionnelle? Se déguise-t-il ou est-il lui-même? Flâne-t-il par plaisir ou par calcul? Sans doute ces deux aspects étaient mêlés de façon si géniale, si magique que jamais la pure nature de l'artiste n'aurait trouvé à s'exprimer en lui si le destin ne l'avait d'une main ferme, arraché soudain à l'univers factice et insouciant de la conversation pour le placer dans la sphère voilée, obscure de son propre univers, éclairée seulement par une lumière intérieure.

A propos de Verlaineà dix-sept ans, déjà plus radical que Nietzsche à la fin de sa vie, Rimbaud, l'amoralisme en personne, lui enseigne l'anarchie, le mépris de la littérature, le mépris de la famille, le mépris des lois, le mépris du christianisme. Avec ses paroles tendues, dures, sarcastiques, et pourtant d'une puissance irrésistible, il l'extirpe de sa terre molle. Il le déracine.


Critiques de Hommes et destins : avis de lecteurs (3)


  • Critique de Hommes et destins par Alcapone (Babelio)

    Marseille le 8 mai 2001, Cher Monsieur Zweig, C'est après avoir lu "Hommes et destins" que je me rends compte du talent inné que vous avez à dépeindre le destin des hommes célèbres. Plus que de ...

    Lire la critique complète >
    Par Alcapone - publiée le 08/05/2011

  • Critique de Hommes et destins par valdemosa38 (Babelio)

    Avant tout, c'est du Sweig. Il est partout, dans tous les portraits, dans tous les hommages. Comme c'est indiqué dans l'introduction, Sweig aime admirer, sans borne, sans limite, un être pour lui port...

    Lire la critique complète >
    Par valdemosa38 - publiée le 26/07/2013

  • Critique de Hommes et destins par rorospigo (Babelio)

    J'oublie trop souvent à quel point Zweig était un remarquable biographe. Il me l'a montré une fois de plus dans ce court ouvrage regroupant des biographies, hommages, instants relatifs à de grands hom...

    Lire la critique complète >
    Par rorospigo - publiée le 31/01/2020

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