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Stefan Zweig

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Œuvres principalesStefan Zweig (/ˈʃtɛ.fan t͡svaɪ̯k/[2]), né le 28 novembre 1881 à Vienne, en Autriche-Hongrie, et mort par suicide le 22 février 1942, à Petrópolis au Brésil, est un écrivain, dramaturge, journaliste et biographe autrichien. Ami de Si... Plus >

Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin (2010)

De Stefan Zweig chez Le Livre De Poche
(18 votes, note moyenne : 4.5)

Ce précieux document était devenu introuvable depuis près de cinquante ans ! À partir du conflit exemplaire entre Sébastien Castellion (1515 - 1563) et Calvin, Stefan Zweig nous fait vivre un affrontement qui déborde de beaucoup son cadre historique. Cette cause nous intéresse tous : liberté et tolérance contre intégrisme.
Si Stefan Zweig finit de rédiger ce texte prémonitoire en 1936, en pleine montée du fascisme, il faut y voir un sens profond. En effet, comment ne pas faire le rapprochement entre la ville de Genève et l'Allemagne nazie, entre Calvin et Hitler, les sbires de Farel et les hordes hitlériennes ?
Quelques décennies plus tard, fanatisme religieux et résurgence des extrêmes droites doivent à nouveau nous ouvrir les yeux. Cet écrit polémique devient alors une charge d'une force redoutable.

Paru le 29-09-2010 - Format : Poche - 273 pages - 18 x 11 x 0 cm - 140 g - ISBN 10 : 2253153710 - ISBN 13 : 9782253153719

Collection : Livre De Poche Sf

Tags : 20ème siècle, littérature allemande, littérature autrichienne, littérature germanique, Genève (Suisse), religion, théologie, philosophie politique, inquisition, fanatisme, réforme, justice, dictature, humanisme, liberté, tolérance, histoire, biographie, essai, littérature.

Citations de Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin (10)

Pour élever le plus haut possible le divin au-dessus du siècle, il rabaisse le terrestre le plus bas possible ; pour donner à l'idée de Dieu la dignité la plus haute, il réduit la dignité de l'homme

Castellion lui jette au visage ces mots inoubliables, pareils à un lumineux éclair dans la nuit de ce siècle obscur:" Tuer un homme, ce n'est pas défendre une doctrine, c'est tuer un homme. Quand les Genevois ont fait périr Servet, ils ne défendaient pas une doctrine; ils tuaient un être humain; on ne prouve pas sa foi en brûlant un homme mais en se faisant brûler pour elle."

Avec le temps, la vie s'avère toujours plus forte qu'une doctrine abstraite

Toujours les tyrans ont voulu parer leurs actes de violence d'un idéal quelconque, religieux ou autre. Mais le sang souille toute idée, la violence rabaisse toute pensée.

Il est inutile de rechercher dans l'Histoire la morale pieuse et la justice touchante des manuels scolaires. Il faut s'y résigner : l'histoire ne connaît ni justice, ni injustice. Pas plus qu'elle ne punit le crime elle ne récompense la vertu. Reposant toute entière sur la force et non sur le droit, elle favorise presque toujours les hommes de violence. Dans les luttes temporelles, le cynisme et la brutalité sont plutôt un avantage qu'un inconvénient (P. 216)

Les faits sont clairs et indiscutables. Un homme, qui, au milieu des flammes, proclamait encore hautement son innocence, a été férocement exécuté à la requête de Calvin et sur l'ordre du Conseil genevois. Castellion pose ces questions capitales : Quelle faute Michel Servet a-t-il réellement commise ? Comment Jehan Calvin, qui n'exerce aucune fonction publique, mais un sacerdoce, s'est-il permis de remettre une affaire purement théologique entre les mains du Conseil ? Ce dernier était-il qualifié pour condamner l'Espagnol pour cette soi-disant faute ? Enfin, de quel droit et en vertu de quelle loi a-t-on prononcé la peine de mort contre ce théologien étranger ?

Tuer un homme, ce n'est pas défendre une doctrine, c'est tuer un homme

"Chercher la vérité et la dire, telle qu'on la pense, n'est jamais criminel. On ne saurait imposer à personne une conviction. Les convictions sont libres" Sébastien Castellion (p.123)

Mais l'histoire n'est qu'un perpétuel recommencement, une suite de victoires et de défaites ; un droit n'est jamais conquis définitivement ni aucune liberté à l'abri de la violence, qui prend chaque fois une forme différente. L'humanité se verra contester chacun de ses progrès, et l'évidence sera de nouveau mise en doute. C'est justement au moment où la liberté nous fait l'effet d'une habitude et non plus d'un bien sacré qu'une volonté mystérieuse surgit des ténèbres de l'instinct pour la violenter ; c'est toujours lorsque les hommes jouissent trop longtemps et avec trop d'insouciance de la paix qu'ils sont pris de la funeste envie de connaître la griserie de la force et du désir criminel de se battre.Car, dans sa marche vers son but invisible, l'histoire nous oblige de temps en temps à d'incompréhensibles reculs, et les forteresses héréditaires du droit s'écroulent comme les jetées et les digues les plus solides pendant une tempête ; en ces sinistres heures, l'humanité semble retourner à la fureur sanglante de la horde et à la passivité servile du troupeau. Mais après la marée, les flots se retirent ; les despotismes vieillissent vite et meurent non moins vite ; les idéologies et leurs victoires passagères prennent fin avec leur époque : seule l'idée de liberté spirituelle, idée suprême que rien ne peut détruire, remonte toujours à la surface parce que éternelle comme l'esprit. Si on la traque momentanément elle se réfugie au plus profond de la conscience, à l'abri de l'oppression. C'est en vain que l'autorité pense avoir vaincu la pensée libre parce qu'elle l'a enchaînée.Avec chaque individu nouveau naît une conscience nouvelle, et il y en aura toujours une pour se souvenir de son devoir moral et reprendre la lutte en faveur des droits inaliénables de l'homme et de l'humanité ; il se trouvera toujours un Castellion pour s'insurger contre un Calvin et pour défendre l'indépendance souveraine des opinions contre les formes de la violence.Avril 1936

Même la plus pure vérité, quand on l'impose par la violence, devient un péché contre l'esprit.Mais l'esprit est un élément mystérieux. Insaisissable et invisible comme l'air, il semble s'adapter docilement à toutes les formes et à toutes les formules. Et cela pousse sans cesse les natures despotiques à croire qu'on peut le comprimer, l'enfermer, le mettre en flacon. Pourtant toute pression provoque une contre-pression, et c'est précisément quand l'esprit est comprimé qu'il devient explosif : toute oppression mène tôt ou tard à la révolte.

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Critiques de Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin : avis de lecteurs (19)


  • Critique de Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin par laminico (Babelio)

    Alors que l'Allemagne flanche sous le nazisme, Zweig a écrit cette biographie de Sébastien Castellion avec la même grâce que d'autres plus connues, Marie-Antoinette par exemple. Tout simplement magnif...

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    Par laminico - publiée le 25/05/2010

  • Critique de Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin par ivredelivres (Babelio)

    « Tuer un homme, ce n'est pas défendre une doctrine, c'est tuer un homme ». Cette phrase est de Sébastien Castellion, un nom qui est absent des livres d'histoire, il fut " l'homme le plus savant de s...

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    Par ivredelivres - publiée le 11/08/2010

  • Critique de Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin par nadejda (Babelio)

    Ce livre de Stefan Zweig, «Conscience contre violence», publié en mai 1936 lui a été commandé par Jean Schorer pasteur à la cathédrale Saint pierre de Genève qui défendait le protestantisme plein de ...

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    Par nadejda - publiée le 15/06/2012

  • Critique de Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin par jeide3 (Babelio)

    Magnifique de clarté et intemporel !

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    Par jeide3 - publiée le 10/03/2013

  • Critique de Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin par Alcapone (Babelio)

    Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin raconte le combat au sommet entre "la mouche et l'éléphant". Dans cette Suisse du 16e siècle, alors que la Réforme protestante se met en marche, ...

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    Par Alcapone - publiée le 14/09/2013

  • Critique de Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin par Farghestan (Babelio)

    Sébastien Castellion est l'homme "vertical" (pour reprendre le titre d'un récit de Davide Longo): il agit sans faillir en sa bonne conscience en mettant pour ce faire sa vie en danger contre Jean Ca....

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    Par Farghestan - publiée le 24/01/2015

  • Critique de Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin par EFourn (Babelio)

    Conscience contre violence, tolérance contre dogmatisme, humanisme contre fanatisme . . . Castellion contre Calvin. Magnifique ouvrage encore de Stephan Zweig, passionné, comme à son habitude, dans ...

    Lire la critique complète >
    Par EFourn - publiée le 26/01/2015

  • Critique de Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin par FranckCrespel77 (Babelio)

    Un livre à lire pour coller à l'actualité... à lire absolument !

    Lire la critique complète >
    Par FranckCrespel77 - publiée le 19/03/2015

  • Critique de Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin par JeanPierreV (Babelio)

    Il y a tellement à dire sur ce petit bijou écrit en 1936 : un grand livre toujours d'actualité de "Stefan Zweig" peu connu, il est resté en effet introuvable pendant près de cinquante ans. Ce livre ....

    Lire la critique complète >
    Par JeanPierreV - publiée le 17/08/2015

  • Critique de Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin par livius (Babelio)

    S. Sweig analyse ici, à travers le personnage de Calvin, les modalités d'installation d'un état totalitaire....Au prise avec un contradicteur, Sébastian Castellion, Calvin utilise tous les épisodes de...

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    Par livius - publiée le 07/11/2015

  • Critique de Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin par Etsisite (Babelio)

    Dans « Conscience contre violence », Stefan Zweig relate les débuts de la tyrannie que Calvin a exercé à Genève au 16e siècle et surtout la résistance intellectuelle que lui opposa Sebastien Castellio...

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    Par Etsisite - publiée le 12/08/2016

  • Critique de Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin par py314159 (Babelio)

    Stefan Zweig dresse le portrait de Sébastien Castellion et l'oppose à Jean Calvin. Tous les deux sont protestants, l'un prône la tolérance, l'autre détient le pouvoir. Le parallèle avec la Genève du X...

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    Par py314159 - publiée le 11/04/2017

  • Critique de Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin par Levant (Babelio)

    Lorsque paraît cet essai, nous sommes en 1936 ; voilà trois ans qu'Hitler a pris le pouvoir en Allemagne. Stefan Zweig a recours à une page de l'histoire européenne qui ne trompera personne quant à so...

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    Par Levant - publiée le 27/09/2017

  • Critique de Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin par Arthur409 (Babelio)

    Au hasard de la bibliothèque mise à disposition dans une location de vacances, j'ai eu par l'intermédiaire de ce livre mon premier contact avec l'oeuvre de Stefan Zweig, que je ne connaissais pas du to...

    Lire la critique complète >
    Par Arthur409 - publiée le 02/09/2018

  • Critique de Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin par PostTenebrasLire (Babelio)

    J'habite Genève. Vous trouverez à Genève un "mur des réformateurs", un musée de la réforme "Genève la Rome protestante" et "Genève cité de Calvin" sont des expressions courantes q...

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    Par PostTenebrasLire - publiée le 02/01/2019

  • Critique de Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin par jullius (Babelio)

    Oui, mille fois oui.

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    Par jullius - publiée le 20/06/2019

  • Critique de Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin par (Babelio)

    Magistral. Roman qui n'est pas facile à lire, où il se passe moins d'événements que dans _Marie Antoinette_ ou dans _Fouché_, mais qui dépeint l'époque de la Réforme religieuse dans ses éléments les p...

    Lire la critique complète >
    Par Babelio - publiée le 12/08/2019

  • Critique de Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin par Iboo (Babelio)

    Je n'ai pas choisi de lire ce livre ; il m'a été offert par un ami. Ce qui m'avait d'ailleurs étonnée vu que je n'avais jamais évoqué un intérêt pour Calvin dont je ne savais rien de plus que le nom. ...

    Lire la critique complète >
    Par Iboo - publiée le 25/09/2019

  • Critique de Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin par JeromeJeanJacques (Babelio)

    Zweig, à chacun de ses ouvrages, parvient à rendre vivants des personnalités, et à dynamiser une cause, — on ne le dira jamais assez — avec un talent fou de vulgarisateur. Je ne m'étais jamais rense...

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    Par JeromeJeanJacques - publiée le 04/01/2020
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