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Serge Toubiana

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Serge Albert Toubiana, né le 15 août 1949 à Sousse en Tunisie, est un journaliste et critique de cinéma français. Il a été, de 2003 à 2016, le directeur de la Cinémathèque française. Il est président d'Unifrance depuis juillet 2017[2],[3]. Il fait pa... Plus >

Les bouées jaunes (2018)

De Serge Toubiana chez Stock
(9 votes, note moyenne : 3.6)

« Durant les derniers mois de sa vie, un thème motivait secrètement Emmanuèle, dont elle me parlait à peine. C’était trop intime, difficilement formulable, même entre nous. Un jour, elle me dit qu’elle désirait écrire sur le bonheur. J’ignore ce qu’aurait été ce livre et je donnerai cher pour le savoir. Cette question du bonheur la hantait, elle la plaçait au coeur de tout. Le simple fait de poser la question prouvait sa force de caractère et son incroyable sérénité. J’en étais bouleversé. “Et toi, tu vas tenir ?” » Un homme écrit sur la femme qu’il a aimée et perdue. Emmanuèle Bernheim était un grand écrivain. Serge Toubiana raconte leurs vingt-huit ans de vie commune, dans un texte où la sobriété le dispute à l’émotion.

Paru le 03-01-2018 - Format : Broché - 160 pages - 22 x 13 x 1 cm - 248 g - ISBN 10 : 2234085047 - ISBN 13 : 9782234085046

Collection : La Bleue

Tags : chroniques, récits, roman, biographie, autobiographie, témoignage, drame, amitié, maladie, deuil, cancer, tendresse, portraits, bourgeoisie, tristesse, triste, hôpital, histoire d'amour, couple, france.

Citations de Les bouées jaunes (8)

Peu de temps avant de mourir, Emmanuèle me parlait des bouées jaunes et du plaisir qu'elle prenait à nager en été, chaque matin, à la Grande Plage. Pour le bain de fin de journée, nous allions à celle du Port Miquel, plus proche de chez nous, à condition que la marée soit haute. Il y avait alors peu de monde et la mer était à elle. Nager pour elle était un besoin absolu doublé d'un vrai plaisir. Cela lui procurait une joie physique intense. Souvent, elle me conviait à la suivre, mais son rythme était si rapide que je renonçais. Elle prenait vite quelques longueurs d'avance et revenait vers moi en souriant, dans le but de m'encourager à la suivre, avant de repartir aussitôt vers le large. De mon côté, j'atteignais péniblement la première bouée jaune. Cette énergie était essentielle, nager était une dépense qui gommait la fatigue et les soucis intimes. C'était un défi qu'elle avait besoin de relever. D'éprouver. C'était un immense réconfort pour moi de la sentir heureuse, j'admirais sa vitalité, son désir d'aller toujours plus loin. D'être bien et d'être libre.

A propos des vues aériennes photographiées par Jérémie Lenoir, elle écrivait en 2011 : « Pendant longtemps, ce jeune ingénieur, qui voulait devenir pilote, tout absorbé qu'il était par ses instruments de vol, n'a rien vu de ce qui se déroulait au-dessous de lui. Et puis il est entré à l'école des Beaux-arts d'Orléans. Et les yeux du pilote se sont ouverts. Depuis, à 1 500 pieds au-dessus de nos têtes, dans la lumière de midi, Jérémie Lenoir voit ce qui nous est invisible et parfois même caché. De là-haut, dans le ciel, cet étonnant jeune homme capte le réel pour nous le restituer ensuite dans sa fascinante – et souvent inquiétante – abstraction. »

Le bonheur ? Un sentiment fugace qui provient des profondeurs et qui, de manière passagère et par inadvertance, vous rassure et vous contente. En fait il vous submerge.

Le film avait opéré sur elle de manière foudroyante. Fiévreuse. Au point de modifier la trajectoire de sa vie.

Dans la tradition juive, il est coutume de ne pas regarder quelqu'un si la personne que tu regardes n'est pas en mesure de te regarder.

Durant toute son adolescence, cette cinéphilie sauvage et débridée l'avait aidée à survivre et à échapper à la névrose familiale.

Le rituel du petit déjeuner, un moment de pure grâce au cours duquel nous aimions rire. Le moindre geste, la moindre attention prenait la forme d'une petite cérémonie amoureuse portée par une attention neuve, inédite. On inventait des mots et des surnoms, pour établir un langage amoureux entièrement inédit, codifié par nous seuls et compréhensible par nous seuls.

J'aimais beaucoup Emmanuèle Bernheim, son univers littéraire et cinématographe. J'avais hâte de lire cet éloge de son compagnon. Le début m'a beaucoup émue jusqu'à ce que je tombe sur des phrases courtes et sèches qui m'ont heurtée "je menais avec Corinne (sa femme) une vie tranquille et sans nuage", "c'était l'année de mes quarante ans, j'avais la conviction que jamais plus je n'aurais la chance de rencontrer une femme (Emmanuèle) aussi radieuse et séduisante", "le lendemain je fis des aveux à Corinne et décidai de la quitter. Je n'en menais pas large, le choc fut considérable et les effets dévastateurs". Puis passage direct aux années de bonheur intense de ce couple parfait avec énumération appuyée de toutes les personnalités du milieu du cinéma. Schéma classique de l'homme qui quitte sa femme pour sa meilleure amie sans souci. La suite de la lecture m'a été pénible.

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Critiques de Les bouées jaunes : avis de lecteurs (10)


  • Critique de Les bouées jaunes par Tapagenocturne (Babelio)

    Au début, j'aimais ma lecture, l'auteur nous parle de sa bien-aimée décédée d'un cancer, et on découvre peu à peu sa vie, leur vie. Puis, au fil de la lecture, l'auteur s'épanche (souvent) sur la list...

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    Par Tapagenocturne - publiée le 01/03/2020

  • Critique de Les bouées jaunes par parisienne12 (Babelio)

    J'ai été très touchée par les mots choisis par Serge Toubiana après le décès de sa femme, Emmanuèle Bernheim, dont je connais et apprécie l'écriture. Ici, malgré la critique du name dropping à tout...

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    Par parisienne12 - publiée le 26/06/2018

  • Critique de Les bouées jaunes par (Babelio)

    C'est la gorge nouée, les larmes aux yeux et le coeur triste que j'ai lu ce très bel hommage d'un homme à son aimée, morte et pour lequel il voue un amour et une admiration forte.

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    Par Babelio - publiée le 23/06/2018

  • Critique de Les bouées jaunes par Sophie_Bazar (Babelio)

    Emmanuèle Bernheim, écrivain (« Vendredi soir », « Tout s'est bien passé »…) et scénariste, est décédée le 10 mai 2017 ; à cette femme solaire et magnétique qui laissa un poignant souvenir à tous ceux...

    Lire la critique complète >
    Par Sophie_Bazar - publiée le 09/04/2018

  • Critique de Les bouées jaunes par annemarieroux (Babelio)

    Les bouées jaunes est un ouvrage de la rentrée littéraire de janvier 2018 que j'ai lu dans le cadre du Prix Littéraire d'essai France Télévision 2018 Serge Toubiana nous raconte la maladie de s...

    Lire la critique complète >
    Par annemarieroux - publiée le 04/04/2018

  • Critique de Les bouées jaunes par unlivreuncafe (Babelio)

    Serge Toubiana souhaitait, je pense, rendre hommage à sa compagne Emmanuèle. On le ressent dans l'écriture, il aime en faire l'actrice principale, celle qui est belle, gentille, attentionnée, bienveil...

    Lire la critique complète >
    Par unlivreuncafe - publiée le 25/02/2018

  • Critique de Les bouées jaunes par LettresItBe (Babelio)

    Serge Toubiana est un célèbre journaliste et critique de cinéma français. Aussi connu pour son travail à la tête de la Cinémathèque française, il dirige aujourd'hui Unifrance, un organisme en charge d...

    Lire la critique complète >
    Par LettresItBe - publiée le 11/02/2018

  • Critique de Les bouées jaunes par pilyen (Babelio)

    Rude tâche pour moi ...Je vais dire du mal d'un livre à priori intouchable. Comment critiquer le récit d'un homme qui vient de perdre son épouse après presque 30 ans de vie commune, 30 ans d'un amour ...

    Lire la critique complète >
    Par pilyen - publiée le 22/01/2018

  • Critique de Les bouées jaunes par jg69 (Babelio)

    J'ai lu ce récit dans le cadre du Grand Prix Elle 2018, catégorie document. Serge Toubiana nous livre ici un témoignage très intime. Il parle d'Emmanuèle Bernheim, son épouse romancière et scénaris...

    Lire la critique complète >
    Par jg69 - publiée le 17/01/2018

  • Critique de Les bouées jaunes par coquinnette1974 (Babelio)

    Les bouées jaunes est un ouvrage de la rentrée littéraire de janvier 2018 que j'ai lu en avant première grâce à net galley et les éditions Stock. Ce n'est pas un roman, nous avons ici un ouvrage très...

    Lire la critique complète >
    Par coquinnette1974 - publiée le 22/12/2017
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