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Robert Merle

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Robert Merle, né à Tébessa (en Algérie) le 29 août 1908 et mort en son domaine de La Malmaison à Grosrouvre (Yvelines) le 27 mars 2004, est un écrivain français.

Un animal doué de raison (1986)

De Robert Merle chez Gallimard
(12 votes, note moyenne : 3.5)

«Bi et Fa, les deux dauphins, le regardaient, ni amicaux, ni hostiles.- Eh bien, Bi, dit Sevilla, tu ne dis rien ?- Maintenant, je ne parle plus. Maintenant je nage.- Pourquoi ?- Je ne veux plus parler la langue des hommes.- Moi non plus, dit Fa tout d'un coup.- Pourquoi ? dit Sevilla en se tournant vers lui.Fa ne répondit pas.- Pourquoi, Bi ?Bi le regarda alternativement de l'œil droit puis de l'œil gauche... Elle dit d'une voix criarde, nasillarde et parfaitement distincte : - L'homme n'est pas bon.»

Paru le 14-11-1986 - Format : Broché - 512 pages - 18 x 11 x 2 cm - 259 g - ISBN 10 : 2070377792 - ISBN 13 : 9782070377794

Collection : Folio

Tags : récits, roman, roman d'anticipation, anticipation, science-fiction, politique fiction, littérature jeunesse, communication, langage, adapté au cinéma, zoologie, dauphins, guerre froide, militaire, guerre, science, animaux, littérature française, littérature francophone, 20ème siècle.

Citations de Un animal doué de raison (10)

- En psychologie, dit Lisbeth, il n'y a pas de hasard, il n'y a que des mobiles inconscients.

Est-ce que je tiens, avec la "politique-fiction", la définition que je cherche ?Pas tout à fait. J'ai conscience qu'il reste dans "Un animal doué de raison" des éléments qui ne sont pas réductibles à la politique-fiction telle que la conçoivent nos amis d'outre-Atlantique : ne serait-ce par exemple, que le roman animal et la longue tradition philosophique qui, en Europe, lui reste attachée, la fusion de l'anticipation scientifique et de l'anticipation de l'histoire, l'analyse des rapports du savant et de l'état, l'étude parallèle du comportement des dauphins et du comportement humain.Le résultat en est une œuvre hybride. Je le dis sans aucune honte, car pas plus en littérature qu'en biologie, je ne suis hostile au brassage des sangs...(extrait de la préface insérée en début de volume paru chez "Folio" en 1972)

« Bi et Fa, les deux dauphins, le regardaient, ni amicaux, ni hostiles.- Eh bien, Bi, dit Sevilla, tu ne dis rien ?- Maintenant, je ne parle plus. Maintenant je nage.- Pourquoi ?- Je ne veux plus parler la langue des hommes.- Moi non plus, dit Fa tout d'un coup.- Pourquoi ? dit Sevilla en se tournant vers lui.Fa ne répondit pas.- Pourquoi, Bi ?Bi le regarda alternativement de l'œil droit puis de l'œil gauche... Elle dit d'une voix criarde, nasillarde et parfaitement distincte : - L'homme n'est pas bon. »

Le dauphin accepte la récompense parce qu'elle fait partie du jeu, et refuse toute punition. Il est si content d'exécuter son tour qu'il l'exécutera avec n'importe qui, pour peu qu'on lui donne les signaux corrects. En outre, il s'amuse, il aime travailler, il jouit des applaudissements.

Mais ce qui fait du dauphin un animal idéal pour la recherche, c'est son extraordinaire gentillesse. Cette gentillesse n'est pas faiblesse. Il est capable, d'un seul coup de sa puissante mâchoire, d'assommer un requin de bonne taille en le frappant dans les ouïes. Il possède, en outre, une double rangée de crocs très acérés, quatre-vingt-huit en tout, et il pourrait, s'il le voulait, broyer bras ou jambe à ceux qui le capturent. Mais de mémoire d'homme, il n'a jamais tourné ses armes contre notre espèce. Mieux même, la plupart des bêtes domestiques, quand on leur fait subir une intervention un peu douloureuse, mordent ou griffent. Le dauphin accepte la douleur qu'on lui inflige sans regimber et sans jamais devenir menaçant.

"Quand on est jeune on est torturé parce qu'on n'a pas encore de femme, de métier, d'argent, d'indépendance, à l'âge mûr on est torturé par l'idée de la réussite, et quand on a dépassé cinquante ans, c'est pis que tout, c'est la terreur de la vieillesse, on se sent poussé en avant par les années qui passent avec une vitesse effrayante, elles s'abattent l'une sur l'autre, maigres et minces comme des cartes à jouer, il n'en reste plus beaucoup, c'est à peine si on a vécu et c'est la fin déjà, avec l'humiliation des forces qui baissent, de la vitalité qui s'en va.""Quand on pense que les États-Unis détiennent dans leurs arsenaux atomiques de quoi pulvériser non seulement tous leurs ennemis, mais toute la planète - eux-même compris -, on est surpris de la persistance d'une fièvre obsidionale aussi délirante chez le peuple le plus puissant de la terre. Là aussi, il y a un grave symptôme, car l'idée de la guerre, et même d'une guerre d'agression, peut être un jour admise sans résistance par une population ainsi conditionnée, pour peu qu'elle lui soit présentée comme une guerre préventive contre un ennemi qui se prépare à l'anéantir.""Le christianisme, sous peine de se discréditer, ne pouvait pas paraître se lier à des doctrines politiques rétrogrades. Il devait, au contraire, s'efforcer de garder le contact avec l'évolution du monde, assimiler les progrès de la pensée et travailler à inclure, d'une manière ou d'une autre, les découvertes les plus importantes de la science.""Les croyances religieuses des dauphins [...] sont frustes et grossières ; elles n'en contiennent pas moins l'essentiel du sentiment religieux :1- La notion de paradis perdu : les dauphins ont été chassés de la terre à une époque reculée.2- La notion de l'au-delà : la terre est un paradis où ils accèdent après leur mort.3- La notion de sacrifice de soi : ils sont prêts à perdre la vie pour atteindre plus vite et plus sûrement à la béatitude.4- La notion de perfection adorable : ils éprouvent de vifs sentiments d'amour pour l'homme, décrit (inexactement) comme souverainement bon et tout-puissant. L'écrivain français Vercors a raison [..] de prétendre que le seul test sérieux de la qualité d'homme, ce n'est ni l'apparence physique, ni le langage, ni même l'intelligence, c'est le sentiment religieux."

C'est une erreur que de considérer l'homme comme un être différent, par essence, du mammifère supérieur. C'est l'orgueil de parvenu de l'homme qui l'amène à penser cela.

Une expérience qui n'a pas réussi peut nous apprendre beaucoup de choses.

Le résultat est souvent hybride. Je le dit sans aucune honte, car pas plus en littérature qu'en biologie, je ne suis hostile au brassage de sang.Le succès est fait d'une série d'échecs qu'on dépasse.Il y a souvent plus de sagesse et plus de vrai courage à ne pas répondre aux attaques.à mon avis, ça ne peut jamais bien marcher entre l'Etat et le savant, jamais ! Nulle part ! Leurs points de vue sont trop différents, pour un savant, la science, c'est la connaissance, mais pour l'Etat, c'est autre chose, [...], la science, c'est la puissance, pour l'Etat, la savant n'est qu'un outil qu'il se paye pour atteindre à la puissance, et bien entendu, il attend de l'outil, puisqu'il le paye, une soumission totale aux buts qu'il poursuit, le savant se croit libre parce qu'il cherche la vérité, mais en fait, à son insu, il est enrégimenté, domestiqué, captif, [...]Pour réussir dans une tâche difficile, il faut concentrer sur elle sa pensée à l'exclusion de toute autre.Notre monde est un monde dur. Celui qui survit, c'est celui qui cogne le plus fort.L'important ce n'est pas de vivre à tous prix, c'est de savoir pourquoi on meurt.Il n'était pas naïf pour penser qu'une cause triomphe parce qu'elle est juste.

Un animal considère comme sa mère la première personne qu'il voit auprès de lui quand il naît.

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Critiques de Un animal doué de raison : avis de lecteurs (13)


  • Critique de Un animal doué de raison par Elea17 (Babelio)

    Le sujet me passionne (le sujet animal). Je pense que j'ai dû voir le film en premier, quand j'étais jeune. Et il m'avait bouleversé aux larmes bien sûr. Je garde néanmoins un bon souvenir du livre, ...

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    Par Elea17 - publiée le 20/02/2020

  • Critique de Un animal doué de raison par Shan_Ze (Babelio)

    Le dauphin, un animal doué de raison ? Robert Merle tente de nous le démontrer dans ce roman très bien développé tant dans la forme que dans le fond. Dans les années 70, en pleine guerre froide, Henri...

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    Par Shan_Ze - publiée le 23/05/2019

  • Critique de Un animal doué de raison par mondesfuturs (Babelio)

    J'ai beaucoup aimé l'histoire de ce roman. Toute oeuvre qui permet de réhausser le statut des animaux auprès de notre prétendue supériorité humaine est toujours bon à prendre. Toutefois, l'édition...

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    Par mondesfuturs - publiée le 27/01/2019

  • Critique de Un animal doué de raison par (Babelio)

    Un animal doué de raison est un roman à la fois inclassable et incontournable de la littérature française. L'auteur lui-même, peine dans sa préface à définir le genre de son livre. Il parle tour à tou...

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    Par Babelio - publiée le 02/04/2017

  • Critique de Un animal doué de raison par jecogite (Babelio)

    Ca me fait penser à du Barjavel. Meme style, meme genre de discours politique, anticipation, etc...

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    Par jecogite - publiée le 24/08/2015

  • Critique de Un animal doué de raison par eco (Babelio)

    Je suis déçu car c'est assez rare que je passe complètement à côté d'un livre. C'était déjà il y a un petit bout de temps mais je me souviens de mon impression en refermant le livre: Hein???!!!. Il f...

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    Par eco - publiée le 23/04/2015

  • Critique de Un animal doué de raison par Chiwi (Babelio)

    Un animal doué de raison est un roman dense en idées, même touffu. Robert Merle aborde de nombreux thèmes mais ceux-ci sont disparates et ça donne un goût d'inachevé à l'ensemble du roman. Il entam...

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    Par Chiwi - publiée le 26/02/2014

  • Critique de Un animal doué de raison par Masa (Babelio)

    Je suis tombé sur une édition de poche originale de Un animal doué de raison par Robert Merle en parfaite état. La tentation était trop forte de goûté à l'écriture d'une époque désormais lointaine. ...

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    Par Masa - publiée le 20/02/2014

  • Critique de Un animal doué de raison par Corinne31 (Babelio)

    J'ai adoré, ces dauphins qui parlent ! J'ai marché à fond !

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    Par Corinne31 - publiée le 15/03/2013

  • Critique de Un animal doué de raison par psycheinhell (Babelio)

    "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme." L'âme, dans ce roman, semble nichée dans la capacité à transcender les barrières spécistes, à la fois dans la communication et dans l'affection sin....

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    Par psycheinhell - publiée le 11/08/2012

  • Critique de Un animal doué de raison par gill (Babelio)

    Il est admis scientifiquement que le dauphin est un animal très intelligent. Robert Merle fait sauter le pas à son imagination pour écrire ce roman d'anticipation. Il décrit les relations de deux da...

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    Par gill - publiée le 27/04/2012

  • Critique de Un animal doué de raison par nanoucz (Babelio)

    Le professeur Henry Sevilla dirige un centre de recherche et travaille sur la communication avec les dauphins. Son objectif est d'arriver à décrypter le langage naturel de ces animaux et de profiter d...

    Lire la critique complète >
    Par nanoucz - publiée le 30/11/2009

  • Critique de Un animal doué de raison par (Babelio)

    A voir la couverture et le titre, je me réjouissais de plonger, c'est le mot, dans l'univers des dauphins et de l'apprentissage de la communication avec des animaux comme dans "Le propre de l'homme" d...

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    Par Babelio - publiée le 06/04/2008
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