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Robert Littell

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Robert Littell, né le 8 janvier 1935 à New York, est un écrivain américain.

Requiem pour une révolution (2014)

De Robert Littell chez Baker Street
(12 votes, note moyenne : 4.3)

Alors qu'il avait immigré, adolescent, à New York pour fuir les pogroms de sa Russie natale, Alexander Til retourne à Petrograd à la veille de la révolution d'Octobre. Il s'engage dans le mouvement bolchevik, dans l'espoir de transformer la Russie en une société libre et égalitaire. Commence alors un périple mouvementé, qui le voit prendre part à chaque séquence de la grande révolution : idéaliste enflammé, il devient bientôt le témoin horrifié des atrocités perpétrées au nom de la cause, qui plongent le peuple russe dans des abîmes de souffrance. Entouré de Lili Ioussoupova, la sublime princesse rouge - soeur de l'assassin de Rapoustine -, dont il tombe fou amoureux malgré lui, d'Atticus Tuohy, un mercenaire russo-irlandais au coeur noir, et de Ronzha, poète visionnaire qui a pressenti les purges staliniennes, il avancera pendant plus de trente-cinq ans aux côtés, tour à tour, de Trotski, Lénine et Staline, croyant en eux, doutant d'eux et enfin s'y opposant, toujours s'efforçant de trouver un sens à la marche terrifiante des événements, jusqu'à ce que l'horreur de la réalité ait définitivement raison de ses rêves. Avec sa maîtrise et son brio habituels, Robert Littell associe étroitement l'histoire et la fiction, imaginant un dénouement audacieux pour aider la Russie à sortir de l'enfer dans lequel l'ont plongée la folie de ses dirigeants et les dérives de l'idéologie. Tout au long de cette fresque portée par un souffle d'une rare puissance, initialement parue en 1989, Littell dessine le grand roman de la Révolution russe, comme il donnera, quinze ans plus tard, La Compagnie, son grand roman de la CIA. Et se repèrent déjà ici les traces d'une inspiration qui conduira à son roman consacré au poète Mandelstam, L'Hirondelle avant l'orage, qui mettra en lumière le rôle vital que l'art peut jouer dans la lutte contre le pouvoir. Ancien journaliste à Newsweek, spécialisé dans les affaires russes et moyen-orientales, Robert Littell a notamment publié Ombres rouges (1992), le Sphinx de la Sibérie (1994), La Compagnie : Le grand roman de la CIA (2003) - plus de 100 000 exemplaires vendus -, Légendes (2005), L'Hirondelle avant l'orage (2009), Philby, Portrait de l'espion en jeune homme (2011), une belle saloperie (2013) et un livre d'entretiens, Conversations avec Shimon Peres (1997).

Paru le 20-03-2014 - Format : Broché - 336 pages - 24 x 16 x 2 cm - 672 g - ISBN 10 : 2917559403 - ISBN 13 : 9782917559406

Tags : urss, russie, russe, littérature américaine, communisme, révolution russe, révolution, idéaux, staline, révolution d'octobre, juif, trahison, stalinisme, idéologie, dictature, folie, romans policiers et polars, fiction, roman historique, roman.

Citations de Requiem pour une révolution (10)

Une révolution se construit comme une montre. C'est une série de roues dentées de différentes tailles qui sont mises en mouvement par un acte délibéré. Les dents d'une roue s'engagent dans celles d'une autre, plus grande, et celle-ci en fait tourner une de taille encore supérieure.

[Ci-dessous le poème incroyablement subversif qui est mentionné dans le roman]Nous vivons sans sentir sous nos pieds le pays,Nos paroles à dix pas ne sont même plus ouïes,Et là où s'engage un début d'entretien, —Là on se rappelle le montagnard du Kremlin.Ses gros doigts sont gras comme des vers,Ses mots comme des quintaux lourds sont précis.Ses moustaches narguent comme des cafards,Et tout le haut de ses bottes luit.Une bande de chefs au cou grêle tourne autour de lui,Et des services de ces ombres d'humains, il se réjouit.L'un siffle, l'autre miaule, un autre gémit,Il n'y a que lui qui désigne et punit.Or, de décret en décret, comme des fers, il forge —À qui au ventre, au front, à qui à l'œil, au sourcil.Pour lui, ce qui n'est pas une exécution est une fêteAinsi comme elle est large la poitrine de l'Ossète.

As-tu entendu la blague, demanda Ludmilla à Serafima, à propos de l'homme qui disait qu'il était né à Saint-Pétersbourg, avait grandi à Petrograd et s'était marié à Léningrad? Quand on lui a demandé où il aimerait vivre, il a répondu Saint-Pétersbourg.

Ronzha tendit la main vers le stylo...aplatit la confession sur le bureau, se pencha dessus avec peine et griffonna une signature au bas de la page.Phalanges-Calleuses et Yeux-Injectés-de-Sang échangèrent des regards de triomphe. Phalanges Calleuses saisit la feuille."Il a signé Franz Kafka._ Qui est ce type, Franz Kafka ? demanda Yeux-Injectés-de-Sang, mécontent._ C'est peut-être un autre conspirateur, suggéra Phalanges-Calleuses avec un grognement._ Je vous le demande de nouveau, qui est Franz Kafka ?"Ronzha eut un rire mêlé de toux. Phalanges-Calleuses s'approcha de la chaise et frappa le poète à l'estomac, lui coupant respiration et rire.Yeux-Injectés-de-Sang agita un doigt comme un maître d'école irrité. " Quelle est la connexion de Kafka avec le mouvement trotskiste anti-soviétique ?" Voyant que Ronzha ne répondait pas, il haussa les épaules à l'adresse de Phalanges-Calleuses, qui gifla brutalement le poète. D'autres coups suivirent. Ronzha recommença à s'enfoncer dans les ténèbres._ Dis-nous qui est Kafka._ Un bolchevik haut placé qui a écrit le poème que tu as lu ?_ Ce Kafka est-il ton contact avec le Haut Commandement allemand ?Avant de perdre totalement conscience, Ronzha entendit Yeux-Injectés-de-Sang dire à Phalanges-Calleuses : " Nous devons trouver qui est ce Franz Kafka ou nous allons avoir beaucoup d'ennuis."

Nous vivons, sourds à la terre que nous foulons,Nul ne perçoit nos discours à dix pas.On n'entend que le montagnard du Kremlin,L'assassin, le tueur de paysans.Ses doigts sont gras comme des larvesEt les mots, lourds comme du plomb, tombent de ses lèvres.Ses moustaches de cafard rient,Et la tige de ses bottes brille.Autour de lui, un ramassis de chefs au cou flexibleDemi-hommes serviles avec quoi il joue.Ils piaulent, ronronnent ou geignent,Lui jacasse et pointe le doigt,Forgeant une par une ses lois, pour les jeterComme des massues à la tête, à l'oeil ou à l'aine.Et chaque meurtre est une fêteQui enfle de plaisir la large poitrine de l'Ossète.NDR. Poème attribué dans le roman au personnage de Ronzha mais étant en réalité l'oeuvre (1934) d'Ossip Mandelstam. Cela lui vaudra la relégation et la mort trois ans plus tard. Il reste à jamais le symbole d'un courage inouï face à la terreur stalinienne. Robert Littell a consacré un roman (de qualité) à Mandelstam qui s'intitule L'Hirondelle avant l'Orage.

En Russie, un optimiste c'est quelqu'un qui n'en sait pas assez.

La pointe d'un sabre qui lui chatouillait la gorge le ramena brutalement à la conscience. Ses yeux s'ouvrirent grands. Son corps se glaça. Plusieurs dizaines d'enfants à demi nus, de toutes les tailles et de tous les âges, s'étaient silencieusement entassés dans l'aile de la maison de maître. Leurs corps étaient couverts de crasse et de plaies. Les plus vieux - ils ne pouvaient pas avoir plus de douze ans - entouraient Lili et Zander, les clouant au sol avec des sabres de cavalerie si lourds que les enfants devaient les manier à deux mains.« Des bezprezorni, murmura Zander. Ne bouge pas. »Avant de quitter Moscou, ils avaient entendu parler des bezprezorni, les sans-foyer. Un article de la Pravda décrivait des milliers d'orphelins à demi morts de faim qui rôdaient dans la campagne, chassant en meutes, terrorisant les villages, volant ou tuant pour survivre, suivant leurs propres lois, les enfants plus âgés protégeant les plus jeunes. Il était même suggéré que certains d'entre eux, rendus fous par la faim, s'adonnaient au cannibalisme.

Par rangs de deux les prisonniers, mains liées dans le dos, avançaient en traînant les pieds vers les deux monte-charge au bout du long couloir. Chaque monte-charge contenait un exécuteur de la Tcheka avec plusieurs pistolets et une boîte en carton contenant des balles. Les deux bourreaux étaient drogués à la cocaïne. Ils avaient les paupières mi-closes, les yeux rouges et des mouvements languides, comme si tout se passait sous l'eau. On disait que le plus grand des deux était humain, dans la mesure où il expédiait ses victimes d'une seule balle dans la nuque. La rumeur courait que l'autre exécuteur était un sadique qui vengeait un frère torturé à mort par les Blancs. On racontait qu'il tirait parfois à côté d'une oreille avant d'abattre le condamné ; les gardes suggéraient même qu'il lui arrivait de tirer dans les organes génitaux des prisonnières, mais c'était considéré comme des bruits destinés à faire peur.Les exécutions se déroulaient à l'allure d'escargot imposée par les deux ascenseurs qui fonctionnaient en alternance. Un exécuteur tirait un prisonnier sur le monte-charge ouvert. Arrivé au sous-sol, il le poussait contre un tas de sacs de sable tachés de sang et tirait. Puis il remontait dans l'ascenseur vide pendant que l'autre descendait avec le deuxième bourreau et un nouveau prisonnier. Pendant que les monte-charge fonctionnaient, des équipes de tchékistes chargeaient le corps de la dernière victime sur une brouette et le charriaient jusqu'à un camion garé près d'une porte de chargement.

Un homme meurt de peur, un autre en est réveillé.

La première préoccupation de ceux qui prennent le pouvoir est de le garder. Alors ils ont recours à ce qu'utilisent toujours les hommes qui tiennent le pouvoir – des mensonges, des exagérations, la répression, la propagande, les guerres. Les révolutions ne changent pas les choses, elles les réarrangent seulement.

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Critiques de Requiem pour une révolution : avis de lecteurs (15)


  • Critique de Requiem pour une révolution par (Babelio)

    Un livre pour comprendre ce que les russes vivent sous le règne de Poutine. Cet auteur vit présentement en France, parle très bien le français. Il a écrit beaucoup et ce sont des romans historiques e...

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    Par Babelio - publiée le 17/05/2014

  • Critique de Requiem pour une révolution par Gilles92 (Babelio)

    Robert Littel nous raconte l'histoire de la révolution Russe de manière romancée en suivant le parcours de deux amis Alexander Till et Atticius Tuohy. Alexander Till a fuit la Russie de tsars en es...

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    Par Gilles92 - publiée le 28/07/2014

  • Critique de Requiem pour une révolution par nenette87 (Babelio)

    Tout d'abord, merci beaucoup à Babelio ainsi qu'à l'éditeur BakerStreet de m'avoir donné l'opportunité de lire cet ouvrage, via le dispositif de Masse Critique. Je suis une grande fan de Robert Litte...

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    Par nenette87 - publiée le 26/10/2014

  • Critique de Requiem pour une révolution par Eric75 (Babelio)

    Alexander Til, dit Zander, jeune Juif new-yorkais de 16 ans, est très tôt devenu un idéaliste pur jus. Et pour cause, à la mort tragique de son père et de son frère sur leur lieu de travail, dans l'in...

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    Par Eric75 - publiée le 03/12/2014

  • Critique de Requiem pour une révolution par Drych (Babelio)

    Une superbe fresque sur fond de révolution russe, avec ses idéaux, ses espoirs, et son enthousiasme des débuts. Autant d'utopies qui disparaissent malheureusement, voir inévitablement, au rythme de la...

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    Par Drych - publiée le 12/12/2014

  • Critique de Requiem pour une révolution par (Babelio)

    Une vraie saga historique sur 40 ans d'histoire contemporaine. Littell raconte la révolution russe du point de vue de son personnage central, Zander Til, un idéaliste confronté à la réalité et à l'éca...

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    Par Babelio - publiée le 28/02/2015

  • Critique de Requiem pour une révolution par lapetitefadette (Babelio)

    Alexander Til, Zander pour les intimes, a quitté sa Russie natale, fuyant les pogroms avec son père et son frère Abner pour les Etats-Unis. Employés dans dans une usine où ils sont exploités, son père...

    Lire la critique complète >
    Par lapetitefadette - publiée le 24/06/2016

  • Critique de Requiem pour une révolution par Patmarob (Babelio)

    Le titre du roman, « Requiem pour une révolution » résume à lui seul, la teneur et l'objectif du livre. Robert Littell retrace l'histoire de la révolution russe entre 1917 et 1953 à travers un pers...

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    Par Patmarob - publiée le 05/08/2016

  • Critique de Requiem pour une révolution par MMK135 (Babelio)

    D'accord pour qualifier le roman d'inégal. Ça commence pourtant plutôt pas mal à New York. Puis les nombreuses péripéties (culminant avec la capture rocambolesque à Tsarkoie Selo...) entrecoupées de s...

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    Par MMK135 - publiée le 02/05/2017

  • Critique de Requiem pour une révolution par Souri7 (Babelio)

    Alexander Til alias Zander décide de quitter Manhattan où il a vu son père et son frère mourir dans l'incendie de l'usine Triangle Shirtwaist sans que les conditions de travail ne changent. Partir pou...

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    Par Souri7 - publiée le 23/09/2017

  • Critique de Requiem pour une révolution par frandj (Babelio)

    Ce gros livre est une illustration romanesque de toute l'Histoire de la Russie pendant la première moitié du XXème siècle. Le héros Alexander, surnommé Zander, va être le témoin direct de tous les gra...

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    Par frandj - publiée le 15/01/2018

  • Critique de Requiem pour une révolution par TOCNIOP (Babelio)

    Je viens de terminer de lire " REQUIEM POUR UNE REVOLUTION" de Robert Littlell. C'est un merveilleux roman qui permet de réviser l'histoire de la Russie soviétique jusqu'à la mort de Staline en 1953. ...

    Lire la critique complète >
    Par TOCNIOP - publiée le 02/08/2018

  • Critique de Requiem pour une révolution par GeorgesSmiley (Babelio)

    Robert Littell est un excellent vulgarisateur. Comment dépeindre la tragédie absolue qui débuta en novembre 17 pour s'achever (s'est-elle vraiment achevée ?) en 1989, toujours en novembre ? Il choisi...

    Lire la critique complète >
    Par GeorgesSmiley - publiée le 07/02/2019

  • Critique de Requiem pour une révolution par (Babelio)

    Ce parcours historico-romanesque conduit au plein coeur de la tragique histoire russe. On y rencontre les principaux acteurs de la tragédie, la brochette d'assassins psychopathes : Lénine, Trotski, Sta...

    Lire la critique complète >
    Par Babelio - publiée le 28/06/2019

  • Critique de Requiem pour une révolution par Patience82 (Babelio)

    C'est le deuxième livre que je lis de cet auteur et le point commun que j'ai pu constater, c'est que ce sont des lectures exigeantes sur le plan des connaissances historiques. J'ai re-découvert la Rus...

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    Par Patience82 - publiée le 16/05/2020
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