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René Char

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Né le 14 juin 1907 à l'Isle-sur-Sorgue, René Char fut très proche du surréalisme et participa activement à la Résistance pendant la dernière guerre. À partir de 1945, il consacre sa vie à une œuvre poétique qui lui vaut une audience internationale. I... Plus >

Poèmes en archipel (2007)

De René Char chez Gallimard
(3 votes, note moyenne : 4.7)

«C'est dans l'intimité que s'épanouissent les rencontres. Cette anthologie d'un poète, dont la voix rassemble les milieux les plus divers et dont la haute figure s'étend sur le siècle plus largement et plus profondément qu'une autre, ouvre une voie, un "chemin du secret" vers l'intimité du lecteur. La rencontre avec René Char, que les auteurs de cette anthologie ont voulue pour le grand public et plus particulièrement pour le public scolaire, naît sous une lumière qui par notes, par images, par mises en situation des poèmes, éclaire et apprivoise des textes perçus justement comme saisissants par leur concentration. […] Éclairant le chemin de vie et d'écriture de René Char, ce livre offre […] à tous ceux dont le poète écrivait : "Ils disent des mots qui leur restent au coin des yeux", les conditions d'une lecture intime.» Pascal Charvet.
La rencontre avec René Char, que les auteurs de cette anthologie ont voulue pour le grand public et plus particulièrement pour le public scolaire, naît sous une lumière qui par notes, par images, par mises en situation des poèmes, éclaire et apprivoise des textes perçus justement comme saisissants par leur concentration.

Paru le 03-07-2007 - Format : Poche - 448 pages - 18 x 11 x 2 cm - 506 g - ISBN 10 : 2070343758 - ISBN 13 : 9782070343751

Collection : Folio

Tags : aphorismes, anthologies, littérature, poèmes, poésie française, poésie contemporaine, poésie, témoignage, surréalisme, résistance, quête, recueil, exclusion, poète, montagnes, france.

Citations de Poèmes en archipel (10)

Envoûtement à la RenardièreVous qui m'avez connu, grenade dissidente 1, point du jour déployant le plaisir comme exemple, votre visage ― tel est-il, qu'il soit toujours ―, si libre qu'à son contact le cerne infini de l'air se plissait, s'entrouvrant à ma rencontre, me vêtait des beaux quartiers de votre imagination. Je demeurais là, entièrement inconnu de moi-même, dans votre moulin à soleil, exultant à la succession des richesses d'un cœur qui avait rompu son étau. Sur notre plaisir s'allongeait l'influente douceur de la grande roue consumable du mouvement, au terme de ses classes 2.À ce visage ― personne ne l'aperçut jamais ―, simplifier la beauté n'apparaissait pas comme une atroce économie. Nous étions exacts dans l'exceptionnel qui seul sait se soustraire au caractère alternatif du mystère de vivre.Dès lors que les routes de la mémoire se sont couvertes de la lèpre infaillible des monstres, je trouve refuge dans une innocence où l'homme qui rêve ne peut vieillir. Mais ai-je qualité pour m'imposer de vous survivre, moi qui dans ce Chant de Vous me considère comme le plus éloigné de mes sosies ?1. Fruit aux grains multiples sous une unique peau.2. Lente course du soleil jusqu'au retour des écoliers. (p.101)

... Je veux n'oublier jamais que l'on m'a contraint à devenir - pour combien de temps ? - un monstre de justice et d'intolérance, un simplificateur claquemuré, un personnage arctique qui se désintéresse du sort de quiconque ne se ligue pas avec lui pour abattre les chiens de l'enfer.(...)Quelle entreprise d'extermination dissimula moins ses buts que celle-ci ? Je ne comprends pas, et si je comprends, ce que je touche est terrifiant. A cette échelle, notre globe ne serait plus, ce soir, que la boule d'un cri immense dans la gorge de l'infini écartelé. C'est possible et c'est impossible.1943 - Billets à Francis Curel -

SUZERAINNous commençons toujours notre vie sur un crépuscule admirable. Tout ce qui nous aidera, plus tard, à nous dégager de nos déconvenues s'assemble autour de nos premiers pas.

ALLÉGEANCEDans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus : qui au juste l'aima ?Il cherche son pareil dans le vœu des regards. L'espace qu'il parcourt est ma fidélité. Il dessine l'espoir et léger l'éconduit. Il est prépondérant sans qu'il y prenne part.Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s'inscrit son essor, ma liberté le creuse.Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus ; qui au juste l'aima et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas ?

L'intensité est silencieuse. Son image ne l'est pas. (J'aime qui m'éblouit puis accentue l'obscur à l'intérieur de moi.)

L'ÉCLAIR ME DUREComment dire ma liberté, ma surprise, au terme de mille détours : il n'y a pas de fond, il n'y a pas de plafond.

VIICe qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience.

QU'IL VIVE !Ce pays n'est qu'un vœu de l'esprit, un contre-sépulcre.Dans mon pays, les tendres preuves de printemps et les oiseaux mal habillés sont préférés aux buts lointains.La vérité attend l'aurore à côté d'une bougie. Le verre de fenêtre est négligé. Qu'importe à l'attentif.Dans mon pays, on ne questionne pas un homme ému.Il n'y a pas d'ombre maligne sur la barque chavirée.Bonjour à peine, est inconnu dans mon pays.On n'emprunte que ce qui peut se rendre augmenté.Il y a des feuilles, beaucoup de feuilles sur les arbres de mon pays. Les branches sont libres de n'avoir pas de fruits.On ne croit pas à la bonne foi du vainqueur.Dans mon pays, on remercie.

CETTE FUMÉE QUI NOUS PORTAITCette fumée qui nous portait était sœur du bâton qui dérange la pierre et du nuage qui ouvre le ciel. Elle n'avait pas mépris de nous, nous prenait tels que nous étions, minces ruisseaux nourris de désarroi et d'espérance, avec un verrou aux mâchoires et une montagne dans le regard.

DÉPENDANCE DE L'ADIEUA mon tour d'entrer en éruptionTablier du forgeron ciel charnel de ma sombre enfanceTandis que vous glissez sur la pente du ventrePour mieux vous perdre dans la gerbeYeux vous êtes les éclaireurs médiums du néantGrandeur en sommeil sur la plaie ouvertePeau il a fallu fouiller votre riche sous-solSans briser ton cœur immigrant ô pesanteur ô favoriteSociables communicantsNous sommes entrés dans l'écartLimon secouru nuit guérieApprenti de la combustionSens palpiter l'oubli nouveau baisé(Fileront quelques hautes berges de sang fossilePour dominer nos jeunes mœurs)Patiente et tendre équilibréeBiens des peuples silencieuxPoussière tu m'émeus aux larmes

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Critiques de Poèmes en archipel : avis de lecteurs (3)


  • Critique de Poèmes en archipel par Paul Cloetens (Amazon)

    un ecrivain, un poete actuel que je ne connais pas encore . et qui m a ouvert l esprit . j adore

    Lire la critique complète >
    Par Paul Cloetens - publiée le 30/11/2018

  • Critique de Poèmes en archipel par Dixie39 (Babelio)

    Samedi 20 février 1988 - Lycée Porte Océane - Terminale A1 : deux heures de philo m'attendent dés la première heure. Brouhaha dans la salle, le prof arrive. La tête à l'envers. Sans rien dans les mai...

    Lire la critique complète >
    Par Dixie39 - publiée le 09/01/2015

  • Critique de Poèmes en archipel par Georges Z (Amazon)

    Cette anthologie contient non seulement les poèmes les plus connus de René Char, mais elle les accompagne de courtes notices explicatives pour qui les trouverait trop hermétiques. De plus, il y a des reproducti...

    Lire la critique complète >
    Par Georges Z - publiée le 04/05/2016

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