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Raphaël Eymery

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Pornarina (2017)

De Raphaël Eymery chez Denoël
(12 votes, note moyenne : 4.0)

Depuis des décennies, Pornarina ensanglante secrètement l’Europe. Les rares à connaître son existence - les pornarinologues - l’ont surnommée la-prostituée-à-tête-de-cheval. Elle serait coupable de dizaines d’homicides. À plus de quatre-vingt-dix ans, le Dr Blažek est un tératologue renommé. Il vit dans un château fort avec sa fille adoptive : Antonie, vingt-quatre ans. La jeune contorsionniste assiste le docteur dans sa traque obsessionnelle de Pornarina, mais s’éloigne bientôt de son père adoptif, rebutée par l'esprit communément pervers des pornarinologues. Trouvera-t-elle son salut dans la mystérieuse figure de la-prostituée-à-tête-de-cheval ? Incroyable voyage au cœur d'une famille Addams européenne, comédie macabre qui ressuscite la grande tradition française du théâtre de Grand-Guignol, Pornarina séduit par son audace littéraire, sa constante inventivité, et explore, sur fond de guerre des sexes, le thème de la mythification des tueurs en série.
Né en 1987, Raphaël Eymery s’intéresse à la déviance. Ses nouvelles ont paru chez Dreampress.com et La Musardine. Pornarina est son premier roman.

Paru le 01-06-2017 - Format : Broché - 208 pages - 21 x 20 x 1 cm - 259 g - ISBN 10 : 2207137090 - ISBN 13 : 9782207137093

Collection : Lunes D'encre

Tags : roman, fantastique, comédie, roman noir, thriller, bidonville, violence, monstre, mythes, macabre, gothique, Morsures et piqûres, perversions, révolte, horreur, psychopathe, guerre, meurtre, tueuse en série, littérature française.

Citations de Pornarina (10)

Nous refermons le répertoire biographique. À travers l'épaisseur brune de l'air, les yeux du détective luisent de l'éclat jaune du formol. Son allure grave nous avertit de ne pas sous-estimer le Dr Franz Blažek. Nous saisissons un nouveau volume et consultons sa section P, passant en revue la colonne : Poe, Pollock, Pope, Porlock, Porter, Potter… Aucune trace de Pornarina. C'est une grande déception. Nous décidons de partir. À peine remercions-nous Sherlock que le 221B s'évapore dans une odeur de décomposition. (p. 16)

En comptant douze heures de marche par jour, il faut deux semaines pour parcourir les près de huit cents kilomètres séparant Bucarest de Lviv. Ce calcul, d'abord une intuition de Franz, se vérifia par la suite systématiquement : le temps écoulé entre deux séries de meurtres n'était jamais inférieur à celui nécessaire pour parcourir à pied la distance entre les deux villes, à raison de douze heures de marche par jour. Pour le docteur, c'était que Pornarina se bornait à trois actions : marcher, dormir, tuer. La troisième action se confondant avec celle de manger. Aussi Franz fantasmait-il une Pornarina ogresse, aux pieds nus et pachydermique, traçant son chemin en solitaire, le long des autoroutes et des rails la nuit, à travers les forêts et les champs le jour. Un monstre sylvain, voire chtonien, non le produit d'une mégalopole, mais l'enfant un peu faune, un peu minotaure, d'une nature primitivement exubérante ; quelque chose qui venait de la terre, pas de l'ordure, qui sortait des cavernes, pas des égouts. D'ailleurs n'avait-elle pas une tête de cheval, et non la face d'un rat ? Elle était la Mort telle que conçue par la Nature - noire, rouge, brutale, nourrissante, au service de la Vie.

On ne capturait pas un spectre avec une analyse ADN.

Arrachant des toiles d'araignées, deux petites filles couraient entre les colonnes d'un souterrain. Elles portaient des robes grises avec de gros nœuds. Elles criaient « Cherchez l'obèse ! Cherchez l'obèse ! » et brandissaient chacune un pieu. Des adultes silencieux les suivaient.

Elle était la Mort telle que conçue par la Nature – noire, rouge, brutale, nourrissante, au service de la Vie. Et non la mort telle que dégradée par la civilisation – lente, stérile, terminaison d'années de souffrance ne laissant derrière elle qu'un cadavre blafard, infecté, contagieux.

Une aventure, cérébrale ou non, n'est jamais meilleure que lorsqu'elle débute à Londres, devant la façade rouge et les fenêtres à carreaux du 221B Baker Street. Le brouillard y est jaune. Tout autour des automobiles vrombissent. Nous sommes au XXIe siècle. Le vacarme s'étouffe une fois la porte du 221B refermée sur nos pas. Là, de la force de notre organe de pensée qui bouillonne, NOUS RESSUSCITONS SHERLOCK HOLMES. Un nuage brunâtre zone à l'étage. Nous montons. Un cadavre de vieillard nous indique où nous asseoir ; c'est le grand détective et il souffre de son réveil forcé ; il a cent cinquante-deux ans. (p. 11)

Comment de telles incisives sont-elles arrivées dans la bouche de l'anatomie? Quel chirurgien fabuleux a eu cette idée merveilleuse – des dents de cheval dans la bouche d'une femme – et assez de talent pour la mettre en oeuvre ? Chacun l'ignore.

Si nous savons d'expérience qu'il est dangereux d'apprécier un individu selon la couleur de sa peau — du fait que le mélange des populations survenu au XXe siècle a faussé la donne —, nous savons aussi qu'il en va autrement de l'obésité. Cette maladie commande de nombreuses réactions et de nombreux comportements.

Parmi les chercheurs qui sacrifient leur vie à un personnage unique, les plus perspicaces connaissent cette impression ; elle n'arrive qu'après des années de travaux et de recueillement ; elle s'impose et offre un instant de conscience.

La plupart vivent dans l'ignorance de Pornarina comme dans l'ignorance des plus vieilles vérités humaines, dont la plus vraie et capitale laisse entendre que « le Malin est moins hideux sous sa propre forme que lorsqu'il fait rage dans le sein d'un homme »

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Critiques de Pornarina : avis de lecteurs (13)


  • Critique de Pornarina par Dwalin (Babelio)

    Découvert en flânant dans une librairie il y a quelques mois, je ne suis pas un habitué de ce genre de récit, donc j'appréhendais un peu le côté gore, mais c'est léger donc ça me va. Un peu de violen...

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    Par Dwalin - publiée le 01/04/2020

  • Critique de Pornarina par pleasantf (Babelio)

    Je n'aurais jamais lu ce livre si je ne l'avais pas aperçu à la médiathèque du coin, placé bien en évidence sur le présentoir des suggestions de lecture. Pourquoi pas, me suis-je dit. Et j'ai été a...

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    Par pleasantf - publiée le 08/09/2019

  • Critique de Pornarina par audreysalles (Babelio)

    Je rejoins la critique de FungiLumini et vous transmets le lien vers ma chronique de Pornarina sur mon blog littéraire. Ce roman me semble mal aimé et je trouve cela dommage car il mérite d'être lu : ...

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    Par audreysalles - publiée le 04/03/2019

  • Critique de Pornarina par OmbreBones (Babelio)

    Pour résumer, Pornarina est un roman qui sort des sentiers battus et n'est pas à mettre entre toutes les mains. Ses indéniables qualités stylistiques et philosophiques se heurteront aux valeurs tradit...

    Lire la critique complète >
    Par OmbreBones - publiée le 03/02/2019

  • Critique de Pornarina par Mosaik (Babelio)

    je pense que la quatrième de couverture n'est pas adapté et induit le lecteur en erreur sur ce qu'il va lire. Je pensais suivre Pornarina dans sa vie, ses meurtres et en fait a aucun moment elle n'app...

    Lire la critique complète >
    Par Mosaik - publiée le 23/10/2018

  • Critique de Pornarina par FungiLumini (Babelio)

    Quand j'ai vu que Guimause l'incluait dans sa sélection #pumpkinautumnchallenge (catégorie cri de la Banshee), je me suis dit que ça serait sympa de moi aussi le sortir de ma Pile à Lire. Et là, la cl...

    Lire la critique complète >
    Par FungiLumini - publiée le 12/09/2018

  • Critique de Pornarina par MuseaUranie (Babelio)

    Pornarina traînait dans ma PAL depuis un an presque jour pour jour. Profitant d'une pause parisienne et d'une des dernières vidéos de Justine Shell ainsi que celles de Guimause, j'ai plongé allègremen...

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    Par MuseaUranie - publiée le 15/06/2018

  • Critique de Pornarina par BlackWolf (Babelio)

    En Résumé : J'avoue, je ressors de ma lecture de ce Pornarina avec le sentiment de n'avoir jamais vraiment réussi à entrer dedans et à apprécier ma lecture. Pourtant, le roman ne manque pas d'attrait,...

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    Par BlackWolf - publiée le 03/09/2017

  • Critique de Pornarina par (Babelio)

    Un hommage au genre gothique et au grand-guignol, un roman sombre, macabre, même, malsain et déroutant, jalonné de références, porté par le superbe personnage d'Antonie. A travers le véritable mythe q...

    Lire la critique complète >
    Par Babelio - publiée le 01/08/2017

  • Critique de Pornarina par Mariejuliet (Babelio)

    Bon, voilà une chronique qui ne s'avère pas facile. Appréciant ce qui est dark, un peu glauque, les encyclopédies sur les monstres... je me suis laissée tenter par ce livre, attirée par le synopsis. ...

    Lire la critique complète >
    Par Mariejuliet - publiée le 02/07/2017

  • Critique de Pornarina par Justaword.fr (Amazon)

    Avant de passer la main, Gilles Dumay, ancien directeur de la prestigieuse collection Lunes d'Encre chez Denoël, avait programmé la parution d'un premier roman des plus énigmatiques : Pornarina du français Raph...

    Lire la critique complète >
    Par Justaword.fr - publiée le 30/06/2017

  • Critique de Pornarina par FungiLumini (Amazon)

    Une quête insensée dont le Graal est la tueuse en série monstrueuse Pornarina dirigée d’une plume à la fois délicieusement désuète dans certains passages, clairement addictive dans d’autres. Une collection de p...

    Lire la critique complète >
    Par FungiLumini - publiée le 12/09/2018

  • Critique de Pornarina par Maude Elyther (Amazon)

    Attention : OLNI (objet littéraire non identifié) !."Pornarina" offre un fort potentiel atmosphérique et narratif. (…) Le récit aborde des notions qui ne peuvent laisser indifférent.e : difformité et malformati...

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    Par Maude Elyther - publiée le 31/05/2019
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