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Pierre Magnan

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Œuvres principalesPierre Magnan est un écrivain français né le 19 septembre 1922 à Manosque (Basses-Alpes). Indéfectiblement attaché à cette partie de la Provence qui a aussi inspiré son maître et ami Jean Giono, il y a situé toute son œuvre. Il est ... Plus >

Le Mystère de Séraphin Monge (1999)

De Pierre Magnan chez Gallimard
(5 votes, note moyenne : 4.2)

Séraphin Monge, héros de La maison assassinée, est mort dans quelque éboulement de montagne où il cherchait la solitude propice aux êtres de son espèce.Plusieurs personnages illustrent cette histoire : un évêque fort en peine devant quelques miracles qu'il réprouve, la silhouette malingre d'un maquisard de vingt ans, dépenaillé et pacifiste, dont le nom est Laviolette !Mais est-ce bien là le véritable destin de Séraphin Monge ? L'auteur nous fait partager ses doutes et nous tient en haleine jusqu'à la dernière ligne.

Paru le 24-06-1999 - Format : Broché - 512 pages - 18 x 11 x 2 cm - 261 g - ISBN 10 : 2070408299 - ISBN 13 : 9782070408290

Collection : Folio Policier

Tags : récits, littérature, roman, fantastique, suspense, romans policiers et polars, roman policier à énigme, roman noir, quête, expédition, suite, guerre mondiale, adapté à la télévision, montagnes, Provence-Alpes-Côte d'Azur (France), littérature française, provence, 20ème siècle, entre-deux-guerres, littérature du 20ème siècle.

Citations de Le Mystère de Séraphin Monge (7)

Ces choses m'ont été révélées à voix égale, sous les manteaux des cheminées, tandis que dehors passait le siècle, passaient les siècles, desquels nul ne tenait compte, se contentant pour vivre des lambeaux de leur temps qu'ils nous accordaient à l'avare. Nous flottions devant les âtres attiédis dans l'approfondissement des nuits, entre réel et imaginaire, entre santé et maladie, entre joie et souffrance. Le frisson du mal d'autrui nous confortait dans notre humble bien-être d'automne.

Quand Marie revint au monde, après sa maladie, encore flageolante et flasque, et empoignant à deux mains la corde à puits qui permettait de gravir l'escalier abrupt de sa chambre, elle réclama Séraphin.- ça presse ! dit sa mère. Tu veux qu'il te voie comme ça ? Regarde-toi dans la glace ! Tu es presque aussi laide que moi ! Ta figure on dirait un vieux porte-monnaie tout flapi ! Refais-toi une santé d'abord ! Après on verra...C'était le plus gros mensonge que la Clorinde Dormeur eût jamais proféré de sa vie.

Il avait l'impression que la mort baladeuse croisait sa route avec une insoucieuse patience, certaine à la fin de ne pas le rater.

Au village, tous ceux qui restaient, et les femmes notamment qui triaient la salade pour le repas du soir, tous se précipitèrent sur le pas des portes comme pour un tremblement de terre. Ils restèrent là, figés, le nez en l'air, les yeux tournés du côté du clocher.Nous, nous étions déjà de vieux hommes. Nous avions fait celle de 14. Ce n'était plus pour nous qu'on craignait, c'était pour nos enfants. Verdun nous sauta à la mémoire, que nous croyions bien tous avoir oublié en vingt ans de bonheur. Lequel d'entre nous, je vous le demande, n'eut pas la tentation de faire sauter trois doigts de la main droite à l'enfant, d'un coup d'accident de chasse ? – vous savez comme les détentes sont sensibles et les chasseurs insoucieux ? Mais bien entendu personne ne s'y risqua. La république de cette époque avait encore des pelotons d'exécution.

Quand le tocsin sonna à Lurs ce jour du 3 septembre vers les sept heures du soir, nous étions tous occupés, l'eissade à la main, parmi nos vignes et nos oliviers. L'août avait été pluvieux, l'herbe avait poussé dru. Il convenait avant les vendanges, avant les olivades, d'en débarrasser les ceps et les souches d'arbre pour faciliter les cueillettes.À l'appel de cette cloche qui imitait à s'y méprendre l'esclandre joyeuse d'un baptême, on s'arrêta en chœur de frapper la terre, on mit bas l'outil sur lequel on s'efforçait. On eut soudain l'air de se recueillir pour écouter l'angélus, alors que, depuis bien longtemps, cette coutume n'existait plus pour personne.Au village, tous ceux qui restaient, et les femmes notamment qui triaient la salade pour le repas du soir, tous se précipitèrent sur le pas des portes comme pour un tremblement de terre. Ils restèrent là, figés, le nez en l'air, les yeux tournés du côté du clocher.Nous, nous étions déjà de vieux hommes. Nous avions fait celle de 14. Ce n'était plus pour nous qu'on craignait, c'était pour nos enfants. Verdun nous sauta à la mémoire, que nous croyions bien tous avoir oublié en vingt ans de bonheur. Lequel d'entre nous, je vous le demande, n'eut pas la tentation de faire sauter trois doigts de la main droite à l'enfant, d'un coup d'accident de chasse ? – vous savez comme les détentes sont sensibles et les chasseurs insoucieux ? Mais bien entendu personne ne s'y risqua. La république de cette époque avait encore des pelotons d'exécution.

Labourant les Evangiles comme un paysan sa terre, il détenait pour autrui comme pour lui-même cette inépuisable source de réponses à jeter à la tête de quiconque prétendait parlementer, et la seule vue de sa personne, en apparence si simple, éclaboussait de certitude quiconque dont la foi vacillait.

– Il file du mauvais coton, le Célestat ! S'il continue comme ça, il finira par avaler son bulletin de naissance. Et alors ? Et notre pain ?Aussi lui faisait-on un rempart de notre amitié. Quand l'un d'entre nous ne dormait pas, il n'était pas rare qu'il dise à sa femme :– Fine, ne t'en fais pas. Je vais au fournil tenir un peu compagnie à ce pauvre Célestat.Deux ou trois même – Dieu leur pardonne ! – usèrent de ce prétexte pour aller un peu essayer de voir si, par hasard, quelque veuve en villégiature ne serait pas sensible à quelque sérénade. Mais ce fut l'exception. Les autres, à trois heures, soulevaient le sac de jute de l'entrée au fournil. Trois heures, c'est l'heure où l'homme seul, oisif ou occupé, ne tient plus que par un fil à la réalité. Il tire en péril sur l'ancre qui le retient à la vie. Tout l'appelle vers l'éternité. Et notamment ce boulanger de Lurs, lequel en avait si gros sur la patate et qui n'avait pas encore l'eau au fournil, de sorte que plusieurs fois la nuit il devait faire le voyage, les seaux à bout de bras, jusqu'à la jasante fontaine.

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Critiques de Le Mystère de Séraphin Monge : avis de lecteurs (5)


  • Critique de Le Mystère de Séraphin Monge par zakfm (Babelio)

    C'est toujours un plaisir pour moi de relire les romans de Pierre Magnan. Mais lorsqu'il dépasse les 300 pages, il perd sa finesse habituelle. Comme pour "Les courriers de la mort", une petite centain...

    Lire la critique complète >
    Par zakfm - publiée le 07/05/2020

  • Critique de Le Mystère de Séraphin Monge par lehibook (Babelio)

    Séraphin est mort. Mais son corps est l'objet d'une quête de lapart de ses amoureuses ,Rose et Marie . Et voilà que la dépouille de l'archange vengeur suscite des miracles et des catastrophes . Et la ...

    Lire la critique complète >
    Par lehibook - publiée le 04/12/2019

  • Critique de Le Mystère de Séraphin Monge par Charybde2 (Babelio)

    Provence alpine, 1920-1945 : le roman machiavélique de l'amour - presque - plus fort que la mort. Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2016/04/23/note-de-lecture-le-mystere-de-seraphin-mon...

    Lire la critique complète >
    Par Charybde2 - publiée le 23/04/2016

  • Critique de Le Mystère de Séraphin Monge par Fortuna (Babelio)

    Si la triste destinée de notre héros de la Maison assassinée, Séraphin Monge, va bientôt se trouver enfouie sous une coulée de boue dans les montagnes bas-alpines, sa renommée ne va pas s'arrêter là, ...

    Lire la critique complète >
    Par Fortuna - publiée le 05/10/2015

  • Critique de Le Mystère de Séraphin Monge par hexagone (Babelio)

    Aucun ange ne s'est penché sur le berceau de ce Séraphin, il semble que des êtres soient voués à subir les affres d'un destin auquel il ne peuvent échapper. C'est bien là le sort de Monge qui même iso...

    Lire la critique complète >
    Par hexagone - publiée le 21/01/2011

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