livres actu Livres Actu

Accueil > Pierre Chaunumichèle Escamilla > Charles Quint

Acheter ce livre - 32.5 €



Pierre Chaunumichèle Escamilla

0 abonné

Charles Quint (2000)

De Pierre Chaunumichèle Escamilla chez Fayard
(3 votes, note moyenne : 5.0)

Souverain des Pays-Bas, roi de naples et d'une bonne partie de l'Italie, roi des Espagnes (et avec la Castille d'immenses territoires américains), empereur et à ce titre en charge des Allemagnes, enfin titulaire d'une demi-douzaine d'autres royaumes, principautés et duchés, Charles Quint (1500-1558) eut à assumer par le hasard des héritages le plus improbable empilement de couronnes que l'Europe ait jamais vu sur une seule tête. N'eussent été la France avec son précoce et efficace Etat-nation et (dans une mesure bien moindre) l'Angleterre, il ne fut pas loin de régner sur toute la chrétienté latine et d'accomplir le rêve que le Moyen Age avait en vain caressé avant lui : un empire universel et pacifié vivant d'une même foi mais laissant à chaque peuple son génie propre et ses usages. La folie des hommes et la force des choses en décidèren autrement. Le choc entre "l'empire des alliances" et la France, l'incapacité de l'Eglise à se réformer et à s'adapter aux temps nouveaux, la pression de l'Islam ottoman et bien d'autres facteurs eurent raison de cette ambition, en dépit de la hauteur de vue, de la noblesse d'âme, de la générosité de Charles. Eût-il gagné la partie en mettant François Ier à genoux en imposant manu militari un concile, en faisant subir à Luther le sort jadis réservé à Jean Hus ; en systématisant les bains de sang comme il le fit une fois, malgré lui, à Gand ; en exploitant sans vergogne le sac de Rome perpétré sans son aveu par ses troupes et en jetant de l'huile sur le feu des divisions allemandes ? Il eût fallu pour cela être un politique roué, un cynique à la Louis XI plutôt qu'un chevalier. Bien qu'elle garde un certain mystère, son (ou plutôt ses) abdication(s) montre(nt) qu'il était habité par une soif d'absolu bien différente de la volonté de puissance, et plus impérieuse qu'elle. En disciple de Braudel, Pierre Chaunu fournit les clefs indispensables à la compréhension du "temps long" dans lequel s'insèrent l'exceptionnel destin de Charles Quint et son échec final : poids des cultures et des mentalités, contraintes de la géographie et lenteur des communications, nécessités de l'hérédité, séquelles des haines ancestrales. Michèle Escamilla, elle, en tentant d' "entrevoir l'homme", s'attache à scruter minutieusement la part de liberté qui fut la sienne, celle dont il usa dans ses actes de gouvernement comme celle qui l'amena à renoncer et à se retirer après avoir partagé ses domaines. Rarement livre aura mis en oeuvre une telle somme de moyens pour faire saisir aux hommes d'aujourd'hui la radicale singularité d'une aventure européenne dont l'histoire humaine ne connaît aucun équivalent. Pierre Chaunu, membre de l'Académie des sciences morales et politiques, est professeur émérite à l'université de Paris-Sorbonne, et Michèle Escamilla professeur à l'université de Caen. Tous deux ont de longue date consacré une grande partie de leurs recherches à l'Espagne du début des Temps modernes.

Paru le 23-02-2000 - 854 pages - 22 x 14 x 3 cm - 842 g - ISBN 10 : 2213603944 - ISBN 13 : 9782213603940

Collection : Biographies His

Tags : essai, biographie, histoire, culture, légendes, monastère, prince, charles quint, bourgogne, histoire de la belgique, histoire de l'espagne, histoire de l'europe, histoire allemande, essai biographique, europe, Saint Empire romain germanique, Saint Empire romain germanique (Charles V), espagne, renaissance, 16ème siècle.

Citations de Charles Quint (1)

Philippe II respectera, on le sait, le voeu de son père. A son retour des Pays-Bas, le 18 octobre 1559 dans un monastère proche de Villagarcia, accompagné de sa cour, il organisa une rencontre au cours de laquelle il révéla à Jeronimo, en ces termes, sa véritable identité : "Du coeur, mon enfant, car vous êtes le fils d'un très grand homme de très haute noblesse. L'Empereur Charles Quint, qui est au ciel, est mon père et le vôtre." Après quoi il lui remit l'épée et le collier de la Toison d'Or. L'adolescent - encore tout étourdi par la révélation - vit "son oncle" Luis Quijada mettre un genou en terre pour lui baiser la main, avant de recevoir l'hommage de toute la noblesse. Jeronimo, tel le papillon quittant sa chrysalide, devenait Don Juan d'Autriche...p. 515


Critiques de Charles Quint : avis de lecteurs (3)


  • Critique de Charles Quint par henrimesquida (Babelio)

    Pas toujours facile à lire ,mais c'est une superbe biographie.

    Lire la critique complète >
    Par henrimesquida - publiée le 03/07/2017

  • Critique de Charles Quint par Henri-l-oiseleur (Babelio)

    Cette biographie exemplaire, écrite à deux mains, est porteuse en même temps d'une vision anthropologique : l'Empereur Charles ne se divise pas seulement entre homme public et personne privée, mais il...

    Lire la critique complète >
    Par Henri-l-oiseleur - publiée le 24/10/2015

  • Critique de Charles Quint par V.Pezzoli (Amazon)

    Une biographie assez atypique, Chaunu s'occupe de nous décrire le milieux, le Temps où la politique de Charles Quint s'est développée. Un peu à la manière de son fabuleux "Le Temps des Réformes" (il reprend d'a...

    Lire la critique complète >
    Par V.Pezzoli - publiée le 21/11/2018

Commentaires

Connexion




S'inscrire

Inscription à Livres Actu




Se connecter