livres actu Livres Actu

Accueil > Pier Paolo Pasolini > Les ragazzi

Acheter ce livre - 21.0 €


54173ème dans les ventes


Pier Paolo Pasolini

0 abonné

Les ragazzi (2016)

De Pier Paolo Pasolini chez Buchet Chastel
(8 votes, note moyenne : 3.5)

Les Ragazzi, roman cru et cruel s'il en est, saisit la vie et les errances d'une bande d'adolescents marginaux dans la Rome crépusculaire d'après-guerre : des destins rythmés par le crime, de petits larcins en prostitution, de cavale en prison. Dans cette effroyable période de l'histoire italienne, Pasolini décide de s'intéresser aux plus faibles des faibles, ceux que même le parti communiste prend de haut et dont « la rage pré-politique », comme il la nomme, le fascine.
Grand texte politique et moral, Les Ragazzi, premier roman de Pier Paolo Pasolini, est aussi un monument littéraire et installe l'auteur parmi les immenses voix du XXe siècle. Entièrement traduit du romanesco, dialecte parlé dans les faubourgs de Rome et dans les régions alentour, et ponctué d'un argot savoureux, le texte résonne d'une grande modernité, admirablement rendue par la nouvelle traduction de Jean-Paul Manganaro.

Pier Paolo Pasolini est un écrivain, poète, essayiste, journaliste et cinéaste italien né à Bologne en 1922 et assassiné en 1975 sur une plage d'Ostie, près de Rome. Son œuvre éclectique et politiquement engagée est considérée comme l'une des plus novatrices de la seconde moitié du siècle dernier en Italie.

Paru le 17-03-2016 - Format : Broché - 408 pages - 21 x 14 x 2 cm - 322 g - ISBN 10 : 2283028728 - ISBN 13 : 9782283028728

Collection : Littérature étrangère

Tags : littérature, roman, jeunesse, banlieue, alcool, misère, pauvreté, virilité, sexe, société italienne, famille, prostitution, montagnes, adolescence, rome, italien, italie, littérature italienne, 20ème siècle, après-guerre, récits, littérature, roman, jeunesse, banlieue, innocence, famine, pauvreté, virilité, débrouillardise, néoréalisme, société, enfance, guerre mondiale, société italienne, prostitution, italie, littérature italienne, 20ème siècle, après-guerre.

Citations de Les ragazzi (6)

Les jours et les besognes prolifèrent sans transition, le temps est une fièvre constante, harcelante, qui ne laisse presque jamais de répit et presque par hasard, tant le hasard n'a rien à voir ici avec un destin, une destinée. C'est entre autres de cela que ces gamins sont exclus : du possible, de toute utopie.

– La vie l'est amère pour qui qu'a des pieds mous.

Il frappait l'eau de ses bras comme de grandes spatules, l'aplatissant, et faisant gicler des seaux d'écume, il nageait la tête sous l'eau et, relevant son derrière et ses flancs comme un canard, faisait la planche à la surface, le ventre en l'air, chantant à gorge déployée. Puis en une brusque volte-face, il revint vers le plongeoir, y grimpa tout dégoulinant et, se donnant plein de grands airs devant les gamins qui le regardaient bouche bée, il replongea avec un petit saut de l'ange.

Fagotés comme ils étaient, ils n'avaient que l'embarras du choix : le Metropolitan ou l'Europe, le Barberini ou le Capranichetta, l'Adriano ou le Sistina. Quoi qu'il en soit, ils sortirent tout de suite, car qui va en balade lèche, qui reste chez soi sa langue dessèche. Ils étaient de très bonne humeur et avaient envie de plaisanter, sans songer même de loin que les joies sont de courte durée en ce bas monde, et que la chance tourne…

Les véritables lieux sont ceux de l'immense banlieue qui se bâtit à l'extérieur de la ville, sans plan du territoire et encore moins urbanistique, plus des zones que des banlieues d'ailleurs, encore que cette différence paraisse aujourd'hui très aléatoire. La description infiniment redite de ces amas de bâtisses et de gratte-ciel parcourt névralgiquement le livre, comme pour arrimer une géographie et une cartographie à ces lieux sans histoire, à ces non-lieux. Les édifices déjà existants se délabrent et tuent, les nouveaux, précocement vieillis, ressemblent à des fourmilières, à des termitières, et leurs habitants à des grouillements de bêtes enfouies. C'est comme s'ils n'étaient habités par personne, à peine y est-on que l'envie de s'en échapper devient irrésistible et tout finit par « (se) passer » dans l'autre indéfini que sont les rues, les quartiers. Ainsi, il n'y a rien d'intimiste dans Les Ragazzi : tout se déroule à la belle étoile, pour la simple raison que ces intérieurs sont affectivement et culturellement invivables.

… comme femme humaine elle a même pu exister, du point de vue de la sainteté et de la virginité y s'peut qu'non… La sainteté ça peut êtr' vrai, mais la virginité ! Main'nant qu'ils ont s'inventé le fait des enfants artificiels ‘vec les éprouvettes, mais même qu'une femme se fait l'enfants ‘vec les éprouvettes, qu'elle reste pas vierge… Pis qu'on a la foi ‘nvers le Christ, ‘nvers Dieu, ‘nvers tous les autres… Et si que tu te mets sur l'raisonnement de la foi alors t'y crois à la virginité de la Madone, mais scientifiquement moi je crois qu'on peut pas l'démontrer…


Critiques de Les ragazzi : avis de lecteurs (4)


  • Critique de Les ragazzi par stcyr04 (Babelio)

    Les Ragazzi se déroule dans les années suivant la dernière guerre, à Rome. Oubliez la carte postale, le Colisée, le Forum Romain, la Place Navone, la Place d'Espagne et tant d'autres monuments ; ils s...

    Lire la critique complète >
    Par stcyr04 - publiée le 31/05/2020

  • Critique de Les ragazzi par Medulla (Babelio)

    Livre découvert et lu dans le cadre de mon club de lecture. Nous avons décidé cette année d'approfondir notre connaissance de la littérature italienne. Comme beaucoup de personne, je connais Pier Pa...

    Lire la critique complète >
    Par Medulla - publiée le 26/10/2018

  • Critique de Les ragazzi par diablotin0 (Babelio)

    Dans ce monde de ragazzi aux surnoms très évocateurs, nous sommes plongés dans la banlieue de Rome très paupérisée. Nous suivons cette bande de gamins désoeuvrés qui vivent et survivent de larcins, de...

    Lire la critique complète >
    Par diablotin0 - publiée le 04/09/2017

  • Critique de Les ragazzi par Fromtheavenue (Babelio)

    Le titre original Ragazzi in vita que l'on pourrait traduire par "débrouillards" annonce un roman dur, extrême et fort. C'est le premier roman de Pier Paolo Pasolini écrit en 1955...

    Lire la critique complète >
    Par Fromtheavenue - publiée le 13/10/2010

Ils parlent de Les ragazzi

Du même auteur

Commentaires

Connexion




S'inscrire

Inscription à Livres Actu




Se connecter