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Phyllis Dorothy James

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Une certaine justice (1998)

De Phyllis Dorothy James chez Fayard
(4 votes, note moyenne : 4.0)

Dans le cercle feutré des hommes (et des femmes) de loi qui opèrent dans les Chambers de Londres (grands complexes de cabinets d'avocats), Venetia Aldridge, une avocate de talent au caractère bien trempé, fait acquitter un certain Garry Ashe accusé, sans doute à raison, d'être le meurtrier de sa tante. Mais quelle n'est pas sa stupéfaction lorsque, quelques jours plus tard, sa propre fille, Octavia, lui annonce son intention d'épouser... Garry Ashe! C'est le début, pour Venetia, d'une succession d'angoisses qui iront en empirant jusqu'au jour où on la retrouve assassinée avec une perruque de juge sur la tête et baignant dans un sang qui n'est pas le sien... Beaucoup, parmi son entourage, ne peuvent que se réjouir de sa disparition: son collègue Drysdale Laud, qu'elle menaçait de supplanter à la direction des Chambers; Harold Naughton, le secrétaire, dont elle ne souhaitait pas voir prolonger les services au-delà de l'âge (très proche) de la retraite; Simon Costello, un jeune confrère ambitieux dont elle avait promis qu'elle révélerait une tractation louche survenue quatre ans plus tôt; son amant, le député Mark Rawlstone, qui souhaitait mettre un terme à leur liaison afin de mener une vie plus conforme à une réussite politique; Garry Ashe, enfin, dont elle souhaitait empêcher le mariage avec sa fille. Autant de suspects que devra prendre en compte le commandant Dalgliesh, secondé par la fidèle Kate qui fait désormais équipe avec Piers, un très beau jeune homme, plus désinvolte et plus cynique qu'elle. Très vite, l'arme du crime est retrouvée _ un coupe-papier ayant appartenu à Venetia _ et le sang identifié comme celui qu'un autre avocat, Desmond Ulrick, avait mis de côté dans son réfrigérateur en vue d'une petite opération... Outre une intrigue magistralement construite, P. D. James nous offre, dans ce quinzième roman, une analyse approfondie des mécanismes de la justice _ de ses limites, de ses ambivalences _ sans se départir de la précision et du sens psychologique auxquels elle nous a habitués.

Paru le 06-05-1998 - Format : Poche - 468 pages - 22 x 0 x 0 cm - 452 g - ISBN 10 : 2213601054 - ISBN 13 : 9782213601052

Collection : Policiers

Tags : roman, enquête policière, romans policiers et polars, justice, Avocats, adam dalgliesh, dalgliesh, magistrature, procès, politique, psychologie, peinture, secrets de famille, auteur anglais, littérature britannique, littérature anglaise, angleterre, anglais, policier anglais, 20ème siècle, roman, enquête policière, romans policiers et polars, justice, Avocats, adam dalgliesh, dalgliesh, enquêtes, procès, vengeance, secrets de famille, meurtre, assassin, littérature britannique, littérature anglaise, londres, angleterre, anglais, policier anglais, 20ème siècle.

Citations de Une certaine justice (10)

Un avocat n'est pas tenu de croire à l'innocence de son client,mais seulement de tester les preuves invoquées contre lui et,s'il y a une faille dans le dossier de l'accusation,de l'élargir pour qu'il puisse ramper jusqu'à la liberté.Elle jouait un jeu lucratif selon des règles compliquées faites,du moins me semble-t-il, pour désavantager ses adversaires,un jeu parfois gagné au prix d'une vie humaine.Tout ce que je voulais, c'était qu'une fois, une seule,elle dût payer le prix de la victoire.La plupart d'entre nous doivent vivre avec le résultat de leurs actes.Ceux-ci ont des conséquences.C'est une des premières leçons que nous avons à apprendre dès l'enfance,et certains n'y parviennent jamais.Elle remportait des victoires et pour elle, c'était fini ;d'autres ont eu à vivre avec les conséquences, d'autres ont payé le prix.

Étrange, se dit-il, comme les espaces conçus pour une assistance- théâtres, églises - conservent toujours, même vides, un air de dépossession,d'attente à combler et aussi de pathétiques regrets pour des années à jamais disparues,des voix qui se sont tues, et des pas effacés depuis longtemps.

Et c'est ainsi que cela fut fait,dans cette cuisine puante,autour de cette table tachée,entre deux personnes sans consciencequi marchandent un corps et une âme.

Je m'étais attendue à ce que même l'air du tribunalfût pollué par les faibles relents à demi-imaginairesde cette terreur, mais je le respirais sans rien éprouver.Peut-être était-ce dû à la dignité très ordonnée de la salle- plus petite, plus gracieuse, plus intime que je ne me l'étais imaginée -,la somptuosité de la superbe sculpture des armes royales derrière le dais,l'épée de justice de la City datant du XVIe siècle,les robes et les perruques, la courtoisie de l'étiquette,les voix sans éclat,tout cela imposait une impression d'ordre et de raison,qui faisait croire à la possibilité d'une justice.Et pourtant c'était une arène,tout autant que si le sol avait été jonché de paille ensanglantéeet que les adversaires y eussent fait leur entrée au son des trompettes,à demi nus avec leurs cuirasses et leur épée,pour s'incliner devant César.

Comme les médecins, les infirmières,les agents de la circulation habitués à extraire les corps en lambeauxdu métal écrasé,vous ne pouviez pas faire votre travail si vos pensées étaient centréessur vos propres émotions.Si l'on voulait rester compétent et équilibré, il était nécessaire de se construire une carapace d'acceptation et de détachement,si fragile fût-elle.L'horreur pouvait pénétrer dans l'esprit,mais sans que jamais on lui permît de s'y installer durablement.

Il avait appris à se méfier des intuitions autant que des jugements superficiels, mais il n'est guère possible à un enquêteur chevronné de ne pas savoir quand un témoin ment. Comportement qui n'est pas toujours suspect ni même significatif, d'ailleurs. Presque tout le monde a quelque chose à cacher. Et il serait bien optimiste d'attendre toute la vérité d'un premier entretien. Un suspect avisé répond aux questions et se garde d'en dire davantage ; seuls les naïfs confondent officier de police et travailleur social.

La tradition quasi superstitieuse qui veut que l'on traite les défunts révérencieusementest toujours mise en défaut en un point ou un autre,au long de l'ultime voyage si bien programméjusqu'au crématorium ou au tombeau.

- Faute ? Ce n'est pas un mot que j'emploie.Il sous-entend que nous exerçons un contrôle sur nos actes, ce qui,à mon avis, est dans une large mesure une illusion.

Il se rappela un jour – il avait quatorze ans et c'était son anniversaire – où il avait regardé pour la première fois dans le miroir de la salle de bains et soumis chacun des détails de son visage à un long examen grave, sans sourire, se disant : C'est moi. C'est à ça que je ressemble.Et puis il s'était souvenu que l'image était inversée et que jamais de toute sa vie il ne verrait le visage que voyaient les autres, et qu'il y avait peut-être pas que ses traits qui étaient inconnaissables. Mais que pouvait dire un visage ?

« Vous me demandez si j'aurais pu faire mieux qu'Edward Marshall Hall. Voilà un avocat merveilleux. J'aurais voulu l'entendre, mais bien sûr il est mort, en 1927. Pas un grand juriste, on disait qu'il redoutait la cassation. Mais un des grands avocats, magnifiquement éloquent, une facilité d'élocution étonnante. Évidemment aujourd'hui ça ne passerait pas. Ce genre de plaidoirie théâtrale, grandiloquente n'a plus sa place dans une cour moderne. Mais il a dit une chose que je n'ai jamais oubliée et je vais vous l'écrire : « Je n'ai pas de décor pour m'aider, ni de mots écrits pour que je les prononce. Il n'y a pas de rideau. Mais à partir du rêve éclatant de la vie d'un autre, je dois créer une atmosphère parce que c'est cela la tâche de l'avocat. » A partir du rêve éclatant de la vie d'un autre. J'aime la formule. »

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Critiques de Une certaine justice : avis de lecteurs (3)


  • Critique de Une certaine justice par (Babelio)

    J'aime beaucoup cette auteur car elle me captive car l'histoire est intéressante. Le thème de ce livre est la justice en Angleterre. Elle peut se retourner contre toi.

    Lire la critique complète >
    Par Babelio - publiée le 07/01/2020

  • Critique de Une certaine justice par Lecteur_75015 (Babelio)

    C'est toujours un grand plaisir de retrouver le Et si British inspecteur Dalgliesh ! À nouveau, une intrigue captivante avec une première victime assassinee et une autre bien vivante, sa fille !

    Lire la critique complète >
    Par Lecteur_75015 - publiée le 04/02/2019

  • Critique de Une certaine justice par Stellar (Babelio)

    On a un peu deux intrigues dans ce polar : - Le meurtre de Venetia Aldridge, brillante avocate froide, sans amis et dont la mort arrange beaucoup de monde. - pourquoi et comment sa fille Otavia est ...

    Lire la critique complète >
    Par Stellar - publiée le 11/10/2016

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