livres actu Livres Actu

Accueil > Philippe Jaccottet > À la lumière d'hiver

Acheter ce livre - 6.9 €


16460ème dans les ventes


Philippe Jaccottet

0 abonné

Philippe Jaccottet, né le 30 juin 1925 à Moudon, est un écrivain, poète, critique littéraire et traducteur suisse vaudois. Il est l'époux de l'illustratrice et peintre Anne-Marie Jaccottet, née Haesler.

À la lumière d'hiver (2011)

De Philippe Jaccottet chez Gallimard
(17 votes, note moyenne : 3.6)

Dans Folioplus classiques, le texte intégral, enrichi d'une lecture d'image, écho pictural de l'œuvre, est suivi de sa mise en perspective organisée en six points : • Mouvement littéraire : La poésie française contemporaine • Genre et registre : Aux frontières de la prose et de la poésie : le vers libre • L'écrivain à sa table de travail : L'écriture comme réparation • Groupement de textes : «Ce qui demeure» • Chronologie : Philippe Jaccottet et son temps • Fiche : Des pistes pour rendre compte de sa lecture Recommandé pour les classes de lycée.
Dossier et notes réalisés par Christine Bénévent. Lecture d'image par Sophie Barthélémy
Avec un dossier et des notes réalisés par Christine Bénévent (Centre d'études supérieures de la Renaissance de l'université de Tours) et une «lecture d'image» par Sophie Barthélémy (musée des Beaux-Arts de Dijon). Recommandé pour les classes de lycée.

Paru le 23-06-2011 - Format : Broché - 192 pages - 18 x 11 x 0 cm - 122 g - ISBN 10 : 2070443701 - ISBN 13 : 9782070443703

Collection : Folioplus Classiques

Tags : poèmes, poésie française, poésie, poésie contemporaine, deuil, recueil, temps qui passe, lexique, autres mondes, lyrisme, poésie moderne, littérature française, poèmes, poésie contemporaine, poésie française, recueil de poèmes, poésie, quête, vieillesse, angoisse, innocence, hiver, monde, scolaire, poésie francophone, developpement durable, littérature française, français, chinois, littérature suisse, littérature contemporaine, 20ème siècle.

Citations de À la lumière d'hiver (20)

Chose brève, le temps de quelques pas dehors,mais plus étrange encore que les mages et les dieux

Raisins et figuescouvés au loin par les montagnessous les lents nuages et la fraîcheur :sans doute, sans doute...Vient un moment où l'aîné se couchepresque sans force. On voitde jour en jour son pas moins assuré.Il ne s'ait plus de passer comme l'eau entre les herbes :cela ne se tourne pas.Lorsque le maître lui-mêmesi vite est emmené si loin,je cherche ce qui peut le suivre :ni la lanterne des fruits,ni l'oiseau aventureux,ni la plus pure des images ;plutôt le linge et l'eau changés,la main qui veille,plutôt le cœur endurant.(Leçons)

"Lapidez-moi encore de ces pierres du tempsqui ont détruit les dieux et les fées,que je sache ce qui résiste à leur parcours et à leur chute."

" Mais chaque jour, peut-être, on peut reprendre le filet déchiré, maille après maille,et ce serait, dans l'espace plus haut,comme recoudre, astre à astre, la nuit..."

Un simple souffle, un nœud léger de l'air, une graine échappée aux herbes folles du Temps, rien qu'une voix qui volerait chantant à travers l'ombre et la lumière,s'effacent-ils, : aucune trace de blessure.La voix tue, on dirait plutôt, un instant,l'étendue apaisée, le jour plus pur.Qui sommes-nous, qu'il faille ce fer dans le sang?

Il y a la peine, qui ravine,il y a le froid qui gagne,quelquefois c'est comme si l'on n'avait plus de peau,seulement la pierre des os :une cage de pierre avec au centre un foyer froid,une espèce de geôle où l'on ne saits'il y a encore à délivrer,et la clef heurtant les barreauxfait un bruit dur et mat.La peine a pris racine avec des cordes jaunescomme l'ortieet le visage s'est assombri.Il est des plantes si tenacesque le feu seul peut en avoir raison.

"Oui, oui, c'est vrai, j'ai vu la mort au travailet, sans aller chercher la mort, le temps aussi,tout près de moi, j'en donne acte à mes deux yeux,adjugé ! Sur la douleur, on en aurait trop long à dire.Mais quelque chose n'est pas entamé par ce couteauou se referme après son coup comme l'eau derrière la barque."

Arrête-toi, enfant : tes yeux ne sont pas faits pour voir cela.ferme-les encore un moment, dors en aveugle,oh encore un moment ignore, et que tes yeuxrestent pareils au ciel naïf.Recueille les oiseaux et la lumièreun temps encore,toi qui grandis pareille à un tremble scintillant,ou recule - si tu ne veux pas crier de peursous le harpon.

Je l'ai vue droite et parée de dentellescomme un cierge espagnol.Elle est déjà comme son propre cierge, éteint.

Fidèles yeux de plus en plus faibles jusqu'àce que les miens se ferment, et après eux, l'espacecomme un éventail peint dont il ne resterait plusqu'un frêle manche d'os, une trace glacéepour les seuls yeux sans paupières d'autres astres.

La seule grâce à demander aux dieux lointains,Aux dieux muets, aveugles, détournés,A ces fuyards,Ne serait-elle pas que toute larme répandueSur le visage procheDans l'invisible terre fît germerUn blé inépuisable ?

Les larmes quelquefois montent aux yeuxcomme une source,elles sont de la brume sur des lacs,un trouble du jour intérieur,une eau que la peine a salée.

Les larmes quelquefois montent aux yeux comme une source elles sont de la brume sur des lacs, un trouble du jour intérieur , une eau que la peine a salée .

Je me souviens qu'un été récent, alors que je marchais une fois de plus dans la campagne, le mot joie, comme traverse parfois le ciel un oiseau que l'on n'attendait pas et que l'on n'identifie pas aussitôt, m'est passé par l'esprit et m'a donné, lui aussi, de l'étonnement. Je crois que d'abord, une rime est venue lui faire écho, le mot soie ; non pas tout à fait arbitrairement, parce que le ciel d'été à ce moment-là, brillant, léger et précieux comme il l'était, faisait penser à d'immenses bannières de soie qui auraient flotté au-dessus des arbres et des collines avec des reflets d'argent, tandis que les crapauds toujours invisibles faisaient s'élever du fossé profond, envahi de roseaux, des voix elles-mêmes, malgré leur force, comme argentées, lunaires. Ce fut un moment heureux ; mais la rime avec joie n'était pas légitime pour autant. LE MOT JOIE ( extrait )

Un simple souffle, un noeud léger de l'air, une graine échappée aux herbes folles du Temps, rien qu'une voix qui volerait chantant à travers l'ombre et la lumière.

Qui sommes-nous, qu'il faille ce fer dans le sang ?

Songe à ce que serait sur ton ouïe,toi qui es à l'écoute de la nuit,une très lente neige de cristal.

Cela, c'est quand on ne peut plus se dérober à la douleur,qu'elle ressemble à quelqu'un qui approcheen déchirant les brumes dont on s'enveloppeabattant un à un les obstacles, traversantla distance de plus en plus faible - si près soudainqu'on ne voit plus que son mufle plus largeque le ciel.Parler alors semble mensonge ou pire : lâcheinsulte à la douleur, et gaspillagedu peu de temps et de forces qui nous reste.

Les larmes quelquefois montent aux yeux comme d'une source,elles sont de la brume sur des lacs,un trouble du jour de l'intérieur,une eau que la peine a salée.

Elle s'approche du miroir rondcomme une bouche d'enfantqui ne sait pas mentir,vêtue d'une robe de chambre bleuequi s'use elle aussi.Cheveux bientôt couleur de cendresous le très lent feu du temps.Le soleil du petit matinfortifie encore son ombre.

< Voir moins de citations
Voir plus de citations >

Critiques de À la lumière d'hiver : avis de lecteurs (16)


  • Critique de À la lumière d'hiver par oran (Babelio)

    Ce recueil A la lumière d'hiver m'a permis de découvrir Philippe Jaccottet et sa poésie en vers libres.J'ai apprécié la sensibilité, le lyrisme de certains poèmes (« raisins et figues », évoquant ...

    Lire la critique complète >
    Par oran - publiée le 02/08/2019

  • Critique de À la lumière d'hiver par BeneRogue (Babelio)

    Recueil de poésie lu en terminale pour les cours. Les poèmes sont sympathiques, mais légèrement répétitifs. Jaccottet a vraiment une jolie plume.

    Lire la critique complète >
    Par BeneRogue - publiée le 02/06/2018

  • Critique de À la lumière d'hiver par VACHARDTUAPIED (Babelio)

    Pas très gai, mais malgré tout très beau........

    Lire la critique complète >
    Par VACHARDTUAPIED - publiée le 14/04/2013

  • Critique de À la lumière d'hiver par Boeuf Didier (Amazon)

    Si les poésies de l'auteur sont quelque peu ésotériques, mais néanmoins attachantes, en revanche la biographie et les réflexions sur la poésie et ses structures sont passionnantes.

    Lire la critique complète >
    Par Boeuf Didier - publiée le 11/03/2020

  • Critique de À la lumière d'hiver par vagarie (Amazon)

    Je les achetés pour mes cours (l'année dernière) Bien que le début ne m'enchanter pas plus que ça. La deuxième partie du livre est vraiment magnifique !! Et après une ou deux relecture c'est le livre tout entie...

    Lire la critique complète >
    Par vagarie - publiée le 24/06/2013

  • Critique de À la lumière d'hiver par nrisovics (Babelio)

    Beau, riche varié. Les thèmes tournent pas mal autour du deuil, de la mort, parfois du bonheur également. Juste très très bon.

    Lire la critique complète >
    Par nrisovics - publiée le 20/02/2019

  • Critique de À la lumière d'hiver par saphoo (Babelio)

    Philippe Jaccottet a l'art et la manière d'écrire des instants, des émotions, des sensations, avec peu de mots, l'écho se fait grandiose. Teintée de nostalgie, de fragilité, ou encore de fugacité, c...

    Lire la critique complète >
    Par saphoo - publiée le 25/07/2018

  • Critique de À la lumière d'hiver par sabine59 (Babelio)

    Je ne connaissais que quelques poèmes de Philippe Jaccottet, également critique et traducteur. Cet assemblage de différents recueils qui s'échelonne de 1966 à 1976 m'a beaucoup plu. Une thématiqu...

    Lire la critique complète >
    Par sabine59 - publiée le 11/07/2018

  • Critique de À la lumière d'hiver par MelleBrightside (Babelio)

    Ouvert en cours de littérature au lycée et jamais refermé depuis. Je ne suis pas très poésie et pourtant ce recueil m'a transcendé dès les premiers vers, Jaccottet sait trouver les mots justes, je di...

    Lire la critique complète >
    Par MelleBrightside - publiée le 13/07/2017

  • Critique de À la lumière d'hiver par LN (Babelio)

    Ce recueil regroupe "A la lumière d'hiver", "Chants d'en bas", "Pensées sous les nuages", et « Leçons ». Une note de Jaccottet lui-même précise que « Leçons » et « Chants d'en bas ...

    Lire la critique complète >
    Par LN - publiée le 31/05/2016

  • Critique de À la lumière d'hiver par colimasson (Babelio)

    « Qui sommes-nous, qu'il faille ce fer dans le sang ? » Le fer, l'hiver et la mort. Philippe Jaccottet a composé ces différents recueils de poèmes entre 1966 et 1976 comme différents points d'un ...

    Lire la critique complète >
    Par colimasson - publiée le 21/04/2014

  • Critique de À la lumière d'hiver par paroles (Babelio)

    Philippe Jaccottet, né le 30 juin 1925, est un écrivain, poète, critique littéraire et traducteur. Il a traduit Thomas Mann, Rilke, Goethe.... La traduction est une parie importante de son oeuvre. Comm...

    Lire la critique complète >
    Par paroles - publiée le 01/12/2013

  • Critique de À la lumière d'hiver par lareinedurire (Babelio)

    Je vais être honnête, je n'ai lu A la lumière d'hiver que parce qu'il m'était imposé dans mon programme de Terminale L cette année. Dans ce cadre, il m'a donc été nécessaire de l'étudier relativement ...

    Lire la critique complète >
    Par lareinedurire - publiée le 14/08/2012

  • Critique de À la lumière d'hiver par cicou45 (Babelio)

    Étant curieuse de tout et ayant trouvé cet ouvrage par hasard, j'ai voulu voir un petit peu ce qu'écrivait Philippe Jaccottet et c'est avec bonheur que j'ai lu ce dernier qui comprend non seulement le...

    Lire la critique complète >
    Par cicou45 - publiée le 06/08/2012

  • Critique de À la lumière d'hiver par meyeleb (Babelio)

    Les saisons passent et repassent. Je lis et relis A la lumière d'hiver. Même étonnement devant le mystère poétique, la profondeur à laquelle nous invite la pensée de Philippe Jaccottet. Sa poésie nous...

    Lire la critique complète >
    Par meyeleb - publiée le 20/01/2012

  • Critique de À la lumière d'hiver par vincentf (Babelio)

    Même questionnement qu'avec Bonnefoy, même seuil à franchir. Comment lire la poésie? Impression de n'avoir fait que passer sous mes yeux des mots, de ne pas les avoir lus. La poésie, peut-être est-ce ...

    Lire la critique complète >
    Par vincentf - publiée le 01/07/2010
< Voir moins de critiques
Voir plus de critiques >

Du même auteur

Commentaires

Connexion




S'inscrire

Inscription à Livres Actu




Se connecter