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Peter Handke

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Peter Handke est né à Griffen, en Autriche, en 1942. Il vit actuellement en France, près de Paris. Son œuvre romanesque lui a valu le prix Büchner, l’un des prix littéraires allemands les plus importants. Il est aussi l’auteur de pièces de théâtre ... Plus >

Mon année dans la baie de Personne (2000)

De Peter Handke chez Gallimard
(3 votes, note moyenne : 4.0)

Voici le grand livre de Peter Handke.L'auteur y emprunte, comme déjà dans plusieurs ouvrages précédents, le masque d'un narrateur qui lui ressemble : Georg Keuschnig, écrivain autrichien habitant près de Paris, qui évoque ici une année de sa vie dans une banlieue tranquille en lisière de forêt. La baie de Personne n'est autre que cette niche écologique, microcosme ouvert en fait sur le monde entier par le jeu du souvenir, de l'attente et des amitiés.Somptueusement écrit, ce récit poétique d'une aventure intérieure à la fois solitaire et unanimiste confirme magistralement la place de Peter Handke parmi les grands écrivains de ce siècle, comme Rilke, comme Pessoa.

Paru le 01-03-2000 - Format : Broché - 720 pages - 18 x 11 x 2 cm - 342 g - ISBN 10 : 2070407284 - ISBN 13 : 9782070407286

Collection : Folio

Tags : récits, chroniques, souvenirs d'enfance, récit d'aventures, prose, roman, conte fantastique, poèmes, poésie, autobiographie, banlieue, vin, temps qui passe, récit poétique, autrichiens, peintre, russe, allemagne, littérature allemande.

Citations de Mon année dans la baie de Personne (5)

S'il ne lisait pas, il ne voyait pas le jour dans le jour.

(...) avec la lune ascendante, un froid mordant a envahi la baie. Les étangs, notamment le sauvage, celui qui n'a pas de nom au cœur de la forêt, ont gelé, la glace noire faisait des dessins en forme de roseaux cassés, et en allant là-bas, avant de rester assis dans la pièce qui donne sur le jardin, j'y faisais glisser les cailloux dont tout la forêt tintait, bourdonnait, claquait, pépiait comme si cela venait d'un instrument dont on pinçait les cordes, et il pouvait se faire qu'un des oiseaux cachés derrière les buissons aquatiques se sentît appelé et lançât en retour son propre appel.

Car en voyageant, à la différence d'autrefois, je ne pouvais plus, aujourd'hui, intervenir nulle part. [...]Et un jour, je suis effectivement devenu fou. Ma folie est restée intérieur et n'a pas duré. Mais si elle avait éclaté hors de moi, je n'aurais pas pu revenir en arrière.

Quand je nageais en remontant le cours supérieur si clair des rivières alpines, heurté parfois par la bouche cartilagineuse des poissons, les montagnes et le ciel venaient tout près et paraissaient, en même temps que les eaux qui comme l'Euphrate et le Tigre de Wolfram von Eschenbach sortaient du "paradis", élémentaires et épiques comme cela n'arrive même pas en rêve.

Bientôt - longtemps avant ma quarantième année, je me rendis compte que la vie citadine de Paris, même à ses marges, n'était pas faite pour moi : malgré toutes les chances qu'elle me donnait, jusqu'à un oubli libérateur de moi-même, malgré tout l'élan (dont il est vrai que je ne savais que faire), presque rien de cette environnement n'agissait en moi, et si je n'étais pas saisi par quelque chose que j'avais sous les yeux, j'avais le sentiment d'un manque et l'impression d'être sans vie, ou tout au moins de n'être pas au sommet de moi-même. Les choses de la capitale avaient cessé, au fil des ans, d'exercer un effet durable, les cafés comme les cinémas, les boulevards, le métro, même l'eau qui coulait dans les ruisseaux, les morceaux de papier à la dérive qui traversaient les places, les chats qui bondissaient entre les rangées de tombes dans les grands cimetières, les nuages qui défilaient au-dessus. Autant les choses de la métropole pouvaient toujours être agréables, autant elle n'avaient plus rien à dire. Elles ne signifiaient plus rien pour moi, ne me faisaient plus rien ressentir, ne me rappelaient plus rien (ne se rattachaient à rien dans mes souvenirs d'enfance), avaient cessé de me rendre rêveur, et inventif - et tout cela était nécessaire pour être enthousiasmé ou simplement avoir chaque jour le sentiment de vivre. Bien que je fusse encore jeune, je n'avais plus rien à faire dans les grandes villes. Il y régnait à mes yeux l'absence de conséquences ; et mes journées ne devait'ent pas être sans conséquences. Et je le sais maintenant : dans les métropoles, de même qu'au soleil, je perds facilement la mémoire ; à l'ombre, dans l'obscurité, elle me revient, imprécise, mais monumentale. Au temps de Gilgamesh, les dieux étaient encore dans la capitale. Et aujourd'hui ?


Critiques de Mon année dans la baie de Personne : avis de lecteurs (3)


  • Critique de Mon année dans la baie de Personne par clairejeanne (Babelio)

    Prix Nobel de Littérature 2019 Attention écriture somptueuse ! Ample et poétique, évocatrice et profonde, une écriture qui frappe, qui étonne et qui satisfait le lecteur. Bien que les sujets traité...

    Lire la critique complète >
    Par clairejeanne - publiée le 01/01/2020

  • Critique de Mon année dans la baie de Personne par saphoo (Babelio)

    C'est un livre étrange, difficile de décrire, et encore moins de la classer dans une catégorie. il est roman, poème, carnets, c'est avant tout, un partage dans l'année d'une vie d'un écrivain. Nous ch...

    Lire la critique complète >
    Par saphoo - publiée le 12/07/2017

  • Critique de Mon année dans la baie de Personne par Philippe67 (Babelio)

    Je suis en train de découvrir cet auteur et ce livre, conte, poeme, c'est un récit d'aventure intérieure très sensible, qui semble écrit comme dans un rêve suivant la pensée de l'auteur et ses divagat...

    Lire la critique complète >
    Par Philippe67 - publiée le 07/08/2011

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