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Paul Claudel

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Né le 6 août 1868 à Villeneuve-sur-Fère (Aisne), Paul Claudel publie en 1889 son premier drame Tête d'Or. Diplomate, il sera nommé aux quatre coins du monde, jusqu'à sa retraite en 1935. Il est élu en 1946 à l'Académie française et meurt à Paris le 2... Plus >

Le Soulier de satin ou Le pire n'est pas toujours sûr (1929)

De Paul Claudel chez Gallimard

Le Soulier de satin occupe une place à part dans l'histoire du théâtre au XXᵉ siècle. Cette pièce, qui a pour scène le globe terrestre tout entier, et qui se passe à l'âge d'or espagnol, rejoue pour nous tous les drames intimes de Claudel, le déchirement que le désir et l'amour apportent dans la chair. Le style, lui, englobe tous les styles, du burlesque au mystique, du tragique au poétique. Tout Claudel s'y est accompli, ouvert, illuminé.
Version intégrale
Édition originale en deux volumes

Paru le 16-12-1929 - Format : Broché - 480 pages - 2 x 1 x 2 cm - 395 g - ISBN 10 : 2070214907 - ISBN 13 : 9782070214907

Collection : Blanche

Tags : 20ème siècle, espagnol, français, littérature française, france, amour, romantique, histoire d'amour, religion, christianisme, theatre français, divin, adapté au cinéma, drame, séparation, comique, classique, théâtre, pièce de theatre, roman, littérature française du 20e, 20ème siècle, chinoise, français, littérature française, france, amour, amours impossibles, catholicisme, catholique, religion, theatre français, silence, adapté au cinéma, drame, séparation, action, classique, théâtre, roman.

Citations de Le Soulier de satin ou Le pire n'est pas toujours sûr (10)

Qu'est-ce que cette femme que vous aimez? Au dehors cette bouche peinte comme avec un pinceau, ces yeux plus beaux que s'ils étaient des boules de verre, ces membres exactement cousus et ajustés? Mais au dedans c'est le chagrin des démons; le ver, le feu, le vampire attaché à notre substance! La matière de l'homme qui lui est entièrement soutirée et il ne reste plus qu'une forme brisée et détendue comme un corpuscule de cricri, horreur! Ne suis-je pas dans la dépendance de Votre Seigneurie? que de fois ne l'ai-je suppliée de songer au salut de son âme et de la mienne? Que seront dans cent ans ces cent livres de chair femelle auxquelles votre âme s'est amalgamée comme avec un crochet? Un peu d'ordure et de poussière, des os!

Et crois-tu que la joie soit une chose qu'on donne et qu'on retrouve telle quelle? Celle que tu me donnes, c'est sur le visage des autres que tu la verras.

L'ordre est le plaisir de la raison, mais le désordre est le délice de l'imagination. Qui prétend que je ne peux pas pleurer? Ne suis-je pas une créature comme elle?

N'est-ce rien que ce rien qui nous délivre de tout?

La joie d'un être est-elle pas dans sa perfection? et si notre perfection est d'être nous-mêmes, cette personne exactement que le destin nous a donnée à remplir, D'où vient cette profonde exultation comme le prisonnier qui dans le mur entend la sape au travail qui le désagrège, quand le trait de la mort dans notre côté s'est enfoncé en vibrant? Ainsi la vue de cet ange pour moi qui fut comme le trait de la mort! Ah! cela prend du temps de mourir et la vie la plus longue n'est pas de trop pour apprendre à correspondre à ce patient appel! Une blessure à mon côté comme la flamme peu à peu qui tire toute l'huile de la lampe! Et si la perfection de l'œil n'est pas dans sa propre géométrie mais dans la lumière qu'il voit et chaque objet qu'il montre Et la perfection de la main non pas dans ses doigt mais dans l'ouvrage qu'elle génère, Pourquoi aussi la perfection de notre être et de notre noyau substantiel serait-elle toujours associée à l'opacité et à la résistance, Et non pas l'adoration et le désir et la préférence d'autre chose et de livrer sa lie pour de l'or et de céder son temps pour l'éternité et de présenter à la transparence et de se fendre enfin et de s'ouvrir enfin dans un état de dissolution ineffable? De ce déliement, de cette délivrance mystique nous savons que nous sommes par nous-mêmes incapables et de là ce pouvoir sur nous de la femme pareil à celui de la Grâce.

L'ordre est le plaisir de la raison : mais le désordre est le délice de l'imagination.

Qu'importe le désordre, et la douleur d'aujourd'hui puisqu'elle est le commencement d'autre chose, puisque Demain existe , puisque la vie continue, cette démolition avec nous des immenses réserves de la création, Puisque la main de Dieu n'a pas cessé son mouvement qui écrit avec nous sur l'éternité en lignes courtes ou longues, Jusqu'aux virgules, jusqu'au point le plus imperceptible, Ce livre qui n'aura son sens que quand il sera fini. C'est ainsi que par l'art du poète une image aux dernières lignes vient réveiller l'idée qui sommeillait aux premières, revivifier maintes figures à moitié faites qui attendaient l'appel.

Je ne veux que dormir près de toi en te donnant la main, Ecoutant la forêt, la mer, l'eau qui fuit, et l'autre qui revient toujours,Cette joie sacrée, cette tristesse immense, mélangée à ce bonheur ineffable.Plus tard quand Dieu nous aura unis, d'autres mystères nous sont réservés.

Je n'épouserai personne ! C'est dans la prison de Londres que je me suis aperçue que j'avais une âme, une âme vivante et qui n'était pas faite pour vivre dans une prison. J'ai juré que jamais plus je ne me laisserais mettre dans une prison.J'ai juré que jamais je ne supporterais un gros corps d'homme entre le soleil et moi !Je ne veux pas vivre dans la pâte !Je veux quelqu'un qui m'aide et non qui m'engloutisse !On vit, avec vous ! Je vis, avec vous, depuis deux jours ! vous ne me demandez rien, vous êtes comme la musique qui ne vous demande rien mais qui d'emblée, vous enlève et vous met d'accord avec elle.Dès que vous êtes là, il y a de la musique, je me livre avec ardeur, confiance et mesure, comme entre les bras d'un puissant danseur, je sens que je fournis à votre esprit ce qu'il voulait ! Vous êtes là et aussitôt je suis forte et gaie, je me sens toute brillante et toute sonore !C'est comme un coup de trompette qui vous nettoie, comme une fanfare guerrière qui ranime l'esprit abattu et le remplit de courage et de feu !Et en même temps nous sommes libres tous les deux ! Je n'ai aucun droit sur vous et vous aucun sur moi. C'est charmant ! Nous sommes ensemble tant que durera la musique.

Tous deux séparés par d'épais murs parcourent en vain pour essayer de se rejoindre les escaliers du délire.

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Critiques de Le Soulier de satin ou Le pire n'est pas toujours sûr : avis de lecteurs (13)


  • Critique de Le Soulier de satin ou Le pire n'est pas toujours sûr par Henri Bès (Amazon)

    Je n'avais pas pu, malgré mes tentatives, lire "Le soulier de satin" avant de l'avoir vu au préalable au théâtre. D'autres, plus imaginatifs que moi, sauront le lire sans l'avoir vu. La scène est l'univers, ave...

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    Par Henri Bès - publiée le 22/08/2004

  • Critique de Le Soulier de satin ou Le pire n'est pas toujours sûr par Phoebe (Amazon)

    Cette pièce, qui peut être considérée comme une réécriture de Polyeucte de Corneille, est évidemment une réflexion sublime sur l'Amour, sur l'abnégation et le don de soi pour sauver l'autre. C'est une pièce ple...

    Lire la critique complète >
    Par Phoebe - publiée le 30/10/2009

  • Critique de Le Soulier de satin ou Le pire n'est pas toujours sûr par David Desjouhières (Amazon)

    Des passages brillants et inspirés, des phrases mystérieuses dont il se dégage du panache et de la poésie. Des longuers cependant. Quatre pièces en une, foisonnement de personnages, essentiellement des duos.Lyr...

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    Par David Desjouhières - publiée le 03/01/2020

  • Critique de Le Soulier de satin ou Le pire n'est pas toujours sûr par Tonio (Amazon)

    Tres bon livre

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    Par Tonio - publiée le 12/04/2019

  • Critique de Le Soulier de satin ou Le pire n'est pas toujours sûr par Sarah_DD (Babelio)

    C'est un univers en soi. Avant d'entamer la lecture: ouvrir le livre et lire au hasard. Le ton est partout, constitutif de l'oeuvre, homogène. Je ne suis pas fan, mais le choix des mots ou le rythme d...

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    Par Sarah_DD - publiée le 02/06/2008

  • Critique de Le Soulier de satin ou Le pire n'est pas toujours sûr par stcyr04 (Babelio)

    Le Soulier de Satin est une pièce de théâtre remarquable, réputée injouable - pensez, 500 pages en collection Folio et plus de 11 heures pour une exécution “complète”! Mise en scène difficile en raiso...

    Lire la critique complète >
    Par stcyr04 - publiée le 25/08/2012

  • Critique de Le Soulier de satin ou Le pire n'est pas toujours sûr par myker (Babelio)

    Polyphonie et drame intime : quand le silence est chargé de sons. Cette pièce est un formidable opéra tout en mouvement, couleurs et sensations, sur lequel l'angoisse et la souffrance de la séparat...

    Lire la critique complète >
    Par myker - publiée le 01/12/2012

  • Critique de Le Soulier de satin ou Le pire n'est pas toujours sûr par Aliceinwonderland (Babelio)

    Une pièce de théâtre injouable mais tellement belle, c'est ce que l'on pourrait dire à première vue. Quand j'étais au lycée, nous avons joué des extraits, c'est-à-dire la pièce en mode "jouable". J'....

    Lire la critique complète >
    Par Aliceinwonderland - publiée le 27/08/2013

  • Critique de Le Soulier de satin ou Le pire n'est pas toujours sûr par Henri-l-oiseleur (Babelio)

    Je n'avais pas pu, malgré mes tentatives, lire "Le soulier de satin" avant de l'avoir vu au préalable au théâtre. D'autres, plus imaginatifs que moi, sauront le lire sans l'avoir vu. La scène est l'un...

    Lire la critique complète >
    Par Henri-l-oiseleur - publiée le 19/12/2015

  • Critique de Le Soulier de satin ou Le pire n'est pas toujours sûr par arcade_d (Babelio)

    Comment ressort-on d'une telle lecture après une telle vision (Olivier Pi en 2009) : Re-vivifié Ré-enchanté Ré-généré La pièce puis sa lecture m'a fait le même effet généreusement dévastateur du f...

    Lire la critique complète >
    Par arcade_d - publiée le 15/06/2017

  • Critique de Le Soulier de satin ou Le pire n'est pas toujours sûr par Tsuru (Babelio)

    Ainsi parlait Sacha Guitry et je ne peux qu'être en accord au vu du supplice que peut représenter la lecture de cette pièce. Longue, interminablement longue la lecture de ce pavé s'apparente plus à un...

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    Par Tsuru - publiée le 16/09/2017

  • Critique de Le Soulier de satin ou Le pire n'est pas toujours sûr par Lutopie (Babelio)

    La pièce est la découverte du Nouveau Monde par Claudel. L'esthétique baroque, riche et foisonnante sied au sujet mais ce n'est pas de tout repos, vu la longueur de la pièce. On a tout de même un fil ...

    Lire la critique complète >
    Par Lutopie - publiée le 03/01/2019

  • Critique de Le Soulier de satin ou Le pire n'est pas toujours sûr par Bruidelo (Babelio)

    Je sais, le mot est galvaudé, mais là que dire d'autre? «ÉNORME !» Et pas seulement parce que c'est un sacré challenge pour le metteur en scène: jouée, la pièce dure facilement une bonne dizaine d'heu...

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    Par Bruidelo - publiée le 01/09/2019
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