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Paul Borrelli

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Paul Borrelli, né le 11 avril 1959 à Toulon, est un artiste et auteur français. Il est le neveu de l'ancien président du Paris Saint-Germain Football Club, Francis Borelli.[réf. nécessaire] Il a publié en 1994, 1997 et 1999, un cycle de trois romans ... Plus >

L'Ombre du chat (2002)

De Paul Borrelli chez Gallimard
(2 votes, note moyenne : 4.5)

Marseille dans les années 2030 : une ville immense, surpeuplée et déshumanisée. Plusieurs millions d'habitants s'y agglutinent sur dix-huit niveaux souterrains. La quasi-totalité des espèces animales a disparu à la suite d'un conflit mondial.Au-dessus de la lugubre métropole plane la menace d'un tueur en série : un mystique répétant ses rites initiatiques ignobles et préférant tuer à domicile. Sur ses traces, l'inspecteur de la criminelle se voit malgré lui associé dans une même quête à son ennemi, connu dans le milieu pour ses machines à tuer d'une précision implacable.
Sous la forme d'un roman policier futuriste, une œuvre noire dont l'intrigue bien menée tient le lecteur en haleine.

Paru le 24-04-2002 - Format : Broché - 384 pages - 17 x 10 x 2 cm - 225 g - ISBN 10 : 2070414507 - ISBN 13 : 9782070414505

Collection : Folio Policier

Tags : tueur en série, assassin, meurtre, pyschologie, sfff, visionnaire, noir, ségregation, apocalypse, mystique, racisme, thriller, romans policiers et polars, roman noir, science-fiction, anticipation, roman.

Citations de L'Ombre du chat (10)

— Je ne dors pas assez.— Tu devrais. C'est important pour avoir de bons réflexes.

Depuis longtemps, les Chinois connaissaient les vertus aphrodisiaques du venin de serpent. Nos laboratoires ont réussi depuis peu à synthétiser une molécule nouvelle, à base d'ADN de serpent, qui vous permettra de toujours satisfaire vos partenaires. Effets garantis. Posologie : 3 injections par jour. Pas d'utilisation prolongée sans avis médical.

C'était incontestablement la plus belle reine que j'aie jamais vue dans toute ma carrière : une dame de cour à l'effigie d'Elisabeth Ire, merveilleusement taillée dans l'ivoire, on pouvait en admirer les détails à la loupe : drapé des tissus, cheveux, diadème festonné, sceptre, jusqu'au bout des ongles… En plus, elle était conçue comme ces vierges ouvrantes, dont la robe se déplie en un triptyque sculpté. Je me souviens qu'à l'intérieur était reconstituée en miniature une scène de bataille, avec fantassins, cavaliers, archers… Une fois refermée, il était impossible de distinguer les charnières. Un travail magnifique, de toute beauté. J'ai réalisé ce jour-là qu'en succombant au charme de Cat, je m'étais fait rouler. C'était un marché de dupes, puisqu'ensuite je ne le reverrais plus. Le jeu valait dix, quinze, cent fois ce que… Enfin bref, j'ai refusé de donner la reine. Cat s'est mis dans une rage folle, nous nous sommes battus, et j'ai détruit la reine. Je l'ai jetée dans le poêle à bois qui me servait à éliminer les copeaux. L'ivoire a noirci et éclaté, Cat n'a rien pu sauver. Alors il a démoli tout ce que j'avais dans le magasin, et je ne l'ai jamais revu. Je n'ai pas porté plainte : j'ai mis le feu, et j'ai fait marcher l'assurance pour les dégâts.

Il aurait pu passer pour un étudiant si ce n'était l'âge et la fatigue qu'on lisait sur lui immédiatement : il était passé par le circuit, avait probablement été éjecté en route et, sans ressources, s'était adapté au contexte ambiant en faisant la plonge. Les années avaient fait le reste.

Une plaisanterie circulait parmi le personnel : on disait que le distributeur en savait plus long que tout le monde sur les affaires en cours. On disait aussi que les fuites d'informations ne venaient pas d'un piratage informatique complexe, mais d'un simple mouchard caché là-dedans, entre le réservoir d'eau et quelque container à poudre alimentaire. Le fait est que si la machine eût été dotée d'oreilles, elle aurait pu entendre une conversation déterminante pour la suite des événements :

On se disait que la vie n'est qu'une série de répétitions, de variations plus ou moins élaborées sur les mêmes constantes. Au volant de son engin, maître de sa trajectoire mais seulement à court terme, chacune de ces marionnettes finissait par oublier les fils du déterminisme au bout desquels elle s'agitait, absorbée qu'elle était à faire croire à son libre arbitre.

Éliminer Dominique ne suffit pas, je voudrais qu'on rase cette saleté de boîte, qu'on étripe tous ces porcs… Je ne peux pas me les faire tous, bien sûr, mais il me suffirait d'en choisir quelques-uns… Oui mais comment ? Le plus conforme serait de respecter le hasard.

Le psychiatre avait raison, il se dégageait de tous ces objets un parfum suranné, un relent d'oisiveté, l'univers douillet d'une enfant gâtée, entourée de nounours et de guimauve. De quoi rendre férocement jaloux Cat, le gueux dont l'enfance ressemblait à un roman d'Émile Zola.

Mais tout se paie, cher monsieur, et vous ne vous en tirerez pas comme ça. Enfin… chaque chose en son temps. Je vais d'abord vous citer vos délits : usurpation d'identité d'un fonctionnaire assermenté de la police. Vol de matériel strictement professionnel. Séquestration. Piratage informatique de données à caractère confidentiel. Destruction de biens publics et privés. Coups et blessures. Attaque à main armée. Enlèvement. Chantage, abus de confiance. Bris de scellés sur lieu de crime. Atteinte à la vie privée, et j'en oublie sûrement. Cela vous suffira ?

Il laissa choir l'épave et claudiqua jusqu'au comptoir. Il se servit un autre ouzo et s'essuya distraitement le visage avec un chiffon de ménage. Le tissu, imbibé de cire, déposa une traînée huileuse sur ses traits ingrats. Combes finit de boire avec un bruit de gorge et s'en versa un autre. Fidèle à ses habitudes, il effectua la même séquence de gestes : serrer un verre entre ses doigts épais, imprimer un lent mouvement à l'ensemble pour voir le glaçon dériver et fondre. La vie, c'est ça, pensait-il. On y tourne en rond, puis on disparaît.

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Critiques de L'Ombre du chat : avis de lecteurs (2)


  • Critique de L'Ombre du chat par Natalia-Esptein (Babelio)

    Excellent bouquin, nerveux, haletant, délirant mais très construit. Avec rigueur et clarté. A ne pas rater !

    Lire la critique complète >
    Par Natalia-Esptein - publiée le 10/10/2015

  • Critique de L'Ombre du chat par Charybde2 (Babelio)

    Dans une Marseille largement souterraine de 2032, un policier, un serial killer et un électronicien de la marge. Une somptueuse déliquescence. Sur mon blog : https://charybde2.wordpress.com/2016/11...

    Lire la critique complète >
    Par Charybde2 - publiée le 27/11/2016

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