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Pascal Quignard

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Pascal Quignard, né le 23 avril 1948 à Verneuil-sur-Avre, est un écrivain français. Il a été lauréat du prix Goncourt 2002 pour Les Ombres errantes, publié chez Grasset. Par ailleurs violoncelliste, il a fondé le Festival d'opéra et de théâtre baroq... Plus >

La Haine de la musique (1997)

De Pascal Quignard chez Gallimard
(4 votes, note moyenne : 4.8)

«Quand la musique était rare, sa convocation était bouleversante comme sa séduction vertigineuse.Quand la convocation est incessante, la musique repousse.Le silence est devenu le vertige moderne.Son extase.J'interroge les liens qu'entretient la musique avec la souffrance sonore.»Pascal Quignard.

Paru le 03-10-1997 - Format : Broché - 304 pages - 18 x 11 x 1 cm - 156 g - ISBN 10 : 2070400700 - ISBN 13 : 9782070400706

Collection : Folio

Tags : littérature, roman, essai, moderne, textes, livre papier, Philosophie et esthétique, musique classique, musique, shoah, france, littérature française, littérature contemporaine, 21ème siècle.

Citations de La Haine de la musique (9)

Lire au jardin dans la chaleur, la langueur, la lenteur, l'engourdissement qui l'assemblent l'été. La patte d'un lézardeau, tandis qu'elle déplace une feuille morte, produit un fracas qui fait sauter le coeur.

Les oreilles n'ont pas de paupières.

Ce ne fut pas pour apaiser leur douleur, ni même pour se concilier leurs victimes, que les soldats allemands organisèrent la musique dans les camps de la mort.Ce fut pour augmenter l'obéissance et les souder tous dans la fusion non personnelle, non privée, qu'engendre toute musique.Ce fut par plaisir, plaisir esthétique et jouissance sadique, éprouvés à l'audition d'airs aimés et à la vision d'un ballet d'humiliation dansé par la troupe de ceux qui portaient les péchés de ceux qui les humiliaient.Ce fut une musique rituelle.Primo Levi a mis à nu la plus ancienne fonction assignée à la musique. La musique, écrit-il, étant ressentie comme un « maléfice ». Elle était une « hypnose du rythme continu qui annihile la pensée et endort la douleur. »

Sur la totalité de l'espace de la terre, et pour la première fois depuis que furent inventés les premiers instruments de musique, l'usage de la musique est devenu à la fois prégnant et répugnant. Amplifiée d'une façon soudain infinie par l'invention de l'électricité et la multiplication de sa technologie, elle est devenue incessante, agressant de nuit comme de jour, dans les rues marchandes des centres-villes, dans les galeries, dans les passages, dans les grands magasins, dans les librairies, dans les édicules des banques étrangères où l'on retire de l'argent, même dans les piscines, même sur le bord des plages, dans les appartements privés, dans les restaurants, dans les taxis, dans le métro, dans les aéroports.Même dans les avions au moment du décollage et de l'atterissage.Même dans les camps de la mort.L'expression Haine de la musique veut exprimer à quel point la musique peut devenir haïssable pour celui qui l'a le plus aimée.

L'expression Haine de la musique veut exprimer à quel point la musique peut devenir haïssable pour celui qui l'a le plus aimée.

La musique attire à elle les corps humains. C'est encore la sirène dans le conte d'Homère. Ulysse attaché au mât de son vaisseau est assailli par la mélodie qui l'attire. La musique est un hameçon qui saisit les âmes et les mène dans la mort. Ce fut la douleur des déportés dont le corps se soulevait en dépit d'eux.

La musique multipliée à l'infini comme la peinture reproduite dans les livres, les magazines, les cartes postales, les films, les CR-ROM, se sont arrachées à leur unicité. Ayant été arrachées à leur unicité, elles ont été arrachées à leur réalité. Ce faisant, elles se sont dépouillées de leur vérité. Leur multiplication les a ôtées à leur apparition. Les ôtant à leur apparition, elle les a ôtées à la fascination originaire, à la beauté. (p.256-257)

Enfant, je chantai. Adolescent, comme tous les adolescents, ma voix se brisa. Mais elle demeura étouffée et perdue. Je m'ensevelis passionnément dans la musique instrumentale. Il y a un lien direct entre la musique et la mue. Les femmes naissent et meurent dans un soprano qui paraît indestructible. Leur voix est un règne. [...] p. 154

Les émissions de la télévision s'intéressent aux écrivains comme les fils à haute tension s'intéressent aux oiseaux : C'est-à-dire, à la fois, par hasard, et pour tuer. (p.276)

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Critiques de La Haine de la musique : avis de lecteurs (4)


  • Critique de La Haine de la musique par Margotte (Babelio)

    En dix traités, Pascal Quignard nous invite à réfléchir sur la musique. Il "interroge les liens qu'entretient la musique avec la souffrance sonore". Au travers d'anecdotes, historiettes, simples réfle...

    Lire la critique complète >
    Par Margotte - publiée le 26/05/2010

  • Critique de La Haine de la musique par MILANO (Amazon)

    Livre que j'ai déjà acquis en version "poche", j'ai été heureux de le trouver en "broché" car l'autre a été remis à une amie.C'est un livre qu'il faut lire et relire, prendre en désordre, peu importe. Ce sont d...

    Lire la critique complète >
    Par MILANO - publiée le 31/12/2013

  • Critique de La Haine de la musique par Oguzhan (Amazon)

    Très bon

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    Par Oguzhan - publiée le 15/05/2019

  • Critique de La Haine de la musique par Amazon Customer (Amazon)

    "Les oreilles n'ont pas de paupière". La musique nous trouve nu, sans défense, et nous frappe comme une envoutante malédiction. Au fil des dix petits traités qui composent l'ouvrage, Quignard nous entraîne dan...

    Lire la critique complète >
    Par Amazon Customer - publiée le 11/09/2001

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