livres actu Livres Actu

Accueil > Orhan Pamuk

Orhan Pamuk

Orhan Pamuk est né en 1952 à Istanbul. Il a fait des études d’architecture, de journalisme et a effectué de longs séjours aux États-Unis (Université d’Iowa, Université de Columbia). Il est l’auteur notamment du Livre noir, prix France-Culture 1995, de Mon nom est Rouge, prix du Meilleur livre étranger 2002, de Neige, prix Médicis Étranger en 2005 et prix Méditerranée Étranger 2006, et d’Istanbul. Son œuvre est traduite en quarante langues. Il a reçu le prix Nobel de la littérature en 2006.

Présentation de Orhan Pamuk (Wikipedia)

Orhan Pamuk (de son vrai nom Ferit Orhan Pamuk), né le 7 juin 1952 à Istanbul en Turquie, est un écrivain de langue turque. Issu d'une famille cultivée de la bourgeoisie stambouliote, Orhan Pamuk envisage d'abord des études de peinture et de journalisme, avant de se consacrer entièrement à la littérature. Son premier roman (Cevdet Bey et ses fils, 1982) s'inspire en partie de son histoire familiale et place au cœur du récit les bouleversements de la Turquie contemporaine et les métamorphoses de sa ville natale, thèmes que l'écrivain n'aura de cesse d'explorer tout au long de son œuvre. En 1983, Le Château blanc, premier roman de Pamuk à être traduit en anglais, marque une étape dans sa carrière d'écrivain et une évolution vers des recherches narratives et formelles proches du postmodernisme et du réalisme magique. L'ouvrage apporte une renommée internationale et une aura de prestige à son auteur, amplifiées au fil des années par de nouveaux grands succès publics et critiques : Le Livre noir (1990), Mon nom est Rouge (1998), Neige (2002), Le Musée de l'innocence (2008) ou Cette chose étrange en moi (2014). Il a aussi publié plusieurs ouvrages sur Istanbul et un livre de souvenirs, D'autres couleurs (2011). Traduit dans plus de soixante langues, lauréat de nombreux prix littéraires internationaux, Orhan Pamuk est souvent considéré comme l'écrivain turc le plus célèbre dans le monde. Ses romans ont rencontré un succès planétaire depuis leur parution et l'on estime qu'ils se sont vendus à plus de onze millions d'exemplaires. En 2006, il obtient le prix Nobel de littérature, devenant ainsi le premier Turc à recevoir cette prestigieuse distinction. La même année, il est classé par le magazine Time dans la liste des 100 personnalités les plus influentes du monde.

Livres de Orhan Pamuk

Citations de Orhan Pamuk (50)

Peut-être que vous riez de voir avec quelle facilité je me suis fait rouler dans la farine., vous qui savez pertinemment qu'il s'agit d'un mensonge. Je vous dirai donc ceci : ceux qui tournent tout en dérision ne peuvent ni vraiment tomber amoureux ni réellement croire en Dieu. Parce qu'ils sont pétris d'orgueil. Or, au même titre que l'amour pour Dieu, l'émotion amoureuse est un sentiment si céleste que l'on est uniquement obsédé par l'objet de son amour.

– Cette chose étrange en moi

Pour une bonne compréhension de notre histoire, je reviendrai de temps en temps sur ces deux caractéristiques de notre héros que sont sa figure enfantine, aussi bien dans sa jeunesse qu'après la quarantaine, et la propension des femmes à le trouver beau. Quant à son caractère foncièrement optimiste et plein de bonne volonté – sa naïveté selon certains – vous pourrez le constater par vous-même sans que j'ai spécifiquement besoin de le rappeler. P 20

– Cette chose étrange en moi

Ces dernières années, Mevlut avait peur de vieillir, de mourir, de sombrer dans l'oubli et de disparaître. Il n'avait jamais fait de mal à personne, il s'était toujours efforcé d'être une bonne personne; et il croyait que s'il ne commettait aucun faux pas jusqu'à la fin de sa vie, il irait au paradis. Mais la peur d'avoir vécu en vain et d'être oublié, une peur qui ne l'avait jamais effleuré dans sa jeunesse, commençait à le ronger ces derniers temps… (p. 658)

– Cette chose étrange en moi

Ah, trouillard de Mevlut, ah. Il me regarde, et en même temps il fait comme s'il ne me regardait pas. Du coup, je l'ai regardé de mes yeux ensorceleurs comme si je voulais le « retenir captif », de même que je l'avais fait vingt-trois ans plus tôt lorsque nous nous étions croisés au mariage de Korkut, et conformément à ce qu'il avait écrit dans ses lettres. Je l'ai regardé pour lui « barrer la route et voler son cœur tel un brigand », pour que mon regard dilate son cœur et y sème l'abondance. Ensuite, je l'ai regardé pour qu'il se voie dans le miroir de mon cœur.

– Cette chose étrange en moi

Dans le monde qui apparaissait à la fenêtre du train, il y avait infiniment plus de gens, de champs de blé, de peupliers, de vaches, de ponts, d'ânes, de maisons, de montagnes, de mosquées, de tracteurs, d'inscriptions, de lettres, d'étoiles et de pylônes électriques que Mevlut n'en avait vus durant ses douze ans d'existence.

– Cette chose étrange en moi

— Mon cher Süleyman, mon enfant, l'important n'est pas de savoir qui au départ est amoureux de qui. L'important dans le mariage, c'est d'être heureux une fois qu'on s'est mariés. C'est d'ailleurs pour cela que notre Prophète a interdit que la fille et le garçon se connaissent avant le mariage, fassent l'amour et gaspillent leur enthousiasme, et que le Coran interdit aux femmes adultes de circuler la tête découverte…— Très juste », dit Süleyman.

– Cette chose étrange en moi

Une bonne éducation abolit la différence entre riches et pauvres. P 95

– Cette chose étrange en moi

Lorsqu'il dit « oui » à l'officier d'état civil qui procédait au mariage, Mevlut sentit qu'il pourrait remettre en toute confiance sa vie entière entre les mains de Rayiha et se fier à son intelligence. Il comprenait que se couler dans le sillage de son épouse sans s'inquiéter de rien – comme ce serait le cas durant tout leur mariage – lui faciliterait la vie et rendrait heureux son enfant intérieur. P 270

– Cette chose étrange en moi

En ville, on pouvait être seul au milieu de la foule. Et ce qui fait qu'une ville est une ville, c'est justement la possibilité de se fondre dans la foule et d'y cacher son étrangeté. P 133

– Cette chose étrange en moi

…on a coutume de dire que le plus difficile dans un mariage arrangé, c'est l'obligation pour la femme non pas d'épouser, mais d'aimer un parfait inconnu… En réalité, épouser quelqu'un qu'elle ne connaît pas est sûrement ce qu'il y a de plus facile pour une fille, parce que plus on les connaît, plus c'est dur de les aimer, croyez-moi.(p. 284)

– Cette chose étrange en moi

C'est sans doute vers cette période que je commençai à pressentir que pour la majorité des gens l'existence était non pas un bonheur à vivre intérieurement et en toute sincérité mais un état dans lequel on était constamment tenu de jouer un rôle, dans un espace étroit fait de contraintes, de punitions et de mensonges auxquels il fallait faire mine de croire.

– Le musée de l'Innocence

Jamais je n'oublierai cet instant où, du balcon de ma mère, ma fiancée et moi contemplâmes la lente et gracieuse descente du foulard violet, se déployant ou se rétractant au gré du léger vent qui imprimait à sa course des mouvements capricieux de cerf-volant. C'est là notre dernier souvenir heureux.

– Le musée de l'Innocence

L'amour est impossible dans un pays où hommes et femmes ne peuvent se cotoyer, se fréquenter et discuter ensemble, assena-t-elle. Et tu sais pourquoi? Parce que dès qu'une femme s'intéresse à eux, les hommes lui sautent dessus comme des bêtes affamées, sans faire de détail. C'est ancré dans leurs habitudes; ensuite, ils prennent ça pour de l'amour. Comment l'amour pourrait-il exister dans de pareilles conditions?

– Le musée de l'Innocence

Pour moi, le bonheur n'était plus ce don gratuit que Dieu m'avait accordé de plein droit à la naissance et que je m'étais approprié sans effort ; il s'était transformé en un bien précieux obtenu et conservé à grand-peine par des gens chanceux, intelligents et circonspects.

– Le musée de l'Innocence

Le bonheur, c'est seulement d'être auprès de la personne qu'on aime.

– Le musée de l'Innocence

En réalité, nul ne sait lorsqu'il le vit qu'il s'agit là du moment le plus heureux de sa vie. Lors de grands moments d'allégresse, certains peuvent sans doute penser (et affirmer) en toute bonne foi que c'est "maintenant" qu'ils vivent ce moment en or de leur existence. Cependant, dans un coin de leur tête, ils croient qu'ils vivront encore un nouveau bonheur, plus grand, plus beau que celui-ci. Car de même que personne (notamment dans son jeune âge) ne pourrait poursuivre sa vie en pensant que dorénavant tout ira de mal en pis, quiconque ayant obtenu un bonheur assez grand pour se dire que c'était le moment le plus heureux de sa vie reste assez optimiste pour envisager un bel avenir.

– Le musée de l'Innocence

Loin de Füsun, je perdais toute sérénité, le monde se transformait à mes yeux en une énigmatique charade. En voyant Füsun, j'avais l'impression que toutes les pièces du puzzle se remettaient instantanément en place et, me souvenant combien le monde était un endroit plein de sens et de beauté, je soufflais à nouveau.

– Le musée de l'Innocence

Je m'en veux surtout de n'avoir su m'obstiner et me battre comme elle pour obtenir ce que je voulais dans la vie.

– Le musée de l'Innocence

Mais sans la gaieté de l'enivrement que m'inspirait la beauté du matin, ce n'est que rarement que je pouvais sincèrement croire en ces rêves. La plupart du temps, je ne parvenais pas l'oublier et ce qui modelait ma souffrance amoureuse était non plus l'absence de Füsun mais le constat que cette douleur semblait ne jamais devoir prendre fin.

– Le musée de l'Innocence

La vie semblait s'être éloignée de moi, comme si la vigueur et les couleurs que je lui connaissais jusque-là s'étaient étiolées [...] Je ne pouvais me défaire de l'impression que tout ce que je faisais durant les jours passés sans Füsun était vulgaire, banal et absurde ; j'éprouvais de la colère contre tout, contre tous ceux qui me ramenaient à cette médiocrité. Mais je conservais toujours intacte la conviction que je finirais par retrouver Füsun, par pouvoir lui parler et même la serrer dans mes bras. Ce qui me permettait de me lier tant bien que mal à l'existence mais prolongeait en même temps ma souffrance.

– Le musée de l'Innocence

« Il est sûr que la cause de ces suicides réside dans cet extrême malheur de nos filles; il n'y a pas de doute à cela, dit à Ka le préfet adjoint. Mais si le malheur était une vraie cause de suicide, la moitié des femmes en Turquie se seraient suicidées » (p.25)

– Neige

- Ce n'est que pour les penseurs athées qui n'ont jamais souffert que les souffrances apparaissent vaines, dit Kadife. Même les athées qui ont un peu souffert finissent par croire, ne supportant plus longtemps d'être sans foi.

– Neige

- [...] Tu es venu parce que tu es malheureux, dit Necip.- Qu'est-ce qui te fait dire ça?- Tes yeux : je n'ai jamais vu de regard aussi triste que le tien... Maintenant moi aussi je ne suis pas du tout heureux ; mais je suis jeune, moi. Le malheur me donne de la force. À mon âge je préfère être malheureux plutôt qu'heureux. À Kars, seuls les idiots et les mauvaises gens sont heureux. Mais une fois que je serai parvenu à ton âge, j'espère bien être inondé de bonheur.

– Neige

- Moi, je suis très heureux en ce moment. Je ne veux pas être un héros, pas du tout. Le rêve d'héroïsme, c'est la consolation des malheureux. Et d'ailleurs, pour les gens comme nous, etre héroïque, c'est soit tuer quelqu'un soit se tuer soi-même.

– Neige

Le vrai problème du vrai poète est toujours le même. S'il est heureux pendant une longue période, il devint ordinaire. S'il est malheureux pendant une longue période, il ne peut plus trouver en lui la force de tenir en vie sa poésie… (p.149)

– Neige

Moi, je suis très heureux en ce moment. Je ne veux pas être un héros, pas du tout. Le rêve d'héroïsme, c'est la consolation des malheureux.(p.353)

– Neige

- Il y a des choses que l'on saisit immédiatement avec son coeur.

– Neige

«Que fais-je dans ce monde? se demanda Ka. Ma vie est aussi misérable que le paraissent de loin les flocons de neige. L'être humain vit, s'érode, disparaît.» Il se dit que dans un sens il avait déjà disparu, mais que dans l'autre il existait encore : il aimait à se penser en flocon de neige, et suivait avec amour et tristesse la voie que prenait sa vie. Il se rappela l'odeur de son père quand il se rasait. Il se souvint de ses pieds froids dans les pantoufles de sa mère qui préparait le petit-déjeuner à la cuisine, d'une brosse à cheveux, du sirop couleur rose, sucré, qu'on lui faisait boire à son réveil après une nuit passée à tousser, de la cuillère dans sa boucher, de tous ces petits riens qui font la vie, de l'ensemble de ces choses, du flocon.

– Neige

- [...] Le meilleur commencement pour une bonne amitié, c'est un secret.

– Neige

Dieu ce n'est pas une question d'intelligence ou de foi, c'est une lucidité rappelant que toute vie est une énigme.

– Neige

Sache que pour s'élever dans la hiérarchie, les relations sont aussi importantes, voire plus, que le fait d'être intelligent, appliqué et consciencieux.

– Cevdet Bey et ses fils

Il y a aussi un certain plaisir à courber la tête. On s'incline et on vit en rejetant la faute sur l'histoire, l'entourage, le contexte...

– Cevdet Bey et ses fils

L'histoire Turque structure-t-elle votre oeuvre , et ce premier roman en a -t-il posé les fondements ? --Il en a posé les fondements thématiques , mais non stylistiques ou formels . En effet c'est un roman très classique , presque anachronique , qui raconte de façon linéaire une histoire "normale " . Il comporte quelques développements psychologiques sur mes personnages , tous issus de la bourgeoisie , mais il consiste avant tout en une succession d'épisodes , d'instants importants de leur vie , combinée aux événements de l'histoire Turque . Il y a dans ce roman une dimension autobiographique : je suis issu de la bourgeoisie laïque et occidentalisée qui était très proche d'Atatürk , et partie prenante de son projet de modernisation et laïcisation de la société . Mais elle avait ses moments de fragilité éthique , dans son attitude indéfendable envers les classes défavorisées . Elle reprochait à la population son manque de sophistication et sa résistance à l'occidentalisation . Un autre sujet , typiquement turc , du livre , c'est le dialogue , ou la fracture , entre Orient et Occident . Comment la Turquie d'aujourd'hui vit-elle cette double culture ? -- Ce rapport ambivalent à la modernité et à l'occident s'est aussi rencontré en Russie et au Japon , mais en Turquie , pour des raisons géographiques , il a été un enjeu évident , et définit en quelque sorte l'identité turque. L'histoire de la Turquie contemporaine , repose sur ce désir d'être moderne , laïque , européenne , mondialisée , et la frustration de ne pouvoir y parvenir . Comment expliquez-vous le maintien au pouvoir d'Erdogan et qu'il compte des partisans parmi les classes les plus pauvres ? --C'est pour cela que je parle de contradiction , la gauche turque ne sait pas s'adresser aux pauvres ,ne prend pas en compte leur culture et leur religion . Elle met trop l'accent sur la laïcité qui est plutôt une valeur des classes privilégiées . La Turquie est actuellement traversée par des tensions extrêmes , une colère latente et des divisions internes . Erdogan divise pour régner , c'est en créant des clivages au sein de la population qu'il parvient à faire passer son autoritarisme et la corruption de son régime .....( entretien paru le 5 juin 2014 dans le " Nouvel Observateur ")

– Cevdet Bey et ses fils

Ne m'en veux pas. Je suis un artiste. Tu sais bien que les artistes disent tout et son contraire.

– Cevdet Bey et ses fils

Fuat et Sükrü Pacha m'ont posé la même question : "Qu'est-ce que la vie ?" J'ai répondu à Fuat que cette question était absurde. D'une absurdité sans nom ! A quoi bon se demander des choses pareilles ? Il n'y a que ceux qui lisent trop de livres et qui ont les idées embrouillées pour poser de telles questions.

– Cevdet Bey et ses fils

La clochette suspendue à la porte du jardin tinta. La tempête mugissait mais Nisantasi était calme. Les arbres gémissaient. Il n'y avait plus l'odeur d'algue et d'iode d'il y a quelques heures. Il n'y avait plus ni la foule ni la fébrile activité du soir. La tempête faisait trembloter les calmes lumières de Nisantasi, l'ordre et la quiétude émanant des fenêtres se fondaient et se dispersaient dans l'air.

– Cevdet Bey et ses fils

"Même cette malheureuse cigarette qu'il s'accordait trois fois par jour, il voulaient la lui retirer. "Et pour quelle raison? Pour ma santé! se dit Cedvet Bey en riant intérieurement. Et à quoi me sert la santé? A vivre plus longtemps. Mais à quoi bon vivre si je ne peux pas fumer?"

– Cevdet Bey et ses fils

-- Donc tu es d'avis que l'Etat recoure à la force pour faire avancer les choses, c'est cela ?-- De toute façon, c'est ce qui s'est toujours fait, non ? dit Refet Bey.

– Cevdet Bey et ses fils

Je ne crois pas que vous soyez en mesure de croire en quoi que ce soit. Vous êtes imbu de vous-même, vous êtes arrogant. Vous cherchez sans cesse à prouver combien vous êtes intelligent.

– Cevdet Bey et ses fils

Ce repas tant attendu s'achevait. Cette journée aussi allait s'achever, cette fête aussi, puis on attendrait d'autres jours qui s'achèveraient eux aussi, ce qu'elle constaterait avec tristesse. Le temps, la vie avec ses petits éclats brillants filait comme de l'eau entre les doigts.

– Cevdet Bey et ses fils

L'important , c'est de pouvoir vivre de façon à conserver intacte la bonté naturelle de l'homme. .../...Quand les gens regardent la nature, dit le docteur Lefin, ils y retrouvent leurs propres limites, leurs insuffisances, leurs craintes, et effrayés par leur propre faiblesse, ils l'attribuent à l'immensité,à la grandeur de la nature. .../...

– La Vie nouvelle

Toutes ces choses que j'avais apprises, auxquelles j'avais cru jusque-là, n'étaient plus que des détails dépourvus de tout intérêt, et des choses que j'ignorais surgirent des recoins où elles s'étaient terrées jusque-là et me lancèrent des signaux.

– La Vie nouvelle

Car si ce qui est écrit dans les livres était vrai, si la vie était telle que je l'avais lue dans ce livre, si un monde pareil était possible, pourquoi les gens allaient-ils encore à la mosquée, ou passaient-ils leur temps à bavarder ou à somnoler dans les cafés, pourquoi à cette heure-ci, tous les soirs, s'installaient-ils devant la télé pour ne pas crever d'ennui ? Voilà bien ce qui était incompréhensible.

– La Vie nouvelle

Un jour,j'ai lu un livre, et toute ma vie en a été changée.

– La Vie nouvelle

Quel miracle que la vie!

– La Vie nouvelle

Sur la table couverte d'un feutre vert, j'aperçus le livre et le cahier, ouverts, des crayons, des gommes, un paquet de cigarettes, des bribes de tabac, une montre-bracelet, à côté du cendrier, des allumettes, une tasse de café qui avait refroidi. C'étaient là les outils qu'utilisait pour parvenir au bonheur un malheureux condamné à écrire toute sa vie vie durant!

– La Vie nouvelle

Je l'avais lu quelque part, la fortune n'est pas aveugle, elle est ignorante.

– La Vie nouvelle

La lecture éveillait en moi le désir de parler, mais la conversation se déroulait surtout entre les livres eux-mêmes dans ma tête. Je remarquais parfois que les livres que je dévorais l'un aprés l'autre à cette époque se chuchotaient des choses entre eux ; que ma tête devenait ainsi une fosse d'orchestre où des instruments de musique résonnaient de toutes parts, et je réalisais que j'arrivais à supporter la vie grâce à cette musique qui m'emplissait la tête.

– La Vie nouvelle

Être écrivain, c'est découvrir patiemment, au fil des années, la seconde personne, cachée, qui vit en nous.

Quand on essaie de réprimer les souvenirs, il y a toujours quelque chose qui revient, je suis ce qui revient.

< Voir moins de citations
Voir plus de citations >

Commentaires

Connexion




S'inscrire

Inscription à Livres Actu




Se connecter