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Oliver Sacks

Oliver Sacks, neurologue, professeur à l'Albert Einstein College of Medicine et à l'Université de New York, S'efforce de décrire et de comprendre les troubles neurologiques les plus étranges, qui nous renseignent in fine sur ce qu'est notre "normalité". Il a véritablement créé un nouveau genre littéraire, en combinant le récit, l'interprétation, et l'expérience personnelle. Il est notamment l'auteur de Migraine (1986), l'Eveil (1987), L'Homme qui prenait sa femme pour un chapeau (1988), Des Yeux pour entendre (1990) et Un anthropologue sur Mars (1996).

Présentation de Oliver Sacks (Wikipedia)

Oliver Wolf Sacks né le 9 juillet 1933 à Willesden en Londres et mort le 30 août 2015[1] à Greenwich Village, est un médecin, neurologue et écrivain britannique. Professeur à l'université Columbia et médecin consultant dans de nombreux hôpitaux new-yorkais, il a écrit plusieurs ouvrages sur différents cas cliniques qu'il a rencontrés au cours de sa carrière. Il atteint une notoriété mondiale grâce à ses œuvres de vulgarisation décrivant les troubles du comportement observés dans les lésions cérébrales. Par ses récits composés d'une suite d'anecdotes qu'il rapporte et analyse, il rend ainsi accessibles ses conclusions auprès d'un grand public non spécialisé. Son livre l'Éveil (Awakenings), qui a remporté le Hawthornden Prize en 1974, a donné lieu à un film de Penny Marshall en 1990, l'Éveil, avec Robin Williams et Robert De Niro.

Livres de Oliver Sacks

Citations de Oliver Sacks (34)

Il ignore d'un moment à l'autre quelle vision s'offrira à lui : Son cerveau est un théâtre dont les Machines exécutent des scènes qui surprennent d'autant plus le spectateur qu'il ne les a point prévues...

– L'odeur du si bémol : l'univers des hallucinations

Quand vous vous représentez des images ordinaires-un rectangle, le visage d'un ami ou la Tour Eiffel-, celles-ci restent à l'intérieur de votre crâne. Elles ne se projettent pas dans l'espace extérieur comme une hallucination, et elles sont moins détaillées qu'un percept ou qu'une production hallucinatoire : vous créez activement ces images volontaires que vous pouvez remanier à votre guise. A l'inverse, les hallucinations sont synonymes de passivité et d'impuissance : elles adviennent puis suivent un cours autonome-elles apparaissent et disparaissent à leur convenance, non à la vôtre.

– L'odeur du si bémol : l'univers des hallucinations

Si un homme a perdu un œil ou une jambe, il sait qu'il a perdu un œil ou une jambe ; mais s'il a perdu le soi - s'il s'est perdu lui-même -, il ne peut le savoir, parce qu'il n'y a plus personne pour le savoir.

– L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau

Chacun d'entre nous est une biographie, une histoire, un récit singulier, qui s'élabore en permanence, de manière inconsciente, par, à travers et en nous - à travers nos perceptions, nos sentiments, nos pensées, nos actions ; et également par nos récits, nos discours. Biologiquement, physiologiquement, nous ne sommes pas tellement différents les uns des autres ; historiquement, en tant que récit - chacun d'entre nous est unique.

– L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau

Nous nageons là dans des eaux étranges, où toutes les considérations habituelles peuvent être inversées - où la maladie peut être un bienfait, où la normalité peut devenir une maladie, où l'excitation peut être esclavage ou délivrance, et où la réalité peut tenir à un état d'ébriété et non de sobriété.

– L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau

Lorsque Christina monte péniblement, maladroitement, dans un autobus, elle ne rencontre que des grognements de colère et d'incompréhension : "Qu'y a-t-il Madame? Êtes-vous aveugle? Ivre?" Que peut-elle répondre? "Je n'ai pas de proprioception"? L'absence de sympathie et de soutien de la part de la société est pour elle une épreuve supplémentaire : invalide, mais d'une invalidité dont la nature n'est pas claire - car, après tout, elle n'est ni aveugle, ni paralysée, elle n'a rien d'évident -, on a tendance à la traiter comme une simulatrice ou une folle. Tel est le sort de ceux dont les sens cachés sont déréglés.

– L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau

["Il faut commencer à perdre la mémoire, ne serait-ce que par bribes, pour se rendre compte que cette mémoire est ce qui fait notre vie.Une vie sans mémoire ne serait pas une vie (...) Notre mémoire est notre cohérence, notre raison, notre sentiment, et même notre action. Sans elle, nous ne sommes rien (...) (Je ne peux qu'attendre l'amnésie finale, celle qui effacera une vie entière, comme cela s'est passé pour ma mère...) (Luis BUNUEL, "Mon dernier soupir", paris, R. Laffont, 1982)Ce passage effrayant et émouvant tiré des Mémoires de Bunuel pose des question fondamentales, qui sont de nature à la fois clinique, pratique, existentielle et philosophique : quelle sorte de vie (si l'on peut parler de vie), quelle sorte de monde, de soi, peuvent être préservés chez un homme qui a perdu une grande part de sa mémoire et, avec elle, son passé et son ancrage dans le temps ?]

– L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau

Cela fait maintenant neuf ans que je connais Jimmie – et, du point de vue neuropsychologique, il n'a pas changé le moins du monde. Il a toujours le syndrome de Korsakov le plus grave et le plus dévastateur qui soit ; il ne se rappelle rien au-delà de quelques secondes et son amnésie depuis 1945 est profonde. Mais, du point de vue humain, spirituel, il est devenu un autre homme – il n'est plus agité, flottant, ennuyé, perdu, mais profondément attentif à la beauté et à l'âme du monde, riches au regard des catégories kierkegaardiennes – c'est-à-dire du point de vue esthétique, moral, religieux, dramatique. La première fois que je le vis, je me demandai s'il n'était pas condamné à une sorte de futilité « humienne » [Cf David Hume], à un flottement sans signification à la surface de la terre, et s'il y avait un moyen possible de dépasser l'incohérence de son trouble « humien ». La science empirique me dit que non – mais la science empirique, l'empirisme, ne tient pas compte de l'âme, ni de ce qui constitue et détermine l'être humain comme sujet. Peut-être y a-t-il là une leçon à la fois philosophique et clinique : dans le syndrome de Korsakov, dans la démence ou dans d'autres catastrophes du même genre, si graves que soient les dégâts organiques qui entraînent cette dissolution « humienne », il reste toujours la possibilité entière d'une restauration de l'intégrité grâce à l'art, la communion, le contact avec l'esprit humain : et cette possibilité demeure même là où nous ne voyons de prime abord que l'état désespéré d'une destruction neurologique.

– L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau

La science classique n'a rien à dire sur le concret ; quant à la neurologie et à la psychiatrie, elles le tiennent pour banal et insignifiant. Il faudrait une science « romantique » pour lui rendre justice - pour en apprécier à la fois les pouvoirs extraordinaires... et les dangers : avec les simples d'esprit, nous entrons de plain-pied dans ce concret, le concret pur et simple, dans son intensité sans réserve.

– L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau

Jimmie était à la fois conscient et inconscient de cette profonde et tragique perte survenue en lui-même, de cette perte de lui-même. (Si un homme a perdu un oeil ou une jambe, il sait qu'il a perdu un oeil ou une jambe ; mais s'il a perdu le soi - s'il s'est perdu lui-même -, il ne peut le savoir, parce qu'il n'y a plus personne pour le savoir.)

– L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau

(Si un homme a perdu un œil ou une jambe, il sait qu'il a perdu un œil ou une jambe ; mais, s'il a perdu le soi – s'il s'est perdu lui-même – il ne peut le savoir, parce qu'il n'y a plus personne pour le savoir.)

– L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau

A vrai dire, toute l'histoire de la neurologie et de la neuropsychologie peut être considérée comme l'histoire de l'hémisphère gauche. Autant il est facile de démontrer les effets des diverses lésions de l'hémisphère gauche, autant les syndromes de l'hémisphère droit sont beaucoup moins distinguables: c'est une des raisons importantes pour lesquelles on a négligé l'hémisphère droit (dit aussi "mineur" dans les traités de neurologie), et qu'on l'a supposé, généralement non sans mépris, plus "primitif" que le gauche, ce dernier étant considéré comme la fine fleur de l'évolution de l'espèce humaine.

– L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau

Le cerveau est bien plus qu'un assemblage de modules autonomes qui seraient chacun incontournables pour une fonction mentale spécifique : chacune de ces aires fonctionnellement spécialisées doit interagir avec des dizaines ou des centaines d'autres, leur intégration totale créant une sorte d'orchestre de la plus haute complexité - un orchestre, réunissant des centaines d'instruments différents, qui se dirige tout seul, bien que la partition et le répertoire changent en permanence.

– L'oeil de l'esprit

De plus en plus de données indiquent que les aires sensorielles du cerveau sont si richement interconnectées et interagissent si fortement qu'il est difficiile de dire si tel ou tel élément est purement visuel, auditif ou on ne sait quoi encore ; or, ces états intermédiaires – intersensoriels ou métamodaux – indescriptibles dans une langue commune aux aveugles et aux voyants sont peut-être particulièrement abondants dans le monde des aveugles.

– L'oeil de l'esprit

Tenant la lecture pour un acte homogène et indivisible, nous nous concentrons lorsque nous lisons sur le sens et la beauté, éventuellement, du langage écrit, inconscients des nombreux processus qui sont la condition de possibilité de cette action : seule la rencontre d'un état comme celui d'Howard Engel peut faire comprendre que la lecture dépend en vérité d'une hiérarchie ou d'une cascade de mécanismes qui ne sauraient être dissociés à aucun égard.

– L'oeil de l'esprit

S'il y a bien une différence fondamentale entre l'expérience et la description, entre les connaissances directe et médiate du monde, pourquoi le langage est-il si puissant ? Le langage, invention ô combien humaine, rend possible ce qui, en principe, ne devrait pas l'être. Grâce à cette invention, nous pouvons tous, même les aveugles de naissance, voir avec les yeux d'autrui.

– L'oeil de l'esprit

On estime que 2% au moins de la population mondiale souffre d'une grave prosopagnosie congénitale. (...) Hélas aucune reconnaissance officielle ni compréhension publique n'est encore offerte à celles et ceux d'entre nous qui ont du mal à reconnaître leur mari, leur épouse, leurs enfants, leurs professeurs et leurs collègues !

– L'oeil de l'esprit

« A peine étais-je devenu aveugle que j'avais oublié le visage de ma mère, celui de mon père, et généralement de tous les êtres que j'aimais. […] Il m'était devenu subitement égal que les gens eussent les cheveux bruns ou blonds, les yeux bleus ou verts. Je trouvais même que les voyants employaient beaucoup trop de leur temps dans ces observations inutiles. […] Les cheveux, les yeux, la bouche, le nœud de cravate et les bagues aux doigts comptaient si peu pour moi désormais que je ne pensais plus à eux, si bien que les gens n'en avaient plus. il se formait dans mon esprit des images d'hommes et de femmes sans tête, sans doigts […] »Jacques Lusseyran

– L'oeil de l'esprit

« La pluie a une façon particulière de faire ressortir les contours ; elle jette un voile de couleur sur des choses auparavant invisibles ; une pluie régulière substitue à un monde intermittent et donc fragmenté une continuité d'expérience acoustique. […] La pluie présente d'un coup la situation dans son ensemble […]. [Elle] donne le sens de la perspective et de la vraie relation qu'entretient une partie du monde avec l'autre. »John Hull

– L'oeil de l'esprit

L'origine de la lecture et de l'écriture ne saurait être comprise comme une adaptation évolutionnaire directe : elle dépend de la plasticité cérébrale tout autant que du fait que, même dans le bref laps de temps de la vie humaine, l'expérience –la sélection expérientielle- est un agent de changement aussi puissant que la sélection naturelle. Pour Darwin, la sélection naturelle n'interdisait pas la survenue de développements culturels et individuels cent mille fois plus rapides que les développements évolutionnaires –elle préparait le terrain de cette évolution culturelle, au contraire. Bref, nous lisons et écrivons non en vertu d'une intervention divine, mais en raison à la fois d'une invention culturelle et d'une sélection créative qui réutilisent brillamment une propension neuronale préexistante.

– L'oeil de l'esprit

Je reconnais beaucoup mieux les chiens de mes voisins (grâce à leurs formes et leurs couleurs caractéristiques) que mes voisins eux-mêmes. Quand j'aperçois une jeune femme accompagnée d'un chien de Rhodésie à crête dorsale, par exemple, je me rappelle qu'elle vit dans l'appartement situé à côté du mien, tout comme je sais qu'une dame plus âgée habite à un pâté de maisons de chez moi pour peu que je la voie à côté de son golden retriever ; mais si je croise dans la rue l'une ou l'autre de ces femmes sans son chien, elle m'est parfois aussi familière qu'une parfaite inconnue !

– L'oeil de l'esprit

En avril 2007, les distorsions propres à mon œil droit s'amplifièrent tant que ma vue en pâtissait même si je gardais les deux yeux ouverts. Les gens ne m'apparaissaient plus que sous l'aspect de silhouettes aussi allongées que les personnages du Greco et toujours inclinées vers la gauche –ils me faisaient penser aux dessins de Sélénites en formes d'insectes de mon édition du roman de H. G. Wells Les Premiers hommes dans la lune. Et l'espèce de propagation visuelle initialement limitée aux couleurs à laquelle j'étais sujet depuis un an s'étendit désormais à tout ce que je regardais : les visages, en particulier, acquirent des protubérances translucides, bouffies et presque protoplasmiques, tel un portrait de Francis Bacon.

– L'oeil de l'esprit

à la force de la volonté, son cerveau s'était littéralement remodelé

– Musicophilia : la musique, le cerveau et nous

Plus d'aires cérébrales sont affectées au traitement de la musique qu'à celui du langage.

– Musicophilia : la musique, le cerveau et nous

la musique est médicalement bienfaisante

– Musicophilia : la musique, le cerveau et nous

Dans la mesure où les hallucinations musicales s'enracinent dans l'expérience et les souvenirs musicaux de toute une vie, l'importance que telle ou telle sorte de musique présente pour une personne particulière joue sûrement un rôle majeur ; et l'exposition en tant que telle n'est pas sans conséquence, car elle peut même prévaloir sur les goûts personnels – la plupart des hallucinations musicales consistent dans des chansons populaires ou des indicatifs d'émissions (et, pour la génération qui nous précède, dans des hymnes et des chants patriotiques), y compris chez les musiciens professionnels ou les auditeurs très raffinés : elles reflètent plus fréquemment les goûts d'une époque que ceux d'un individu.

– Musicophilia : la musique, le cerveau et nous

L'imaginaire musical normal franchit parfois un seuil au-delà duquel il devient pathologique, pour ainsi dire. C'est le cas en particulier chaque fois que la répétition incessante de tel ou tel morceau de musique nous porte sur les nerfs : il peut arriver qu'une courte phrase ou un thème de trois ou quatres mesures bien circonscrites nous tourne dans la tête pendant des heures ou des jours avant de cesser de se faire entendre. (P63)

– Musicophilia : la musique, le cerveau et nous

...40% à 60% des enfants aveugles auxquels il avait enseigné la musique avaient l'oreille absolue , et Hamilton ,Pascal-Luone et Schlaug viennent également de découvrir que 60% des musiciens aveugles ont l'oreille absolue , contre 10% à peine environ pour les musiciens voyants.

– Musicophilia : la musique, le cerveau et nous

It seems to me that I discover my thoughts through the act of writing, in the act of writing.( il semble que je découvre mes pensées en écrivant,dans l'acte d'écrire).

– En mouvement

It was not just a question of diagnosis and treatment; much graver questions could present themselves—questions about the quality of life and whether life was even worth living in some circumstances.( ce n'était pas juste une question de diagnostic ou de traitement; D'autres questions plus graves se présentaient-questions sur la qualité de la vie ou si dans certaines circonstances valait-il la peine de vivre ou non).

– En mouvement

When I was twelve, a perceptive schoolmaster wrote in his report, “Sacks will go far, if he does not go too far,” and this was often the case. As a boy, I often went too far in my chemical experiments, filling the house with noxious gases; luckily, I never burned the place down.( Quand j'avais douze an un prof perspicace écrivit dans mon bulletin scolaire "Sacks ira loin s'il ne va pas trop loin", et malheureusement c'était souvent le cas. Quand j'étais jeune j'exagèrais souvent avec mes expériences de chimie,remplissant la maison de gazes nuisibles, heureusement que je n'ai pas réussi à y mettre le feu).

– En mouvement

I have to remember, too, that sex is one of those areas—like religion and politics—where otherwise decent and rational people may have intense, irrational feelings.(Je dois aussi rappeler, que le sexe est comme la religion et la politique, un sujet sur lequel même les personnes les plus raisonnables et logiques peuvent avoir des sentiments irrationnels).

– En mouvement

Visual illusions, too, fascinated me; they showed how intellectual understanding, insight, and even common sense were powerless against the force of perceptual distortions.( j'étais aussi fasciné par les illusions visuelles; elles montraient combien la compréhension intellectuelle, la perception et même le sens commun sont impuissants face aux distorsions perceptives).

– En mouvement

We are all creatures of our upbringings, our cultures, our times. And I have needed to remind myself, repeatedly, that my mother was born in the 1890s and had an Orthodox upbringing and that in England in the 1950s homosexual behavior was treated not only as a perversion but as a criminal offense. I have to remember, too, that sex is one of those areas—like religion and politics—where otherwise decent and rational people may have intense, irrational feelings. My mother did not mean to be cruel, to wish me dead. She was suddenly overwhelmed, I now realize, and she probably regretted her words or perhaps partitioned them off in a closeted part of her mind. But her words haunted me for much of my life and played a major part in inhibiting and injecting with guilt what shouldhave been a free and joyous expression of sexuality.

– En mouvement
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