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Milena Agusluciana Castellina

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Prends garde (2016)

De Milena Agusluciana Castellina chez Liana Levi
(13 votes, note moyenne : 3.2)

Pouilles, printemps 1946. D’un côté il y a les sœurs Porro, qui vivent recluses dans leur palais et ignorent le monde environnant. De l’autre les ouvriers agricoles, bousculés par la guerre et tenaillés par la faim. Les sœurs continuent à tenir leur rang, à se rendre à l’église, à se pencher sagement sur leurs broderies. Les travailleurs, eux, se mobilisent pour obtenir un emploi, nourrir leurs enfants, contenir la pression des réfugiés qui affluent dans la botte du pays. Ce jour de mars 1946 la foule se rassemble sur la place où s’élève la noble demeure pour un meeting syndical lorsqu’un coup de fusil retentit...
Milena Agus a rempli les vides de cette histoire vraie grâce à son imagination. Elle fait revivre sous les yeux du lecteur les sœurs Porro, prisonnières comme les paysans de leur condition sociale mais coupables de n’avoir pas ouvert les yeux sur les cruautés de l’Histoire.
Luciana Castellina nous relate cet épisode de l’Histoire dans le contexte trouble de l’époque: le débarquement allié en Italie du Sud, la dissolution du Parti fasciste, l’établissement du roi à Brindisi, l’arrivée des réfugiés dans les Pouilles et les révoltes paysannes. Une flambée de violence que les historiens ont quasiment passé sous silence et qui prend aujourd’hui toute sa signification.

Paru le 03-03-2016 - Format : Broché - 176 pages - 18 x 12 x 1 cm - 152 g - ISBN 10 : 2867468167 - ISBN 13 : 9782867468162

Collection : Piccolo

Tags : roman, roman historique, essai, histoire, romanesque, violence, pauvreté, faits divers, réfugiés, faim, foule, femmes, pouilles, révolte, communisme, classes sociales, italie, littérature italienne, 20ème siècle, années 40.

Citations de Prends garde (10)

A Vincenza, Carolina et Luisa aussi, elle aurait aimé poser des questions. Avaient-elles déjà rêvé d'amour, par exemple, et de sexe ?Ou bien elle était la seule à être obsédée par le sexe, elle à qui ses parents avaient fait épouser un vieux, espérant accroître leur pouvoir économique et consolider leur parentèle, et qui en matière d'amour et de sexe avait dû tout imaginer.

Elle se querellait en pensée avec tout le monde,des disputes enragées avec cris et injures.Personne ne le savait ,puisque tout cela n'advenait qu'en son for intérieur,mais au fond elle était une grande acariâtre,chicaneuse et agressive,et souvent il lui arrivait de haïr des gens à peine croisé dans la rue,et de vouloir les rouer de coups,pour leur façon de s'habiller,ou pour un geste d'eux qu'elle trouvait intolérable.Par la suite,si elle faisait plus ample connaissance avec ces fâcheux,elle cessait de les détester et leur inventait toutes les excuses du monde.p.26

On raconte que ses derniers mots ont été "pardonnez leur"; elle était faite comme ça; il n'y a rien à ajouter.

Et ses amies Porro ? Elles devaient bien aspirer à d'autres joies qu'à celles, si fastidieuses, de l'outre-tombe catholique. Elles avaient forcément, elles aussi, une vie secrète, grâce à laquelle elles n'étaient pas malheureuses.Pourquoi ne s'étaient-elles pas rebellées ? En épousant un pauvre, par exemple, un journalier ! Pourquoi ne s'étaient-elles pas mélangées en faisant leur propre révolution ?

Elle blâmait l'immoralité du paisible farniente des dames riches, clamant qu'elles auraient toutes dû travailler la terre pour apprendre ce qu'est la vie, et de retour chez elle après une visite sur ses terres, elle nettoyait ses souliers à fond, ou plutôt, elles les faisait nettoyer à fond par l'une de ses domestiques.

Dans son milieu, tout le monde avait été fasciste, sauf son pauvre frère fou, puis soudain antifasciste, parce que Mussolini était tombé, et certes pas pour avoir changé d'opinion.

Les forces de l'ordre, dont la présence en ville avait été massive les deux jours précédents, avaient disparu au moment de la tragédie. Sur place, on ne voyait aucun policier, carabinier ou militaire. Personne. Le maire avait démissionné la veille au soir.

Les propriétaires terriens, qui avaient craint ce qui aurait pu leur arriver après la chute du fascisme, étaient devenus encore plus agressifs.

Il avait l'expérience de la douleur et de la fatigue, et des massacres qui, dans les Pouilles, étaient aussi naturels que les grosses averses, mais juste un peu plus fréquents.

L'idée courante était que les ouvriers agricoles n'étaient pas des êtres humains comme les autres, mais des frisulicchi, des bêtes de somme.

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Critiques de Prends garde : avis de lecteurs (14)


  • Critique de Prends garde par lenou78 (Babelio)

    Je n'ai pas trouvé l'accroche nécessaire pour continuer cette lecture. En lisant le résumé, j'ai pourtant pensé que cela serait intéressant d'avoir le roman d'un côté et l'histoire de l'autre. J'ai d...

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    Par lenou78 - publiée le 09/02/2020

  • Critique de Prends garde par mireille.lefustec (Babelio)

    Andria, dans les Pouilles, mars 1946. La guerre est finie mais les communications ne sont pas rétablies. Les soldats épuisés ne peuvent rejoindre le Nord. Des centaines de réfugiés affluent dans ce...

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    Par mireille.lefustec - publiée le 19/04/2017

  • Critique de Prends garde par nilebeh (Babelio)

    C'est une idée originale et intéressante : le livre se compose en fait de deux opus disposés tête bêche, qui se complètent et s'illustrent mutuellement. L'un, article de 79 pages est écrit par une jou...

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    Par nilebeh - publiée le 19/10/2016

  • Critique de Prends garde par ADAMSY (Babelio)

    La narratrice appartient à une famille aisée et a dû faire un mariage de raison avec un homme âgé de plus de 30 ans qu'elle. A 50 ans passé, elle regrette n'avoir pas su dire non, n'avoir pu se rebell...

    Lire la critique complète >
    Par ADAMSY - publiée le 28/08/2016

  • Critique de Prends garde par Alexmotamots (Babelio)

    J'ai longuement hésité : que faut-il lire en premier ? Le roman ou l'histoire brute ? J'ai opté pour le roman. Et c'est la partie que j'ai préférée. L'histoire brute est trop succincte, traitée fro...

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    Par Alexmotamots - publiée le 26/05/2016

  • Critique de Prends garde par Incongrue (Babelio)

    La partie documentaire est intéressante, mais très dense et aurait mérité d'être plus longue et détaillée. A l'opposé le "roman" s'il est bien écrit donne surtout une impression de remplissage. Inut....

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    Par Incongrue - publiée le 19/04/2016

  • Critique de Prends garde par silencieuse1 (Babelio)

    Intéressant par sa construction, ce petit livre malin nous offre une page d'Histoire et une belle histoire. D'un côté le travail de Luciana Castellina qui retrace une page du néoréalisme italien. De l...

    Lire la critique complète >
    Par silencieuse1 - publiée le 14/03/2016

  • Critique de Prends garde par (Babelio)

    Deux livres en un, un roman et un essai historique. Au coeur de tout cela, les Pouilles dans les années 40, à la chute du fascisme. La pauvreté, la faim et l'injustice, vecteurs de pics de violence ex...

    Lire la critique complète >
    Par Babelio - publiée le 04/03/2016

  • Critique de Prends garde par Nikoz (Babelio)

    Un double livre étrange mais terriblement intéressant. Ressortir des parcelles d'humanité d'une période troublée et troublante.

    Lire la critique complète >
    Par Nikoz - publiée le 15/11/2015

  • Critique de Prends garde par Amy97 (Babelio)

    J'ai apprécié l'originalité de la composition de ce livre. Le côté historique m'a plus intéressée que le roman.

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    Par Amy97 - publiée le 02/10/2015

  • Critique de Prends garde par beaudouin (Babelio)

    Loin d'être passionnée par le sujet, j'ai attaqué cet ouvrage sans grande conviction. Et je fus finalement agréablement surprise par la façon dont est traité le sujet. La "guerre civile des Pouilles d...

    Lire la critique complète >
    Par beaudouin - publiée le 05/03/2015

  • Critique de Prends garde par givrelire (Babelio)

    Ce livre aide à comprendre le travail de la littérature : comment l'écrivain digère la grande histoire pour en restituer une petite; comment le lecteur s'approprie l'histoire singulière comme une c...

    Lire la critique complète >
    Par givrelire - publiée le 07/02/2015

  • Critique de Prends garde par Bookycooky (Babelio)

    Milena Agus,romancière,et Luciana Castellina,essayiste et figure de la gauche italienne,raconte tour à tour un drame réellement survenu le 7 Mars 1946 à Adriana,dans la région des Pouilles en Italie,d...

    Lire la critique complète >
    Par Bookycooky - publiée le 27/01/2015

  • Critique de Prends garde par Moan (Babelio)

    Ce livre original comprend deux parties. La moitié est un roman écrit par Milena Agus , à partir d'un fait divers dans la petite ville d'Andria. Quatre femmes, les soeurs Porro, vivent dans une...

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    Par Moan - publiée le 20/01/2015
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