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Michelle Clément Mainard

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La Fourche à loups (2001)

De Michelle Clément Mainard chez Fayard
(5 votes, note moyenne : 4.4)

Marie Therville n'a que huit ans quand son père la place comme bergère dans une ferme de Gâtine à la Saint-Michel 1844. Haïe par sa famille, cette petite fille n'a guère connu que la pauvreté et la violence les plus extrêmes. Vive et décidée, elle gagne rapidement l'affection de tous les gens de la ferme. Et même leur admiration lorsqu'elle ose se battre avec un loup à l'âge de neuf ans. Marie découvre un bonheur de vie qu'elle n'aurait jamais imaginé autrefois parmi les siens, qui l'ont abandonnée si facilement. Pourquoi cet abandon? Le livre nous en dévoile la raison à travers un personnage étrange surgi dans la région un demi-siècle plus tôt: Jean Therville, son grand-père. Ce révolutionnaire excentrique a ruiné la famille et semé des légendes, laissant derrière lui un héritage dont Marie ne soupçonne pas le poids dans son propre destin. La Fourche à loup nous révèle l'équilibre précaire d'un monde paysan où les saisons et la misère font la loi. Les secrets et les passions qui habitent les êtres viennent rompre cet ordre. Michelle Clément-Mainard a passé toute sa jeunesse à Azay-le-Brûlé dans les Deux-Sèvres. Depuis 1981, elle est revenue y vivre après une carrière d'institutrice en Vendée.

Paru le 24-04-2001 - 310 pages - 0 x 0 x 0 cm - 338 g - ISBN 10 : 2213027218 - ISBN 13 : 9782213027210

Collection : Litterature Fra

Tags : 19ème siècle, littérature française, terroir, roman du terroir, adolescence, sentimental, paysannerie, paysans, écrivain femme, héritage, misère, tendresse, pauvreté, régions, loup, violence, merveilleux, légendes, roman, récits.

Citations de La Fourche à loups (3)

Céline ne gardait qu'à contrainte ses vêtements de paysanne. Elle aurait aimé des tenues bourgeoises, des robes, des chapeaux, et des cheveux à boucles anglaises, comme cette minaudière de fille Rougier ! Elle aurait eu de quoi se les payer, et l'allure pour les porter, tout autant que cette gamine ! Seulement voilà, c'était la limite à ne pas franchir. Avec ses coiffes, ses devantiers, les gros plis de ses jupons, elle se coulait dans le quotidien du village, « la Céline », « la Pagette », elle faisait partie des gens d'ici, et les femmes lui restaient de bon voisinage, malgré sa liberté, l'appelaient « la Rousse-chaude », et jamais « la putain ». Elle savait tout ce qu'on racontait, au lavoir, à la fontaine.

Ah! qu'est ce que vous dites de ça? Servante dès dix ans, c'est beau je crois? A l'habitude, ce n'est guère avant douze, plutôt même treize!Mousin écoutait Adélaïde. Elle parlait de bonne franche amitié, sans avoir conscience de ce qu'elle exprimait, c'était l'ordre des choses : la vie faisait des demoiselles pour lire, broder, ranger du beau linge, une fois que d'autres l'avaient décrassé, et elle faisait aussi des petites drôlesses pour s'accroupir au chaudron à vaisselle, porter les seaux d'eau, cribler les cendres du foyer, torcher le cul des pots, et on leur disait encore : " c'est beau je crois, à dix ans."

Céline s'était déshabillée et restait en chemise, debout devant la glace. Pour les dessous, elle se rattrapait : du beau, du fin, des dentelles, des entre-deux à trou-trou avec les rubans de soie. Elle brossa longtemps ses cheveux, elle était fière de leur blondeur, les lavait souvent à l'eau de camomille – c'était de jalousie qu'on la prétendait rousse. Elle se tourna, s'éloigna un peu de la glace et souleva sa chemise. Elle avait toujours été belle femme, quand même, il faudrait qu'elle coule un peu, bientôt elle n'aurait plus besoin du bourrelet de crin sous ses jupons, ses fesses y suffiraient ! Elle revint vers sa toilette, ouvrit son encolure : pour le devant, rien à dire : la poitrine ferme, le cou sans griffures de rides, les épaules un peu grasses, peut-être, comme toute sa personne. Bah ! les hommes aimaient les femmes pleines de bonne chair, et elle avait la chance, à trente-trois ans, de paraître encore en fraîche jeunesse : tant d'autres semblaient vieillardes, au même âge !« Pourquoi penses-tu “les hommes”, en te regardant, Céline Paget ?


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