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Martine Fadier Nissepierre Sabourin

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Quand la famille marche sur la tête / inceste, pédophilie, maltraitance (2004)

De Martine Fadier Nissepierre Sabourin chez Seuil
(1 vote, note moyenne : 5.0)

Paru le 22-10-2004 - Format : Broché - 359 pages - 22 x 15 x 0 cm - 397 g - ISBN 10 : 202061068X - ISBN 13 : 9782020610681

Collection : Couleur Psy

Tags : enfance, pratique, violence, justice, thérapies, cogitations, pédophilie, maltraitance, psychiatrie, psychologie, inceste.

Citations de Quand la famille marche sur la tête / inceste, pédophilie, maltraitance (10)

Une thérapie individuelle qui méconnaîtrait le contexte maltraitant du sujet et qui ne tiendrait pas compte de la transgression majeure initiale, infraction criminelle ou délinquante, serait un contresens.L'exclamation "mais ce n'est pas si simple" prononcée régulièrement, et à ce propos, par des professionnels pourtant expérimentés, est démonstrative d'une désinformation commencée dès leurs études et de leur gestion approximative de ce qu'ils ressentent face à ces situations extrêmes qui sollicitent profondément les capacités créatrices de chacun.Et pourtant, cette idée du traumatisme précoce chez l'enfant est effectivement encore plus simple que simple.

Les enfants n'inventent généralement pas les menaces ou les détournements sexuels qu'ils subissent, c'est une évidence clinique radicalement différente de celle des enfants aimés qui résoudront sans problème leur complexe d'œdipe. Loin d' "inventer les détournements", suivant la malheureuse hypothèse lue dans la traduction de Freud de 1916, ces enfants abusés par leurs proches camouflent les sévices et les humiliations vécus de la part de leur mère ou de leur père, voire des deux. Ils gardent le secret car ils ont honte, ils n'en parlent que de façon fractionnée, et le banalisent, ce qui installe pour longtemps un complexe de culpabilité.

- Elle crie sur ses enfants ou plutôt, insiste le travailleur social, la "maman" hurle sur ses enfants, elle ne sait pas leur parler.L'ÉVALUATION DU SYSTÈME FAMILIAL SUR LE RÉSEAU DE PROTECTIONNous lui faisons alors remarquer que ce terme de "maman" est bien tendre pour le comportement maternel décrit, et nous suggérons l'utilisation du mot "mère". Immédiatement et invariablement, la surprise entraînée par notre intervention fait son oeuvre. Un petit silence suit notre proposition. En fait, le travailleur social, interloqué, commence à s'interroger intérieurement sur ce que lui-même nous rapporte de la situation qui le bouleverse. Nous sommes en train d'évaluer l'intensité de l'emprise du système maltraitant sur le système de protection de l'enfance.

Dans "la confusion des langues entre les adultes et l'enfant, langage de la tendresse, langage de la passion", écrit à la fin de sa vie, Ferenczi synthétise sa réflexion clinique sur les relations parent-enfant. Auparavant ce texte fondateur s'appelait "les passions des adultes et leur influence sur le développement du caractère et de la sexualité de l'enfant", ce qui est bien plus explicite. Face au désir de tendresse, d'amour protecteur et de soins des jeunes enfants, Ferenczi est avec Freud le premier à décrire la réponse pathologique de l'adulte, quand elle est à la fois passionnelle, sexuelle, dysfonctionnelle. Ce "langage de la passion" de l'adulte conduit inconsciemment certains parents à toutes les formes archaïques de séduction (au sens de détournement), de maltraitances physiques, de négligences, d'actes pervers incestueux, ou tragiquement infanticides, nécessaires au colmatage de leurs propres blessures narcissiques.

C'est toujours pareil, et c'est tellement efficace ! Nous sommes toujours frappés par les stéréotypes de l'emprise maltraitante intra-familiale. Les parents agresseurs utilisent partout, chez les petits-bourgeois, chez les aristocrates, dans le quart-monde, les mêmes mots qui intoxiquent : "tu es mon préféré, je suis amoureux de toi, tu ne seras pas frigide comme ta mère, c'est un secret entre nous, tous les pères font ça..." Ces phrases ambiguës montrent une des facettes pernicieuses de l'emprise. Le parent incestueux s'auto-justifie par des arguments tels que l'éducation sexuelle, l'amour porté à l'enfant, etc. Dans le même temps, il dénie le caractère criminel ou délictueux de ses actes répétés, le tout sur fond de menace d'abandon ou de mort.

C'est un plaisir de pouvoir entrer ainsi de plain-pied dans l'œuvre de Ferenczi. Il a tout connu des angoisses des inhibitions face à la pensée fulgurante de Freud. Il a été accusé d'avoir un désir de guérir !, ce qui a l'époque était considéré comme psychanalytiquement incorrect, alors qu'en fait il a su repérer les maltraitances, là où elles sont : dans le passionnel et la perversion de l'adulte.

le mot "passion" utilisé par Ferenczi ne renvoie pas à la passion amoureuse, mais à la souffrance, ce que le mot "passionnel" illustre mieux en français en raison de la référence psychiatrique aux psychoses passionnelles. Ces positions perverses narcissiques de l'adulte visent toujours à la captation ou à l'élimination psychique (voire physique) de l'enfant, qui n'a pas dans ce cas précis de statut séparé de ses parents.

En France, même aujourd'hui, quantité de psychanalystes, y compris les psychanalystes d'enfants, n'ont pas encore saisi la différence entre le passage à l'acte et la métaphore, l'inceste en acte et l'inceste en pensée, le souvenir et le fantasme, l'idée d'inceste, la phobie d'inceste ou l'inceste réalisé dans les faits.

La parole de l'enfant est soupçonnée, soupesée, et pour ne pas le soupçonner ouvertement de mensonge, on préfère s'assurer qu'il "n'affabule" pas, quitte à le soumettre à une expertise dite de "crédibilité", traitement auquel échappent les adultes, qui eux, bien sûr, n'affabulent jamais. (Ndr : Citation de M. Redon par les auteurs)

La tante a vraisemblablement compris la démarche du thérapeute, qui énonce la crainte la plus grande de cet enfant, ne plus avoir de famille du tout, et y répond avec détermination et tendresse. Elle le gardera, cet enfant, son frère, son neveu. Les exemples d'âneries donnés par Mathilde révèlent leur sens : un désir compulsif de parler de sa filiation incestueuse pour comprendre qui il est.Les enfants nés de l'inceste partagent souvent avec Jacques ce besoin de clamer leurs origines.

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Critiques de Quand la famille marche sur la tête / inceste, pédophilie, maltraitance : avis de lecteurs (1)


  • Critique de Quand la famille marche sur la tête / inceste, pédophilie, maltraitance par Tatooa (Babelio)

    Un livre très dur, autant le dire de suite. On y croise une foultitude de cas d'enfants maltraités tous plus affreux les uns que les autres. Mais c'est un livre plein d'espoir, aussi. Les auteurs ...

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    Par Tatooa - publiée le 30/06/2014

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