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Lydie Salvayre

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Lydie Salvayre, née Lydie Arjona le 5 septembre 1948 à Autainville (Loir-et-Cher), est une écrivaine de langue française. Elle est lauréate du prix Goncourt 2014[2].

La compagnie des spectres (2014)

De Lydie Salvayre chez Seuil
(9 votes, note moyenne : 3.9)

Une mère et sa fille vivent recluses dans un petit appartement. Devant un huissier de justice chargé de procéder à l'inventaire de leurs biens avant saisie, elles vont se livrer à de furieux soliloques et tisser le récit de leurs batailles et de leurs douleurs.Lydie Salvayre, est l’auteur de vingt romans, parmi lesquels La Déclaration, La Compagnie des spectres (prix Novembre) et BW (prix François-Billetdoux). Ses livres sont traduits dans une vingtaine de langues. Certains ont été adaptés au théâtre. Elle a été récompensée par le prix Goncourt 2014 pour Pas Pleurer.

Paru le 01-11-2014 - Format : Poche - 187 pages - 1 x 1 x 0 cm - 112 g - ISBN 10 : 2020352850 - ISBN 13 : 9782020352857

Collection : Points

Tags : littérature, roman, roman historique, histoire, comique, antisémitisme, délire, romanesque, torture, écrivain femme, occupation, folie, ouvrage primé, souvenirs, huis-clos, guerre civile espagnole, relations mère-fille, meditation, littérature française, espagne.

Citations de La compagnie des spectres (10)

Dans la vie faut pas s'en faire, moi je m'en fais pas, les petites misères seront passagères, tout ça s'arrangera

Maman, tu parles trop, tu vas te fatiguer, hasardai-je, pour l'inciter à plus de concision.

Emportez, monsieur (...) emportez tous ces meubles qui meublent notre rien, emportez tant que vous y êtes ces spectres qui m'accablent de reproches jusque dans mes cauchemars et m'obligent à dormir lumière allumée, emportez mes souvenirs, mes chagrins, mes sottes illusions, mes croyances stupides, et la voix de mes morts, vous pouvez tout emporter, monsieur, vous ne pourrez jamais emporter mes désirs, c'est Epitècle qui l'a dit et je l'approuve à cent pour cent...

Les baisers de cinéma sont souvent exécutés au pas de course, si je puis m'exprimer ainsi, et laissent le spectateur sur sa soif. Voilà qui est désolant. Car, il faut en convenir, les baisers de cinéma, observés en fin de soirée, à l'heure où l'esprit hébété aspire à son propre anéantissement, les baisers de cinéma sont une véritable consolation, la juste récompense d'une journée interminable, son couronnement, je dirais même son apothéose, à condition toutefois que ces baisers soient lents, lents, lents, d'une ardente, d'une fougueuse lenteur, lents, lents, lents et longs et langoureux et languissants et liquides et lascifs et linguae si possible, et lyriques bien sûr, et qu'ils laissent troublés, tremblants, tout chose.

Lorsque j'essaie de comprendre ma mère, monsieur l'huissier, j'imagine qu'elle éprouve cette étrange sensation qui s'empare de moi lorsque, voyageant en train dans le sens contraire de la marche, j'ai l'impression de m'enfoncer à toute vitesse vers un avenir qui n'est pas devant moi mais derrière et qu'en même temps le passé se jette sur moi comme pour me happer.

Maman dit souvent qu'on reconnaît les êtres aux livres qu'ils ont lus.

J'examine toujours avec une attention toute particulière les diverses modalités des baisers de cinéma. Ma curiosité, je l'avoue, est extrême à leur endroit. J'examine toujours passionnément si le baiser de l'acteur se pose à côté, au-dessus ou au-dessous de la bouche de l'actrice (comme il est, je le déplore, fréquent), s'il consiste en un simple bouche à bouche (comportant différents degrés de pression, de succion, d'adhésivité et d'hygrométrie) ou s'il s'accompagne de la protrusion de la langue comme le baiser que Jack Nicholson administre à Jessica Lange dans Le facteur sonne toujours deux fois ou celui observé récemment dans Trainspotting, ces derniers, tout à fait exceptionnels, étant sans conteste les plus intéressants.

Je m'en excuse. Je m'excusais à tout propos. Je me serais excusée d'exister, si les circonstances s'y étaient prêtées. Comme les pauvres. Qui ne laissent pas de demander pardon, c'est très horripilant, et remercient à n'en plus finir.

Maman on dirait qu'il veut parler, dis-je. Qu'il n'essaie surtout pas , dit ma mère, un méchant qui se tait est comme un loup sans crocs, c'est de qui, ma chérie? De Suétone, lui dis-je. Nous reprîmes notre slalom en riant de plus belle.(...).il faut faire avec le méchant comme avec l'ouragan le marin. Et sur ces belles paroles, nous le jetâmes dehors. Dans l'ouragan.

Maman aime les livres à la folie. Maman aime la folie enfermée dans les livres. Entre nous, cela ne lui réussit pas.

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Critiques de La compagnie des spectres : avis de lecteurs (9)


  • Critique de La compagnie des spectres par zabeth55 (Babelio)

    Trois personnages : - Louisiane, une jeune fille de 18 ans, la narratrice - Sa mère, complètement démente, bloquée aux années de l'occupation, réglant ses comptes avec « Putin », Bousquet, Darland, ...

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    Par zabeth55 - publiée le 30/07/2018

  • Critique de La compagnie des spectres par ramsesgribou (Babelio)

    Une femme, sa mère et un huissier auxquels s'ajoutent les spectres du passé qui mangent le présent. L'huissier est impassible et note ce qui pourrait avoir de la valeur comme un gimmick qui reviendra...

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    Par ramsesgribou - publiée le 18/03/2018

  • Critique de La compagnie des spectres par docare (Babelio)

    Paru bien avant "Pas pleurer" il en est néanmoins la suite. On y retrouve Montse et sa fille. Du théatre classique, unité de temps, de lieu et d'action. Deux personnages et le "hallebardier"...

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    Par docare - publiée le 24/05/2017

  • Critique de La compagnie des spectres par Brooklyn_by_the_sea (Babelio)

    Un délice de lecture : c'est très bien écrit, dans une langue fluide et riche, extrêmement bien maîtrisée, qui nous emporte dans un fleuve délirant tragi-comique, plein de rage et de désespoir. Un liv...

    Lire la critique complète >
    Par Brooklyn_by_the_sea - publiée le 29/08/2016

  • Critique de La compagnie des spectres par JLM56 (Babelio)

    Une vrai découverte et un vrai plaisir de lecture Une romancière que j'associerai volontiers à Laura Kasischke pour la force de son thème et pour la puissance de ses personnages

    Lire la critique complète >
    Par JLM56 - publiée le 21/03/2016

  • Critique de La compagnie des spectres par celinezug (Babelio)

    C'est dense, emporté et parfois un brin foutraque mais c'est aussi plein d'humour et d'une écriture incisive. Toutefois j'ai moyennement accroché j'ai largement préféré "7 femmes" il y a un débit trop...

    Lire la critique complète >
    Par celinezug - publiée le 16/01/2015

  • Critique de La compagnie des spectres par ClaireDoc (Babelio)

    Le meilleur récit romanesque de Lydie Salvayre...pour moi et sachant que je n'ai pas encore lu "Pas pleurer". La transmission de la folie, l'histoire, la lâcheté et le courage, les huissiers, tout les...

    Lire la critique complète >
    Par ClaireDoc - publiée le 09/11/2014

  • Critique de La compagnie des spectres par virginmc (Babelio)

    Un huis clos entre une fille dépassée, une mère qui a perdu la tête et un huissier discret. Beaucoup d'humour dans ce roman; certaines situations dépeintes m'ont fait éclater de rire. Je l'ai lu il y ...

    Lire la critique complète >
    Par virginmc - publiée le 27/03/2013

  • Critique de La compagnie des spectres par antibouille (Babelio)

    Bien aimé ce livre qui date un peu ( Prix Novembre de 1997) plein d'humour malgrè un huis-clos a trois parfois un peu lourd et le personnage de la mère, hantée par la figure de Pétain qu'elle appelle ...

    Lire la critique complète >
    Par antibouille - publiée le 12/02/2012
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