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Louis Aragon

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Louis Aragon est un poète, romancier et journaliste français, né probablement[1] le 3 octobre 1897 à Paris et mort le 24 décembre 1982 dans cette même ville. Avec André Breton, Tristan Tzara, Paul Éluard, Philippe Soupault, il fut l'un des animateurs... Plus >

Le Fou d'Elsa (1963)

De Louis Aragon chez Gallimard
(2 votes, note moyenne : 5.0)

1492, où Grenade tombe aux mains des Chrétiens, est aussi l'année de la découverte des Indes Occidentales par Christophe Colomb : ainsi se font en même temps les comptes du passé et ceux de l'avenir. Les Maures d'Espagne, dont la langue ignore le futur, n'ont en fait plus de lendemain à attendre. Parmi eux se reflètent tous les schismes de l'Islam et se débat la question de l'origine du Mal. Cependant un vieillard, un chanteur de rues qu'on appelle le Medjnoûn, c'est-à-dire le Fou, s'y pose le double problème du temps et de l'avenir de l'homme, celui aussi de l'amour véritable et du couple dont l'heure n'est pas encore venue. L'avenir de l'homme est la femme, dit-il : dans la perspective de la femme de l'avenir, et d'après le nom de celle vers qui se tournent sa prière et son chant, il va s'imaginer le héros d'un «Medjnoûn et Elsa», à l'imitation du célèbre poème de Medjnoûn et Leïla, que vient d'écrire le Persan Djâmî.Le Fou d'Elsa a recours, de la prose au vers français, à toutes les formes intermédiaires du langage. L'imagination ici prend le masque de l'histoire et, réinventant Boabdil, dernier roi de Grenade, que les historiens calomnièrent, réhabilite celui qui prolongea de dix années le règne de l'Islam en Europe.

Paru le 11-12-1963 - Format : Broché - 464 pages - 23 x 18 x 3 cm - 679 g - ISBN 10 : 2070202275 - ISBN 13 : 9782070202270

Collection : Blanche

Tags : prose, littérature, poèmes, poésie française, poésie, classique, mystique, délire, recueil, chant d'amour, grenade, prières, catholique, amour, france, Al-Andalus, Andalousie (Espagne), littérature française, espagne, 20ème siècle, littérature, poèmes, poésie française, poésie, classique, chants, mystique, délire, grenade, editeur, poème épique, prières, catholique, amour, france, Al-Andalus, Andalousie (Espagne), littérature française, espagne, 20ème siècle.

Citations de Le Fou d'Elsa (10)

Sauras-tu jamais ce qui me traverseCe qui me bouleverse et qui m'envahitSauras-tu jamais ce qui me transperceCe que j'ai trahi quand j'ai tressailliCe que dit ainsi le profond langageCe parler muet de sens animauxSans bouche et sans yeux miroir sans imageCe frémir d'aimer qui n'a pas de motsSauras-tu jamais ce que les doigts pensentD'une proie entre eux un instant tenueSauras-tu jamais ce que leur silenceUn éclair aura connu d'inconnuDonne-moi tes mains que mon cœur s'y formeS'y taise le monde au moins un momentDonne-moi tes mains que mon âme y dormeQue mon âme y dorme éternellement.

Que ce soit dimanche ou lundi Soir ou matin minuit midi Dans l'enfer ou le paradis Les amours aux amours ressemblent C'était hier que je t'ai dit Nous dormirons ensembleC'était hier et c'est demain Je n'ai plus que toi de chemin J'ai mis mon cœur entre tes mains Avec le tien comme il va l'amble Tout ce qu'il a de temps humain Nous dormirons ensembleMon amour ce qui fut sera Le ciel est sur nous comme un drap J'ai refermé sur toi mes bras Et tant je t'aime que j'en tremble Aussi longtemps que tu voudras Nous dormirons ensemble.

Il y a des choses que je ne dis a Personne AlorsElles ne font de mal à personne MaisLe malheur c'estQue moiLe malheur le malheur c'estQue moi ces choses je les saisIl y a des choses qui me rongent La nuitPar exemple des choses commeComment dire comment des choses comme des songesEt le malheur c'est que ce ne sont pas du tout des songesIl y a des choses qui me sont tout à faitMais tout à fait insupportables même siJe n'en dis rien même si je n'enDis rien comprenez comprenez moi bienAlors ça vous parfois ça vous étouffeRegardez regardez moi bienRegardez ma boucheQui s'ouvre et ferme et ne dit rienPenser seulement d'autre choseSonger à voix haute et de moiMots sortent de quoi je m'étonneQui ne font de mal à personneAu lieu de quoi j'ai peur de moiDe cette chose en moi qui parleJe sais bien qu'il ne le faut pasMais que voulez-vous que j'y fasseMa bouche s'ouvre et l'âme est làQui palpite oiseau sur ma lèvreO tout ce que je ne dis pasCe que je ne dis à personneLe malheur c'est que cela sonneEt cogne obstinément en moiLe malheur c'est que c'est en moiMême si n'en sait rien personneNon laissez moi non laissez moiParfois je me le dis parfoisIl vaut mieux parler que se taireEt puis je sens se dessécherCes mots de moi dans ma saliveC'est là le malheur pas le mienLe malheur qui nous est communÉpouvantes des autres hommesEt qui donc t'eut donné la mainÉtant donné ce que nous sommesPour peu pour peu que tu l'aies ditCela qui ne peut prendre formeCela qui t'habite et prend formeTout au moins qui est sur le pointQu'écrase ton poingEt les gens Que voulez-vous direTu te sens comme tu te sensBête en face des gens Qu'étais-jeQu'étais-je à dire Ah oui peut-êtreQu'il fait beau qu'il va pleuvoir qu'il faut qu'on ailleOù donc Même cela c'est tropEt je les garde dans les dentsCes mots de peur qu'ils signifientNe me regardez pas dedansQu'il fait beau cela vous suffitJe peux bien dire qu'il fait beauMême s'il pleut sur mon visageCroire au soleil quand tombe l'eauLes mots dans moi meurent si fortQui si fortement me meurtrissentLes mots que je ne forme pasEst-ce leur mort en moi qui mordLe malheur c'est savoir de quoiJe ne parle pas à la foisEt de quoi cependant je parleC'est en nous qu'il nous faut nous taire

Les mains d'ElsaDonne-moi tes mains pour l'inquiétudeDonne-moi tes mains dont j'ai tant rêvéDont j'ai tant rêvé dans ma solitudeDonne-moi tes mains que je sois sauvéLorsque je les prends à mon pauvre piègeDe paume et de peur de hâte et d'émoiLorsque je les prends comme une eau de neigeQui fond de partout dans mes mains à moiSauras-tu jamais ce qui me traverseQui me bouleverse et qui m'envahitSauras-tu jamais ce qui me transperceCe que j'ai trahi quand j'ai tressailliCe que dit ainsi le profond langageCe parler muet de sens animauxSans bouche et sans yeux miroir sans imageCe frémir d'aimer qui n'a pas de motsSauras-tu jamais ce que les doigts pensentD'une proie entre eux un instant tenueSauras-tu jamais ce que leur silenceUn éclair aura connu d'inconnuDonne-moi tes mains que mon cœur s'y formeS'y taise le monde au moins un momentDonne-moi tes mains que mon âme y dormeQue mon âme y dorme éternellement.

Aimer à perdre la raisonAimer à n'en savoir que direA n'avoir que toi d'horizonEt ne connaître de saisonsQue par la douleur du partirAimer à perdre la raison

LA FIEVRE (extrait)Tu ne veux plus même que je te toucheTu fuis ma main Tu souffle Tu gémisEt ma peur suit ta plainte sur ta boucheComme un danger pour un instant remis.

L'avenir de l'homme, c'est la femme. Elle est la couleur de son âme.

La croix pour l'ombreLes gens heureux n'ont pas d'histoireC'est du moins ce que l'on prétendLe blé que l'on jette au blutoirLes bœufs qu'on mène à l'abattoirNe peuvent pas en dire autantLes gens heureux n'ont pas d'histoireC'est le bonheur des meurtriersQue les morts jamais ne dérangentIl y a fort à parierQu' on ne les entend pas crierIls dorment en riant aux angesC'est le bonheur des meurtriersAmour est bonheur d'autre sorteIl tremble l'hiver et l'étéToujours la main dans une porteLe cœur comme une feuille morteEt les lèvres ensanglantéesAmour est bonheur d'autre sorteAimer à perdre la raisonAimer à n'en savoir que direA n'avoir que toi d'horizonEt ne connaître de saisonQue par la douleur du partirAimer à perdre la raisonAh c'est toujours toi que l'on blesseC'est toujours ton miroir briséMon pauvre bonheur ma faiblesseToi qu'on insulte et qu'on délaisseDans toute chair martyriséeAh c'est toujours toi que l'on blesseLa faim la fatigue et le froidToutes les misères du mondeC'est par mon amour que j'y croisEn elle je porte ma croixEt de leur nuit ma nuit se fondeLa faim la fatigue et le froid

LES TRAVERSEES (extrait)Mais ni cieux ni terres ni merEntre le futur et l'antanIl n'est monture que chimèreA celui qui passe le temps

LA PREMIERE VOIXJe suis ici séparé d'elleEt j'y fais l'essai de la mortLe temps sans toi m'est infidèleJ'y suis ma propre citadelleUne boussole sans le nordRien ne m'est que réminiscenceTout rêve bouteille à la merDans cette couleur de l'absenceRien n'a plus ni sève ni sensQue faire de mon cœur amer.

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Critiques de Le Fou d'Elsa : avis de lecteurs (2)


  • Critique de Le Fou d'Elsa par (Babelio)

    Pfff Je picore de ci de là quelques jolis passages, mais je suis incapable de rentrer dans ce texte (alors que j'étais persuadée que l'histoire de Boabdil m'intéresserait). Je retenterai dans une pér...

    Lire la critique complète >
    Par Babelio - publiée le 01/12/2014

  • Critique de Le Fou d'Elsa par vincentf (Babelio)

    Le voyage à travers le temps, l'espace et les mots se fait mystique d'un amour, d'une femme au nom attendu, mystère, futur et présent, passé mélangé d'aujourd'hui. Qui parle ? Le fou d'hier, ce medjno...

    Lire la critique complète >
    Par vincentf - publiée le 12/11/2011

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