livres actu Livres Actu

Accueil > Leonardo Padura Fuentes > Electre à la Havane

Acheter ce livre



Leonardo Padura Fuentes

0 abonné

Electre à la Havane (1998)

De Leonardo Padura Fuentes chez Métailié
(8 votes, note moyenne : 3.8)

Paru le 07-04-1998 - Format : Broché - 240 pages - 21 x 14 x 1 cm - 245 g - ISBN 10 : 2864242737 - ISBN 13 : 9782864242734

Collection : Bibliothèque Hispano Américaine

Tags : 20ème siècle, littérature contemporaine, cuba, littérature hispanique, littérature cubaine, homophobie, Homosexuels, homosexualité, littérature sud-américaine, critique sociale, politique, Transsexuels, bourgeoisie, travesti, exil, dictature, romain, romans policiers et polars, roman, récits.

Citations de Electre à la Havane (10)

D'après les pages internationales du journal le monde semblait être plutôt mal en point, mais les pays socialistes - malgré les difficultés et les incessantes pressions extérieures - étaient décidés à ne pas abandonner la voie ascendante et victorieuse de l'histoire.

- Si là tout de suite, tu te mets à la porte de l'Union des écrivains et que tu te mets à crier : Qui est Alberto Marqués ? il y aura aussitôt deux cents types qui vont s'agenouiller par terre, qui vont faire des courbettes et qui vont te dire : c'est Dieu, c'est Dieu, et pour peu que tu les laisses faire, ils organiseront une cérémonie en son honneur et se mettront tous à écrire sur son grand courage, sur ma mère je te jure que c'est vrai... Mais si tu avais posé la question il y a quinze ans, il y aurait eu deux cents types, presque les mêmes que ceux que tu as vus maintenant, qui t'auraient dit, le poing en l'air et les veines du cou gonflées : c'est le diable, l'ennemi de classe, l'apostat, l'apostat de la prostate, bonne métaphore n'est-ce pas ?... Parce qu'ici c'est comme ça, Conde : avant il valait mieux ne même pas le mentionner, et maintenant il est le monument vivant à la résistance éthique et esthétique, et tout le baratin. À tout moment il se trouve quelqu'un pour raconter qu'il a été le voir et qu'il lui a parlé. Tu les entendrais : c'est comme s'ils étaient allés à la Mecque... Imbéciles !

Essayant en vain de dégager son esprit des préjugés – j'adore les préjugés, et je ne supporte pas les pédés – le Conde traversa le jardin et gravit les quatre marches du perron, pour appuyer sur la sonnette qui dépassait comme un mamelon au-dessous du numéro 7. Il la caresse deux fois, puis recommença l'opération, car il n'entendit pas la sonnerie. Alors qu'il s'apprêtait à appuyer de nouveau, hésitant entre le timbre et le heurtoir, il se sentit comme assailli par l'obscurité derrière la porte qui s'ouvrait lentement, laissant apparaître le visage pâle du dramaturge et metteur en scène Alberto Marquès.– De quoi m'accuse-t-on aujourd'hui ?

J'ai continué à écrire, parce que, un jour on se souviendra de l'écrivain et personne ne sera capable de mentionner le triste fonctionnaire qui l'a harcelé.

Le père Mendoza sauta de l'autel du souvenir à la porte de la réalité où le Conde avait frappé deux fois.

J'ai d'abord été accusé d'être un homosexuel qui affichait sa condition (…) et qu'on n'allait pas permettre que des homosexuels notoires dans mon genre puissent avoir la moindre influence et sapent la formation de notre jeunesse et que c'était pourquoi on allait analyser « attentivement », (cette fois, les guillemets sont de moi) la présence des homosexuels dans les organismes culturels, et qu'on allait déplacer tous ceux qui ne devaient pas être en contact avec la jeunesse, et qu'on n'allait pas les autoriser à sortir du pays dans des délégations représentant l'art cubain, parce que nous n'étions pas et ne pouvions être d'authentiques représentants de l'art cubain.

LA CHALEUR EST UNE PLAIE maligne qui envahit tout. Elle tombe tel un lourd manteau de soie rouge qui serre et enveloppe les corps, les arbres, les choses, pour leur injecter le poison obscur du désespoir, de la mort lente et certaine. La chaleur est un châtiment sans appel ni circonstances atténuantes, prêt à ravager l'univers visible ; son tourbillon fatal a dû tomber sur la ville hérétique, sur le quartier condamné.

Le pire chez les morts, c'est qu'ils laissent des vivants.

Apprends à t'aider toi-même et arrête de te plaindre.

On n'en a jamais fini avec Paris et le souvenir de chaque personne qui y a vécu est différent du souvenir de tous les autres...

< Voir moins de citations
Voir plus de citations >

Critiques de Electre à la Havane : avis de lecteurs (8)


  • Critique de Electre à la Havane par bertrandbdx (Babelio)

    Mario Conde, ce flic cubain désabusé est de retour. Dans un pays tiraillé entre des hommes fidèles à une dictature, source des espoirs les plus fous mais aussi les désillusions les plus vives, et d'...

    Lire la critique complète >
    Par bertrandbdx - publiée le 05/12/2011

  • Critique de Electre à la Havane par jimpee (Babelio)

    Je suis sans doute un capitaliste petit bourgeois, ennemi de la grandeur de la Révolution, mais cet autre roman de Padura se déroule dans une société étouffée par la dictature et correspond plus à ce ...

    Lire la critique complète >
    Par jimpee - publiée le 09/11/2012

  • Critique de Electre à la Havane par Charybde2 (Babelio)

    La troisième enquête du Conde, et la plus attachante, à l'intersection du culturel et du politique. Publiée en 1997 sous le titre original de "Máscaras" ("Masques"), traduite en 1998 par Re...

    Lire la critique complète >
    Par Charybde2 - publiée le 03/06/2013

  • Critique de Electre à la Havane par akcd (Babelio)

    Quatrième livre de Leonardo Padura à mon crédit, après Hérétiques, L'homme qui aimait les chiens et Passé parfait. Je n'ai pas respecté l'ordre chronologique de la création artistique de cet immense a...

    Lire la critique complète >
    Par akcd - publiée le 26/05/2016

  • Critique de Electre à la Havane par Corboland78 (Babelio)

    Leonardo Padura Fuentes, né en 1955 à La Havane (Cuba), et licencié en philologie, est auteur de romans policiers, scénariste, journaliste et critique littéraire, auteur d'essais et de livres de conte...

    Lire la critique complète >
    Par Corboland78 - publiée le 17/08/2016

  • Critique de Electre à la Havane par JMLire17 (Babelio)

    Le lieutenant de police, amateur de rhum, passionné de littérature, Mario Conde, de roman en roman, est toujours autant désabusé, nostalgique de sa jeunesse, résigné de ses illusions perdues, sans man...

    Lire la critique complète >
    Par JMLire17 - publiée le 04/07/2017

  • Critique de Electre à la Havane par danielegodardlivet (Babelio)

    Comment ai-je pu pendant si longtemps passer à côté de Leonardo Padura ? C'est grâce aux bibliothécaires de ma ville que je l'ai découvert. Un cubain critique du régime qui n'est pas parti en exil ! E...

    Lire la critique complète >
    Par danielegodardlivet - publiée le 22/03/2018

  • Critique de Electre à la Havane par tristantristan (Babelio)

    Comme dans chaque romain cubain, la toile de fond c'est les manques, la répression et la sexualité débordante. Ici, l'habillage prend la forme d'un roman policier.

    Lire la critique complète >
    Par tristantristan - publiée le 23/11/2019
< Voir moins de critiques
Voir plus de critiques >

Ils parlent de Electre à la Havane

Du même auteur

Commentaires

Connexion




S'inscrire

Inscription à Livres Actu




Se connecter