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Leïla Slimani

Présentation de Leïla Slimani (Wikipedia)

Leïla Slimani, née le 3 octobre 1981 à Rabat au Maroc, est une journaliste et écrivaine franco-marocaine. Elle a notamment reçu le prix Goncourt 2016 pour son deuxième roman, Chanson douce.

Livres de Leïla Slimani

Citations de Leïla Slimani (32)

Française, enfant d'étrangersJe suis l'enfant de tous ces étrangers et je suis française. Je suis une immigrée, une parisienne, une femme libre, persuadée qu'on peut s'affirmer soi-même sans nier les autres. Que la nationalité n'est ni une gloire , ni un mérite; Qu'il y a de la joie à vivre ici et maintenant. Voilà à quoi je voudrais que ressemble la France de 2016: à ces repas de Noël joyeux et interminables, où chacun avait sa place, où l'on ne jugeait ni l'ivresse des uns ni la liberté de ton des autres.Où les vieux ne riaient pas des discours des plus jeunes, où les blasphémateurs amusaient toute l'assemblée. Où à la fin ne subsistait que la conscience du privilège d'être ensemble dans un monde où tout, pourtant, s'emploie à nous désunir. (p. 47)

– Le diable est dans les détails

Les dictateurs arabes le savent bien : en éduquant les hommes, on prend le risque qu'ils vous reversent. Et qu'ils défilent un jour, un stylo à la main.

– Le diable est dans les détails

Paris, qui est tout ce que vous haïssez , un mélange sensuel et délicieux de langues, de peaux et de religions. Paris où l'on s'embrasse à pleine bouche sur les bancs, où l'on peut entendre au fond d'un café une famille se déchirer pour des opinions politiques et finir sa soirée en trinquant à l'amour. ... c'est nous, enfants de la patrie, mécréants, infidèles, simples flâneurs, adorateurs d'idoles, buveurs de bière, libertins, humanistes qui écriront l'histoire.

– Le diable est dans les détails

e suis l'enfant de tous ces étrangers et je suis française. Je suis une immigrée, une parisienne, une femme libre, persuadée qu'on peut s'affirmer soi-même sans nier les autres. Que la nationalité n'est ni une gloire , ni un mérite; Qu'il y a de la joie à vivre ici et maintenant. Voilà à quoi je voudrais que ressemble la France de 2016: à ces repas de Noël joyeux etinterminables, où chacun avait sa place, où l'on ne jugeait ni l'ivresse des uns ni la liberté de ton des autres.

– Le diable est dans les détails

« Aujourd'hui, plus que jamais, je mesure la beauté de ma ville. Cette ville, je ne l'échangerais contre aucun des paradis que les fous de Dieu promettent. Vos fontaines de lait et de miel ne valent pas la Seine. Paris pour qui je serai un soldat. Paris, qui est tout ce que vous haïssez. Un mélange sensuel et délicieux de langues, de peaux et de religions. Paris où l'on s'embrasse à pleine bouche sur les bancs, où l'on peut entendre au fond d'un café une famille se déchirer pour des opinions politiques et finir sa soirée en trinquant à l'amour. Cette nuit, nos théâtres, nos musées, nos bibliothèques seront fermés. Mais demain ils ouvriront à nouveau et c'est nous, enfants de la patrie, mécréants, infidèles, simples flâneurs, adorateurs d'idoles, buveurs de bière, libertins, humanistes, qui écrirons l'histoire. » (14 novembre 2015)

– Le diable est dans les détails

Intégristes, je vous haisJe n'ai jamais été nationaliste ni religieuse. J'ai toujours fui les mouvements grégaires. Mais Paris est ma patrie depuis le jour où je m'y suis installée. C'est là que je suis devenue une femme libre, là que j'ai aimé, que j'ai été ivre, que j'ai connu la joie, que j'ai eu accès à l'art, à la musique, à la beauté. A Paris, j'ai appris la passion de vivre. (p. 41)

– Le diable est dans les détails

Une armée de plumes Parce qu'elle est un immense espace de liberté, où l'on peut tout dire, où l'on peut côtoyer le mal, raconter l'horreur, s'affranchir des règles de la morale et de la bienséance, la littérature est plus que jamais nécessaire. Elle ramène de la complexité et de l'ambiguïté dans un monde qui les rejette. Elle peut ausculter, sans fard et sans complaisance, ce que nos sociétés produisent de plus laid, de plus dangereux et de plus infâme. Elle demande du temps dans un monde où tout est rapide, où l'imageet l'émotion l'emportent sur l'analyse. Mais pour jouer pleinement son rôle, elle doit être à la hauteur d'elle-même et de ces idéaux. (p. 22)

– Le diable est dans les détails

"Tous les dictateurs du monde le savent bien :en éduquant les hommes, on prend le risque qu'ils vous renversent et qu'ils défilent un jour, un stylo à la main"

– Le diable est dans les détails

Une armée de plumesDans le monde arabe, on compte 60 millions d'illettrés sur une population de 280 millions. Selon l'ALESCO (Organisation arabe pour l'éducation, la culture et les sciences), chaque habitant ne consacre que six minutes par an à la lecture d'un livre, et la grande majorité des livres édités parlent de religion. Tous les dictateurs arabes le savent bien: en éduquant les hommes, on prend le risque qu'ils vous renversent,. Et qu'ils défilent un jour, un stylo à la main. (p. 26)

– Le diable est dans les détails

Une armée de plumesC'est parce qu'elle peut tout dire que la littérature est un exercice si difficile. C'est parce qu'elle ne peut se contenter de pensées schématiques, de généralités, de clichés, qu'elle est importante et essentielle. (p. 24)

– Le diable est dans les détails

Elle adore [...] ces deux enfants qu'elle passe des heures à observer. Elle en pleurerait, de ces regards qu'ils lui lancent parfois, cherchant son approbation ou son aide. Elle aime surtout la façon qu'a Adam de se retourner, pour la prendre à témoin de ses progrès, de ses joies, pour lui signifier que dans tous ses gestes il y a quelque chose qui lui est destiné, à elle et à elle seule.(p. 211)

– Chanson douce

Elle ferme les yeux et convoque des souvenirs de plages grecques, de couchers de soleil, de dîners face à la mer. Elle invoque ces souvenirs comme les mystiques en appellent aux miracles.

– Chanson douce

Le destin est vicieux comme un reptile, il s'arrange toujours pour nous pousser du mauvais côté de la rampe.

– Chanson douce

Les squares, les après-midi d'hiver. Le crachin balaie les feuilles mortes. Le gravier glacé colle aux genoux des petits. Sur les bancs, dans les allées discrètes, on croise ceux dont le monde ne veut plus. Ils fuient les appartements exigus, les salons tristes, les fauteuils creusés par l'inactivité et l'ennui. Ils préfèrent grelotter en plein air, le dos rond, les bras croisés. A 16 heures, les journées oisives paraissent interminables. C'est au milieu de l'après-midi que l'on perçoit le temps gâché, que l'on s'inquiète de la soirée à venir. A cette heure, on a honte de ne servir à rien.

– Chanson douce

Les habits de père lui semblait à la fois trop grands et trop tristes… Il avait envie, parfois, d'être enfant avec eux, de se mettre à leur hauteur, de fondre dans l'enfance.

– Chanson douce

On se sent seul auprès des enfants. Ils se fichent des contours de notre monde. Ils en devinent la dureté, la noirceur mais ne veulent rien savoir.

– Chanson douce

On lui a toujours dit que les enfants n'étaient qu'un bonheur éphémère, une vision furtive, une impatience. Une éternelle métamorphose.

– Chanson douce

« Tu vois, tout se retourne et tout s'inverse. Son enfance et ma vieillesse. Ma jeunesse et sa vie d'homme. Le destin est vicieux comme un reptile, il s'arrange toujours pour nous pousser du mauvais côté de la rampe. »

– Chanson douce

Toute sa vie, elle avait eu l'impression de gêner. Sa présence dérangeait Jacques, ses rires réveillaient les enfants que Louise gardait. Ses grosses cuisses, son profil lourd s'écrasaient contre le mur, dans le couloir étroit, pour laisser passer les autres. Elle craignait de bloquer le passage, de se faire bousculer, d'encombrer une chaise dont quelqu'un d'autre voudrait. Quand elle parlait, elle s'exprimait mal. Elle riait et on s'en offensait, si innocent que fût son rire. Elle avait fini par développer un don pour l'invisible et logiquement, sans éclats, sans prévenir, comme si elle y était évidemment destinée, elle avait diparu.p90

– Chanson douce

Arrivée au coin de sa rue, pourtant déserte, elle sent qu'on l'observe. Elle se retourne, mais il n'y a personne. Puis, dans la pénombre, entre deux voitures, elle aperçoit un homme, accroupi. Elle voit ses deux cuisses nues, ses mains énormes posées sur ses genoux. Une main tient un journal. Il la regarde. Il n'a l'air ni hostile ni gêné. Elle recule, prise d'une atroce nausée. Elle a envie de hurler, de prendre quelqu'un à témoin. Un homme chie dans sa rue, sous son nez. Un homme qui apparemment n'a même plus honte et doit avoir l'habitude de faire ses besoins sans pudeur et sans dignité.p152

– Chanson douce

Quand ils font l'amour, les hommes regardent leur sexe. Ils prennent appui sur leurs bras, penchent la tête et observent leur verge pénétrer la femme. Ils s'assurent que cela fonctionne. Ils restent quelques secondes à apprécier ce mouvement, à se réjouir peut-être de cette mécanique, si simple et si efficace. Adèle sait bien qu'il y a aussi une forme d'excitation dans cette auto-contemplation, dans ce retour vers soi. Et que ce n'est pas seulement leur sexe à eux, mais aussi le sien qu'ils contemple

– Dans le jardin de l'ogre

Elle est si satisfaite d'avoir repoussé la tentation pendant quelques jours , qu'elle en a oublié le danger.

– Dans le jardin de l'ogre

L'amour, ça n'est que de la patience. Une patience dévote, forcenée, tyrannique. Une patience déraisonnablement optimiste.

– Dans le jardin de l'ogre

Les gens insatisfaits détruisent tout autour d'eux.

– Dans le jardin de l'ogre

À quoi servirait de se retenir ? La vie n'en serait pas plus belle. À présent, elle réfléchit en opiomane, en joueuse de cartes. Elle est si satisfaite d'avoir repoussé la tentation pendant quelques jours, qu'elle en a oublié le danger.

– Dans le jardin de l'ogre

Elle connaît ce corps et ça la contrarie. C'est trop simple, trop mécanique. La surprise de son arrivée ne suffit pas à sublimer Adam. Leur étreinte n'est ni assez obscène ni assez tendre. Elle pose les mains d'Adam sur ses seins, essaie d'oublier que c'est lui. Elle ferme les yeux et s'imagine qu'il l'oblige.

– Dans le jardin de l'ogre

Dans son amnésie flotte la rassurante sensation d'avoir existé mille fois à travers le désir des autres.

– Dans le jardin de l'ogre

Je lui disais : Adèle, il faut que tu te prennes en main, si tu veux te comporter comme une princesse, trouve-toi un prince parce qu'ici on n'a pas les moyens de t'entretenir à vie. (...) Non, heureusement qu'elle a trouvé un homme comme vous. Vraiment, on en a de la chance.

– Dans le jardin de l'ogre

Les justifications nourrissent les soupçons.

– Dans le jardin de l'ogre

Adèle tend son verre. Elle regarde du côté des hommes et cherche une porte de sortie, une issue pour les rejoindre et fuir le groupe de perruches au milieu duquel elle se retrouve. Ces femmes ne sont rien. Elle n'éprouverait même pas le plaisir à les impressionner. Elle crève d'être là à les écouter.

– Dans le jardin de l'ogre

Je trouve le métier de journaliste dur et chronophage. Et puis c’est un métier où l’on ne vieillit pas bien.

Les hommes ne savent pas qui nous sommes. Ils ne veulent pas savoir.

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