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Johann Chapoutot

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Johann Chapoutot, né le 30 juillet 1978, est un historien spécialiste d'histoire contemporaine et du nazisme.

La révolution culturelle nazie (2017)

De Johann Chapoutot chez Gallimard
(2 votes, note moyenne : 4.5)

Pour les nazis, la «culture» était à l’origine la simple transcription de la nature : on révérait les arbres et les cours d’eau, on s’accouplait, se nourrissait et se battait comme tous les autres animaux, on défendait sa horde et elle seule. La dénaturation est intervenue quand les Sémites se sont installés en Grèce, quand l’évangélisation a introduit le judéo-christianisme, puis quand la Révolution française a parachevé ces constructions idéologiques absurdes (égalité, compassion, abstraction du droit…). Pour sauver la race nordique-germanique, il fallait opérer une «révolution culturelle», retrouver le mode d’être des Anciens et faire à nouveau coïncider culture et nature. C’est en refondant ainsi le droit et la morale que l’homme germanique a cru pouvoir agir conformément à ce que commandait sa survie. Grâce à la réécriture du droit et de la morale, il devenait légal et moral de frapper et de tuer. Avec ce recueil d’études, Johann Chapoutot parachève et relie le projet de deux de ses livres précédents, Le National-socialisme et l’Antiquité (2008) et La Loi du sang : penser et agir en nazi (2014). En approfondissant des points particuliers, comme la lecture du stoïcisme et de Platon sous le IIIᵉ Reich, l’usage de Kant et de son impératif catégorique ou la réception en Allemagne du droit romain, il montre comment s’est opérée la réécriture de l’histoire de l’Occident et par quels canaux de telles idées sont parvenues aux acteurs des crimes nazis.
Johann Chapoutot est professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris-Sorbonne.

Paru le 19-01-2017 - Format : Broché - 288 pages - 23 x 22 x 1 cm - 332 g - ISBN 10 : 2070117693 - ISBN 13 : 9782070117697

Collection : Bibliothèque Des Histoires

Tags : récits, essai, histoire, nature, juif, maladie, occident, antisémitisme, angoisse, allemande, esclavagisme, nordique, réécriture, romain, culture, seconde guerre mondiale, nazisme, génétique, animaux, crime.

Citations de La révolution culturelle nazie (6)

cette manière de considérer autrui comme tout autre chose qu'un être humain, moins encore qu'un animal et à peine un objet

À peine arrivé à Auschwitz, où il devait survivre grâce à ses compétences de chimiste, Primo Levi est confiné pour une attente absurde, sans eau, dans un baraquement. Avisant un glaçon, il s'en saisit pour étancher la soif qui le tenaille : Je n'ai pas plus tôt détaché le glaçon qu'un grand et gros gaillard qui faisait les cent pas dehors vient à moi et me l'arrache brutalement. Warum ? dis- je dans mon allemand hésitant. Hier ist kein warum. Ici, il n'y a pas de pourquoi. La Shoah et, par ailleurs, l'entreprise concentrationnaire ainsi que la multitude des crimes nazis ont ouvert une béance de sens qui ne s'est jamais refermée — et qui ne se refermera sans doute pas avec ce livre. Pourtant, on peut se mettre en quête des « pourquoi ». Pour les victimes, il n'y en eut pas : ils furent l'objet du plus intense déchaînement de violences jamais connu dans l'histoire de l'humanité. Des shtetls dévastés par les unités spéciales de la police et de la SS aux Sonderkommandos des centres de mises à mort, en passant par les dizaines d'Oradour à l'ouest de l'Europe, les centaines en Grèce et dans les Balkans et les milliers d'Oradour du territoire soviétique, on ne voit qu'absurdité et non- sens d'une violence aveugle. Shakespeare, en homme de la Renaissance familier de la mort, parlait de la vie comme d'« une histoire pleine de bruit et de fureur […] qui ne signifie rien ». Pour les millions de vies brisées par la violence nazie, le moment de la fin fut celui du non- sens et de la déréliction la plus atroce.

accorder à autrui le crédit de l'humanité, d'une appartenance à l'espèce humaine et d'une « intériorité »

aire accepter aux acteurs de ces crimes que leurs actes étaient légitimes et justes

à l'oeuvre dans le capitalisme si inhumain de la révolution industrielle, dans la mise en coupe réglée des territoires coloniaux, ou dans les massacres industriels de la Grande Guerre

comprendre pourquoi et comment des hommes ont pu voir d'autres hommes à travers le vitre d'un « aquarium »


Critiques de La révolution culturelle nazie : avis de lecteurs (3)


  • Critique de La révolution culturelle nazie par ged7fr (Babelio)

    Je suis sorti de mon cursus scolaire avec une frustration concernant la seconde guerre mondiale et le nazisme en particulier : comment le peuple allemand a t'il pu suivre des monstres ? Oui, on m'a dé...

    Lire la critique complète >
    Par ged7fr - publiée le 18/03/2020

  • Critique de La révolution culturelle nazie par (Babelio)

    Une conception de l'histoire basée sur un long martyrologe de la race En introduction, Johann Chapoutot évoque Primo Levi, le warum, Auschwitz, les crimes nazis ouvrant « une béance de sens qui ne ...

    Lire la critique complète >
    Par Babelio - publiée le 23/01/2019

  • Critique de La révolution culturelle nazie par vincentf (Babelio)

    Peut-on parler de culture nazie ? Ce livre répond oui et tente de la définir. La culture nazie ne s'oppose pas, dit-elle, à la nature, elle veut au contraire retrouver le lien perdu entre l'homme (...

    Lire la critique complète >
    Par vincentf - publiée le 26/02/2018

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