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Jean Paul Sartre

Jean-Paul Sartre (1905-1980) est philosophe, critique littéraire, romancier, nouvelliste et dramaturge. Il se fait connaître du grand public par ses récits (La Nausée, Le Mur) et ses pièces de théâtre (Les Mouches, Huis clos). Mais son activité littéraire est indissociable de sa pensée philosophique (L'Imaginaire, L'Être et le néant). Menant une intense activité politique, il refuse le prix Nobel de littérature en 1964.

Présentation de Jean Paul Sartre (Wikipedia)

Johann Paul Friedrich Richter (Wunsiedel, 21 mars 1763 – Bayreuth, 14 novembre 1825), mieux connu sous le pseudonyme de Jean Paul, est un écrivain allemand.

Livres de Jean Paul Sartre

Citations de Jean Paul Sartre (222)

Il faut mâcher les mots plus qu'un morceau de pain.

– Pains & pâtisseries sans gluten

Les mots historiques sont des mots que de grands personnages prononcèrent après leur mort.

– Des Mots...

Les mots traduisent beaucoup plus qu'ils ne définissent. Surtout quand il s'agit de personnes.

– Les Mots

Les mots sont les objets suprêmes, ce sont des choses dotées d'esprit.

– Les Mots

L’ivresse fait dire les mots qu’on aurait pu dire en étant sobre.

– Les Mots

Le mot amour est devenu vieux Il veut plus qu'on l'embête Trop de gens l'on gardé pour eux Il a mal dans sa tête.

– Les Mots

Les mots n'ont après tout que la valeur qu'on leur prête.

– Les Mots

Les mots ne se battent sur le papier.

– Les Mots

Personne ne vous doit rien _ et surtout vous n'avez aucun droit sur le destin.

– Carnets de la drôle de guerre

Mais s'il est vrai que l'état de guerre vient par des hommes, il se réalise en dehors d'eux.

– Carnets de la drôle de guerre

La morale commence là où s'arrête l'espérance.

– Carnets de la drôle de guerre

Toujours les tribulations d'un stoïque.Quand j'ai quitté le Castor, le 2 septembre, j'étais parti pour plus dur et pour mieux que cette médiocrité tranquille. A présent, je suis contaminé, pourri.

– Carnets de la drôle de guerre

La guerre fantôme. Une guerre à la Kafka. Je n'arrive pas à la sentir, elle me fuit.

– Carnets de la drôle de guerre

Ce que je viens de dire mal et trop longuement, c'est que la guerre ne fait pas seulement l'objet de mes pensées, elle en fait aussi l'étoffe. A travers ce que je perçois, cette table ou cette pipe, je pense à la guerre ; la manière dont je pense et je perçois cette table et cette pipe est "de guerre" - enfin la façon dont cette table et cette pipe se donnent à moi est de guerre.

– Carnets de la drôle de guerre

Les bourgeois sont officiers. Les paysans et beaucoup d'ouvriers sont soldats. Moi, je suis ni l'un ni l'autre. En marge, en guerre comme en paix. Plus près du bourgeois cependant. La guerre ne détruit pas les classes. Elle les renforcerait plutôt.

– Carnets de la drôle de guerre

Si je ne crois pas que je vais mourir à cette guerre c'est que, depuis toujours, ma volonté est tendue contre la mort comme si c'était un simple mal de mer. (...) Je n'ai pas le temps de mourir, voilà à peu près comment je sens les choses. Et, magiquement, cela me donne la certitude que je ne mourrai pas avant d'être arrivé au bout du voyage.

– Carnets de la drôle de guerre

Castor dit que je me crois immortel. C'est peut-être un peu vrai. Je n'envisage pas de mourir. Mais il y a autre chose : j'ai toujours conçu mes écrits non comme des productions isolées mais comme s'organisant en vue d'une oeuvre. Et cette oeuvre tenait dans les limites d'une vie humaine. Mieux, par méfiance de la vieillesse, j'ai toujours pensé que l'essentiel en serait écrit pour mes soixante ans. Reste cet enfantillage absurde mais profond que je ne me voyais pas mourir avant soixante-dix ans. Il en résultait comme un manchon de vide séparant la fin de ma vie de ma mort.

– Carnets de la drôle de guerre

On ne peut saisir pleinement la mort qu'en la considérant à travers la vie et dans chaque moment de cette vie comme dans les grands ensembles actifs et passionnels.

– Carnets de la drôle de guerre

L'éclaircissement de l'Être se fait à partir du Non-Être : je comprends l'état de la France, de mon parti politique, de mon groupe confessionnal, à partir de ce que je voudrait qu'il soit, à partir ce que je projette de le faire devenir.

– Vérité et existence

Lorsque Socrate affirme : je sais que je ne sais rien, cette modestie est en même temps l'affirmation la plus radicale de l'homme, puisque cela suppose que tout est à savoir.

– Vérité et existence

Cet ouvrage a pour but de décrire la grande fonction "irréalisante" de la conscience ou "imagination" et son corrélatif noématique, l'imaginaire.

– L'Imaginaire

... quand le lecteur est bien pris, il n'y a pas d'image mentale [...]

– L'Imaginaire

En réalité, dans la lecture comme au théâtre, nous sommes en présence d'un monde et nous attribuons à ce monde juste autant d'existence qu'à celui du théâtre ; c'est-à-dire une existence complète dans l'irréel.

– L'Imaginaire

Pour décrire correctement le phénomène de lecture, il faut donc dire que le lecteur est en présence d'un monde.

– L'Imaginaire

Les mots ne sont pas des images.

– L'Imaginaire

Ce qui définit le monde imaginaire comme l'univers réel, c'est une attitude de la conscience.

– L'Imaginaire

Il s'agit évidemment d'un cas limite, mais nous avons le droit d'imaginer.

– L'Imaginaire

[...] l'imagination n'est pas un pouvoir empirique et surajouté de la conscience, c'est la conscience tout entière en tant qu'elle réalise sa liberté.

– L'Imaginaire

Supposons que ma conscience imageante vise le Panthéon [...] Le Panthéon existe ailleurs et il se donne précisément comme existant ailleurs : ce qui est présent, en quelque sorte c'est son absence.

– L'Imaginaire

« J'observe un objet ses apparitions se valent toutes, elles se renvoient toutes entre elles. L'apparition-apparence s'indique donc elle-même, en tant qu'apparition, et son essence est un paraître qui ne s'oppose plus à l'être mais qui en est la mesure c'est-à-dire une apparence individuelle, »

– L'Imaginaire

Mais peindre la passion, c'est la dépasser déjà, déjà s'en dépouiller.

– Qu'est-ce que la littérature ?

L'art d'écrire n'est pas protégé par les décrets immuables de la Providence ; il est ce que les hommes le font, ils le choisissent en se choisissant. S'il devait se tourner en pure propagande ou en pur divertissement, la société retomberait dans la bauge de l'immédiat, c'est-à-dire dans la vie sans mémoire des hyménoptères et des gastéropodes. Bien sûr, tout cela n'est pas si important : le monde peut fort bien se passer de la littérature. Mais il peut se passer de l'homme encore mieux.

– Qu'est-ce que la littérature ?

Pourquoi écrire ?Chacun a ses raisons : pour celui-ci, l'art est une fuite pour celui-là, un moyen de conquérir. Mais on peut fuir dans un ermitage, dans la folie, dans la mort; on peut conquérir par les armes. Pourquoi justement écrire, faire par écrit ses évasions et ses conquêtes ?

– Qu'est-ce que la littérature ?

Les idéologies sont liberté quand elles se font, oppression quand elles sont faitesp 193

– Qu'est-ce que la littérature ?

Avant d'etre un document,un passe temps ou une similationdu vrai,le roman est une lecon de conduite

– Qu'est-ce que la littérature ?

Chacun a ses raisons : pour celui-ci, l'art est une fuite ; pour celui-là, un moyen de conquérir. Mais on peut fuir dans un ermitage, dans la folie, dans la mort ; on peut conquérir par les armes. Pourquoi justement écrire, faire par écrit ses évasions et ses conquêtes?

– Qu'est-ce que la littérature ?

Il est faux que l'auteur agisse sur ses lecteurs, il fait seulement appel à leurs libertés.

– Qu'est-ce que la littérature ?

Il n"y a que de bons et de mauvais romans. Et le mauvais roman est celui qui vise à plaire en flattant au lieu que le bon est une exigence et un acte de foi. Ainsi qu'il soit essayiste, pamphlétaire, satiriste ou romancier, qu'il parle seulement des passions individuelles ou qu'il s'attaque au régime de la société, l'écrivain, homme libre s'adressant à des hommes libres, n'a qu'un seul sujet : la liberté.

– Qu'est-ce que la littérature ?

"La prose se sert des mots, la poésie sert les mots"

– Qu'est-ce que la littérature ?

- (...) C'est qu'on lit vite, mal et qu'on juge avant d'avoir compris. Donc, recommençons. Cela n'amuse personne, ni vous, ni moi. Mais il faut enfoncer le clou. Et puisque les critiques me condamnent au nom de la littérature, sans jamais dire ce qu'ils entendent par là, la meilleure réponse à leur faire, c'est d'examiner l'art d'écrire, sans préjugés. Qu'est-ce qu'écrire? Pourquoi écrit-on? Pour qui? Au fait, il semble que personne ne se le soit jamais demandé.

– Qu'est-ce que la littérature ?

Pas un Français ne sera en sécurité tant qu'un juif, en France et dans le monde entier, pourra craindre pour sa vie.

– Réflexions sur la question juive

Ainsi, le Juif est en situation de Juif parce qu'il vit au sein d'une collectivité qui le tient pour Juif. Il a des ennemis passionnés et des défenseurs sans passion. Le démocrate fait profession de modération ; il blâme ou admoneste pendant qu'on met le feu aux synagogues. Il est tolérant par état ; il a même le snobisme de la tolérance, il l'étend jusqu'aux ennemis de la démocratie : ne fut-il pas de mode, dans la gauche radicale, de trouver du génie à Maurras ? Comment ne comprendrait-il pas l'antisémite. Il est comme fasciné par tous ceux qui méditent sa perte. Et puis peut-être a-t-il au fond de lui-même comme un regret de la violence qu'il s'interdit. Et surtout la partie n'est pas égale : pour que le démocrate mît quelque chaleur à plaider la cause du Juif, il faudrait qu'il fût manichéiste lui aussi et qu'il le tînt pour le Principe du Bien. Mais comment serait-ce possible ? Le démocrate n'est pas fou. Il se fait l'avocat du Juif parce qu'il voit en lui un membre de l'humanité ; or, l'humanité a d'autres membres qu'il faut pareillement défendre, le démocrate a fort à faire : il s'occupe du Juif quand il en a le loisir ; l'antisémite n'a qu'un seul ennemi, il peut y penser tout le temps ; c'est lui qui donne le ton. Vigoureusement attaqué, faiblement défendu, le Juif se sent en danger dans une société dont l'antisémitisme est la tentation perpétuelle. Voilà ce qu'il faut examiner de plus près.

– Réflexions sur la question juive

1939 - JP Sartre à S. de BeauvoirMon charmant CastorQue vos lettres sont tendres. Elles remuent le coeur, je les lis une première fois à l'heure du courrier vers deux heures et puis je les relis le soir avant d'écrire. ...Je crois que je vous lis avec les yeux de l'amour, car je ne n'y trompe jamais....Votre petit salut quotidien n'est pas venu depuis quatre jours et le monde n'est plus pareil. Je me sens pour la première fois déprimé et captif, un rat dans la ratière,je sens toute mon impuissance.

– Lettres au Castor et à quelques autres (Tome 1-1926-1939)

1939P Sartre à S. de BeauvoirMon cher amour, ma petite fleur, on n'a fait qu'un, n'est-ce pas ? Je vous aime si fort, si fort et je le sens bien. Vous avez été un petit charme et vous m'avez rappelé ce que c'était que le vrai bonheur. Je vous embrasse sur vos deux petites joues.

– Lettres au Castor et à quelques autres (Tome 1-1926-1939)

1930.J.P Sartre à S. de BeauvoirMon doux CastorVoilà un petit mot tendre mais tout gratuit et tout juste pour vous dire que je vous aime de tout mon coeur. Il est trois heures, on peut si on veut me réveiller à onze heures mais pas avant.Je vous aime.

– Lettres au Castor et à quelques autres (Tome 1-1926-1939)

ORESTE : Je suis libre, Électre ; la liberté a fondu sur moi comme la foudre.ÉLECTRE : Libre ? Moi, je ne me sens pas libre. Peux-tu faire que tout ceci n'ait pas été ? Quelque chose est arrivé que nous ne sommes plus libre de défaire. Peux-tu empêcher que nous soyons pour toujours les assassins de notre mère ?ORESTE : Crois-tu que je voudrais l'empêcher ? J'ai fait mon acte, Électre, et cet acte était bon. Je le porterai sur mes épaules comme un passeur d'eau porte les voyageurs, je le ferai passer sur l'autre rive et j'en rendrai compte. Et plus il sera lourd à porter, plus je me réjouirai, car ma liberté, c'est lui.

– Huis clos

« Les mouches », Acte II, Egisthe : « … Un homme libre dans une ville, c'est comme une brebis galeuse dans un troupeau. Il va contaminer tout mon royaume et ruiner mon œuvre. Dieu tout-puissant, qu'attends-tu pour le foudroyer ? ».

– Huis clos

Garcin : Vous n'avez pas peur, vous ? Inès : Pour quoi faire ? La peur, c'était bon avant, quand nous gardions de l'espoir.

– Huis clos

Quand une fois la liberté a explosé dans une âme d'homme, les Dieux ne peuvent plus rien contre cet homme-là.

– Huis clos

On meurt toujours trop tôt - ou trop tard. Et cependant la vie est là, terminée ; le trait est tiré, il faut faire la somme. Tu n'es rien d'autre que ta vie.

– Huis clos

Est-ce que c'est possible qu'on soit un lâche quand on a choisi les chemins les plus dangereux ? Peut-on juger une vie sur un seul acte ?

– Huis clos

Je ne peux pas supporter qu'on attende quelque chose de moi. Ca me donne tout de suite envie de faire le contraire.

– Huis clos

Moi, je suis méchante : ça veut dire que j'ai besoin de la souffrance des autres pour exister. Une torche. Une torche dans les cœurs. Quand je suis toute seule, je m'éteins

– Huis clos

On meurt toujours trop tôt ou trop tard. Et cependant, la vie est là, terminée : le trait est tiré, il faut faire la somme. Tu n'es rien d'autre que ta vie.Alors c'est ça l'enfer. Je n'aurais jamais cru...Vous vous rappelez : le soufre, le bûcher, le gril... Ah! Quelle plaisanterie. Pas besoin de gril : l'enfer c'est les autres.

– Huis clos

Je suis libre. Il ne me reste plus aucune raison de vivre, toutes celles que j'ai essayées ont lâché et je ne peux plus en imaginer d'autres. Je suis encore assez jeune, j'ai encore assez de forces pour recommencer. Mais que faut-il pour recommencer ? Combien, au plus fort de mes terreurs, de mes nausées, j'avais compté sur Anny pour me sauver, je le comprends seulement maintenant. Mon passé est mort, M. de Rollebon est mort, Anny n 'est revenue que pour m'ôter tout espoir. Je suis seul dans cette rue blanche que bordent les jardins. Seul et libre. Mais cette liberté ressemble un peu à la mort.

– La Nausée

Je sais très bien que je ne veux rien faire : faire quelque chose, c'est créer de l'existence – et il y a bien assez d'existence comme ça.

– La Nausée

c'est toujours trop tard ou trop tôt pour tout ce qu'on veut faire. p30

– La Nausée

Si je ne me trompe pas, si tous les signes qui s'amassent sont précurseurs d'un nouveau bouleversement de ma vie, eh bien, j'ai peur. Ce n'est pas qu'elle soit riche, ma vie, ni lourde, ni précieuse. Mais j'ai peur de ce qui va naître, s'emparer de moi -- et m'entraîner où ? Va-t-il falloir encore que je m'en aille, que je laisse tout en plan, mes recherches, mon livre ? Me réveillerai-je dans quelques mois, dans quelques années, éreinté, déçu, au milieu de nouvelles ruines ? Je voudrais voir clair en moi avant qu'il ne soit trop tard.

– La Nausée

Je suis plein d'angoisse : le moindre geste m'engage.

– La Nausée

Quand on vit, il n'arrive rien. Les décors changent, les gens entrent et sortent, voilà tout. Il n'y a jamais de commencements. Les jours s'ajoutent aux jours sans rime ni raison, c'est une addition interminable et monotone.

– La Nausée

Si seulement je pouvais m'arrêter de penser, ça irait déjà mieux. Les pensées, c'est ce qu'il y a de plus fade. Plus fade encore que de la chair. ça s'étire à n'en plus finir et ça laisse un drôle de goût.

– La Nausée

Pour que l'événement le plus banal devienne une aventure, il faut et il suffit qu'on se mette à le raconter.

– La Nausée

Si je pouvais m'empêcher de penser ! J'essaie, je réussis : il me semble que ma tête s'emplit de fumée… et voilà que ça recommence : « Fumée… ne pas penser… Je ne veux pas penser… Je pense que je ne veux pas penser. Il ne faut pas que je pense que je ne veux pas penser. Parce que c'est encore une pensée. » On n'en finira donc jamais ?

– La Nausée

Je sais que je ne rencontrerais plus jamais rien ni personne qui m'inspire de la passion. Tu sais, pour se mettre à aimer quelqu'un, c'est une entreprise. Il faut avoir une énergie, une générosité, un aveuglement... Il y a même un moment, tout au début, où il faut sauter par-dessus un précipice ; si on réfléchit, on ne le fait pas. Je sais que je ne sauterai plus jamais.

– La Nausée

Il était très séduit par le tour scientifique qu'avaient pris leurs confidences et, le jeudi suivant, il lut un ouvrage de Freud sur le rêve à la bibliothèque Sainte-Geneviève. Ce fut une révélation. "C'est donc ça, se répétait Lucien en marchant au hasard par les rues, c'est donc ça ! " Il acheta par la suite l'Introduction à la Psychanalyse et la Psychopathologie de la vie quotidienne, tout devint clair pour lui. Cette impression étrange de ne pas exister, ce vide qu'il y avait eu longtemps dans sa conscience, ses somnolences, ses perplexités, ses efforts vains pour se connaître, qui ne rencontraient jamais qu'un rideau de brouillard... "Parbleu, pensa-t-il, j'ai un complexe."

– Le Mur

Ils s'avouèrent qu'ils portaient un masque de gaieté pour tromper leur entourage mais qu'ils étaient au fond terriblement tourmentés.

– Le Mur

Sa vie n'avait pas plus de valeur que la mienne ; aucune vie n'avait de valeur.

– Le Mur

On nous poussa dans une grande salle blanche, et mes yeux se mirent à cligner parce que la lumière leur faisait mal. Ensuite, je vis une table et quatre types derrière la table, des civils, qui regardaient des papiers. On avait massé les autres prisonniers dans le fond et il nous fallut traverser toute la pièce pour les rejoindre. Il y en avait plusieurs que je connaissais et d'autres qui devaient être étrangers.

– Le Mur

Un crime, ça coupe en deux la vie de celui qui le commet. Il devait y avoir des moments où l'on souhaiterait revenir en arrière, mais il est là, derrière vous, il vous barre le passage.

– Le Mur

Je voudrais n'avoir pas de dos, je n'aime pas que les gens me fassent des trucs quand je les vois pas.

– Le Mur

Il y a un mur entre toi et moi. Je te vois, je te parle, mais tu es de l'autre côté. Qu'est-ce qui nous empêche de nous aimer ?

– Le Mur

Ce qu'il y a c'est qu'en réalité on ne peut jamais prendre ça dans ses mains, si seulement ça pouvait rester tranquille, mais ça se met à bouger comme une bête, ça durcit, ça me fait peur, quand c'est dur et tout droit en l'air, c'est brutal ; ce que c'est sale l'amour.

– Le Mur

"C'est ta vie contre la sienne. On te laisse la vie sauve si tu nous dis où il est."Ces deux types chamarrés avec leurs cravaches et leurs bottes, c'étaient tout de même des hommes qui allaient mourir. Un peu plus tard que moi, mais pas beaucoup plus. Et ils s'occupaient à chercher des noms sur leurs paperasses, ils couraient après d'autres hommes pour les emprisonner ou les supprimer; ils avaient des opinions sur l'avenir de l'Espagne et sur d'autres sujets. Leurs petites activités me paraissaient choquantes et burlesques: je n'arrivais plus à me mettre à leur place, il me semblait qu'ils étaient fou.

– Le Mur

On se demande où on trouve le courage de se lever le lendemain matin et de retourner au travail, et d'être séduisante et gaie, et de donner du courage à tout le monde alors qu'on voudrait plutôt mourir que de continuer cette vie-là.

– Le Mur

N'importe quelle femme, c'est toujours assez bon pour n'importe quel homme.

– Les Séquestrés d'Altona

Le Mal, Messieurs les Magistrats, le Mal, c'était l'unique matériau. On le travaillait dans nos raffineries. Le Bien, c'était le produit fini. Résultat : le Bien tournait mal. Et n'allez pas croire que le Mal tournait bien.

– Les Séquestrés d'Altona

Frantz : Deux criminels : l'un condamne l'autre au nom de principes qu'ils ont tous deux violés ; comment appelez-vous cette farce ?Le père : La justice.

– Les Séquestrés d'Altona

Si un subordonné, un seul, refuse de t'obéir, tu ne seras plus obéi par aucun.

– Les Séquestrés d'Altona

Je déteste les victimes quand elles respectent leur bourreau.

– Les Séquestrés d'Altona

Je te l'interdis ! Je mourrai, je suis déjà morte et je t'interdis de plaider ma cause. Je n'ai qu'un seul juge : moi, et je m'acquitte. O témoin à décharge, témoigne devant toi-même. Tu seras invulnérable, si tu oses déclarer “J'ai fait ce que j'ai voulu et je veux ce que j'ai fait“.

– Les Séquestrés d'Altona

Elle voulait tout, je suppose : c'est jouer au perdant. Elle a tout perdu et s'est enfermée dans sa chambre pour faire semblant de tout refuser.

– Les Séquestrés d'Altona

Celui qui n'a rien fait n'est personne.

– Les Séquestrés d'Altona

Mieux vaut s'adresser à Dieu qu'à ses saints

– Les Séquestrés d'Altona

-Les fous disent la vérité, Werner.-Vraiment ? Laquelle ?-Il n'y en a qu'une : l'horreur de vivre.

– Les Séquestrés d'Altona

-Belle fête qui a commencé par un massacre et qui finira par un carnage.-La plus belle fête de ma vie.

– Le Diable et le bon Dieu

Si Dieu n'existe pas, plus moyen d'échapper aux hommes.

– Le Diable et le bon Dieu

L'égal de tous les hommes ou le valet de tous les princes: choisis.

– Le Diable et le bon Dieu

Je ne peux pas en vouloir aux gens qui cherchent à me tuer. Je les comprends trop bien.

– Le Diable et le bon Dieu

Un élu, c'est un homme que le doigt de Dieu coince contre un mur.

– Le Diable et le bon Dieu

Qu'importe d'ailleurs, monstre ou saint, je m'en foutais, je voulais être inhumain.

– Le Diable et le bon Dieu

Mais que me font les hommes ? Dieu m'entend, c'est à Dieu que je casse les oreilles et ça me suffit, car c'est le seul ennemi qui soit digne de moi. Il y a Dieu, moi et les fantômes. C'est Dieu que je crucifierai cette nuit, sur toi et sur vingt mille hommes parce que sa souffrance est infinie et qu'elle rend infini celui qui le fait souffrir. Cette ville va flamber. Dieu le sait. En ce moment il a peur, je le sens; je sens son regard sur mes mains, je sens son souffle sur mes cheveux, ses anges pleurent. Il se dit "Goetz n'osera peut-être pas" - tout comme s'il n'était qu'un homme. Pleurez, pleurez les anges : j'oserai. Tout à l'heure, je marcherai dans sa peur et dans sa colère. Elle flambera : l'âme du Seigneur est une galerie de glaces, le feu s'y reflètera dans des millions de miroirs. Alors, je saurai que je suis un monstre tout à fait pur.

– Le Diable et le bon Dieu

Ce que j'aime en toi, c'est l'horreur que je t'inspire.

– Le Diable et le bon Dieu

L'ennui avec le Mal, c'est qu'on s'y habitue, il faut du génie pour inventer.

– Le Diable et le bon Dieu

Dire que la vie c'est ça, c'est pour ça qu'on s'habille, et qu'on se fait belle, et tous les romans sont écrits sur ça, et on y pense tout le temps, et finalement, on s'en va dans une chambre avec un type qui vous étouffe à moitié et qui vous mouille le v

– Le Mur

Il y a deux espèces de pauvres, ceux qui sont pauvres ensemble et ceux qui le sont tout seuls. Les premiers sont les vrais, les autres sont des riches qui n'ont pas eu de chance.

– Le Diable et le bon Dieu

L'absence c'est Dieu. Dieu, c'est la solitude des hommes.

– Le Diable et le bon Dieu

Voulez-vous que je vous dise pourquoi vous n'avez pas peur de la mort ? Chacun de vous pense qu'elle tombera sur le voisin.

– Le Diable et le bon Dieu

Il n'y a pas de mauvais riches. Il y a des riches et c'est tout.

– Le Diable et le bon Dieu

Une victoire racontée en détail, on ne sait plus ce qui la distingue d'une défaite.

– Le Diable et le bon Dieu

Je ne connais qu’une Eglise : c’est la société des hommes.

– Le Diable et le bon Dieu

Je me moque du diable ! Il reçoit les âmes, mais ce n'est pas lui qui les damne.

– Le Diable et le bon Dieu

L'égal de tous les hommes ou le valet de tous les princes : choisis.

– Le Diable et le bon Dieu

Les gens, ils trouvent que le monde est bien comme il est, tout juste comme il est et chacun d’eux, provisoirement, puise le sens de sa vie dans celle de l’autre.

– La Nausée

Les pensées, c’est ce qu’il y a de plus fade. Ca s’étire à n’en plus finir et ça laisse un drôle de goût.

– La Nausée

... une émotion renvoie à ce qu'elle signifie.

– Esquisse d'une théorie des émotions

...l'origine de l'émotion c'est une dégradation spontanée et vécue de la conscience en face du monde. Ce qu'elle ne peut supporter d'une certaine manière, en s'endormant, en se rapprochant des consciences du sommeil, du rêve et de l'hystérie. Et le bouleversement du corps n'est rien autre que la croyance vécue de la conscience, en tant qu'elle est vue de l'extérieur.

– Esquisse d'une théorie des émotions

Cette femme a la phobie des lauriers. Voit-elle un massif de lauriers, elle s'évanouit. Le psychanalyste découvre dans son enfance un pénible incident sexuel lié à un buisson de laurier. Que sera donc ici l'émotion ? Un phénomène de refus, de censure. Non pas de refus du laurier. Un refus de revivre le souvenir lié au laurier. L'émotion ici est une fuite devant la révélation à se faire, comme le sommeil est parfois une fuite devant la décision à prendre, comme la maladie de certaines jeunes files, et pour Steckel, une fuite devant le mariage. Naturellement l'émotion ne sera pas toujours évasion.

– Esquisse d'une théorie des émotions

L'émotion de tristesse active en ce cas est donc comédie magique d'impuissance, le malade ressemble à ces domestiques qui, après avoir introduit des voleurs chez leur maître se font ligoter par eux, pour qu'on voie bien qu'ils ne pouvaient pas empêcher ce vol.

– Esquisse d'une théorie des émotions

... le sujet joyeux se conduit assez exactement comme un homme en état d'impuissance.

– Esquisse d'une théorie des émotions

... un visage grimaçant apparaît soudain et se colle à la vitre de la fenêtre ; je me sens envahi de terreur.

– Esquisse d'une théorie des émotions

Nous appellerons émotion une chute brusque de la conscience dans le magique. Ou si l'on préfère, il y a émotion quand le monde des ustensiles s'évanouit brusquement et que le monde magique apparaît à sa place.III. Esquisse d'une théorie phénoménologique.

– Esquisse d'une théorie des émotions

On ne peut comprendre l'émotion que si l'on y cherche une signification.

– Esquisse d'une théorie des émotions

Toutes les émotions ont ceci de commun qu'elles font apparaître un même monde, cruel, terrible, morne, joyeux, etc., mais dans lequel le rapport des choses à la conscience est toujours et exclusivement magique. Il faut parler d'un monde de l'émotion comme on parle d'un monde du rêve ou des mondes de la folie. Un monde, c'est-à-dire des synthèses individuelles, entretenant entre elles des rapports et possédant des qualités. Or toute qualité n'est conférée à un objet que par un passage à l'infini. […] les qualités que l'émotion confère à l'objet et au monde, elle les leur confère ad aeternam.

– Esquisse d'une théorie des émotions

En sa présence, j'avais autrefois demandé la permission de lire Madame Bovary et ma mère avais pris de sa voix trop musicale : "Mais si mon petit chéri lit ce genre de livre à son âge, qu'est-ce qu'il fera quand il sera grand?" - "Je les vivrai!" Cette réplique avait connu le succès le plus franc et le plus durable.

– Les mots

[…] On me croit modeste et c'est tout le contraire : je pense que je ferais mieux aujourd'hui et tellement mieux demain.

– Les mots

C'est mon habitude et puis c'est mon métier. Longtemps j'ai pris ma plume pour une épée : à présent je connais notre impuissance. N'importe : je fais, je ferai des livres ; il en faut ; cela sert tout de même. La culture ne sauve rien ni personne, elle ne justifie pas. Mais c'est un produit de l'homme : il s'y projette, s'y reconnaît ; seul ce miroir critique lui offre son image. Du reste, ce vieux bâtiment ruineux, mon imposture, c'est aussi mon caractère : on se défait d'une névrose, on ne se guérit pas de soi.

– Les mots

Faute de renseignements plus précis, personne, à commencer par moi, ne savait ce que j'étais venu foutre sur terre.

– Les mots

On se défait d'une névrose, on ne se guérit pas de soi

– Les mots

J'avais trouvé ma religion: rien ne me parut plus important qu'un livre. La bibliothèque, j'y voyais un temple.

– Les mots

J'ai commencé ma vie comme je la finirai sans doute : au milieu des livres.

– Les mots

La culture ne sauve rien ni personne, elle ne justifie pas. Mais c'est un produit de l'homme : il s'y projette, s'y reconnaît ; seul, ce miroir critique lui offre son image.

– Les mots

«Un enfant, ce monstre que les adultes fabriquent avec leurs regrets.»

– Les mots

Non. Je ne manque nulle part, je ne laisse pas de vide. Les métros sont bondés, les restaurants comblés, les têtes bourrées à craquer de petits soucis. J'ai glissé hors du monde et il est resté plein. Comme un oeuf. Il faut croire que je n'étais pas indispensable. J'aurais voulu être indispensable. A quelque chose ou à quelqu'un. A propos, je t'aimais. Je te le dis à présent parce que ça n'a plus d'importance.

– Les mots

Ce que je retiens de tout cela, c'est le vacillement du moi qui se produit en nous quand certaines consciences s'ouvrent sous nos yeux comme des gueules béantes : ce que nous tenions pour notre être le plus intime nous semble soudain une apparence fabriquée...

– Œuvres complètes de Jean Genet, I : Saint Genet, comédien et martyr

Que restera-t-il le livre refermé ? Un sentiment de vide, de ténèbres et d'horrible beauté, une expérience "excentrique" que nous ne pouvons faire entrer dans la trame de notre vie et qui demeurera toujours "en marge", inassimilable, le souvenir d'une nuit crapuleuse où nous nous sommes donnés à un homme et où nous avons joui.

– Œuvres complètes de Jean Genet, I : Saint Genet, comédien et martyr

[les livres] de Genet sont des bordels où l'on se glisse par une porte entrebâillée en souhaitant n'y rencontrer personne; et quand on y est, on est tout seul.

– Œuvres complètes de Jean Genet, I : Saint Genet, comédien et martyr

l'expérience universelle et incommunicable qu'ils nous proposent à tous en particulier, c'est celle de la solitude.

– Œuvres complètes de Jean Genet, I : Saint Genet, comédien et martyr

vous êtes avec tous, vous écrivez pour tous, vous prenez Dieu à témoin ou l'espèce humaine, ou l'histoire, ou vos voisins de palier, vous êtes l'instrument docile d'une famille, d'un milieu, d'une profession, d'un parti, d'une Eglise, vous recevez vos pensées du dehors par les journaux, la radio, les conférences et les discours pour les redistribuer aussitôt, vous ne restez pas un moment sans parler, sans écouter et jamais vous ne dites ni n'entendez que ce que n'importe qui eût dit ou entendu à votre place, vous subissez du réveil à la nuit la tyrannie de la face humaine, vous n'avez pas de secrets, pas de mystère ni ne voulez en avoir - et pourtant d'une certaine manière vous êtes seuls.

– Œuvres complètes de Jean Genet, I : Saint Genet, comédien et martyr

On est seul quand on a tort et raison à la fois : quand on se donne raison comme sujet - parce qu'on est conscience et qu'on vit et qu'on ne peut ni ne veut renier ce qu'on a voulu -, et qu'on se donne tort comme objet parce qu'on ne peut refuser la condamnation objective portée par la Société entière.[…] Vous serez seul si vous connaissez que vous n'êtes plus, aux yeux de tous, qu'un objet coupable, tandis que votre conscience, en dépit d'elle-même, ne cesse de s'approuver; vous serez seul si la Société vous annule et que vous ne pouvez pas vous anéantir : "l'impossible nullité" de Genet, c'est la solitude.

– Œuvres complètes de Jean Genet, I : Saint Genet, comédien et martyr

Genet, c'est nous; voilà pourquoi nous devons le lire. Bien sûr il veut nous imputer des fautes que nous n'avons pas commises, pas même rêvé de commettre. Mais qu'importe ? Attendez un peu qu'on vous accuse : les techniques sont au point, vous ferez des aveux complets. Donc, vous serez coupables.

– Œuvres complètes de Jean Genet, I : Saint Genet, comédien et martyr

...s'il est encore temps, par un dernier effort, de réconcilier l'objet et le sujet, il faut, ne fût-ce qu'une fois et dans l'imaginaire, réaliser cette solitude latente qui ronge nos actes, nos pensées; nous passons notre temps à fuir l'objectif dans le subjectif et le subjectif dans l'objectivité : ce jeu de cache-cache ne prendra fin qu'au jour où nous aurons le courage d'aller jusqu'au bout de nous-même dans les deux directions à la fois. Aujourd'hui il s'agit de faire apparaître le sujet, le coupable, cette monstrueuse et misérable que nous risquons à tout moment de devenir ; Genet nous tend le miroir : il faut nous y regarder.

– Œuvres complètes de Jean Genet, I : Saint Genet, comédien et martyr

Essayons de comprendre, c'est-à-dire de sympathiser.

– Œuvres complètes de Jean Genet, I : Saint Genet, comédien et martyr

Montrer les limites de l'interprétation psychanalytique et de l'explication marxiste et que seule la liberté peut rendre compte d'une personne en sa totalité faire voir cette liberté aux prises avec le destin, d'abord écrasée par ses fatalités puis se retournant sur elles pour les digérer peu à peu, prouver que le génie n'est pas un don mais l'issue qu'on invente dans les cas désespérés, retrouver le choix qu'un écrivain fait de lui-même, de sa vie et du sens de l'univers jusqu'e dans les caractères formels de son style et de sa composition, jusque dans la structure de ses images, et dans la particularité de ses goûts, retracer en détail l'histoire d'une libération : voilà ce que j'ai voulu; le lecteur dira si j'ai réussi.

– Œuvres complètes de Jean Genet, I : Saint Genet, comédien et martyr

La guerre, on ne la fait pas : c'est elle qui nous fait.

Je préfère le désespoir à l’incertitude.

Ceux qu'on aime, on ne les juge pas.

La modestie est la vertu des tièdes.

C’est par la violence que nous nous éduquerons.

C'est mieux pour un homme d'être riche, ça donne confiance.

On peut toujours faire quelque chose de ce qu'on a fait de nous.

Choix et conscience sont une seule et même chose.

Le sage ne peut rien souhaiter sur terre, sinon de rendre un jour le mal qu'on lui a fait.

Le futur n'est que l'aspect aberrant que prend le passé aux yeux de l'homme.

L'homme n'est point la somme de ce qu'il a, mais la totalité de ce qu'il n'a pas encore.

Chaque homme doit inventer son chemin.

Tous les moyens sont bons quand ils sont efficaces.

Quand les riches se font la guerre, ce sont les pauvres qui meurent.

J'admire comme on peut mentir en mettant la raison de son côté.

L'écrivain a choisi de dévoiler le monde à l'homme et aux autres hommes.

La violence se donne toujours pour une contre-violence, c’est-à-dire pour une riposte à la violence de l’autre.

Toute guerre est un manichéisme.

L’homme est à inventer chaque jour.

Le faire est révélateur de l'être.

Le grade confère autorité et non supériorité.

Le concret, c’est l’homme dans le monde.

On ne meurt pas de vieillesse, on vieillit de mourir.

L’acte amoureux est castration de l’homme.

L'existence précède l'essence.

La douleur, c'est le vide.

On ne peut vaincre le mal que par un autre mal.

La violence, sous quelque forme qu’elle se manifeste, est un échec.

Il y a des souvenirs qu'on ne partage pas.

L'argent n'a pas d'idée.

Le plus lâche des assassins, c'est celui qui a des remords.

L'homme qui se croit déterminé se masque sa responsabilité.

Plus absurde est la vie, moins supportable est la mort.

La vie humaine commence par l'autre côté du désespoir.

Pour obtenir une vérité quelconque sur moi, il faut que je passe par l’autre.

La vie, c’est une panique dans un théâtre en feu.

La facilité c'est le talent qui se retourne contre nous.

La honte, ça passe quand la vie est longue.

Il faut faire en sorte de pouvoir, en toute circonstances, choisir sa vie.

Le désordre est le meilleur serviteur de l'ordre établi.

L'art n'a jamais été du côté des puristes.

S’il veut vous demander conseil, c’est qu’il a déjà choisi la réponse.

Se méfier de la littérature. Il faut tout écrire au courant de la plume sans chercher les mots.

Il y a des mariages qui sont des enterrements.

Le désir est une conduite d'envoûtement.

Que l'humanité vienne à disparaître, elle tuera ses morts pour de bon.

Ne pas trop réfléchir sur la valeur de l’Histoire. On court le risque de s’en dégoûter.

C'est là le fond de la joie d'amour, lorsqu'elle existe : nous sentir justifiés d'exister.

"Chacun sa vérité" est une formule juste car chacun se définit par la vérité vivante qu'il dévoile.

En fait, nous sommes une liberté qui choisit, mais nous ne choisissons pas d'être libres : nous sommes condamnés à la liberté.

Etre totalement dans le coup et hors du coup, c'est ça un homme !

On ne met pas son passé dans sa poche ; il faut avoir une maison pour l’y ranger.

Supposez qu'on meure et qu'on découvre que les morts sont des vivants qui jouent à être morts.

Nous ne voulons rien manquer de notre temps : peut-être en est-il de plus beaux, mais c'est le nôtre.

L’aventure : un événement qui sort de l’ordinaire, sans être forcément extraordinaire.

Un droit n’est jamais que l’autre aspect d’un devoir.

Un intellectuel est quelqu'un qui est fidèle à un ensemble politique et social, mais qui ne cesse de le contester.

Le plus grand forfait n'est point de faire le mal, mais de le manifester.

Un amour, une carrière, une révolution : autant d’entreprises que l’on commence en ignorant leur issue.

Etre une conscience c’est s’éclater vers le monde.

Les choses sont uniquement ce qu'elles paraissent être ; derrière elles... il n'y a rien.

Serions-nous muets et cois comme des cailloux, notre passivité même serait une action.

La Liberté, ce n'est pas de pouvoir ce que l'on veut, mais de vouloir ce que l'on peut.

Sais-tu qu'elle ressemble beaucoup à une excuse, cette liberté dont tu te dis esclave.

Ce n'est pas tout de mourir ; il faut mourir à temps.

Toutes les guerres sont impies.

Aimer est, dans son essence, le projet de se faire aimer.

Un homme est non seulement tel qu'il se conçoit, mais tel qu'il se veut.

Tout existant naît sans raison, se prolonge par faiblesse et meurt par rencontre.

Qu'est-ce qu'exister ? Se boire sans soif.

L'homme est une passion inutile.

Il est toujours facile d'obéir, si l'on rêve de commander.

Un mystique, c'est toujours un homme qui veut oublier quelque chose.

On ne fait pas ce qu'on veut et cependant on est responsable de ce qu'on est.

L'homme n'est rien d'autre que ce qu'il se fait.

Inutile de le nier : la femme n’est pas pareille à l’homme.

Ne pas choisir, c'est encore choisir.

Un enfant, ce monstre que les adultes fabriquent avec leurs regrets.

On n’est pas un homme tant qu’on n’a pas trouvé quelque chose pour quoi on accepterait de mourir.

Quand beaucoup d’hommes sont ensemble, il faut les séparer par des rites, ou bien ils se massacrent.

Pas besoin de gril : l'enfer, c'est les Autres.

Est-ce donc nuire aux gens que de leur donner la liberté d'esprit ?

Si l'on se bat, on peut être battu.

L'intellectuel est quelqu'un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas.

Etre mort, c'est être en proie aux vivants.

Moi, je suis méchante : ça veut dire que j'ai besoin de la souffrance des autres pour exister.

Les mots boivent notre pensée avant que nous ayons eu le temps de la reconnaître.

Celui qui n'a pas peur n'est pas normal ; ça n'a rien à voir avec le courage.

Dans la vie on ne fait pas ce que l’on veut mais on est responsable de ce que l’on est.

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