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Jean Luc Sarré

Livres de Jean Luc Sarré

Citations de Jean Luc Sarré (21)

"Dès qu'on affecte un ton prophétique il y a un début de rassemblement. Mais quand vous doutez, qui voulez-vous qui accoure ? Le doute n'est pas une trompette." Cioran p 62

– Ainsi les jours

Contrairement à la seiche, si je crache de l'encre, ce n'est pas pour protéger ma fuite mais pour assurer ma progression. p11

– Ainsi les jours

Voir à perte de vue c'est, au pied de la lettre, ne rien voir. L'absence de limites est un obstacle. p 47

– Ainsi les jours

Épigraphe :On n'est plus heureux dans la solitude que dans le monde.Cela ne viendrait-il pas de ce que dans la solitude on pense aux choses et que dans le monde on est forcé de penser aux hommes ?Chamfortp 13 "Je m'ennuie tellement que ça m'occupe." Chamfort

– Ainsi les jours

Une feuille de platane qui roule longuement sur sa tranche avant de s'immobiliser, inclinée contre un mur, comme un vélo.

– Comme si rien ne pressait

Il ne cesse de tomber du haut de sa bêtise, acquiert de plus en plus d'énergie ; il serait vite réduit en bouillie si la chute n'était sans fin.

– Comme si rien ne pressait

Midi. Le printemps est bien là, avec lui, le parfum des poivrons grillés (famille sépharade du troisième). Autrefois, dans les quartiers populaires, l'odeur – même en semaine – des plats qui mijotaient. La cuisine, elle aussi, avait le temps.

– Comme si rien ne pressait

La pluie quand elle menace révèle. Le soleil qui brille assombrit.

– Comme si rien ne pressait

« Tu deviens fou » me suis-je dit, alors qu'en traversant l'allée, j'évitais d'écraser les fourmis, ce qui me conférait une étrange démarche.

– Comme si rien ne pressait

Rien ne me fait battre le cœur comme une certaine qualité de lumière ou plus encore le souvenir que je peux en avoir.

– Comme si rien ne pressait

On l'ignore, le cerisier, lorsqu'il ne porte ni fleurs ni fruits.

– Comme si rien ne pressait

Il porte les clés à la ceinture, à la façon d'un geôlier mais ce sont celles de ses propres cellules : bureau, logement, voiture.

– Comme si rien ne pressait

Les bandes compactes ou dilatées de noirs étourneaux : on ne discerne bien que les retardataires.

– Comme si rien ne pressait

Une bonne journée est une journée vide d'événements.

– Comme si rien ne pressait

bientôt la nuit le sable froid la danse des pins dans la pénombre

– Les Journées immobiles

Le jardin est penché sur l'enfance invisible elle joue dans ses branches comme du soleil que le soir éparpille et les visages reviennent l'oubli circule parmi les chaises dans le gravier le froid crisse dans les verres où brûle comme de l'ambre des rires tombent dans ces flammes très douces

– Les Journées immobiles

désert est un mot qui aimerait fleurir

– Les Journées immobiles

et la barque de paroles dérive lentement elle gagne le silence elle n'abîmera rien de ces choses du jour qui se sont posées là avant de disparaître belles d'être seules dans l'air du soir

– Les Journées immobiles

Extrait 2  Il fait un temps à professer le jet d'encrieret l'intempestive légèreté qui effarouche les clergés, un temps à subvertir la concordance des tempsen caressant à contre-poilune insupportable rengainequi flatte le désarroicomme l'énumération l'impuissance. Il fait beau, mais la pluieaux vitres de toute une vierogne pourtant sur le soleil, d'ailleurs, le temps qu'il fait l'indiffère, celui qui passe, elle l'affronteopiniâtre, étouffant sa couvéesous des superstitions aux parfums d'encaustique, l'index inoculant – manducation, éducation, silence – la peur de vivre, l'ennui d'être làau cœur de l'évidence. (…)

– Poèmes costumés [suivi de] Bât. B2

Extrait 1  Vert et bleu, parfois, quand le vent tombeNI VITESSE NI BRUITC'est un lieu pour renoncer,abandonner l'énigme à son sort, un quartier d'arbres où les oiseauxdernières syllabes, quittent leurs branchescomme on froisse une page :à peine un battement d'aile.Rien de limpide comme ce jour,il n'a pas plu depuis des mois, l'hiver est une pure étraveet la nef des vieux, résolument dériveentre un parc aux bancs mortset les relents d'une tambouille prémâchéedans laquelle je rechigne à tremper quelques mots. Car il fait beau, à bayer aux corneillesen attendant la sonnerie, à rendre son tablier gris, à fréquenter les marges : l'éboulis pour le sacre des genouxle ruisseau pour celui des crapauds ;

– Poèmes costumés [suivi de] Bât. B2

Autrefois la lumière m'élevait, à présent elle m'écrase. Simple constat, sans doute mais je n'en dirais pas autant de l'obscurité qui se contente depuis toujours de m'accompagner avec cette distinction propre à l'incertitude. (p. 11)

– Apostumes
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