livres actu Livres Actu

Accueil > Jean Claude Bourlès > Le grand chemin de Compostelle

Acheter ce livre - 9.15 €


47983ème dans les ventes


Jean Claude Bourlès

0 abonné

Le grand chemin de Compostelle (1998)

De Jean Claude Bourlès chez Payot
(3 votes, note moyenne : 4.3)

"Nous marchons, vers une ville de bout du monde. L'une de ces cités baroques, un peu mythiques, comme nous les aimons en Bretagne. L'un de ces hauts lieux de naufrage dispersés dans le monde, avec lesquels l'humanité errante aime à entretenir d'illusoires rendez-vous."
Chapeau et manteau de feutre, besace au côté, bourdon en main : depuis plus d'un millénaire les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle nourrissent l'imaginaire occidental. Chemin de foi, chemin de savoir et d'échanges, chemin d'initiation : Compostelle fut tout cela, et plus encore.
Lorsque la fête de la saint Jacques, le 25 juillet, tombe un dimanche – et tel sera le cas en 2010 – on parle d'année sainte compostellane ou année jubilaire de saint Jacques ou d'année jacquaire. L'évènement donne lieu à d'importantes manifestations en Europe, tout au long des chemins, dans les hauts lieux du patrimoine compostellan et à Saint-Jacques de Compostelle.
Jean-Claude Bourlès, également auteur chez Payot de Retours à Conques et de Passants de Compostelle, a suivi depuis Saint-Jean-Pied-de-Port le Camino Francés, cette voie ouverte au IXe siècle par les pèlerins venus de France.

Paru le 01-05-1998 - 285 pages - 17 x 11 x 0 cm - 175 g - ISBN 10 : 2228891630 - ISBN 13 : 9782228891639

Collection : Petite Bibliothèque

Tags : récit personnel, témoignage, récit de voyage, histoire, quête, utopie, occident, patrimoine, pélerinages, introspection, Pèlerins et pèlerinages chrétiens, saint jacques de compostelle, marche, imaginaire, voyageurs, super-héros, europe, littérature française, espagne, 20ème siècle.

Citations de Le grand chemin de Compostelle (10)

Je ne saurais dire si ma présence sur ce chemin a un rapport avec ⎩le désir de connaître, d'acquérir une culture religieuse qui, jusqu'ici, me faisait entièrement défaut⎭ cette recherche spirituelle. Je ne crois pas à la présence de l'apôtre à Compostelle. Trouve même son absence beaucoup plus belle, plus forte, car alors, le pèlerinage s'inscrit dans une idée, dans l'imaginaire pur, et transcende encore plus celui qui l'accomplit. J'ai marché sur un chemin sacré par la seule présence des hommes qui m'ont précédé et dans les pas desquels j'ai posé des centaines de milliers d'empreintes, aussitôt envolées, oubliées. Comme le sera ma présence ici.

Apprentissage de la distance, de l'espace et de la solitude. Le pèlerinage est par nature acte de détachement, et peut-être plus encore de dépouillement.

Tout se passe avec ce chemin comme s'il fallait le récupérer à tout prix. A trop en parler on se trompe, on dit un peu n'importe quoi et, ce qui est plus grave, en le sachant pertinemment. Cela permet d'ailleurs d'occulter certaines réalités historiques, sociales et religieuses tendant à prouver que le Camino fut, avant tout et très longtemps, un grand symbole d'oecuménisme. Alors, renouveau spirituel? Après tout, pourquoi pas?

Explorateurs et montagnards, randonneurs et vagabonds l'affirment: dès l'instant où elle s'inscrit dans la durée, la marche sécrète une sorte d'euphorie. Physiologiquement, cela s'explique par l'élimination massive de toxines, la perte de poids, une meilleure circulation sanguine. Certes. Mais il y a aussi l'environnement dans lequel évolue le marcheur, les rapports pas toujours faciles avec la nature, les autres, ou leur absence, les rencontres, la solitude. A cela s'ajoute une certaine révélation de soi-même dans le bonheur ou la détresse, face aux provocations de la fatigue. C'est de tout cela que se compose un cheminement accompli.

Même dans ses moments d'approfondissement personnel l'homme reste bien ce petit-fils de Caïn inapte à demeurer longtemps solidaire et fraternel. Et alors, qui l'ignorait? Ou alors, pourquoi la haine et la violence? Pourquoi les guerres?

Il est d'autres lassitudes que celles du corps, et l'agression de ce que l'on nomme pudiquement le cadre de vie en est une, capitale, terrible, impardonnable. Plus qu'une agression même, une injure professée contre l'avenir et la dignité des hommes.

Ponferrada: le pont de fer. Ville industrielle dont la mémoire ouvrière se souvient des violents combats qui opposèrent, dans ces rues aujourd'hui paisibles, des hommes de tous âges et de toutes conditions. Vaincus, les Républicains, ouvriers et mineurs pour la plupart, furent conduits sur la place du marché et massacrés. Cela se passait le 20 juillet 1936, dans les premières heures de l'insurrection nationaliste.

Mes compagnons sont malheureux, et, comme moi, ne savent pas le dire. Fraternité de l'utopie, l'instant parfois prête à l'envolée lyrique. L'homme est bon, nous sommes tous frères, l'apôtre (Saint-Jacques) est bien là, et les temps changent. Nous levons nos verres, les larmes aux yeux, persuadés de vivre un moment capital de notre existence et c'est sans doute vrai. Mais, le monde n'est pas meilleur, la guerre poursuit son œuvre, et la misère régente les trois quarts de l'humanité...

Catholique par mon baptême, je me demande où est mon église. A quoi elle ressemble. Cette question est assez nouvelle pour moi. Quelques années, six ou sept, tout au plus. Je ne pense pas que ce soit lié à l'âge. Plutôt à un désir de connaître, d'acquérir une culture religieuse qui, jusqu'ici, me faisait entièrement défaut. Les lectures de Saint Paul et de Saint Bernard furent de grandes rencontres, mais ce sont surtout les Evangiles qui m'ont ouvert la voie de la réflexion.

Étrange comme même ici, sur ce chemin qui en principe devrait nous émanciper de nos craintes et phobies, nous demeurons conditionnés par la peur de l'autre.

< Voir moins de citations
Voir plus de citations >

Critiques de Le grand chemin de Compostelle : avis de lecteurs (3)


  • Critique de Le grand chemin de Compostelle par Nicolas9 (Babelio)

    Je viens de finir ce livre que j'ai failli ne pas lire... Et, je dois reconnaître qu'il m'a un peu ébranlé dans mon désir de « and #8201;faire Compostelle and #8201;» un jour. Voici pourquoi. Tout d'abord,...

    Lire la critique complète >
    Par Nicolas9 - publiée le 07/10/2018

  • Critique de Le grand chemin de Compostelle par saphoo (Babelio)

    Un seul avis sur le site de Babelio, assez surprise, bien que non car le livre date de 1993 et pourtant c'est à ce jour un livre qui reste intéressant à lire pour découvrir le chemin de Compostelle d'...

    Lire la critique complète >
    Par saphoo - publiée le 24/09/2016

  • Critique de Le grand chemin de Compostelle par Danieljean (Babelio)

    Bien qu'écrit il y a plusieurs années, ce livre m'a plongé au sein du chemin de Saint Jacques, décrivant sans ambages ce que l'auteur a vécu et éprouvé. On remet alors en perspective ce qu'on a pu vo...

    Lire la critique complète >
    Par Danieljean - publiée le 24/02/2016

Du même auteur

Commentaires

Connexion




S'inscrire

Inscription à Livres Actu




Se connecter