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Jean Bertrand Pontalis

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Un Homme disparaît (1998)

De Jean Bertrand Pontalis chez Gallimard
(1 vote, note moyenne : 4.0)

«L'autobus vert est arrivé, celui qui va à la Bastille, s'arrête au Père-Lachaise, a son terminus place Gambetta. L'homme monte, après un moment d'hésitation. Les portes en accordéon se referment. Il disparaît parmi les passagers, avec un singulier sourire, comme s'il voulait, lui dont je jurerais qu'il ne possède rien, se faire du premier venu un ami avant de le quitter, ce sourire en retrait de ceux qui partent, sont déjà ailleurs, un sourire dont j'aimerais croire qu'il s'adresse à moi, qui reste là, en arrêt, sur un trottoir mouillé de pluie.Pourquoi ne l'ai-je pas suivi ?Soudain toute la ville n'est plus comme lui qu'un fantôme.»

Paru le 02-10-1998 - Format : Broché - 144 pages - 17 x 10 x 1 cm - 90 g - ISBN 10 : 2070405451 - ISBN 13 : 9782070405459

Collection : Folio

Tags : récits, roman, essai, biographie, magie, drame, amitié, occupation, triste, mémoire, fantômes, psychologie, médecine, couple, littérature française, anglais.

Citations de Un Homme disparaît (3)

Julien se demande ce que c'est qu'une vie. Peut-être Est-ce seulement quand on la raconte qu'elle prend un sens, acquiert une unité ? Peut-être en faut-il plusieurs pour qu'on au bout du compte il y en ait une ?

Je ne raconterai pas une vie. Je n'ai aucune idée de ce que peut bien être une vie, la mienne ou de qui que ce soit. Ce seront des fragments, ce ne pourra être que cela.

Je ne m'étais jamais soucié de ma santé ni de mon âge. Mais, depuis quelques temps, je me sentais fatigué, mes nuits étaient interrompues de brusques réveils - et dans ces heures-là la lucidité est féroce. Je m'assoupissais à l'aube, et ne sortais péniblement de ce demi-sommeil que pour maugréer contre l'absurdité du monde et l'inutilité de tout. J'écorchais les noms propres comme si celui de l'un se mêlait à celui de l'autre, les numéros de téléphone les plus familiers m'échappaient comme si le fil qui me reliait à mes amis pouvait à chaque instant se casser. J'avais souvent mal au dos, parfois des quintes de toux, bref je me sentais non pas vieux mais pire vieillissant, inexorablement vieillissant, et j'avais du mal à admettre ce constat d'une progressive défaillance du corps. Ce que je redoutais le plus, c'était de me trouver bientôt incapable d'être sensible à du nouveau, d'être marqué et modifié par de l'inattendu - ou alors ce ne serait qu'en des moments fugaces qui ne laisseraient aucune trace. Mon identité était acquise, je serais réduit à cela, à ce peu de chose qui ne cesserait plus de m'accompagner. De là devait venir ma morosité matinale : cette lassitude amère à me retrouver le même, jour après jour, alors que dans mes nuits riches d'apparitions, d'histoires, d'événements, mes nuits méchamment interrompues, j'avais été mille autres ! La seule idée que j'allais sous peu ressembler à ceux de mes amis plus âgés dont j'avais vu, année après année, les intérêts se rétrécir, l'existence se racornir, le retrait avaricieux sur eux-mêmes s'accentuer à leur insu, cette seule idée me révulsait. On aurait dit qu'ils anticipait un statut futur de momie enserrée dans ses bandelettes afin de s'épargner un processus de décomposition.


Critiques de Un Homme disparaît : avis de lecteurs (1)


  • Critique de Un Homme disparaît par pleasantf (Babelio)

    JB Pontalis a décidé de raconter des histoires et de raconter sa vie. Ce double programme n'en forme qu'un seul même s'il prend bien soin de préciser lui-même dans son récit qu'il ne racontera pas une...

    Lire la critique complète >
    Par pleasantf - publiée le 17/05/2015

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