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Jean Bertrand Pontalis

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Le Dormeur éveillé (2004)

De Jean Bertrand Pontalis chez Mercure De France
(2 votes, note moyenne : 5.0)

«L'homme qui dort se nomme Constantin. C'est un Empereur romain, un conquérant, un guerrier sans merci. Son sommeil paraît paisible, bien qu'il doive livrer bataille le lendemain... À côté de l'homme qui dort, un tout jeune homme assis. Un serviteur sans doute, qui n'a pas de nom. Une sentinelle, mais qui s'abandonnerait à sa propre rêverie. Il est le dormeur éveillé. Sa tête penchée s'appuie sur sa main. Cette scène représentée par Piero della Francesca se situe à la frontière de la nuit et de l'aube, du sommeil et de l'éveil, du songe et de la rêverie...Le livre dont j'écris ici les premières lignes, j'aimerais qu'il devienne quelque chose comme une mémoire - donc une fiction - rêveuse, qu'il soit une traversée d'images, de souvenirs, d'instants, qu'il ressemble à la rêverie à laquelle s'abandonne le dormeur éveillé, avant que l'excès de clarté n'y mette fin. Il sera bien temps alors d'affronter le jour.»J.-B. Pontalis.
«Le livre dont j'écris ici les premières lignes, j'aimerais qu'il devienne quelque chose comme une mémoire - donc une fiction - rêveuse, qu'il soit une traversée d'images, de souvenirs, d'instants...»

Paru le 02-09-2004 - Format : Broché - 112 pages - 20 x 14 x 1 cm - 215 g - ISBN 10 : 2715224788 - ISBN 13 : 9782715224780

Collection : Traits Et Portraits

Tags : récits, littérature, roman, essai, poésie, biographie, mémoire, fresque, bataille, sommeil, rêves, philosophe, psy, psychologie, peintre, peinture, photos, auteur français, chinois, contemporain.

Citations de Le Dormeur éveillé (10)

Ce livre-ci n'aura été qu'une navigation sans but et sans boussole, qu'une promenade rêveuse comme celle que suscite la vue d'un arbre, d'une fleur, d'un écureuil roux ou d'un lapin apeuré - à défaut d'un ange-oiseau venu du ciel -, le long d'un sentier au coeur d'une forêt, ou lorsqu'on trace son chemin à travers champs sans savoir où nos pas vont nous conduire. Dans ces pages, ce furent une peinture, une photographie, quelques rencontres passagères, une lecture parfois, la source de la rêverie.

Le livre dont j'écris ici les premières lignes, j'aimerais qu'il devienne quelque chose comme une mémoire - donc une fiction - rêveuse, qu'il soit une traversée d'images, de souvenirs, d'instants, qu'il ressemble à la rêverie à laquelle s'abandonne le dormeur éveillé, avant que l'excès de clarté n'y mette fin. Il sera bien temps alors d'affronter le jour.

L'enfant silencieux que j'ai longtemps été, l'enfant sage, légèrement renfermé, disait-on, qui sera tout disposé plus tard à se croire incompris, mal aimé, n'a pas rencontré sur son chemin quelqu'un avec qui partager ses secrets et qui aurait su l'en délivrer : des secrets ignorés de lui-même.

L'homme qui dort se nomme Constantin. C'est un Empereur romain, un conquérant, un guerrier sans merci. Son sommeil paraît paisible, bien qu'il doive livrer bataille le lendemain.

Il arrive que l'amitié, aussi, plus que l'amour, soit une demeure.

Songes, rêves et rêveries dont naissent littérature, art et musique, si nous vous aimons à ce point, serait-ce parce que vous nous offrez une vie seconde et nous donnez pour un temps l'illusion de nous délivrer de la mort?

L'eau à Venise est souveraine. Son ciel quand il vient d'être lavé par la pluie est d'une luminosité incomparable : un ciel d'eau pure. Venise, une cité conquise sur la mer, née d'elle.Je me souviens d'y avoir accédé par bateau, venant de Grèce; une émotion intense m'a saisi, accompagnée d'une étrange fierté comme si la Dogana m'accordait une faveur particulière en m'ouvrant le passage. Venise féminine, Venezia toujours au féminin. En moi cette peur que ses milliers de visiteurs n'en viennent à la souiller.

Aux amis, ne serait-ce que par peur de nous blesser mutuellement et de mettre en péril notre amitié, nous sommes loin de tout dire. Une certaine réserve s'impose.

Les îles aujourd'hui m'attirent : elles satisfont mieux que mes plages d'autrefois mon désir de rivage. Surtout, ces îles dont les deux côtes contrastent : la côte dite "sauvage", avec ses falaises et ses amoncellements de rochers prêts à s'ébouler, et l'autre la "civilisée", tournée vers le continent, bordée de petites dunes, douces comme la peau d'une femme.

Chaque fois que je passe quelques jours à Venise, mes pas me conduisent volontairement ou non le long des Fondations Nuove d'où l'on peut voir l'Isola San Michele. Le jour où j'ai pris le vaporetto qui mène à ce cimetière, j'ai croisé en y débarquant Claude Roy qui en sortait. Claude est mort peu de temps après et je suis encore là... Soudain je pense à mon père dont les camarades durant la Grande Guerre tombaient sous les éclats d'obus les uns après les autres. Tous, disait mon père, se demandaient : "A qui le tour? Quand viendra le mien?" Cette question, je ne suis assurément pas le seul à me la poser. Nous tenons toujours la mort pour un obus ennemi qui nous tombe dessus.

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Critiques de Le Dormeur éveillé : avis de lecteurs (1)


  • Critique de Le Dormeur éveillé par araucaria (Babelio)

    Un auteur que je ne connaissais pas... Un livre que j'ai choisi sur son titre et aussi à cause de ce passage de la quatrième de couverture : "Le livre dont j'écris ici les premières lignes, j'aimerais...

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    Par araucaria - publiée le 21/11/2014

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