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James Ross

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Une poire pour la soif (1999)

De James Ross chez Gallimard
(10 votes, note moyenne : 4.6)

En 1940, à la parution de ce chef-d'œuvre maudit, Raymond Chandler fut le seul à reconnaître une pépite dans «ce récit sordide et complètement corrompu», mais parfaitement crédible, «d'une petite ville de Caroline du Nord».Unique à plus d'un titre - il sera le seul jamais écrit par son auteur - ce roman de la Dépression est peut-être le plus brutal et le plus cynique jamais écrit à cette époque ; un univers de violence, de luxure et de cupidité où tout le monde triche, en croque, en veut.

Paru le 14-09-1999 - Format : Poche - 352 pages - 17 x 10 x 1 cm - 174 g - ISBN 10 : 2070410048 - ISBN 13 : 9782070410040

Collection : Folio Policier

Tags : histoire vraie, roman, histoire, roman noir, romans policiers et polars, clown, démocratie, grève, alcool, clandestins, gothique, hôtel, corruption, crime, états-unis, Caroline du Nord (États-Unis), littérature américaine, 20ème siècle, années 40, années 30.

Citations de Une poire pour la soif (9)

Les roadhouse ont disparu depuis longtemps; mais pas la cupidité humaine, ni les atrocités commises en son nom. On me dit souvent que mon roman appartient au "Southern Gothic", ce qui veut surement dire qu'on trouve le cadre et les personnages exagérés. Moi, dans mon souvenir les gens étaient comme ça; mon seul but était dire les choses telles qu'elles étaient, ni plus ni moins, et laisser le lecteur se former une opinion ou une morale, s'il y tenait absolument. En tout cas, moi je ne faisais pas morale.James Ross, dans la préface écrite par le traducteur du livre Philippe Garnier.

— Mais les gens d'ici louent bien une cabine pour deux heures, des fois.— C'est différent.— Ah bon ?— Ouais. Les gens d'ici qui font ça c'est des gens comme il faut. Les filles, pour la plupart c'est des filles qui font partie de la chorale de l'église, et qui font ça aussi. Les gars viennent des meilleurs familles. Mais si je devais laisser des putes venir ici ce serait différent.

Des fois quand Old Man Joshua était suffisamment pompette, il jouait un air à nègres qu'un représentant avait refilé à Smut un jour. Strange Fruit, que ça s'appelait. Ca commençait : "les arbres dans le Sud donnent des fruits étranges, du sang sur les feuilles, du sang sur les racines", et c'est une négresse qui chantait ça, avec une voix rauque qui vous fichait le cafard. Ca causait de lynchage, et la négresse elle en faisait quelque chose de drôlement bien. Old Man Joshua une fois il avait aidé à pendre un nègre, dans sa jeunesse. Quelqu'un avait raconté que le nègre avait violé une blanche. Maintenant, quand le vieux avait ses douze bières sous la ceinture, il s'asseyait et il écoutait ce truc-là. Des fois vers la fin il chialait, mais quand la musique s'arrêtait il s'arrêtait de pleurer aussi. "Je sens encore ses satanés yeux sur moi qui me transpercent ", qu'il disait Old Man Joshua. Ensuite, il rotait un bon coup et il se reprenait. C'était juste quand il était plein qu'il était comme ça. A jeun, il aurait eu aussi tôt fait de lyncher un négro que de se moucher.

Il était vieux et il avait fait la guerre à Cuba.Il avait une jambe de bois et une pension du gouvernement.il était chauve et il n ‘avait plus de dents.Même pas des fausses.mais cela ne faisait rien , vu qu'il buvait ses repas la plupart du temps.

"Donne-moi un paquet de Camel et une pochette d'allumettes. Et pis une bouteille d'eau gazeuse, pendant que tu y seras. Et un décapsuleur."Je lui ai donné les allumettes et les cigarettes. J'ai mis la bouteille dans un sac en papier que j'ai poussé vers lui. Il s'est penché encore un peu plus, parce qu'il y avait deux filles assises tout près au comptoir."Donne-moi aussi un paquet de peaux de zébi."Je lui ai donné le paquet, et il l'a tenu dans sa main, l'air de calculer quelque chose."H'm, y en a que trois par paquet." Smut a fourré le paquet dans sa poche. "Fait plus d'une semaine que j'ai pas fait l'amour. Tu ferais aussi bien de me donner encore un paquet de ces trucs-là.- Tu doutes de rien toi au moins, j'ai dit en lui donnant un autre paquet.- Et c'est rien, que ça. Tu verrais ce que j'ai dans ma poche."

"J'ai tellement fumé de cette saloperie de tabac au rabais, moi j'en peux plus. Ça pique vous pouvez pas savoir, j'ai la langue tout acide. Du Quince Ilvert, c'est ça que je veux.- Tu veux du quoi ? Badeye a fait.- Donnez-moi une boîte de Quince Ilvert.- De quoi qui cause, bordel ? Badeye a demandé.- Il veut une boîte de Prince Albert, j'ai fait.- Alors pourquoi qu'il le dit pas, bordel ?- C'est ce que j'ai dit, Catfish a dit.- Pourquoi que t'apprends pas à causer anglais, d'abord ? Dans ce pays c'est l'anglais qu'on cause. Tu devrais arrêter de baragouiner ton patois, nom de Dieu."

Depuis, quand je raconte aux gens qu'un soir j'ai fait tout Corinth avec un dollar en poche et que j'ai pas été foutu de trouver une goutte de gniole, ils disent tous que c'est des menteries ; que ça pourrait jamais se produire à Corinth, une chose pareille.

Un mec pouvait s'être fait mettre en pièces dans une bagarre au couteau ou s'être éclaté la tête dans un accident d'auto ; il aurait pu sauter sur un bâton de dynamite, LeRoy les reconstituait souvent plus beaux qu'ils n'étaient de leur vivant.

– Il en a encore fait un sacré plat aujourd'hui, qu'il a dit. Moi non plus ça me déplairait pas d'aller à la plage.– Alors pourquoi t'y vas pas ?– Putain, j'ai pas les ronds pour. Tu crois tout de même pas que je reste vissé à cette saleté de pompe parce que je raffole des pompes à essence, des fois ?– Est-ce que je sais, moi ? T'aurais pu avoir un truc avec les pompes à essence, j'ai fait.

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Critiques de Une poire pour la soif : avis de lecteurs (10)


  • Critique de Une poire pour la soif par bisoumandarine (Babelio)

    Il y a plein d'éléments vraiment super dans ce roman (unique de l'auteur) : - le personnage de Jack, fascinant et attachant, avec sa passivité assez importante et cette façon distante de raconter, -...

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    Par bisoumandarine - publiée le 22/01/2020

  • Critique de Une poire pour la soif par DonJoplin (Babelio)

    Le seul et unique bouquin de Ross. Et un bouquin vraiment très agréable à lire avec une histoire vraiment inattendue. On y retrouve tous les ingrédients d'un bon livre de l'Amérique profonde... mais m...

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    Par DonJoplin - publiée le 25/05/2019

  • Critique de Une poire pour la soif par belette2911 (Babelio)

    C'est ce qui s'appelle regarder l'Amérique profonde par le petit bout de la lorgnette. tel un témoin privilégié qui pourrait assister à la corruption qui gangrène et ronge Corinth, une petite ville de...

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    Par belette2911 - publiée le 16/02/2017

  • Critique de Une poire pour la soif par carnet-de-voyage (Babelio)

    "Je me rappelle, ce soir-là, je traînais devant la station-service à Rich Anderson et Charles Fisher s'est arrêté devant la pompe à super. La Cadillac dernier modèle qu'il conduisait tournait tellemen...

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    Par carnet-de-voyage - publiée le 17/10/2015

  • Critique de Une poire pour la soif par Bebb (Babelio)

    Excellent, l'intrigue comme le style dommage que ce monsieur n'ai écrit qu'un seul livre !! A lire!!

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    Par Bebb - publiée le 28/04/2015

  • Critique de Une poire pour la soif par Marymary (Babelio)

    Une poire pour la soif est l'unique livre de James Ross. Et quel livre ! Au début de l'ouvrage, James Ross est interviewé chez lui en Caroline du Nord, c'est déjà un vieux monsieur en 1983, quand le j...

    Lire la critique complète >
    Par Marymary - publiée le 25/03/2015

  • Critique de Une poire pour la soif par Crossroads (Babelio)

    Le meilleur de James Ross. Le seul et unique également, ceci pouvant expliquer cela... Smut Milligan pensait qu'ouvrir un Roadhouse en cette contrée quasi désertique de Caroline du Nord touchée par...

    Lire la critique complète >
    Par Crossroads - publiée le 18/09/2014

  • Critique de Une poire pour la soif par Thyuig (Babelio)

    Un grand roman. On pourrait s'arrêter là, on ne dirait jamais combien ce roman est bon. Il y a assurément du Faulkner chez James Ross, on pense aussi beaucoup à Jim Thompson et à Charles Williams. F...

    Lire la critique complète >
    Par Thyuig - publiée le 07/08/2013

  • Critique de Une poire pour la soif par jeranjou (Babelio)

    Patron, vous pourriez me remettre une tranche d'histoire des Etats-Unis dans les années 30 ! Direction le sud Ouest des Etats-Unis. « Une poire pour la soif » relate l'histoire peu banale d'un road...

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    Par jeranjou - publiée le 04/06/2013

  • Critique de Une poire pour la soif par encoredunoir (Babelio)

    À la fin des années 1930, dans un pays qui subit encore les ravages de la Grande Dépression, Jack McDonald possède un semblant de ferme à Corinth, Caroline du Nord, et beaucoup de dettes, y compris au...

    Lire la critique complète >
    Par encoredunoir - publiée le 19/08/2012
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