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J.M.G. Le Clézio

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Le procès-verbal (1973)

De J.M.G. Le Clézio chez Gallimard
(36 votes, note moyenne : 3.5)

«On me reprochera certainement des quantités de choses. D'avoir dormi là, par terre, pendant des jours ; d'avoir sali la maison, dessiné des calmars sur les murs, d'avoir joué au billard. On m'accusera d'avoir coupé des roses dans le jardin, d'avoir bu de la bière en cassant le goulot des bouteilles contre l'appui de la fenêtre : il ne reste presque plus de peinture jaune sur le rebord en bois. J'imagine qu'il va falloir passer sous peu devant un tribunal d'hommes ; je leur laisse ces ordures en guise de testament ; sans orgueil, j'espère qu'on me condamnera à quelque chose, afin que je paye de tout mon corps la faute de vivre...»

Paru le 16-03-1973 - Format : Broché - 320 pages - 18 x 11 x 0 cm - 160 g - ISBN 10 : 2070363538 - ISBN 13 : 9782070363537

Collection : Folio

Tags : littérature, premier roman, roman, loufoque, errance, marginaux, prix renaudot, prix nobel, ailleurs, langage, modernité, voyages, prix nobel de littérature, france, littérature française, français, 20ème siècle, roman 20ème siècle, littérature contemporaine, littérature française du 20e, littérature, premier roman, roman, insolite, errance, marginaux, prix renaudot, prix nobel, ailleurs, langage, modernité, voyages, prix nobel de littérature, france, littérature française, français, 20ème siècle, roman 20ème siècle, littérature contemporaine, littérature française du 20e.

Citations de Le procès-verbal (8)

On croit toujours qu'il faut illustrer l'idée abstraite avec un exemple du dernier cru, un peu à la mode, ordurier si possible, et surtout - et surtout n'ayant aucun rapport avec la question.

J'espère qu'on me condamnera à quelque chose, afin que je paye de tout mon corps la faute de vivre.

«On me reprochera certainement des quantités de choses. D'avoir dormi là, par terre, pendant des jours ; d'avoir sali la maison, dessiné des calmars sur les murs, d'avoir joué au billard. On m'accusera d'avoir coupé des roses dans le jardin, d'avoir bu de la bière en cassant le goulot des bouteilles contre l'appui de la fenêtre : il ne reste presque plus de peinture jaune sur le rebord en bois. J'imagine qu'il va falloir passer sous peu devant un tribunal d'hommes ; je leur laisse ces ordures en guise de testament ; sans orgueil, j'espère qu'on me condamnera à quelque chose, afin que je paye de tout mon corps la faute de vivre...»

Quel talent dès son 1er livre ! il évoque avec densité une réalité pleine de sensations, d'images... comme la simple intensité de la chaleur ! C'est comme un tableau qui m'inspire, dont en voici quelques touches pour reprendre ses effets : - le flou de la chaleur qui tremble, qui s'élève étourdissante comme une fièvre, jusqu'aux derniers degrés, dernières limites... où entrent des images mentales sous pression... qui se bousculent, se répètent. Obsessions... sous la chaleur, déambule, écorché vif, délires, hanté par les flammes, aux prises dansantes de l'errance, titube au hasard, sans but, foudroyé dans cet enfer aux "gouttes d'acier", étouffante atmosphère minérale, tournoyante à souhait ! Insolation, surimpression, surexposition, blanche, éblouissante... flash à en perdre la raison.

J'ai connu autrefois un type qui faisait de la céramique. Il s'est marié à une femme qui s'appelle Blanche, et il habite une maison dans la montagne. À trois heures, un jour, je suis allé chez lui : il faisait très chaud, et il y avait des fèves du Japon qui grimpaient sur la tonnelle. Le soleil faisait des croûtes partout. Il travaillait à moitié nu sous la tonnelle. Il gravait des dessins aztèques sur des espèces de potiches en terre; et le soleil faisait sécher la terre, formait des petits grains de poudre tout autour du vase; après, il mettait les émaux, et le four faisait cuire les couleurs: chaleur sur chaleur. Tout ça était harmonieux. Il y avait une salamandre à queue fendue qui dormait sur le sol cimenté. Je ne crois pas avoir jamais vu autant de chaleur sur chaleur de ma vie. Le paysage était à 39° et le four à 500°. Le soir sa femme Blanche faisait bouillir les fèves du Japon; c'était un type bien : il était tous les jours presque mort. Tout blanc, un morceau d'air dansant, un cube équilatéral en train de cuire.Je me suis dit que je pourrais avoir, moi aussi, une maison de campagne. Sur le côté d'une espèce de montagne caillouteuse; sous les pierres bouillantes, on aurait des serpents, des scorpions et des fourmis rouges.Voici à quoi je passerais mes journées : j'aurais un bout de terrain plein de cailloux, exposé au soleil du matin jusqu'au soir. Au milieu du terrain, je ferais des feux. Je brûlerais des planches, du verre, de la fonte, du caoutchouc, tout ce que je trouverais. Je ferais des sortes de sculptures, comme ça, directement avec le feu. Des objets tout en noir, calcinés dans le vent et la poussière. Je jetterais des troncs d'arbres et je les ferais brûler; je tordrais tout, j'enduirais tout d'une poudre crissante, je ferais monter haut les flammes, j'épaissirais la fumée en volutes lourdaudes. Les langues orange hérisseraient la terre, secoueraient le ciel jusqu'aux nuages. Le soleil livide lutterait avec elles pendant des heures. Les insectes, par milliers, viendraient s'y précipiter, et s'enfouiraient la tête la première dans la base incolore du foyer. Puis, élevés par la chaleur, grimperaient le long des flammes comme sur une colonne invisible, et retomberaient en douce pluie de cendres, délicats, fragiles, métamorphosés en parcelles charbonnées, sur ma tête et sur mes épaules nues; et le vent des flammes soufflerait sur eux et les ferait frémir sur ma peau; il leur donnerait de nouvelles pattes de nouveaux élytres, une vie nouvelle, qui les lèverait dans l'atmosphère, et les abandonnerait, grouillants, flous comme des miettes de fumée, dans les trous des cailloux, jusqu'aux pieds de la montagne.Vers, disons, cinq heures de l'après-midi, le soleil gagnerait. Le soleil brûlerait les flammes. Il ne laisserait plus, au centre du terrain, qu'une tache noire, parfaitement circonférique; tout le reste serait blanc comme un paysage de neige. Le brasier aurait l'air de l'ombre du soleil, ou d'un trou sans fond. Et il ne resterait que les arbres calcinés, les masses de métal foudroyé, fondu, le verre fondu, les gouttes d'acier parmi les cendres comme de l'eau. Tout aurait poussé comme des plantes obscures, avec des tiges grotesques, des bavures de cellulose, des crevasses où grouille le charbon. Alors je les prendrais toutes, ces formes tétaniques, et je les mettrais en tas dans une chambre de la maison. je vivrais bien au milieu d'une montagne de cailloux blancs et d'une jungle incendiée. Tout ça est connecté avec la chaleur. Elle décomposerait tout pour recomposer un monde pourri par la sécheresse; la simple chaleur. Avec elle, tout serait blanc, et dur, et fixé. Comme un bloc de glace au pôle Nord, ça serait l'harmonie matérielle, grâce à quoi le temps ne coule plus. Oui, ce serait vraiment beau. Le jour, ce serait, chaleur plus chaleur, et la nuit, noir plus charbon. Et un jour, je... (page 213) ...

[...] Lentement, doucement, insensiblement, Adam oublia qu'il était Adam [...] Il est dans l'huître, et l'huître au fond de la mer [...]

Je crois tout autant à ce que je fais ; l'important, c'est de toujours parler de façon à être écrit ; comme ça, on sent qu'on n'est pas libre. On n'est pas libre de parler comme si on était soi. Et voilà, on se confond mieux. On n'est plus seul. On existe avec le facteur 2, ou 3, ou 4, et plus avec ce satané facteur 1.

C'était une femme jeune, avenante, mais tellement envahie par son uniforme d'infirmière qu'il était impossible de discerner son âge, ou si elle était vraiment jolie, ou vraiment quelconque. (p. 264)

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Critiques de Le procès-verbal : avis de lecteurs (21)


  • Critique de Le procès-verbal par LaNuitSeraMots (Babelio)

    "On me reprochera certainement des quantités de choses. D'avoir dormi là, par terre, pendant des jours ; d'avoir sali la maison, dessiné des calmars sur les murs, d'avoir joué au billard. On m'accuse...

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    Par LaNuitSeraMots - publiée le 17/04/2020

  • Critique de Le procès-verbal par MarcusMauss (Babelio)

    Pas évident de rentrer dans Le procès-verbal, premier roman de JMG le Clézio qui lui valut le Prix Renaudot en 1963, 45 ans avant de remporter le prix Nobel de la littérature. Début un peu confus, c...

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    Par MarcusMauss - publiée le 07/01/2020

  • Critique de Le procès-verbal par Pingouin (Babelio)

    De ce roman, je garde le souvenir d'un soleil se faisant, selon l'humeur, accablant, joyeux ; massif. Au-delà, le souvenir n'est pas impérissable. Des considérations philosophiques intéressantes sans...

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    Par Pingouin - publiée le 28/11/2019

  • Critique de Le procès-verbal par (Babelio)

    Sans doute l'un des livres de Le Clézio le moins facile à aborder. Faire le procès de la parole, des mots, pour un écrivain, dès son premier texte publié, n'est pas chose aisée, on en conviendra. Avec...

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    Par Babelio - publiée le 22/08/2019

  • Critique de Le procès-verbal par Allantvers (Babelio)

    Un premier rendez-vous en demi-teinte, voire en hôtel du demi cul tourné avec Le Clezio, un auteur dont on n'entend que louanges mais qu'un je ne sais quoi m'empêchait d'aborder. C'est chose faite av...

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    Par Allantvers - publiée le 28/11/2017

  • Critique de Le procès-verbal par stcyr04 (Babelio)

    Adam est un marginal. Il a une relation mal définie avec une certaine Michelle et squatte une maison en haut d'une colline face à la mer. Il déambule à travers la ville, fréquente des cafés, la plage,...

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    Par stcyr04 - publiée le 19/04/2016

  • Critique de Le procès-verbal par Moob (Babelio)

    Quel talent dès son 1er livre ! je pense à son livre "désert" où il évoque encore avec une telle intensité, cette chaleur qui le hante ! il la décrit avec une telle densité que cette réalité, faite ....

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    Par Moob - publiée le 05/11/2014

  • Critique de Le procès-verbal par Ingannmic (Babelio)

    C'est l'histoire d'Adam Pollo, un drôle de héros, hors du commun, marginal. C'est l'histoire d'un moment de sa vie, un moment d'égarement. Adam occupe une grande maison dans un village de la côte...

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    Par Ingannmic - publiée le 18/09/2014

  • Critique de Le procès-verbal par Marcellina (Babelio)

    Un vocabulaire riche assurément, une syntaxe qui laisse parfois à désirer même si l'auteur l'utilise comme effet de style pour accentuer la bizarrerie de l'histoire et un fond qui me laisse perplexe e...

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    Par Marcellina - publiée le 26/08/2014

  • Critique de Le procès-verbal par bdelhausse (Babelio)

    Sans le "Défi des Nobels", je doute que j'aurais lu un livre de J.M.G. Le Clézio. Comme entrée en matières, j'avais opté pour celui qui lui a permis (à 23 ans) de recevoir de Prix Renaudot et de se fa...

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    Par bdelhausse - publiée le 09/05/2014

  • Critique de Le procès-verbal par julien33 (Babelio)

    « Il y avait une petite fois, pendant la canicule, un type qui était assis devant une fenêtre ouverte. » C'est ainsi que commence "Le procès-verbal". Comme l'auteur l'a bien souligné dans la préfa.....

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    Par julien33 - publiée le 01/02/2014

  • Critique de Le procès-verbal par sonkoy (Babelio)

    Ce premier livre de Le Clézio est un peu touffu. Bien que l'on rentre bien dans cette histoire, on a de la peine tout au long du récit à comprendre qui est Adan Poe. Les coupures de phrases m'ont beau...

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    Par sonkoy - publiée le 18/06/2013

  • Critique de Le procès-verbal par Palimpseste (Babelio)

    Etrange histoire que celle d'Adam Pollo, un marginal qui vit seul dans une maison abandonnée. Histoire d'un homme qui quitte petit à petit la réalité du monde dans lequel il vit pour sombrer dans la f...

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    Par Palimpseste - publiée le 04/11/2012

  • Critique de Le procès-verbal par lecassin (Babelio)

    « Le procès-verbal », un livre, le premier de J.M.G Le Clézio, écrit par bribes dans le fond d'un café, de l'aveu même de son auteur. Un livre écrit pour une grande part avant les accords d'Evian qui...

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    Par lecassin - publiée le 18/09/2012

  • Critique de Le procès-verbal par olivberne (Babelio)

    C'est l'histoire d'un homme qui s'enferme dans une pièce, dans une sorte de maison abandonnée et qui observe le petit monde à l'extérieur, mais qui s'observe beaucoup: son corps, ses réactions, sa vie...

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    Par olivberne - publiée le 04/09/2012

  • Critique de Le procès-verbal par rosella (Babelio)

    Je suis tjs "captée " par ce livre si bien écrit et ...psy !!!!

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    Par rosella - publiée le 28/08/2012

  • Critique de Le procès-verbal par Maphil (Babelio)

    Le héros de ce livre, Adam Pollo - prénom évoquant le premier homme-, est mal défini. Déserteur, évadé d'un asile psychiatrique? Sain d'esprit ou fou? Il vit retiré dans une maison abandonnée, loin de...

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    Par Maphil - publiée le 20/06/2012

  • Critique de Le procès-verbal par (Babelio)

    Il est très rare que je ne termine pas un livre... j'ai refermé celui-ci aux environs de la page 120... ayant compris que je n'y comprendrais rien... une déception totale en ce qui me concerne

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    Par Babelio - publiée le 19/05/2012

  • Critique de Le procès-verbal par JPB (Babelio)

    Incompréhensible. Les divagations d'Adam Pollo, si elles sont évidemment remarquablement bien écrites, n'en restent pas moins pour mois quasi absconses. J'avais été séduit par quelques autres ouvrages...

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    Par JPB - publiée le 16/08/2011

  • Critique de Le procès-verbal par (Babelio)

    Le procès-verbal de J-M-G Le Clézio, Folio De quoi parle ce livre? J'ai bien eu du mal à le comprendre. C'est l'histoire d'Adam Pollo, un fou? un marginal? un peu des deux! qui a décidé de tout quitt...

    Lire la critique complète >
    Par Babelio - publiée le 31/07/2009

  • Critique de Le procès-verbal par chartel (Babelio)

    Après qu'il eût obtenu le Nobel de littérature en 2008 je ne pouvais rester dans l'ignorance et donc devais me lancer dans la lecture de l'oeuvre de J.M.G. Le Clézio. Ayant l'esprit plutôt ordonné, j'a...

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    Par chartel - publiée le 24/01/2009
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