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Iegor Gran

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Né à Moscou et vivant en France depuis l’âge de dix ans, Iegor Gran est l’auteur de plusieurs romans, dont O.N.G. ! qui a reçu le Grand prix de l’Humour noir 2003 et le Prix RD-RG/Paris Première, Thriller et L’écologie en bas de chez moi. Plus >

La revanche de Kevin (2016)

De Iegor Gran chez Gallimard
(24 votes, note moyenne : 3.8)

À la porte de Versailles, à l’inauguration du Salon du livre, vous rencontrez un type sympathique, lecteur pour une grande maison d'édition. Il sait que vous écrivez, vous lui montrez votre manuscrit, il en tombe dingue. Il le fait lire à quelques pointures de ses connaissances et tous sont unanimes : vous avez écrit un chef-d’œuvre. Vous avez du mal à le croire, mais il vous rassure en vous citant Proust, Céline, Deleuze et votre vanité prend ses aises, radieuse. Vous vous apprêtez à signer un contrat quand le type disparaît. Vous appelez la maison d’édition. On vous apprend qu’il n’a jamais existé.
«Une réflexion vertigineuse sur l’identité et ses failles.» Jeanne Ferney, La Croix

Paru le 20-10-2016 - Format : Broché - 208 pages - 18 x 17 x 1 cm - 132 g - ISBN 10 : 2070793559 - ISBN 13 : 9782070793556

Collection : Folio

Tags : récits, journalisme, roman, pratique, handicap, préjugés, nevrose, numérique, vengeance, suicide, livres, absurde, humour noir, ironie, humour, manipulation, social, littérature française, littérature contemporaine, roman contemporain.

Citations de La revanche de Kevin (10)

Nous sommes allés sur l'ordinateur, on a retrouvé toutes vos missives. L'informatique, ça laisse plus de traces que la suie.

Quand on rencontre un Kevin, on se plaît à y lire la grossièreté texane, la roublardise péquenaude du Kansas, la suffisance de la côte est et l'imbécillité heureuse de la Californie.

"Je connais ma place [...]. Je suis Kevin. Un Kevin ne peut pas, n'a pas le droit d'être un intellectuel. Il peut-être prof de muscu, vendeur d'imprimantes, gérant de supérette, mais intellectuel - impossible. Par son prénom même, Kevin indique une extraction bassement populaire. Une déficience de culture dans sa famille, une perversion des valeurs que ne manquera pas de rejaillir sur lui, le moment venu, généralement au milieu du collège, et qui l'empêchera de profiter des largesses de l'enseignement républicain, égalitaire pour tous, sauf pour lui. Connais tes limites, Kevin ! " p.23

Avec les écrivains on est chez les frappadingues...............c'est énorme, monstrueux. La vanité du personnage! Ce narcissisme! Et en même temps, quelle naïveté! et ce prénom débile : François-René. Comment faire plouc et prétentieux en même temps (P 20)Je suis Kevin. Un Kevin ne peut pas, n'a pas le droit d'être un intellectuel. Il peut être prof de muscu, vendeur d'imprimantes, gérant de supérette, mais intellectuel - impossible. Par son prénom même, Kevin indique une extraction bassement populaire. Une déficience de culture dans sa famille, une perversion des valeurs qui ne manquera pas de rejaillir sur lui le moment venu.(P23)Tout le monde écrivait, sauf Kevin. Cette particularité le mettait à part dans le troupeau, renforçant son sentiment d'exlusion et son sentiment d'infériorité.(P47)

Il se concentrait en priorité sur les auteurs de seconde zone, peu ou pas connus, car il savait d'expérience que les frustrations et les vanités froissées montent davantage en pression dans les récipients de petite taille.

- Ca peut être jouable, finit par comprendre le directeur général. Si nous, qui sommes aux avant-postes de la littérature et qui avons une sacrée expérience du verbe, si nous tous, ici présents, n'avons pas repéré Tanizaki, les chances que des lecteurs lambda découvrent le plagiat sont infinitésimales, sans même parler des critiques littéraires. Pradel a bien maquillé. On dirait vraiment que ça a été écrit hier, rue Bonaparte. (…) Personne n'y verra rien. Et si, par malchance, un fouille-caca venait à nous poser la question, on dira « intertextualité », « hommage littéraire »…

Là-dessus, il constate de lui-même, devant les premières baffes de la vie, qu'il paraît bien moins armé que nombre de ses camarades. Il ne parvient jamais à décrocher les meilleurs stages. Les bons plans passent systématiquement à côté de lui, que ce soit l'appart à louer ou le scooter d'occase. Quand il fait les soldes, il rate toujours la paire de chaussures qui lui plaît. (p. 36)

Quand on lui demandait ce qu'il faisait dans la vie ( question qui n'est jamais tout à fait innocente et dont le véritable sens est: " en quoi pouvez-vous m'être utile ? " ), il façonnait son hameçon à la tête du client, devenant tantôt lecteur pour une grande maison d'édition, tantôt agent littéraire.

-Il y a des prénoms prédestinés aux pires beaufitudes, dit Olivier.

"- Je ne sais pas moi! Débrouillez-vous, c'est vous l'expert. Moi, voyez-vous, ce qui me touche chez eux, vous l'avez dit vous-même l'autre jour, c'est leur manière très sensible d'inviter des écrivains. On peut dire tout ce que l'on veut sur leur probité journalistique, il reste ces pages où l'on défend la vraie littérature. À ce propos, il se trouve que j'ai, dans mes tiroirs, un petit texte assez percutant sur la décoration intérieure, "Personnages en quête de design". Postmodernisme. Dualité. On le voyait venir : il voulait caser son éjaculat d'écriture dans une revue prestigieuse. Ça se comprenait, et Kevin mieux que quiconque entendait dans le discours de son patron les gémissements d'une vanité émoustillée. "Quand minable rime avec bac à sable", pensa-t-il. Oui, du sable, à la radio autour de lui, partout où portait son regard, de gros grains, empâtés et froids, crissait sous les pieds avec une belle unanimité de gravier, s'affairant à construire des barrières invisibles sur lesquelles s'écrasent les Pradel et tous les écrivains subtils, incapables de percer la carapace de l'indifférence et du goût comme il faut. Il ne fallait pas chercher plus loin les véritables causes de son suicide, pensait Kevin. Pauvre Pradel ! - Que ça reste entre nous, hein, dit encore Descaribes dans un sourire débordant de crasseuse connivence. Jamais Kevin n'avait autant détesté ce milieu où il pataugeait. Son orgueil d'être différent était cependant une bouée sur laquelle il pouvait compter : un doigt d'honneur lui poussa spontanément au creux de la main, vigoureux comme un premier crocus printanier. Il se dépêcha de le dissimuler dans la cave de sa poche. Fort opportunément, l'affaire d'un ministre véreux vint pimenter l'actualité et fit passer le déjeuner avec Life & Style au second plan. La rédaction eut soudain plusieurs pommes de terre à éplucher. Des personnalités à interviewer, des tables rondes à organiser, une pluie de déclarations à copier-coller pour le site internet. On connut aussi de remarquables pics d'audience que Kevin s'employa à valoriser auprès des annonceurs par un astucieux barème de bonus-malus. Puis Descaribes reçut une décoration lors d'une émouvante cérémonie au ministère de la Culture. Puis il partit en vacances. À son retour, il raconta la Grèce et l'on s'émerveilla de ses coups de soleil, des coquillages qu'il avait rapportés, on compara le prix d'un litre de lait sur l'île d'Andros et à Paris XV, on discuta des avantages respectifs des systèmes de protection sociale, sujet sur lequel chacun se sentait une âme d'expert, on admira enfin la carte postale qu'il avait fait parvenir à Marie-Louise, en tant que représentante du personnel, et l'on décida de l'épingler solennellement sur le tableau d'affichage "pour faire rêver"."

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Critiques de La revanche de Kevin : avis de lecteurs (25)


  • Critique de La revanche de Kevin par Steter51 (Babelio)

    un roman plein d'émotions parfois contradictoires à l'égard du même personnage, Kevin, que l'on peut autant détester que plaindre. Une histoire pleine de rebondissements crédibles qui rendent la lectu...

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    Par Steter51 - publiée le 31/08/2019

  • Critique de La revanche de Kevin par CVolland (Babelio)

    Kevin un prénom difficile à porter ? Pour Kevin H commercial dans une radio, c'est une évidence. Il pense que ce prénom à bridé sa carrière professionnel. Kevin cela sonne trop populo, pas assez série...

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    Par CVolland - publiée le 11/08/2019

  • Critique de La revanche de Kevin par clement_M (Babelio)

    Roman sur un imposteur au prénom maudit Kevin. C'est parfois très drôle (les développements sur le prénom Kevin sont très bien trouvés !) et l'écriture est assez efficace. La construction de ce roman ...

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    Par clement_M - publiée le 02/03/2017

  • Critique de La revanche de Kevin par decloitrecynthiaz (Babelio)

    Voilà encore un Iegor Gran délicieux ! On découvre une histoire un peu loufoque et pleine de rebondissements. On peut trouver une vraie réflexion sur le monde de la littérature et certains de ses aute...

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    Par decloitrecynthiaz - publiée le 21/02/2017

  • Critique de La revanche de Kevin par thisou08 (Babelio)

    Une histoire d'arroseur arrosé, c'est rigolo. Par contre, j'espère que les Kevin ont le sens de l'humour, car qu'est-ce-qu'ils prennent ! L'auteur n'aimerait-il pas ce prénom ?

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    Par thisou08 - publiée le 20/02/2017

  • Critique de La revanche de Kevin par SD49 (Babelio)

    Voici un livre grinçant, caustique et ironique qui m'a fait passer un bon moment. Kevin a une revanche à prendre sur ... son prénom car "Un Kevin ne peut pas, n'a pas le droit d'être un intellectue...

    Lire la critique complète >
    Par SD49 - publiée le 19/02/2017

  • Critique de La revanche de Kevin par Myrtille88 (Babelio)

    "La vengeance est un plat qui se mange froid" dit un célèbre dicton. Et la vengeance est bien le thème principal de ce roman lisible en deux petites heures à peine. Vengeance d'un Kevin humilié par u...

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    Par Myrtille88 - publiée le 22/01/2017

  • Critique de La revanche de Kevin par DidierLarepe (Babelio)

    Un Kevin travaille au milieu des intellos de gauche fonctionnaires syndiqués... Fatigué du mépris que lui vaut son prénom il échafaude un plan pour se venger en s'en prenant au temple de l'intelligent...

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    Par DidierLarepe - publiée le 17/12/2016

  • Critique de La revanche de Kevin par LibrairePerigourdin (Babelio)

    Je referme ce livre avec un sentiment partagé. Voire, mitigé. Le premier tiers est excellent, la satire du monde de l'édition et des coulisses du milieu est particulièrement réussie, et c'est avec une...

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    Par LibrairePerigourdin - publiée le 27/11/2016

  • Critique de La revanche de Kevin par cathulu (Babelio)

    Iegor Gran partant de la vague de Kevin qui a déferlé en France dans les années 90 et des connotations négatives qui s'y sont aussitôt attachées :"Un marqueur social de la médiocrité crâne car on croi...

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    Par cathulu - publiée le 25/10/2016

  • Critique de La revanche de Kevin par mjaubrycoin (Babelio)

    Le présupposé de ce bref roman écrit par un ingénieur centralien devenu chroniqueur au Journal Charlie Hebdo est que l'attribution d'un prénom constitue le marqueur de l'identité sociale de celui qui...

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    Par mjaubrycoin - publiée le 09/10/2016

  • Critique de La revanche de Kevin par Vermeer (Babelio)

    Roman très drôle surtout dans sa première partie, d'un humour noir, second degré, cruel. Un jeune homme travaille comme publicitaire dans une grande radio de service public où il subit en permanence (...

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    Par Vermeer - publiée le 17/08/2016

  • Critique de La revanche de Kevin par missparker18 (Babelio)

    On a tous un prénom en tête que l'on déteste car il nous rappelle une personne... Pour Iegor Gran, apparemment il s'agit de Kévin... Ce dernier a souffert toute sa vie de ce prénom et va décider de s...

    Lire la critique complète >
    Par missparker18 - publiée le 17/07/2016

  • Critique de La revanche de Kevin par YANCOU (Babelio)

    Vous voulez écrire un premier roman ? Lisez vite La Revanche de Kevin, c'est une merveille d'humour à la Desproges et d'imposture littéraire bien digérée où rira bien qui rira le dernier, comme on dit...

    Lire la critique complète >
    Par YANCOU - publiée le 02/05/2016

  • Critique de La revanche de Kevin par FlorianeB (Babelio)

    Comment un homme, victime des stéréotypes autour de son prénom Kevin, cherche à se venger auprès des "intellectuels" trop sûrs d'eux.

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    Par FlorianeB - publiée le 22/12/2015

  • Critique de La revanche de Kevin par Nixdorf (Babelio)

    excellent ! un régal, lu presque d'une traite

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    Par Nixdorf - publiée le 09/10/2015

  • Critique de La revanche de Kevin par DHALLUIN (Babelio)

    Kevin souffre d'avoir un prénom qui s'associe à la niaiserie. Il prend sa revanche en se créant un autre nom. Kevin travaille à la Radio, un emploi subalterne où il subit les quolibets de ses supérie...

    Lire la critique complète >
    Par DHALLUIN - publiée le 11/09/2015

  • Critique de La revanche de Kevin par (Babelio)

    Kevin H. (on ne connaîtra pas son nom) travaille à la radio (pardon, la Radio) plutôt dans le commercial, d'ailleurs, et s'est toujours senti moqué/ostracisé/regardé de haut à cause de son prénom, con...

    Lire la critique complète >
    Par Babelio - publiée le 03/08/2015

  • Critique de La revanche de Kevin par (Babelio)

    C'est un roman que j'ai dégusté ... un style , un univers , ce livre a tout pour plaire ! A lire !

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    Par Babelio - publiée le 20/07/2015

  • Critique de La revanche de Kevin par blandine5674 (Babelio)

    Roman d'humour noir pour Iegor Gran, également chroniqueur à Charlie Hebdo. Il nous dénigre le prénom Kevin. Pour lui, un nom fait l'individu. Je cite : « Un Kevin ne peut, n'a pas le droit d'être un...

    Lire la critique complète >
    Par blandine5674 - publiée le 30/06/2015

  • Critique de La revanche de Kevin par hcdahlem (Babelio)

    Depuis le Comte de Monte-Cristo, on sait que la vengeance peut être une excellente matière pour un roman. Iegor Gran nous en apporte une nouvelle illustration dans ce roman qui, après le Truoc-nog (en...

    Lire la critique complète >
    Par hcdahlem - publiée le 13/06/2015

  • Critique de La revanche de Kevin par isasymai (Babelio)

    On ne le dira jamais assez : un prénom c'est pour la vie...........Nul doute que si ses parents, à la fin des années 1970 n'avaient cédé à la mode des prénoms celtiques (que ne justifiait aucune ascen...

    Lire la critique complète >
    Par isasymai - publiée le 17/05/2015

  • Critique de La revanche de Kevin par bdelhausse (Babelio)

    Bof... et pourtant! Oui, je commencerai par "et pourtant"... Tout ce truc autour du prénom "Kevin". Un certain style, des phrases où pointe une ironie bien maîtrisée. Parfois. Le microcosme...

    Lire la critique complète >
    Par bdelhausse - publiée le 16/05/2015

  • Critique de La revanche de Kevin par JIEMDE (Babelio)

    Attiré par une très favorable critique entendue à LA Radio, autant que par les descriptions du milieu littéraire qu'elle promettait, je me suis précipité sur ce livre, qui me laisse toutefois sur ma f...

    Lire la critique complète >
    Par JIEMDE - publiée le 18/04/2015

  • Critique de La revanche de Kevin par claraetlesmots (Babelio)

    Un prénom peut être une croix à vie. Kevin H. en sait quelques chose. Né à la fin des années 70, il a accumulé vexations et humiliations en tous genres à cause de son prénom. " Quand on s'est conditio...

    Lire la critique complète >
    Par claraetlesmots - publiée le 20/03/2015
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