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Iegor Gran

Né à Moscou et vivant en France depuis l’âge de dix ans, Iegor Gran est l’auteur de plusieurs romans, dont O.N.G. ! qui a reçu le Grand prix de l’Humour noir 2003 et le Prix RD-RG/Paris Première, Thriller et L’écologie en bas de chez moi.

Présentation de Iegor Gran (Wikipedia)

Iegor Andreïevitch Siniavski[1], dit Iegor Gran, né le 23 décembre 1964, à Moscou, est un écrivain français.

Livres de Iegor Gran

Citations de Iegor Gran (38)

C'est que le repentir n'annule pas la faute, hélas ! il peut juste colmater, quant à la fissure elle reste à jamais. La porcelaine s'est brisée.

– Ipso facto

Même si ce n'est pas la mer à boire, je n'ai pas beaucoup de temps en ce moment pour me taper des formalités. Un papier avec de l'écriture dessus c'est comme un pacte. Il faut l'archiver, c'est une micro-case de mon cerveau qui est occupée, et ma pauvre cervelle en devient saturée, elle n'a pas été prévue ma cervelle pour contenir davantage que quelques recettes de cuisine, quelques noms de famille, quelques dates de l'histoire de France.

– Ipso facto

L'ennui voyez-vous c'est que les paroles s'évaporent mais l'écriture reste dans le dur, le basalte n'est rien à côté d'une feuille de papier, l'écriture est un tatouage que vous porterez à jamais. Vous pourrez jouer à l'acrobate tant que vous voudrez, jamais vous ne gommerez ce qui a été publié, votre cuir sera fleurdelisé. Alors quand vous écrivez, la bride qui tient votre vie tant bien que mal se relâche peu à peu, vous glissez imperceptiblement vers l'inconnu, encore un pas et il sera trop tard. Les feuilles que vous produisez vous attendront au tournant.

– Ipso facto

Écrire je déteste, déjà parler c'est pas mon fort, je préfère rester coi bien au chaud car quand on se tait la vie passe à côté sans trop vous remarquer, et son cortège comme on dit de malheurs percute quelqu'un de plus exposé, le bavard sert de paratonnerre et vous êtes épargné.

– Ipso facto

L'utilité publique c'est comme un filet tournant, ça vous attaque par les côtés, impossible de vous en sortir de l'utilité publique, c'est du goudron chaud dans lequel vous auriez mis les pieds, dans mon cas ça m'a éperonné la conscience, et quand par-dessus vous mettez la voix mielleuse de Marko qui vous encaque dans la seconde, l'amorce devient imparable.

– Ipso facto

Le temps est l'ennemi des pin-​up comme il est l'ennemi des range­ments, les femmes et les papiers jaunis­sent au soleil

– Ipso facto

Les jeunes lecteurs qui ont peu vécu auront sans doute du mal à comprendre mon angoisse, ils ne verront que l'aspect matériel de ma tragédie, les jeunes ne pensent qu'à l'argent et c'est normal car ils n'en ont jamais, mais ceux qui se sont frottés aux aspérités de la vie, ceux qui ont accumulé un peu de sagesse, ceux-là savent ce que la Conscience peut faire quand elle se manifeste, et chez moi elle explosait la Conscience, elle se transcendait.

– Ipso facto

La vie est à vous, elle vous appartient les jeunes, profitez en tout en restant vigilants. Oh si jeunesse m'écoutait !

– Ipso facto

Sans Baccalauréat ma déconvenue était totale, je n'avais pas le droit d'occuper mes fonctions actuelles, là-dessus les textes étaient formels. Je cite : sans papier dûment visé par le Ministère, personne ne peut se prévaloir du titre de bachelier. Voilà qui était clair, je n'avais pas le papier, je n'étais donc pas bachelier, j'étais un usurpateur, mes diplômes ultérieurs dont j'étais si fier ne valaient pas un pet de cheval, ma candidature à l'institut d'il y a vingt ans était truquée, tout entier j'étais entaché de fautes de procédure, il fallait se débarrasser de moi en bouchées doubles, me lyncher avant que les collègues allemands, anglais, italiens ne viennent à apprendre quel genre de triste individu exerce dans la paléontologie française, j'étais une honte, je compromettais mon pays aux yeux de la communauté internationale.

– Ipso facto

On ne vit plus au Moyen Âge ou dans une quelconque dictature à la Orwell 1984, et puis d'abord qu'est-ce qu'ils en ont à faire de ton Baccalauréat alors que tu bosses depuis vingt ans ? Ils n'avaient qu'à faire des copies de meilleure qualité, au lieu de t'embêter mon biquet.

– Ipso facto

Eteindre la lumière quand on sort, isoler les bâtiments, réduire les achats inutiles. Tout le monde le fait, s'efforce de le faire. Pas pour la planète, non, pour soi. L'énergie, l'eau sont devenues tellement chères que personne n'a envie d'en jeter par les fenêtres.

– L'écologie en bas de chez moi

- C'est quand on reste immobile que l'on a peur de son ombre. - Que faire ? - Rien.

– L'écologie en bas de chez moi

Comment apparaît la conscience (et où était-elle avant) ? …

– L'écologie en bas de chez moi

Son papier-toilette ressemble à un journal de l'Est, il est gris et n'absorbe pas ? (Mesdames, évitez les toilettes de Vincent !) Il aime à penser que, quand il se torche le derrière, aucun arbre n'est lésé dans l'affaire.

– L'écologie en bas de chez moi

Les voisins, il faut les aimer. Les voisins sont toujours bienveillants, valeureux, civiques. Et je ne dis rien de leur beauté - cette force intérieure qui rayonne, ce sens du tact, cette poésie ! Mieux qu'une voyante, ils savent ce dont on a besoin. Mieux qu'un docteur, ils soignent nos égoïsmes. Ils sont vigilance. Ils sont probité.

– L'écologie en bas de chez moi

Le prurit est une affaire de riches. Ceux dont les besoins élémentaires ne sont pas satisfaits ont d'autres priorités, n'en déplaise à Vincent. Ils sont dans l'entreprenariat de la survie. Quand ce n'est pas la nourriture qui manque, c'est le travail décent. Ou la sécurité élémentaire : ne pas se faire tuer. Trouver un toit. Une éducation pour les enfants, c'est déjà un luxe. Quand on ne sait pas ce que l'on va manger dans un mois, la planète, on s'en tape comme de l'an quarante, et l'on a raison.

– L'écologie en bas de chez moi

Remarquons au passage que Noé s'est sauvé en utilisant les sciences de l'ingénieur, et non en se lamentant, se flagellant, s'enfermant dans une caverne, ni en faisant au quotidien un petit geste pour la planète. Par la même occasion, en véritable citoyen moderne soucieux de son environnement, il a sorti de la mouise l'ensemble de la biodiversité de son écosystème. Le tout vers 5500 av. J.-C., si l'on se fie à Gilgamesh et aux découvertes de Walter Pitman sur l'expansion soudaine de la mer Noire.

– L'écologie en bas de chez moi

Rappelons que dans une vie antérieure, Yann Arthus-Bertrand a été pendant dix ans photographe-reporter du Paris-Dakar ? Étonnante conversion. Les voies du gazole sont impénétrables.

– L'écologie en bas de chez moi

Le Routard a-t-il seulement réfléchi au fait que le tourisme durable est au mieux un oxymore involontaire, au pire un non-sens vicieux, digne d'Orwell et de son « la liberté c'est l'esclavage », puisque le tourisme le plus durable serait celui où l'on resterait à la maison sans salir les coins sauvages de la planète ni émettre de CO2 ?

– L'écologie en bas de chez moi

Quand on ne sait pas ce que l'on va manger dans un mois, la planète, on s'en tape comme de l'an quarante, et l'on a raison.

– L'écologie en bas de chez moi

J'éprouvais un réel plaisir à regarder les gens dans les yeux. Il n'y a pas de meilleur bien-être que le sentiment de supériorité.

– O.N.G. !

Je suis Kevin. Un Kevin ne peut pas, n’a pas le droit d’être un intellectuel. Il peut être prof de muscu, vendeur d’imprimantes, gérant de supérette, mais intellectuel – impossible. Par son prénom même, Kevin indique une extraction bassement populaire. […] Connais tes limites, Kevin !... Tu ne dépasseras jamais le mollet.

est riche celui qui sait se contenter de peuDemain sera un autre jourLa chance, ça se mérite (...) Et si on reste les jambes croisées, on mourra de faim

– L'ambition

Les années ont filé, les lieux communs sont restés. "C'est une question de génération", dit-elle maintenant. "La génération Y est étonnante." Avec ses airs de fin connaisseur elle répète ce qu'elle a lu dans un magazine de salon de coiffure. "Ils ont entre vingt-cinq et trente ans, et ils sont connectés en permanence." Dans son ton, il y a un mélange de fascination et d'effroi. À l'écouter, on pourrait croire qu'une mutation biologique s'est produite. La totalité de leurs besoins vitaux passerait par le réseau, la rencontre amoureuse, la recherche d'emploi, l'achat d'un linceul pour les parents. Le web, plus important que le système sanguin. Pourtant, à observer nos jeunes monstres se trémousser sur de la musique standard, échanger des platitudes en roucoulant comme des robots, fumer avec des grands gestes d'autruches, à les voir gober dans leurs gorges roses des alcools en prenant des airs de maîtres du monde, je supputai que les Y étaient d'une banalité comparable à celle de leurs ancêtres, les hommes des générations précédentes, les X, les W, les T, les R..."

– L'ambition

Esclaves subventionnés : c'est ainsi que le jeune Léo appelait les salariés, tout en rêvant, sans se l'avouer à lui-même, de grimper un jour dans la grande arche, une entreprise avec cantine d'entreprise et brochette d'hôtesses au rez-de-chaussée de l'immense tour en verre et métal. Un distributeur de café à chaque étage. Avoir un badge magnétique – ça vous pose un homme.

– L'ambition

« La génération Y est étonnante. » Avec ses airs de fin connaisseur, elle répète ce qu'elle a lu dans un magazine de salon de coiffure. « Ils ont entre vingt-cinq et trente ans, et ils sont connectés en permanence. » Dans son ton, il y a un mélange de fascination et d'effroi. A l'écouter, on pourrait croire qu'une mutation biologique s'est produite. La totalité de leurs besoins vitaux produite par le réseau, la rencontre amoureuse, la recherche d'emploi, l'achat d'un linceul pour les parents. Le web, plus important que le système sanguin.Pourtant, à observer nos jeunes monstres se trémousser sur de la musique standard, échanger des platitudes en roucoulant come des robots, fumer avec de grands gestes d'autruches, à les voir gober dans leurs gorges roses des alcools en prenant des airs de maîtres du monde, je supputai que les Y étaient d'une banalité comparable à celle de leurs ancêtres, les hommes des générations précédentes, les X, les W, les T, les R…

– L'ambition

Ainsi va le procrastinateur littéraire : toute occasion est bonne pour repousser à demain les paragraphes que l'on aurait dû écrire hier.

– L'ambition

Les bistrots tricotent le monde. Dans leurs effluves germe l'opinion publique, naissent les sondages et les futurs présidents, meurent et ressuscitent les sportifs, et, à une échelle plus modeste, c'est ici que s'échine l'écrivain, sur la banquette du fond, près du radiateur, tandis que, deux guéridons plus loin, se travaille le premier flirt et qu'à une table en terrasse, chez un couple symétrique, couve une méchante rupture – retour du balancier oblige. Grande est la responsabilité du bistrot dans la marche de l'univers !

– L'ambition

Nous sommes allés sur l'ordinateur, on a retrouvé toutes vos missives. L'informatique, ça laisse plus de traces que la suie.

– La revanche de Kevin

Quand on rencontre un Kevin, on se plaît à y lire la grossièreté texane, la roublardise péquenaude du Kansas, la suffisance de la côte est et l'imbécillité heureuse de la Californie.

– La revanche de Kevin

"Je connais ma place [...]. Je suis Kevin. Un Kevin ne peut pas, n'a pas le droit d'être un intellectuel. Il peut-être prof de muscu, vendeur d'imprimantes, gérant de supérette, mais intellectuel - impossible. Par son prénom même, Kevin indique une extraction bassement populaire. Une déficience de culture dans sa famille, une perversion des valeurs que ne manquera pas de rejaillir sur lui, le moment venu, généralement au milieu du collège, et qui l'empêchera de profiter des largesses de l'enseignement républicain, égalitaire pour tous, sauf pour lui. Connais tes limites, Kevin ! " p.23

– La revanche de Kevin

Avec les écrivains on est chez les frappadingues...............c'est énorme, monstrueux. La vanité du personnage! Ce narcissisme! Et en même temps, quelle naïveté! et ce prénom débile : François-René. Comment faire plouc et prétentieux en même temps (P 20)Je suis Kevin. Un Kevin ne peut pas, n'a pas le droit d'être un intellectuel. Il peut être prof de muscu, vendeur d'imprimantes, gérant de supérette, mais intellectuel - impossible. Par son prénom même, Kevin indique une extraction bassement populaire. Une déficience de culture dans sa famille, une perversion des valeurs qui ne manquera pas de rejaillir sur lui le moment venu.(P23)Tout le monde écrivait, sauf Kevin. Cette particularité le mettait à part dans le troupeau, renforçant son sentiment d'exlusion et son sentiment d'infériorité.(P47)

– La revanche de Kevin

Il se concentrait en priorité sur les auteurs de seconde zone, peu ou pas connus, car il savait d'expérience que les frustrations et les vanités froissées montent davantage en pression dans les récipients de petite taille.

– La revanche de Kevin

- Ca peut être jouable, finit par comprendre le directeur général. Si nous, qui sommes aux avant-postes de la littérature et qui avons une sacrée expérience du verbe, si nous tous, ici présents, n'avons pas repéré Tanizaki, les chances que des lecteurs lambda découvrent le plagiat sont infinitésimales, sans même parler des critiques littéraires. Pradel a bien maquillé. On dirait vraiment que ça a été écrit hier, rue Bonaparte. (…) Personne n'y verra rien. Et si, par malchance, un fouille-caca venait à nous poser la question, on dira « intertextualité », « hommage littéraire »…

– La revanche de Kevin

Là-dessus, il constate de lui-même, devant les premières baffes de la vie, qu'il paraît bien moins armé que nombre de ses camarades. Il ne parvient jamais à décrocher les meilleurs stages. Les bons plans passent systématiquement à côté de lui, que ce soit l'appart à louer ou le scooter d'occase. Quand il fait les soldes, il rate toujours la paire de chaussures qui lui plaît. (p. 36)

– La revanche de Kevin

Quand on lui demandait ce qu'il faisait dans la vie ( question qui n'est jamais tout à fait innocente et dont le véritable sens est: " en quoi pouvez-vous m'être utile ? " ), il façonnait son hameçon à la tête du client, devenant tantôt lecteur pour une grande maison d'édition, tantôt agent littéraire.

– La revanche de Kevin

-Il y a des prénoms prédestinés aux pires beaufitudes, dit Olivier.

– La revanche de Kevin

"- Je ne sais pas moi! Débrouillez-vous, c'est vous l'expert. Moi, voyez-vous, ce qui me touche chez eux, vous l'avez dit vous-même l'autre jour, c'est leur manière très sensible d'inviter des écrivains. On peut dire tout ce que l'on veut sur leur probité journalistique, il reste ces pages où l'on défend la vraie littérature. À ce propos, il se trouve que j'ai, dans mes tiroirs, un petit texte assez percutant sur la décoration intérieure, "Personnages en quête de design". Postmodernisme. Dualité. On le voyait venir : il voulait caser son éjaculat d'écriture dans une revue prestigieuse. Ça se comprenait, et Kevin mieux que quiconque entendait dans le discours de son patron les gémissements d'une vanité émoustillée. "Quand minable rime avec bac à sable", pensa-t-il. Oui, du sable, à la radio autour de lui, partout où portait son regard, de gros grains, empâtés et froids, crissait sous les pieds avec une belle unanimité de gravier, s'affairant à construire des barrières invisibles sur lesquelles s'écrasent les Pradel et tous les écrivains subtils, incapables de percer la carapace de l'indifférence et du goût comme il faut. Il ne fallait pas chercher plus loin les véritables causes de son suicide, pensait Kevin. Pauvre Pradel ! - Que ça reste entre nous, hein, dit encore Descaribes dans un sourire débordant de crasseuse connivence. Jamais Kevin n'avait autant détesté ce milieu où il pataugeait. Son orgueil d'être différent était cependant une bouée sur laquelle il pouvait compter : un doigt d'honneur lui poussa spontanément au creux de la main, vigoureux comme un premier crocus printanier. Il se dépêcha de le dissimuler dans la cave de sa poche. Fort opportunément, l'affaire d'un ministre véreux vint pimenter l'actualité et fit passer le déjeuner avec Life & Style au second plan. La rédaction eut soudain plusieurs pommes de terre à éplucher. Des personnalités à interviewer, des tables rondes à organiser, une pluie de déclarations à copier-coller pour le site internet. On connut aussi de remarquables pics d'audience que Kevin s'employa à valoriser auprès des annonceurs par un astucieux barème de bonus-malus. Puis Descaribes reçut une décoration lors d'une émouvante cérémonie au ministère de la Culture. Puis il partit en vacances. À son retour, il raconta la Grèce et l'on s'émerveilla de ses coups de soleil, des coquillages qu'il avait rapportés, on compara le prix d'un litre de lait sur l'île d'Andros et à Paris XV, on discuta des avantages respectifs des systèmes de protection sociale, sujet sur lequel chacun se sentait une âme d'expert, on admira enfin la carte postale qu'il avait fait parvenir à Marie-Louise, en tant que représentante du personnel, et l'on décida de l'épingler solennellement sur le tableau d'affichage "pour faire rêver"."

– La revanche de Kevin
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