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Honoré De Balzac

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Le Cabinet des Antiques (2000)

De Honoré De Balzac chez Gallimard
(11 votes, note moyenne : 4.3)

Le Cabinet des Antiques (1838) désigne le milieu de cette vieille noblesse de province, ruinée par la Révolution et oubliée par les Bourbons restaurés. Le marquis d'Esgrignon, sa sœur et ses amis incarnent ce groupe social. Hélas ! le fils du marquis, parti pour Paris, y mène joyeuse vie, s'y ruine, commet un faux, risque le bagne.Balzac excelle à peindre ces classes sociales pathétiques et dépassées, ces parents détruits par leurs enfants, le caractère impitoyable des temps nouveaux où le nom, la tradition ne sont plus rien, mais où l'argent est tout. Au tableau s'ajoute l'intrigue romanesque. Les frasques d'un jeune homme, sa perte, son salut, c'est un roman d'aventures, c'est aussi le thème des Illusions perdues.

Paru le 01-03-2000 - Format : Poche - 320 pages - 18 x 11 x 1 cm - 155 g - ISBN 10 : 2070402800 - ISBN 13 : 9782070402809

Collection : Folio Classique

Tags : roman d'aventure, roman, roman historique, classique, Régionalismes, dramatique, bagne, traditions, province, noblesse, insouciance, etude de la société, réalisme, restauration, catholique, aristocratie, littérature française, littérature française du 19e, français, 19ème siècle.

Citations de Le Cabinet des Antiques (10)

Il est aussi facile de rêver un livre qu'il est difficile de le faire .

Elle était si divinement folle quand elle faisait une folie, que c' était à vendre son âme au diable pour entretenir cet ange dans le goût des joies terrestres .

La certitude de trouver ces personnages invariablement attablés ou assis aux mêmes heures achevait de leur prêter à mes yeux je ne sais quoi de théâtral, de pompeux, de surnaturel. Jamais je ne suis entré depuis dans ces garde-meubles célèbres, à Paris, à Londres, à Vienne, à Munich, où de vieux gardiens vous montrent les splendeurs des temps passés, sans que je les peuplasse des figures du Cabinet des Antiques. Nous nous proposions souvent entre nous, écoliers de huit à dix ans, comme une partie de plaisir d'aller voir ces raretés sous leur cage de verre. Mais aussitôt que je voyais la suave mademoiselle Armande, je tressaillais, puis j'admirais avec un sentiment de jalousie ce délicieux enfant, Victurnien, chez lequel nous pressentions tous une nature supérieure à la nôtre. Cette jeune et fraîche créature, au milieu de ce cimetière réveillé avant le temps, nous frappait par je ne sais quoi d'étrange. Sans nous rendre un compte exact de nos idées, nous nous sentions bourgeois et petits devant cette cour orgueilleuse. »

Quoiqu'il fût onze heures avant minuit, il était trop tard. Chesnel aperçut des gendarmes à sa porte, et quand il en atteignit le seuil, il vit dans sa cour le jeune comte arrêté. Certes, s'il en avait eu le pouvoir, il aurait tué tous les gens de justice et les soldats, mais il ne put que se jeter au cou de Victurnien. – Si je ne réussis pas à étouffer l'affaire, il faudra vous tuer avant que l'acte d'accusation ne soit dressé, lui dit-il à l'oreille. Victurnien était dans un tel état de stupeur, qu'il regarda le notaire sans le comprendre. – Me tuer, répéta-t-il. – Oui ? Si vous n'en aviez pas le courage, mon enfant, comptez sur moi, lui dit Chesnel en lui serrant la main.

Mais il n'y a jamais rien de bon à attendre des jeunes gens qui avouent leurs fautes, s'en repentent et les recommencent. Les hommes à grands caractères n'avouent leurs fautes qu'à eux-mêmes, ils s'en punissent eux-mêmes. Quant aux faibles ils retombent dans l'ornière, en trouvant le bord trop difficile à côtoyer.

Jugez de son étonnement si le marquis d'Esgrignon eût appris que son fils était poursuivi pour avoir chassé sur ses terres, dans ses domaines, dans ses forêts, sous le règne d'un fils de saint Louis ! On craignait trop ce qui pouvait s'ensuivre pour l'initier à ces misères, disait Chesnel. Le jeune comte se permit en ville quelques autres escapades, traitées d'amourettes par le Chevalier, mais qui finirent par coûter à Chesnel des dots données à des jeunes filles séduites par d'imprudentes promesses de mariage : autres procès, nommés dans le Code, détournements de mineures ; lesquels, par suite de la brutalité de la nouvelle justice, eussent conduit on ne sait où le jeune comte, sans la prudente intervention de Chesnel. Ces victoires sur la justice bourgeoise enhardissaient Victurnien. Habitué à se tirer de ces mauvais pas, le jeune comte ne reculait point devant une plaisanterie. Il regardait les tribunaux comme des épouvantails à peuple qui n'avaient point prise sur lui. Ce qu'il eût blâmé chez les roturiers était un excusable amusement pour lui.

....madame de Maufrigneuse restait un ange que les corrup- -tions de la terre n' atteignaient point .

Il n'y a rien au monde que les Sauvages, les paysans et lesgens de province pour étudier à fond leurs affaires dans tous les sens ; aussi, quand ils arrivent de la Pensée au Fait, trouvez-vous les choses complètes.

Ici l'auteur voudrait rassembler des contradictions, entasser des anachronismes, pour enfouir la vérité sous un tas d'invraisemblances et de choses absurdes; mais, quoi qu'il fasse, elle poindra toujours, comme une vigne mal arrachée repousse en jets vigoureux, à travers un vignoble labouré.

"Sa vie, depuis deux mois, ressemblait à l'immortel finale du Don Juan de Mozart ! Cette musique doit faire frissonner certains jeunes gens parvenus à la situation où se débattait Victurnien. Si quelque chose peut prouver l'immense pouvoir de la Musique, n'est-ce pas cette sublime traduction du désordre, des embarras qui naissent dans une vie exclusivement voluptueuse, cette peinture effrayante du parti pris de s'étourdir sur les dettes, sur les duels, sur les tromperies, sur les mauvaises chances ? Mozart est, dans ce morceau, le rival heureux de Molière. Ce terrible finale ardent, vigoureux, désespéré, joyeux, plein de fantômes horribles et de femmes lutines, marqué par une dernière tentative qu'allument les vins du souper et par une défense enragée ; tout cet infernal poème, Victurnien le jouait à lui seul ! Il se voyait seul, abandonné, sans amis, devant une pierre où était écrit, comme au bout d'un livre enchanteur, le mot FIN. Oui ! tout allait finir pour lui."

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Critiques de Le Cabinet des Antiques : avis de lecteurs (9)


  • Critique de Le Cabinet des Antiques par Gail168 (Babelio)

    Balzac décrit le déclin inéluctable d'une aristocratie française ruinée et rongée par la montée en puissance de la bourgeoisie d'affaires post Révolution. En affichant un parti pris !

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    Par Gail168 - publiée le 12/05/2020

  • Critique de Le Cabinet des Antiques par bfauriaux (Babelio)

    Ici Balzac revient sur ses themes favoris pour notre plus grand plaisir :un heritier depensier qui se fait ruiner à paris , la vie provinciale bref tous les themes cheris de l'auteur !On se regale a l...

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    Par bfauriaux - publiée le 26/11/2019

  • Critique de Le Cabinet des Antiques par Cer45Rt (Babelio)

    "Le Cabinet des Antiques" est un passionnant roman d'Honoré de Balzac… L'auteur de "La vieille fille", sublime comme toujours, avec ce talent unique pour construire des récits et pour mettre...

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    Par Cer45Rt - publiée le 24/07/2019

  • Critique de Le Cabinet des Antiques par cmpf (Babelio)

    Ce livre forme avec la vieille fille un ensemble appelé les rivalités. Le cabinet des antiques est le nom donné par dérision, au salon aristocratique des D'Esgrignon, vieille famille de la nobless...

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    Par cmpf - publiée le 30/05/2016

  • Critique de Le Cabinet des Antiques par aouatef79 (Babelio)

    " Le Cabinet des Antiques " publié en 1838 par Honoré de Balzac, forme avec " La Vieille Fille " du même auteur un diptyque. Dans ce roman, l' auteur s' intéresse à la vieille noblesse...

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    Par aouatef79 - publiée le 20/05/2016

  • Critique de Le Cabinet des Antiques par Cosaque (Babelio)

    Ce roman apparaît comme une sorte de brouillon des "Illusions perdues". On y retrouve le thème du jeune homme qui va perdre son âme et l'argent de sa famille à Paris durant la période de la Restaurati...

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    Par Cosaque - publiée le 19/08/2014

  • Critique de Le Cabinet des Antiques par njussien (Babelio)

    Le Cabinet des Antiques d??signe le milieu de cette vieille noblesse de province, ruin??e par la R??volution et oubli??e par les Bourbons restaur??s. Le marquis d'Esgrignon, sa soeur et ses amis incar...

    Lire la critique complète >
    Par njussien - publiée le 09/06/2014

  • Critique de Le Cabinet des Antiques par eternel (Babelio)

    Balzac, toujours Balzac et encore Balzac.Sans être un groupie de l'auteur (mais quand même!) revenir aux livres références, à la bonne littérature, à celle qui a mis du temps à se lettre en place, qu...

    Lire la critique complète >
    Par eternel - publiée le 21/08/2011

  • Critique de Le Cabinet des Antiques par Yourievitch (Babelio)

    Ce roman détruit l'idée que plus un roman est bon, plus il est connu. Le moins connu des Balzac mais étrangement le meilleur.

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    Par Yourievitch - publiée le 01/01/2011
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