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Hanif Kureishi

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Des bleus a l'amour (1998)

De Hanif Kureishi chez Bourgois
(6 votes, note moyenne : 2.3)

Il s'agit du premier recueil de nouvelles d'Hanif Kureishi. Dans l'Angleterre néothatchérienne où la misère sert l'uniformisation générale, les héros de ces dix contes modernes ne rendent jamais les armes. Esquintés, démolis, mais bourrés d'imagination et de drôlerie, qu'ils soient artistes de l'échec ou marginaux déglingués, tous ont en commun un formidable appétit de vivre et le goût violent du désir. Quitte à se faire des bleus ou à passer pour raté à force de refuser l'existence préfabriquée des autres.

Paru le 05-01-1998 - Format : Broché - 315 pages - 20 x 12 x 2 cm - 280 g - ISBN 10 : 2267014386 - ISBN 13 : 9782267014389

Collection : Littérature étrangère

Tags : récits, roman étranger, nouvelles, racisme, juif, immigration, recueil, intégrisme, tolérance, histoires courtes, conte moderne, société, humour, royaume-uni, littérature anglaise, angleterre, 20ème siècle, récits, roman étranger, nouvelles, racisme, juif, immigration, recueil, intégrisme, tolérance, histoires courtes, conte moderne, société, humour, royaume-uni, littérature anglaise, angleterre, 20ème siècle.

Citations de Des bleus a l'amour (10)

L'hystérie est ridicule, oui. Mais la plupart des gens reconnaissent que la paranoïa est une sorte de langage qui nous parle de façon déguisée.

Comme on se sent sombre, explique Baxter, comme si l'on était entré dans un tunnel qui mène au centre de la terre, sans la moindre flèche de lumière possible. C'est certainement la condition naturelle de tout un chacun, le destin humain, et on ne peut que s'astreindre au réalisme. Les sages le comprendront, et les courageux, que certains appellent stoïques, le supporteront.

Il chuchote qu'il commence à se rendre compte, comme on commence à se rendre compte qu'on est amoureux, que, par moment, effectivement, il la déteste. Il déteste la façon dont elle coupe une pomme ; il déteste ses mains. Il déteste son ton et les mots qu'il sait qu'elle utilisera. Il déteste ses vêtements, ses paupières et tous les gens qu'elle connaît ; son parfum l'écœure. Il déteste les choses pour lesquelles il l'a aimée ; il déteste la façon dont il s'est laissé envoûter par elle ; il déteste la gentillesse qu'elle lui a montrée comme si elle lui demandait quelque chose. Il voit aussi que ne pas aimer quelqu'un n'a pas d'importance jusqu'au moment où vous avez un enfant ensemble. Et il comprend aussi à quel point la haine est importante, à quel point elle vous soutient et vous sustente ;c'est peut-être aussi un écran qui vous empêche d'éprouver de la pitié pour elle et pour soi-même et de tomber dans un abîme de malheur.

Il avait adoré cette époque. L'esprit d'entreprise effréné, l'individualisme fringant, l'autogratification et le cynisme lui plurent plus que toute autre chose au cours de ces dix dernières années. Il abandonna les faux-semblants. Le désordre punk et le nihilisme régnaient. Le savoir, la tradition, la morale, la prétendue foi dans l'égalité ; la sainteté socialiste, le discours sur les “principes”, les vêtements étudiants, les absurdités féministes, et les arguments qui défendaient des régimes — expériences défectueuses — où ses amis n'auraient pas résisté cinq minutes : il piétinait toutes ces idées pieuses avec une impiété nietzschéenne. C'était galvanisant.

Assis tout près d'elle, il lui envoyait des messages télépathiques (son moyen de communication préféré) pleins d'amour et de sensualité. Comme il leur arrivait rarement de se toucher sans raison, tout contact physique immédiat — sa main dans ses cheveux — serait risqué. Mais s'il arrivait à la toucher sans conséquences négatives et même si, peut-être, il réussissait à la convaincre de relever un peu sa jupe, il avait l'impression d'avoir au moins atteint la ligne de départ et il savait que le succès était possible. À cette pensée, il se précipitait au lit, mettait son pyjama pour ne pas l'inquiéter en exhibant un peu de chair nue. Il devait scrupuleusement éviter de lui montrer son intention.

Tant qu'il y a du désir, le coeur bat, on est vivant. Vouloir, c'est aller au-delà de soi-même, se projeter dans le monde, un doigt après l'autre.

C'est répugnant mais, il en est convaincu, c'est un rituel d'acclimatation nécessaire. Il se dit que rien ne peut être réparé ou amélioré, juste accepté. Et, après l'acceptation, viendront la libération et la transformation en esprit pur, dénué de désir, état qu'il attend avec une impatience autodestructrice. Il s'endort souvent ainsi et s'imagine que les différentes parties de lui-même sont distribuées par les insectes dans tout le quartier ou “l'univers” comme il dit ; il considère ceci comme la soumission ultime.

Les riches ne sont pas immunisés mais ils peuvent se permettre de tout remplacer. Quand j'ai abordé le sujet, elle savait de quoi je parlais. Elle a reconnu qu'ils avaient été légèrement contaminés… par les voisins.

Nous ne révélons jamais nos formules. Nous avons entendu dire qu'il y a des gens qui concoctent leurs propres poisons chez eux. Cela couvrira votre peau de cloques comme la lèpre et ramollira vos os comme du caoutchouc. Ça pourrait être fatal. Laissez faire ces choses aux experts.

Les potions fonctionnent bien, pendant un temps. Mais il faut les remplacer par d'autres. Les meilleures sont celles d'importation, mais ce sont aussi les plus chères. Essayez l'argentine. Puis la sud-africaine, dans cet ordre. Je ne sais pas trop ce qu'ils y mettent mais… Bien sûr les mouches s'y habituent, et ça ne fait que les rendre folles et les provoquer. Il vous faudra peut-être passer au malgache.

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Critiques de Des bleus a l'amour : avis de lecteurs (4)


  • Critique de Des bleus a l'amour par Medulla (Babelio)

    Je suis une grande admiratrice d'Hanif Kureishi que j'ai découvert quand j'étais encore lycéenne. Sa plume est violente, vulgaire, sale, morbide, crue et il compose avec des récits où il met à mal la ...

    Lire la critique complète >
    Par Medulla - publiée le 11/01/2018

  • Critique de Des bleus a l'amour par Allantvers (Babelio)

    A deux exceptions près, je n'ai pas été plus emballée que ça par ce recueil de nouvelles au style un peu hasardeux et dans lesquelles je cherche encore les intentions de l'auteur. Sauf dans les deu...

    Lire la critique complète >
    Par Allantvers - publiée le 09/08/2015

  • Critique de Des bleus a l'amour par (Babelio)

    J'ai détesté ce livre. Sale, morbide, inintéressant. Je n'ai même pas pu finir certaines nouvelles. livre à déconseiller. Je ne connaissais pas cet auteur mais je ne pense pas essayer de mieux le co...

    Lire la critique complète >
    Par Babelio - publiée le 22/11/2013

  • Critique de Des bleus a l'amour par Cece_ (Babelio)

    Un livre offert pour deux achetés. Il ne fallait pas me le dire deux fois. Je me suis fait plaisir ce jour là. « Des bleus à l'amour » fait bien évidemment partis des livres offerts. J'ai envie de dir...

    Lire la critique complète >
    Par Cece_ - publiée le 24/10/2013

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