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Guy De Maupassant

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Miss Harriet (1974)

De Guy De Maupassant chez Le Livre De Poche
(15 votes, note moyenne : 4.4)

Des contes de Maupassant surgit un pays, la Normandie de son adolescence. é Ces coins du monde délicieux qui ont pour ses yeux un charme sensuel que sont les falaises du Pays de Caux, la jetée du port du Havre, un lever de soleil éclatant sur la mer, les rives de la Seine. Ces paysages sont animés : paysans, bourgeois, fonctionnaires y vivent et meurent de trop aimer ou d'être mal aimés. Ils traînent comme des boulets leurs regrets ou leur avarice. L'égoïsme est roi. Le peintre en admiration devant Bénouville ne s'aperçoit pas de l'amour qui mine le coeur de Miss Harriet. On renvoie le beau Maze, quand on a obtenu de lui ce que l'on voulait : un enfant, pour hériter.
Chaque conte est un drame. L'issue n'est pas toujours malheureuse, mais la conscience de chacun a été mise à nue avec l'ironie et la lucidité des grands conteurs.
Edition établie, commentée et annotée par Louis Forestier.

Paru le 27-08-1974 - Format : Poche - 256 pages - 17 x 11 x 1 cm - 130 g - ISBN 10 : 225300653X - ISBN 13 : 9782253006534

Collection : Classiques

Tags : 19ème siècle, anglais, français, littérature française du 19e, littérature française, amour, amour filial, romantique, peinture, peintre, regrets, traumatisme, faits divers, suicide, naturalisme, héritage, recueil, campagne, classique, nouvelles.

Citations de Miss Harriet (10)

C'était, en vérité, une de ces exaltées à principes, une de ces puritaines opiniâtres comme l'Angleterre en produit tant, une de ces vieilles et bonnes filles insupportables qui hantent toutes les tables d'hôte de l'Europe, gâtent l'Italie, empoisonnent la Suisse, rendent inhabitables les villes de la Méditerranée, apportent partout leurs manies bizarres, leurs mœurs de vestales pétrifiées, leurs toilettes indescriptibles et une certaine odeur de caoutchouc qui ferait croire qu'on les glisse, la nuit, dans un étui.

C'était, en vérité, une de ces exaltées à principes, une de ces puritaines opiniâtres comme l'Angleterre en produit tant, une de ces vieilles et bonnes filles insupportables qui hantent toutes les tables d'hôte de l'Europe, gâtent l'Italie, empoisonnent la Suisse, rendent inhabitables les villes charmantes de la Méditerranée, apportent partout leurs manies bizarres, leurs mœurs de vestales pétrifiées, leurs toilettes indescriptibles et une certaine odeur de caoutchouc qui ferait croire qu'on les glisse, la nuit, dans un étui.Quand j'en apercevais une dans un hôtel, je me sauvais comme les oiseaux qui voient un mannequin dans un champ.Celle-là cependant me paraissait tellement singulière qu'elle ne me déplaisait point.

C'était un soir tiède, amolli, un de ces soirs de bien-être où la chair et l'esprit sont heureux. Tout est jouissance et tout est charme. L'air tiède, embaumé, plein de senteurs d'herbes et de senteurs d'algues, caresse l'odorat de son parfum sauvage, caresse le palais de sa saveur marine, caresse l'esprit de sa douceur pénétrante. Nous allions maintenant au bord de l'abîme, au-dessus de la vaste mer qui roulait, à cent mètres sous nous, ses petits flots. Et nous buvions, la bouche ouverte et la poitrine dilatée, ce souffle frais qui avait passé l'Océan et qui nous glissait sur la peau, lent et salé par le long baiser des vagues.

Pauvres êtres solitaires, errants et tristes des tables d'hôte, pauvres êtres ridicules et lamentables, je vous aime depuis que j'ai connu celui-là !

je lui pris les mains par un mouvement d'affection brusque, un vrai mouvement de Français qui agit plus vite qu'il ne pense.

On s'assied au bord d'une source qui sort au pied d'un chêne, au milieu d'une chevelure d'herbes frêles, hautes, luisantes de vie. On s'agenouille, on se penche, on boit cette eau froide et transparente…On est gai sur la colline, mélancolique au bord des étangs, exalté lorsque le soleil se noie dans un océan de nuages sanglants et qu'il jette aux rivières des reflets rouges. Et, le soir, sous la lune qui passe au fond du ciel, on songe à mille choses singulières qui ne vous viendraient point à l'esprit sous la brûlante clarté du jour.

Le soleil, montant au ciel, versait sur la côte une pluie de feu; c'était vers la fin de mai, et des odeurs délicieuses voltigeaient, pénétraient dans les wagons dont les vitres demeuraient baissées. Les orangers et les citronniers en fleur, exhalant dans le ciel tranquille leurs parfums sucrés, si doux, si forts, si troublants, les mêlaient au souffle des roses poussées partout comme des herbes, le long de la voie, dans les riches jardins, devant les portes des masures et dans la campagne aussi.Elles sont chez elles, sur cette côte, les roses ! Elles emplissent le pays de leur arôme puissant et léger, elles font de l'air une friandise.

Là-bas, là-bas, à la limite de la vue, un trois-mâts couvert de voiles dessinait sa silhouette sur le ciel enflammé, et un vapeur, plus proche, passait en déroulant sa fumée qui laissait derrière lui un nuage sans fin traversant tout l'horizon.Le globe rouge descendait toujours, lentement. Et bientôt il toucha l'eau, juste derrière le navire immobile qui apparut comme dans un cadre de fer, au milieu de l'astre éclatant. Il s'enfonçait peu à peu, dévoré par l'océan. On le voyait plonger, diminuer, disparaître. C'était fini. Seul le petit bâtiment montrait toujours son profil découpé sur le fond d'or du ciel lointain.

C'était l'automne. Des deux côtés du chemin les champs dénudés s'étendaient, jaunis par le pied court des avoines et des blés fauchés qui couvraient le sol comme une barbe mal rasée. La terre embrumée semblait fumer. Des alouettes chantaient en l'air, d'autres oiseaux pépiaient dans les buissons.Le soleil enfin se leva devant nous, tout rouge au bord de l'horizon ; et, à mesure qu'il montait, plus clair de minute en minute, la campagne paraissait s'éveiller, sourire, se secouer et ôter sa chemise de vapeurs blanches.

C'était par un jour de grand vent. Toute la ligne des arbres se courbait sous les rafales, gémissait, semblait pousser des cris, de ces cris sourds, profonds, que les forêts jettent dans les tempêtes.Les feuilles arrachées, jaunes déjà, s'envolaient comme des oiseaux, tourbillonnaient, tombaient puis couraient tout le long de l'allée, ainsi que des bêtes rapides.Le soir venait. Il faisait sombre dans les fourrés. Cette agitation du vent et des branches m'excitait, me faisait galoper comme un fou, et hurler pour imiter les loups.

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Critiques de Miss Harriet : avis de lecteurs (16)


  • Critique de Miss Harriet par Luc REYNAERT (Amazon)

    Dans plusieurs récits de ce recueil, Guy de Maupassant se montre plus compréhensif et plus `touché' par le sort d'une partie de l'humanité ou de certains individus. Son ton y est plus ironique, moins cynique. D...

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    Par Luc REYNAERT - publiée le 14/05/2012

  • Critique de Miss Harriet par Gerard Müller (Amazon)

    Miss Harriet /Guy de Maupassant/ Le Verrou Léon Chenal, le narrateur, rapin plutôt bohème de son état, raconte à ses compagnons de route, tandis que le break se dirige vers Tancarville, une histoire d’amour p...

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    Par Gerard Müller - publiée le 03/04/2020

  • Critique de Miss Harriet par ISAB (Amazon)

    Le livre est conforme mais payer 3€05 alors que c’est indiqué 2€ sur le livre pas cool

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    Par ISAB - publiée le 30/06/2020

  • Critique de Miss Harriet par araucaria (Babelio)

    Une nouvelle bien écrite dont l'action se déroule dans la campagne normande. On retrouve le style alerte de Guy de Maupassant, sa plume élégante. Une lecture très agréable. Un bon livre.

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    Par araucaria - publiée le 03/05/2012

  • Critique de Miss Harriet par (Babelio)

    Une histoire qui nous fait rêver à un moment, on se plait dans ce rythme doux où se mêle une atmosphère naturaliste et romantique, on lit avec plaisir cette séduction qui s'opère majestueusement à par...

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    Par Babelio - publiée le 03/05/2014

  • Critique de Miss Harriet par (Babelio)

    J'ai passé un bon moment avec cette lecture. C'est une lecture calme, sans folie, je trouve. Cela a été un bon moment!

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    Par Babelio - publiée le 10/11/2014

  • Critique de Miss Harriet par Lavieestunlongfleuvetranquille (Babelio)

    Au-delà d'un certain humour, beaucoup de sensibilité et de sensualisme dans ce conte, ou l'anglaise est vu comme " un hareng saur qui aurait porté des papillotes"...

    Lire la critique complète >
    Par Lavieestunlongfleuvetranquille - publiée le 15/12/2014

  • Critique de Miss Harriet par Nastasia-B (Babelio)

    Ce recueil comporte 12 nouvelles. (L'Héritage est beaucoup plus longue que les autres et n'est presque plus, par définition, une nouvelle car présentant deux voire trois moments distincts avec des sou...

    Lire la critique complète >
    Par Nastasia-B - publiée le 29/01/2015

  • Critique de Miss Harriet par leinavaleski (Babelio)

    Ma dernière expérience avec Maupassant remonte au lycée et elle n'avait pas été très heureuse. en effet, la lecture de "Une vie" avait été laborieuse. en voyant que "Miss Harriet" était offe...

    Lire la critique complète >
    Par leinavaleski - publiée le 06/03/2016

  • Critique de Miss Harriet par Corinne31 (Babelio)

    Certaines nouvelles m'ont beaucoup plu et sont même plutôt drôles.

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    Par Corinne31 - publiée le 07/03/2016

  • Critique de Miss Harriet par cmpf (Babelio)

    Retour à Maupassant dont je ne me lasse pas, et à nouveau à travers un recueil de douze nouvelles que j'ai toutes appréciées. Tout d'abord la nouvelle titre, Miss Harriet, histoire de l'amour tragi...

    Lire la critique complète >
    Par cmpf - publiée le 10/08/2016

  • Critique de Miss Harriet par Marti94 (Babelio)

    C'est une histoire bien cruelle que celle de « Miss Harriet » racontée par Guy de Maupassant. Mais c'est surtout une excellente occasion d'admirer l'écriture de celui qui mérite son qualificatif d'écr...

    Lire la critique complète >
    Par Marti94 - publiée le 28/12/2018

  • Critique de Miss Harriet par meknes56 (Babelio)

    Un livre possédant 12 contes tout aussi intéressants les uns que les autres. Dans chaque histoire, l'auteur nous surprend par sa lucidité. A lire et à relire.

    Lire la critique complète >
    Par meknes56 - publiée le 30/07/2019

  • Critique de Miss Harriet par bfauriaux (Babelio)

    De superbes contes de Maupassant avec les ingredients habituels du succes de cet ouvrage: Le conte est un domaine que Maupassant maitrise à la perfection et ici encore son talent explose et nous emerv...

    Lire la critique complète >
    Par bfauriaux - publiée le 13/12/2019

  • Critique de Miss Harriet par Biblioroz (Babelio)

    En différents lieux du pays, à la campagne où à la ville, dans un wagon, dans une brasserie, sur la place d'un marché, le long d'un fleuve ou dans une chaumière, des miettes de vie nous sont offertes,...

    Lire la critique complète >
    Par Biblioroz - publiée le 29/04/2020

  • Critique de Miss Harriet par Sycorax (Babelio)

    Un régal de recueil où chaque nouvelle décrit sans fard, nos faiblesses, nos mesquineries petites et grandes, ces travers qui caractérisent l'Humanité. A ce jeu de massacre jubilatoire, Maupassant ex...

    Lire la critique complète >
    Par Sycorax - publiée le 27/05/2020
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